Culture

Pas de retraites pour les gérontes du 7e art

Jean-Jacky Goldberg, mis à jour le 30.11.2010 à 10 h 16

Ils ont 80 ans, ou pas loin, et continuent de réaliser des films: notre who’s who des gérontes actifs.

Mario Monicelli / torre.elena via Flickr CC License by

Mario Monicelli / torre.elena via Flickr CC License by

Le vétéran italien des réalisateurs de plus de 80 ans a décidé lundi 29 novembre de mettre fin à ses jours. Atteint d'un cancer, Mario Monicelli s'est suicidé lundi. Nous republions notre article sur les gérontes du septième art.

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«La vieillesse n’est pas un combat, c’est un massacre.» On voudrait opposer à cette terrible remarque de Philip Roth (dans son récent Un homme) la vigueur de nos grands vieillards-filmeurs qui bravent l’arthrite et l’épuisement pour continuer d’ajouter des images à l’histoire du cinéma. Mais ces dernières semaines nous rappellent que la mort ne connaît ni les grèves ni les accès d’humeur clémente: Arthur Penn, Tony Curtis, Claude Chabrol, Alain Corneau... sans compter Eric Rohmer, Dennis Hopper ou Werner Schroeter un peu plus tôt dans l’année.

Tandis que le débat sur la retraite à 67 ans bat son plein, l’idée nous est venue de faire la liste (non exhaustive sans doute mais pas loin non plus) des vieux cinéastes encore en activité, une sorte who’s who des gérontes du 7e art, actifs, avec pour seul critère de sélection d’être âgés d’au moins 80 ans (ou pas loin). Que gloire leur soit ici rendu. 

Manoel de Oliveira: l’immortel

Impossible de commencer ce who’s who par un autre que le doyen portugais : à 102 ans, dont 80 de carrière, Manoel de Oliveira est le seul cinéaste vivant à avoir connu le muet. Son premier court-métrage, Douro, faina fluvial, un documentaire muet, donc, sur le fleuve Douro et la vie des marins, est en effet sorti en 1931, alors que le jeune homme, fils d’une famille industrielle de Porto, était âgé de 21 ans. Il lui en faudra 11 de plus pour réaliser son premier long-métrage, (Aniki Bobo en 1942), 14 pour le second (Le peintre et la ville en 1956), 7 pour le troisième (Le mystère du printemps en 1963) et encore 9 pour le quatrième (Le passé et le présent, en 1972). Comme dirait l’autre, rien ne sert de courir...

Si Oliveira a pris son temps, c’est surtout qu’il a eu maille à partir avec le régime salazariste, ne s’adonnant au cinéma que de temps à autre, comme un hobby. Mais en 1979 (Amour et perdition, son 6e film), lassé par la gestion de ses terres, le fringant septuagénaire se laisse tenter par une seconde carrière. Il a depuis réalisé 26 films (à un rythme annuel depuis 1990 !) et vient de présenter son sublime dernier opus, Létrange affaire dAngelica, au festival de Cannes en mai dernier. Aux dernières nouvelles, il serait en «pleine» forme et préparerait un nouveau film. Et en plus il danse.

Les derniers dinosaures américains

Clint Eastwood/REUTERS

Il faut croire que le rire et le gore conservent. En effet, parmi les cinéastes américains qui ont commencé leur carrière dans les années 50, à l’époque où les grands studios tenaient encore fermement les rênes du business, les rares survivants sont en retrait. Stanley Donen (86 ans), réalisateur de quelques comédies musicales mythiques aux côtés de Gene Kelly (Chantons sous la pluie en 1952, Beau fixe sur New York en 1955), du film le plus joyeux du monde, Charade (1962), ainsi que du plus triste, Voyage à deux (1967) a arrêté sa carrière sur un film contesté (La faute à Rio, 1984, un drôle de remake de Claude Berri) mais il était ces jours-ci au festival Louis Lumière à Lyon, visiblement fringant.

