Le système financier menacé de zombification
Non seulement la crise n'est pas finie, mais en plus de nouveaux nuages s'accumulent à l'horizon, avec notamment le scandale de la titrisation.
- Un trader à la Bourse de Bombay, octobre 2008. REUTERS/Arko Datta -
Il faut être aveugle pour ne pas voir qu’un nouveau tsunami s’annonce à l’horizon: une nouvelle dépression mondiale est en train de se mettre en place. D’abord, celle déclenchée en 2007 par la crise des subprimes n’a jamais été réglée. Et toutes les actions lancées depuis l’ont été en vain: la baisse des taux d’intérêt n’a pas fait repartir la croissance et n’a fait que nourrir des turpitudes nouvelles, rendant plus facile à supporter l’endettement public, et permettant de retarder les réformes de structures nécessaires. Au total, les banques ont reconstitué leur fonds propres pendant que les contribuables sont de plus en plus endettés et les chômeurs de plus en plus nombreux, et sur des durées de plus en plus longues.
Contrairement au discours dominant, la crise actuelle n’est pas terminée.
Et pendant ce temps-là, la Chine...
Tout cela était prévisible. Tout cela était prévu. Et on assiste bien, avec l’endettement public et la baisse des taux, à l'ultime beuverie annoncée d'alcooliques jurant pourtant tous les jours de devenir abstinents.
De plus, de nouveaux nuages s'accumulent à l’horizon, avec l’énorme scandale de la titrisation, dont on vient de découvrir qu’elle n’était pas seulement risquée mais aussi frauduleuse; ce scandale commence à peine à être perçu et il provoquera de formidables soubresauts nouveaux, remettant en cause les fondements mêmes du système financier américain, dont la responsabilité dans la crise ne se limite pas à l’imprudence, mais va jusqu’au crime; et dont l’influence sur le système politique américain, y compris sur l’administration Obama, s’est révélée désastreuse.
Face à cela, les principaux pays ont des stratégies divergentes: les Etats-Unis distribuent à l’infini des moyens de paiement, pendant que les Européens empilent les plans d’austérité sans utiliser leurs marges collectives d’emprunts. Les uns laissent filer leur taux de change, pendant que les autres le défendent. Pendant ce temps, la Chine accumule de plus en plus de réserves de change et se prépare à mettre la main sur les plus grands actifs de la planète.
La crise ne peut alors que prendre une nouvelle ampleur: la zombification des banques japonaises menacera le reste du système financier mondial; la consommation ne repartira pas et le chômage grandira, avec les déficits.
Chaque pays, n’ayant plus de marges de manœuvre budgétaire, ne pourra employer les moyens qui, en 2008, ont permis de ralentir la crise, et le G20, toujours aussi vain, restera incapable d’enrayer cette spirale dépressive.
Les pistes de réflexion
En réaction, on assistera —on assiste déjà— dans bien des pays, du Nord, comme du Sud, à une guerre des monnaies pour défendre une maigre croissance en réduisant celle des autres. Elle sera suivie de mesures protectionnistes sur les marchés des capitaux, puis sur ceux des biens et services. Puis d’une hausse des prix des matières premières, forme moderne de l’inflation provoquée par la création monétaire.
On sait pourtant très bien ce qui est à faire: les Etats-Unis devraient mettre de l'ordre dans leurs comptes par des hausses d'impôts. Les Européens, contraints individuellement de se désendetter pour retrouver des marges de manœuvre, devraient relancer leur machine en se dotant d'une capacité continentale d'emprunt. Les Chinois devraient développer au plus vite leur consommation intérieure et réduire leur taux d’épargne. De grands projets mondiaux, industriels et publics, seuls capables de redonner des fondements sains à la croissance, devraient être lancés et financés par de grands emprunts mondiaux.
Naturellement, rien de tout cela ne sera décidé par le prochain G20 de Séoul. Tout pourrait l’être par celui qui sera ensuite présidé par la France.
Peut-on espérer qu’on s’y lance sans attendre la catastrophe? On peut encore l’espérer; même si l’Histoire nous apprend que les hommes ne se dépassent que lorsqu’ils sont acculés.
Jacques Attali
Mis à jour le 25/10/2010 à 18h56















































Des tours de passe-passe, avec leurs filiales logés dans des paradis fiscaux et en charge d'héberger leurs actifs pourris, Leur ont permis la titrisation des actifs pourris, de l'immobilier pour la plupart.
Actifs désormais assainis par le renflouement des banques du monde entier par leurs gouvernements successifs, c'est-à-dire, leurs contribuables et ce, sans contrepartie aucune: - ni prise de participations - ni exigence de siéger au conseil de surveillance des dits groupes.
L'une de ces deux options auraient été légitimes et clairvoyantes.
Ces mêmes contribuables qui ont été spolié de leurs biens pour cause d'insolvabilité.
S'ensuit l'analyse quoique pertinente, d'aucuns diraient frappée au coin du bon sens de Jacques Attali; mais qui dénote par l'espoir qu'il fonde dans la capacité de réaction de ces groupes une fois ces derniers acculés.
Mais nous en remettre encore une fois à leur autorégulation quand ils nous ont démontrés leur incapacités à maitriser leurs pulsions hégémoniques serait jouer à la roulette russe.
Et comme l'Histoire bégaie, sans des contraintes imposées par les politiques de grands Etats, ceux-là même qui se sont fait avoir moult fois en se portant si généreusement au secours de leurs groupes à chaque grande crise, rien n’est possible.
