Economie

L’idée-zombie n°2: l'hypothèse des marchés efficients

Foreign Policy, mis à jour le 03.11.2010 à 14 h 20

Deux ans ont passé depuis la fin de la crise financière mondiale. L’économie américaine a échappé au désastre. Le cours du Dow Jones est aujourd’hui proche de son niveau d’avant-crise. Mais les théories qui ont provoqué cette catastrophe sont toujours là, tapies dans les ombres…

Alan Greenspan, REUTERS/Kevin Lamarque

Alan Greenspan, REUTERS/Kevin Lamarque

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C'est l’idée selon laquelle les prix générés par les marchés financiers représentent la meilleure estimation possible de la valeur d’un investissement. (Pour prendre un exemple qui touche au plus près les politiques publiques, l’hypothèse des marchés efficients estime qu’il est impossible de surpasser les valorisations du marché en s’appuyant sur des informations publiques).

L’hypothèse des marchés efficients est en parfaite adéquation avec les principes du libéralisme économique; ses partisans ont toujours préféré invoquer cette cohérence plutôt que de prouver sa validité de manière empirique.

L’absurdité de la fin des années 1990, qui a vu la naissance et l’éclatement de la bulle Internet, aurait dû balayer cette théorie Mais étant donné la croissance explosive et l’immense rentabilité du secteur financier du début des années 2000, l’hypothèse était bien trop profitable pour être abandonnée.

Certains de ses défenseurs ont élaboré des théories visant à prouver que le fait de placer des milliards de dollars dans des sociétés de livraisons d’alimentation pour chiens via Internet était parfaitement rationnel. D’autres ont simplement décidé de considérer la bulle Internet comme l’exception qui confirme la règle.

D’un côté comme de l’autre, la leçon était la même: les gouvernements devaient laisser le secteur financier à ses tours de magies, sans ingérence aucune. Une leçon observée à la lettre, en toute confiance… jusqu’à ce qu’elle ne manque de détruire notre économie à la fin de l’année 2008.

L’hypothèse des marchés efficients devrait aujourd’hui être discréditée une fois pour toutes, et rares sont ceux qui osent encore la défendre ouvertement – mais elle a néanmoins survécu à sa propre mort; elle s’est transformée en zombie. Il suffit de constater l’importance que l’on donne en Europe aux agences de notations et aux marchés obligataires dans le débat entourant la «crise de la dette souveraine». C’est pourtant l’échec de ces institutions, et la bulle spéculative qu’elles ont contribué à faire naître, qui a précipité le monde dans la crise. »»» LIRE LA SUITE

John Quiggin

Traduit par Jean-Clément Nau


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3. L’équilibre général dynamique et stochastique (EGDS)

L’idée selon laquelle l’analyse «macroéconomique» ne devrait pas tenir compte de réalités observables, comme les booms et les effondrements du marché, et qu’elle devrait se concentrer exclusivement sur conséquences théoriques de l’optimisation des comportements des consommateurs, des entreprises et des employés parfaitement raisonnables (ou presque). Lire la suite...

4. L’hypothèse du ruissellement

L’idée selon laquelle les politiques qui profitent aux riches finiront par avantager les plus défavorisés. Lire la suite...

5. Privatisation

L’idée selon laquelle toute fonction remplie par le gouvernement pourrait être assurée de manière plus efficace par une société privée. Lire la suite...

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