Même constat de longévité pour le King of Comedy Jerry Lewis (84 ans) qui confiait récemment ici son envie de donner la fessée à Lindsay Lohan, Paris Hilton et Britney Spears (sacré coquin), et Mel Brooks, qui vient tout juste, à 84 ans, de poser son étoile sur le Hollywood Walk of Fame. On ajouterait bien Woody Allen à cette liste, mais il est encore trop jeune (74 ans) et manifestement loin de la retraite. Roger Corman enfin, demeure à 84 ans, et bien qu’à la retraite depuis longtemps (ici à Tel-Aviv cet été, en pleine forme), l’irremplaçable et irremplacé réalisateur de série B tels que L’attaque des crabes géants (1957), La petite boutique des horreurs (1960), ou Gas-s-s-s (1971) ; mais surtout le producteurs des premiers films (archi-fauchés) de Scorsese, Coppola, Hellman, Cameron ou Joe Dante. Et aussi de cette première version des 4 fantastiques, jamais sortie en salle ni en DVD. Un monument à sa façon, dont on trouve des tonnes de films libres de droit sur archive.org.

Les cinéastes davantage portés sur la castagne ne sont pas rangés des caméras, à l’image de l’increvable Clint Eastwood [Photo], qu’on ne présente plus mais qu’il est toujours amusant de revoir en laborantin uncredited dans son tout premier film, La revanche de la créature de Jack Arnold en 1955. A 80 ans, il vient de présenter Hereafter au festival de Toronto et prépare un biopic sur John Edgar Hoover, le fondateur du F.B.I. Does he feel lucky ? Hell Yeah! Sidney Lumet, quant à lui, est, à 86 ans, clairement le plus vieux cinéaste hollywoodien en activité. A moins que 7h58 ce matin-là, sorti en 2007, soit le dernier film de cet excellent cinéaste (qu’on peut voir ici parler de sa passion pour Coppola) spécialisé dans le polar (Serpico, Une après-midi de chien, Le prince de New York) mais pas seulement (Douze hommes en colère, son premier film en 1957, A bout de course, son chef d’œuvre en 1988).

Le panorama américain ne serait pas complet sans la mention de ces deux francs-tireurs de génie que sont Kenneth Anger (83 ans) et Jonas Mekas (88 ans). Le premier, qui fit son premier film en 1937 (à 10 ans!), avec des chutes de pellicule 16mm, est un pionnier du cinéma underground, activiste gay (Scorpio Rising, 1963, son film le plus célèbre “sur” l’homo-érotisme des motards), fasciné par la magie noire (Lucifer Rising, 1973, avec  cet authentique taré de Bobby Beausoleil, Marianne Faithfull en Lilith et Jimmy Page), le glamour (Puce moment, 1949), le rock (Invocation of my demon brother en 1969 avec les Rolling Stones). Il pète la forme et fait encore plein de chouettes films, comme cette “pub” pour la marque de fringues italiennes Missoni, il y a quelques mois. Le second, non moins légendaire, est surnommé le “pape du cinéma underground” (son site internet : http://jonasmekasfilms.com). Né en Lituanie, il immigra à New York en 1949 et y inventa, à l’aide d’une Bolex 16mm, rien de moins que le journal filmé (extraits de Walden, son premier film sous cette forme, achevé en 1969).

Les papys du nouveau cinéma européen

Polanski/REUTERS

A la fin des années 50, le cinéma hollywoodien montre ses premiers signes d'essoufflement, les innovations techniques permettent de faire des films moins chers, avec des tournages plus légers, dans la rue, et un vent de renouveau souffle un peu partout en Europe.

En Italie d’abord, qui a montré la voie dès les années 40 et 50 avec Rossellini, De Sica, Fellini... Si toutes ces légendes reposent aujourd’hui en paix, il demeure une poignée de vecchi registi encore vivants. Depuis le 29 novembre 2010, Mario Monicelli (photo) n'est plus le vétéran de ce petit club. Agé de 95 ans, atteint d'un cancer, il s'est suicidé en se jetant par une fenêtre du service d'urologie de l'hôpital romain où il était soigné. Aux côtés de Dino Risi et Luigi Comencini (tous deux décédés), il était l’un des piliers de la commedia all’italiana, ayant signé plusieurs classiques, notamment avec Vittorio Gassman (Le pigeon en 1958, La grande guerre en 1959). Encore fringant, il avait réalisé son dernier film en 2006 (Le rose del deserto), et en appelait, il y a moins d’un an, à la révolution contre Berlusconi. Plus politiques, les frères Paolo et Vittorio Taviani (81 et 79 ans, Palme d’or pour Padre Padrone en 1971) ainsi qu’Ermanno Olmi (79 ans, Palme d’or pour Larbre aux sabots en 1978) en sont revenus à leurs premières amours documentaires et continuent tranquillement leur carrière, tandis que Francesco Rosi, Lion d’or en 1963 pour Main basse sur la ville, coule des jours paisibles à Rome. Franco Zeffirelli (87 ans, La mégère apprivoisée en 1967), quant à lui, monte encore quelques opéras de temps à autres, quand il ne vole pas au secours de son pote Berlusconi.