Car les agences de notations, chevaux de Troie des spéculateurs professionnels (organismes financiers de ces mêmes banques précédemment aidés), vont venir aussi sûrement saper les efforts consentis chez les plus vulnérables, comme précédemment pour la Grèce, l’Espagne...
La question qui devrait nous préoccupait serait:
Comment créer un cercle vertueux, dans celui vicieux, solidement ancré, sans une concertation décisive « des G je ne sais plus combien » d'où jaillira des décisions contraignantes pour ces zombies de nos économies?
Il en va du legs que nous comptons laisser aux générations futures; et rien de moins.
Paul MELLY
La mondialisation a bien des defauts: - Instrument d'arbitrage du cout du travail - Impossibilite de mettre en place les mesures qui s'imposent, dans ce cas arreter les "crimes financiers" (le terme a enfin ete utilise)
Elle finira comme les precedentes mondialisation avec la difference que les exces financiers semblent plus importants que dans les crises passees (donc la note sera plus salee). les dollars de la Chine ne vaudront plus rien, il leur restera les actifs (usines,...) installes sur leurs territoires. Think global, act local...
Ha mais s'ils ont plutôt décidé de faire travailler leurs esclaves pour racheter notre patrimoine, ce n'est pas en sautant sur votre chaise comme un cabri en criant "consommez consommez consommez" que ça changera quelque chose.
" Puis d’une hausse des prix des matières premières, forme moderne de l’inflation provoquée par la création monétaire."
Ce n'est pas la création monétaire qui crée l'inflation, c'est son excès. Et finalement une inflation raisonnable, forme d’impôt sur la fortune liquide, ce n'était pas désagréable, ça poussait à investir.
Chaque pays, n’ayant plus de marges de manœuvre budgétaire, ne pourra employer les moyens qui, en 2008, ont permis de ralentir la crise, et le G20, toujours aussi vain, restera incapable d’enrayer cette spirale dépressive."
Monsieur Attali, je vous savez visionnaire, mais pas voyant.
Bien cordialement.
- Placer une partie de son argent sous son matelas, ou un coffre au domicile. - Ne plus utiliser sa carte bancaire ou le moins possible et utiliser une carte simple (non, vous n'avez pas besoin de Gold !) ; plus de frais de cotisation annuelle exorbitants et plus de frais de transactions surfaits. - Ne plus accepter les frais d'assurances supplémentaires associés aux comptes bancaires qui pullulent ; alarme habitation, assurance juridique, etc. bien regarder les petits montants et les refuser. - Qui dit moins/plus de carte dit, achat uniquement en cash ; négociation tarifaire avec le commerçant en argumentant que le fait de payer par carte engendre des prélèvements par les organismes Visa et Mastercard. - Revenir à la culture individuelle (jardinet, balcon, pot) pour cultiver ses légumes ; ou achetez aux paysans locaux ou en coopératives, en payant cash. - Revenir à la nature et ce qu'elle nous offre : fruits, végétaux, gibiers, en suivant les saisons (souvenez-vous de la salade de pissenlits ramassée en famille le Dimanche avec les anchois et la bonne sauce moutarde), nos enfants sont incapables de citer plus de 50 végétaux, ici en Thaïlande, ils en connaissent +de 500. - Revenir au troc de services ; accord, je fais, en contre partie, vous faites. Il y a tellement de talents et nous avons tellement besoin des autres. - Revenir au troc des biens ; nous avons tant de choses à vouloir et tant de chose à donner. - Repensez l'organisation de vie ; un étang commun avec une participation (ou un troc) annuel à la nourriture est une garantie de poisson frais toute l'année, idem pour l'élevage de poulet, de lapin, et autres.
J'aperçois votre moue dubitative Monsieur Attali. Excusez-moi, je corrige, ce ne sont pas des pistes, c'est tout simplement comment vivent près de dix millions de personnes autour de moi sans le système financier mondial dont ils se moquent éperdument tout en arborant un sourire en permanence.
Peut-être suis-je naïf ou une langue de vipère ? C'est sûrement le serpent sing que je viens de déguster qui me monte à la tête, c'était un troc, contre un cours d'Anglais...
Il n'y a qu'une seule issue possible à la crise, c'est le défaut des états sur leur dette, déguisé ou assumé. L'idéal serait de reconnaître l'impossibilité d'honorer les engagements, mais les états vont faire ce qu'ils font toujours lorsqu'ils ne peuvent s'y résoudre, c'est à dire recourir à la planche à billets électronique pour rembourser en monnaie de singe, le vol sournois de tous les créanciers en somme. Ce sera bien sûr un véritable désastre, comme chaque fois qu'une situation similaire s'est présentée.
La suite n'est pas trop dure à imaginer, ce sera une période plus ou moins longue de misère et de forte instabilité, qui débouchera sur un nouveau système monétaire, libéré (au moins partiellement, espérons le) des manipulations des états et de leurs conséquences catastrophiques sur l'économie et la richesse des citoyens. Inutile de préciser qu'on pense immédiatement à l'or, qui est la monnaie qui a toujours émergé naturellement avant que les gouvernements la confisquent. Alors seulement viendra une nouvelle période de stabilité, jusqu'à ce que les nouvelles générations oublient à nouveau les leçons de leurs ainés et que l'histoire se répète.
Nul besoin d'être visionnaire ou voyant, il n'y a absolument aucune originalité dans ces constatations. Ouvrez un bouquin d'histoire et faites votre chois, le même scénario d'ensemble s'est déjà produit un nombre de fois incalculable au cours des trois derniers millénaires, et a déjà été décortiqué et analysé en long et en large par les économistes de l'école autrichienne. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, croire que nous sommes au dessus des générations précédentes dans ce domaine est une idiotie sans pareille.