Malgré la mort des principaux animateurs du Free Cinema (Karel Reisz, Tony Richardson, John Schlesinger, Lindsay Anderson), à l’exception de la transfuge italienne Lorenza Mazzeti (82 ans), l’Angleterre compte aussi quelques honorables vétérans, dont certains toujours en activité. Ainsi, Nicolas Roeg (82 ans), le réalisateur des Sorcières ou de L’homme qui venait d’ailleurs (film de S.F. dingo avec un Bowie au sommet de sa cocaïnomie), a tourné un film d’horreur, apparemment cheap, en 2007, intitulé Puffball.

Autre grand amateur de bizarreries, Ken Russell (83 ans), réalisateur de quelques OFNIs typiquement seventies tels que Les diables en 1971, Tommy en 1975 (basé sur l’opéra rock des Who, avec Jack Nicholson en docteur) ou Lisztomania la même année (a priori rien à voir avec Phoenix, même si la prestation surréaliste de Ringo Star en pape a peut-être donné des idées au groupe français), a tenté un drôle de come-back en 2007 dans le Celibrity Big Brother anglais. Il abandonna au bout de sept jours, apparemment pour incompatibilité de caractère avec une autre membre de la maison, Jade Goody. Quelques septuagénaires, enfin, ayant commencé leur carrière dans les 60’s, souvent à la BBC, qu’on ne fera que citer : Richard Lester (les films des Beatles, Le Knack), Peter Watkins (Punishment Park, Munch), John Boorman (Délivrance, Le tailleur de Panama),  Ken Loach (Kes, Le vent se lève).

Moins facile à identifier sur la carte cinéphilique, l’Espagne a elle aussi son lot de retraités, parmi lesquels Luis Garcia Berlanga (89 ans), cinéaste contrebandier qui parvint tant bien que mal à se jouer de la censure franquiste (Bienvenue Mister Marshall en 1953) et Carlos Saura (78 ans) qui pris le relais de la contestation jusque dans les 70’s (Cria Cuervos et son fameux Porque te vas ?, en 1975) avant de devenir l’un des animateurs du nouveau cinéma espagnol des 80’s.

Côté bizarreries, la nation ibérique n’a rien à envier à la Grande-Bretagne, essentiellement grâce au grand Jesus Franco aka Jess Franco (80 ans), cinéaste B voire Z (sa fiche sur nanarland.com), à la pléthorique filmographie (200 films!), connu autant pour ses films coquins (Journal d’un nymphomane) que pour ses films fantastiques (L’horrible Docteur Orloff), pour ses films de vampires (Vampyros Lesbos) que pour ses films de prison de femme (Greta la tortionnaire), et à qui la Cinémathèque Française rendit un juste hommage en 2008. Un peu moins prolifique mais pas négligeable pour autant, Rafael Romero Marchent (84 ans) est le réalisateur de quelques fameux western-chorizo (Quand Satana empoigne le colt, en 1969) et panouilles érotiques comme El limite del amor en 1977. Alex de la Iglesia lui doit beaucoup.

L’Europe de l’est compte encore quelques glorieux cinéastes, qui chacun dans leur coin ont tenté d’ouvrir autant que possible le “rideau de fer”, dans les années 60. Et ils se portent plutôt bien dans l’ensemble : le polonais Andrzej Wajda (84 ans), qui a sorti l’an dernier un nouveau film, Tatarak ; Roman Polanski [Photo] (77 ans) qui, bien que de nationalité française, tourna son premier film en Pologne, en 1962 (Le couteau dans l’eau), avant de faire la carrière que l’on sait ; Miklas Janco (89 ans) qui vient de terminer son dernier film en Hongrie (So much for justice) ; Lucian Pintilie (77 ans), qui a passé le flambeau à la brillante nouvelle génération roumaine en 2003 avec Niki et Flo ; et enfin, Milos Forman (78 ans), qui a porté jusqu’au Printemps de Prague les espoirs du cinéma tchécoslovaque (Les amours d’une blonde ; Au feu les pompiers), avant de s’exiler aux Etats-Unis pour y réaliser Taking Off, récemment ressorti, et une floppée de biopics marquants comme Amadeus, Larry Flint, Man on The Moon ou Les fantômes de Goya, son dernier film en 2006.

Bien qu’un peu trop jeunes pour notre recensement, les signataires du Manifeste dOberhausen qui allait signer le renouveau du cinéma ouest allemand en 1962 méritent d’être cités : Edgar Reitz (78 ans, Heimat), Alexander Kluge (78 ans, Anita G.). Jean-Marie Straub (77 ans, Non réconcilié, Chroniques de Anna Magdanela Bach, En rachachant), bien qu’il n’ait pas signés le manifeste, fut très proche de ce mouvement. Compagnon de Danièle Huillet (décédée en 2006) avec qui il co-signa tous ses films, ce cinéaste de génie, de nationalité française (né en Lorraine en 1933) mais ayant beaucoup tourné en Allemagne et en Italie, connu pour ses colères (ici dans son studio), son humour (présentant ses derniers films à la cinémathèque), et son intransigeance formelle et idéologique, sortira son nouveau film en janvier 2011, O Somma Luce.

Pour terminer ce panorama européen, citons le grec Theo Angelopoulos (Angelochromopoulos, comme le surnommait Serge Daney, pour moquer son académisme), âgé de 74 ans, palmé pour L’éternité et un jour en 1998 (maudit Scorsese), et toujours en train de travailler sur une trilogie (Eleni, La poussière du temps et ?), ainsi qu’Alain Tanner, hérault du nouveau cinéma suisse à partir de la fin des années 60 (La Salamandre, 1971).

L’Asie et le reste du monde

Im Kwon Taek/ REUTERS

Soyons honnête, il existe sans doute des dizaines de vieux cinéastes oubliés, dans les maisons de retraites au Japon, en Chine ou en Corée (voire au Vietnam, en Thaïlande ou au Cambodge - comme le montre ce formidable blog sur le cinéma khmer des 60’s), mais précisément : ils sont oubliés... La remarque vaut aussi pour le reste du monde : les survivants des aventures cinématographiques qui secouèrent la plupart des pays du Tiers-Monde dans les années 60 sont aujourd’hui très durs à trouver. Glauber Rocha, Ousmane Sembene, Youssef Chahine ou Lino Brocka, pour ne citer que les plus célèbres, étant tous décédés, il semblerait que cette page-là soit bel et bien tournée. Nous nous contenterons donc ici d’évoquer le Japon, avec quatre figures, et rapidement la Corée.

Avec ses 98 ans, Kaneto Shindo est le plus vieux cinéaste vivant après Oliveira, à ceci près qu’il est à la retraite. Surtout connu pour L’île nue en 1961, il a réalisé son dernier film en 2003 (Hibou), âgé donc de 91 ans - tout de même. De 11 ans son cadet, Seijun Suzuki (87 ans), est un autre de ces grands artistes roturiers, usant des kilomètres de pellicules dans l’anonymat, longtemps oublié  avant d’être redécouvert, sur le tard, par la cinéphilie. Parmi la quarantaine de séries B, essentiellement des polars pop, ultra-stylisés, qu’il réalisa pour le studio Nikkatsu, on retient surtout La marque du tueur, en 1967, avec Jo Shishido, l’acteur aux incroyables bajoues. Son dernier film, Princess Racoon, avec Zhang Ziyi et plein d’effets spéciaux cool, est sorti en 2005. Principales figures de la “nouvelle vague japonaise”, Kiju Yoshida (77 ans, Eros + Massacre) et Nagisa Oshima (78 ans, Conte cruel de la jeunesse, L’empire des sens) sont quant à eux bien vivants (Yoshida interviewé lors de sa rétrospective à Beaubourg en 2008), et bien retraités.

Un mot sur Im Kwon Taek [Photo] (Ivre de femmes et de peinture) qui est, à 74 ans et avec une centaine de films à son actif, le doyen toujours actif des cinéma coréen.

Et la France ?

Jean-Luc Godard/REUTERS

Terminons par la France puisqu’elle fut, sans chauvinisme aucun, à la pointe de ces “nouvelles vagues” qui constituent l’essentiel des bataillons de gérontes que le présent article a pour objet de recenser.

Il y a bien sûr, tous d’abord, les «jeunes turcs», cette bande de cinq critiques amis (à l’origine, du moins) qui firent leurs armes en tant que critiques aux Cahiers du cinéma, avant de tous passer à la réalisation vers la fin des années 50 : Truffaut, Rohmer, Chabrol, Rivette, Godard. De cette bande-là, probablement la plus illustre de toute l’histoire du cinéma français, ne demeurent aujourd’hui que les deux derniers.

A 82 ans, il semblerait que Jacques Rivette ait livré son dernier film l’an dernier, avec 36 vues du pic Saint-Loup. Ce film relativement court (à comparer aux 12h30 de Out1 ou aux  4h de L’Amour fou) et d’une grande épure, comme le sont souvent les ultimes tableaux de maîtres, conclue la carrière du cinéaste le plus secret de la nouvelle vague, qu’on peut voir par exemple ici, en 1974, parler de Sacha Guitry dans un drôle de dispositif journalistique. Toujours actif en revanche, le facétieux Jean-Luc Godard [Photo] (80 ans) a récemment refusé de se déplacer à Los Angeles pour aller y chercher son oscar dhonneur, a apporté son soutien symbolique et financier à un internaute “pirate”, et a boudé la conférence de presse cannoise de son magnifique Film Socialisme (visible ici en intégrale et accéléré).

Proches de la nouvelle vague en esprit sans en avoir fait rigoureusement partie, Agnès Varda (82 ans) et Alain Resnais (88 ans) sont eux aussi toujours actifs. La première (Cléo de 5 à 7 ou Les glaneurs et la glaneuse) a sorti Les plages d’Agnès en 2008, un film-bilan d’une grande vitalité, le contraire d’un film testamentaire; tandis que le second, récompensé d’un prix exceptionnel à Cannes en 2009 pour Les herbes folles (folles tout autant que sa classe, ici en costume noir et chemise rouge), que d’aucun annonçaient comme son dernier film, serait parait-il en préparation d’un nouveau long-métrage. Ajoutons trois autres cinéastes, eux aussi proches, d’une certaine façon, de la nouvelle vague : Marcel Ophuls (83 ans), Jean-Pierre Mocky (77 ans) et José Bénazéraf (88 ans).

Fils de Max Ophuls, documentariste et ami proche de Godard, le premier est connu pour avoir, le premier, dénoncé le mythe de la France résistante dans Le chagrin et la pitié, en 1969 (visible en intégralité ici), sujet qu’il aborde à nouveau dans Hotel Terminus, en 1989, où il fait la biographie de Klaus Barbie. Selon son site internet, l’impayable Jean-Pierre Mocky, les cheveux toujours sales et jamais avare de clashs télévisuels (ici contre Serge Kaganski, contre les actrices en général, hum) aurait deux films achevés dans les tiroirs (Crédit pour tous et Les insomniaques), et un troisième en montage (Impasse de l’espoir). La retraite à 67 ans n’est visiblement pas son principal souci. Enfin,  le doyen Bénazéraf surnommé un tout petit peu abusivement le “Godard du X” (décidemment, on y revient toujours), a cessé de tourner depuis longtemps mais bande toujours aussi dur, comme il s’en expliquait au magazine Tracks en 2008.

Le cinéma français des années 60 ne se résume cependant pas à la Nouvelle Vague, et il serait injuste de terminer ce panorama sans évoquer deux cinéastes dits “populaires” de cette période: Edouard Molinaro (82 ans) et Georges Lautner (84 ans), désormais retraités, font désormais le bonheur de la TNT. Surtout Lautner, metteur en images des scénarios de Michel Audiard : Les Tontons Flingueurs, Les Barbouzes, Ne nous fâchons pas, Le Pacha, ou Le Professionnel. N’ayant plus tourné depuis 1992, on l’imagine volontiers se la couler douce quelque part près de Montauban, loin “des nuits blanches... des migraines... des "nervous breakdown", comme on dit de nos jours”.

Jean-Jacky Goldberg

NDLE: article mis à jour le 30 novembre avec le suicide Mario Monicelli

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