Jean-François Copé: Ma «niche» fiscale et les erreurs du PS
Depuis quelques jours, les pourfendeurs de la «niche Copé» se font plus discrets: depuis la parution d'un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires.
- Une niche dans Second Life / Torley Linden via Flickr -
Chez certains membres du PS, l’idéologie compte plus que la vérité. A la fin de l’année 2009, Didier Migaud, alors président PS de la commission des finances de l’Assemblée nationale et d’habitude apprécié pour son sens de la mesure, fait un coup médiatique. Il dénonce à grands cris ce qu’il appelle la «niche Copé», un dispositif que j’avais fait voter dans le projet de loi de finances de 2006, alors que j’étais ministre du Budget. Il s’agit d’exonérer partiellement les plus-values dégagées par une entreprise qui revend une participation au bout d’au moins trois ans (le taux d’imposition est de 15%, 8% ou 0% en fonction de la durée de détention des actifs): au-delà de la compétitivité fiscale, l’objectif de ce dispositif est de favoriser l’investissement de long terme et la stabilité du capital de nos entreprises. Pourtant, selon Didier Migaud, cette mesure serait un cadeau mirobolant et injustifié aux grands groupes qui aurait coûté 22 milliards d’euros sur 3 ans! Derrière, les socialistes reprennent en chœur le refrain: «Alors que les Français sont touchés par la crise et que l’Etat souffre de surendettement, on apprend que Jean-François Copé a donné plus de 20 milliards aux cadors du CAC 40!» En février 2010, Didier Migaud est nommé à la tête de la Cour des comptes, le socialiste Jérôme Cahuzac le remplace à la commission des finances et joue la même rengaine. Surfant sur la rhétorique du PS qui veut faire croire que la majorité est inféodée aux «riches», il met en cause dès qu’il le peut «la niche Copé qui a coûté à l’Etat 18,6 milliards d’euros en 2008 et 2009».
Depuis quelques jours, les pourfendeurs de «la niche Copé» se font pourtant nettement plus discrets. Et pour cause: un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires (Entreprises et «niches» fiscales et sociales [PDF]) vient de passer au crible tous les dispositifs fiscaux en faveur des entreprises. On y lit que le dispositif que j’avais instauré en 2006 «apparaît analogue à ceux existant à l’étranger» et que sa «remise en cause profonde ne semble pas souhaitable». Ironie de l’histoire, ce rapport a été réalisé sous la présidence de Didier Migaud et présenté officiellement par Jérôme Cahuzac le 6 octobre dernier…
Je n’ai bien sûr jamais que prétendu que ce dispositif était parfait ou ne pouvait pas être aménagé –pour moi, il ne doit pas y avoir de tabou en matière fiscale–, mais je constate que le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) démonte toute l’argumentation du PS en montrant l’intérêt économique de cette mesure pour notre pays:
1. Les socialistes parlaient d’un coût de 18,6 milliards entre 2008 et 2009? Le rapport précise que le coût cumulé de la mesure sur ces deux années serait moitié moins élevé «entre 9 et 10 milliards d’euros». L’explication de ce hiatus entre les deux estimations est claire: Jérôme Cahuzac a effectué ses calculs sur la base d’un taux d’imposition des plus values de long terme à 33,3%, qui n’est pourtant plus en vigueur depuis la réforme fiscale de 1965! Le taux d’imposition avant 2006 était fixé à 19% et non à 33%, ce qui change largement la donne. Erreur de calcul ou volonté délibérée de gonfler les chiffres? Je note que, dans son contre-plan de financement des retraites, la direction du PS proposait d’abroger ce dispositif, sans se risquer à en évaluer précisément le gain espéré…
2. La gauche présentait ce dispositif comme une exception française? Le rapport rappelle qu’il existe dans 21 pays sur 29 dans l’OCDE. Si nous le supprimions, les capitaux étant beaucoup plus faciles à délocaliser que les usines, les opérations de cession se feraient depuis l’étranger, aux Pays-Bas ou en Belgique par exemple. C’est ce qui se passait avant cette réforme: beaucoup de grands groupes français avaient implanté des holdings à l’étranger pour effectuer ces opérations de cession en leur nom. Résultat l’Etat était perdant sur toute la ligne: il n’avait plus de rentrées fiscales et les holdings fuyaient son territoire!
3. Le PS dénonçait une mesure inefficace? Le rapport affirme, qu’au contraire, la France a gagné en attractivité depuis 2007: non seulement nous avons pu stopper les départs de holdings hors de notre sol, mais en plus leur nombre croît en France (nous sommes passé de 1.112 holdings à 1.276 en 2009). Cela entraîne plus d’activité, plus d’emplois, donc plus de rentrées fiscales et in fine plus de redistribution!
A lecture de ces éléments, chacun comprend que Monsieur Cahuzac et ses collègues socialistes aient choisi de faire profil bas depuis la sortie du rapport. Cette affaire est une nouvelle preuve du cruel manque d’idées et de crédibilité du PS. Le PS s’oppose sur tout mais ne propose rien. Son programme tient en deux points: attaquer personnellement les membres de la majorité et promettre de revenir sur les réformes du quinquennat, si la gauche remporte les élections en 2012. Le PS se trompe s’il croit que son irresponsabilité peut le mener vers la victoire. Les citoyens ne sont pas dupes: 63% d’entre eux pensent que l’opposition ne ferait pas mieux que le gouvernement si elle était au pouvoir… Pour relever les défis du XXIe siècle, les socialistes auront-ils autre chose à offrir à la France et aux Français qu’un grand bond en arrière?
Jean-François Copé
Photo: Doghouse / Torley Linden via Flickr CC License by
Mis à jour le 26/10/2010 à 8h06













































Bon article soulevant un point interessant, que j'imagine Messieurs du PS se feraient un plaisir de contredire...
Euh, par contre, vous auriez peut-etre pu eviter votre conclusion qui n'apporte strictement rien au debat actuel...Oui, le PS c'est des mauvais, oui l'UMP, ils sont trop beaux et trop forts...
Bon, allez, les annees gauche-droite, on arrete svp, et tournons nous vers l'avenir...ensemble? Possible ou pas?
Le parlement est actuellement en cession pour le budget 2011, voilà une occasion de répondre à mes questions restées sans réponse depuis plusieurs mois.
Revenons à votre dossier sur les holdings, avant de vous répondre je me suis penché sur le rapport du CPO (372 pages) un casse tête, pour mieux appréender votre article. Premier point le rapport fait un constat sur une niche qui ne semble pas sur le fond révolutionner le paysage industriel de la France, votre enthousiasme sur le maintien des Holdings dans notre pays est une vision politicienne sans aucune réalité. Sans polémiquer vous avez voté un bouclier fiscal concernant, plus précisément le taux d’imposition à 50% cela n’a pas fait revenir « les exilés » et sauf erreur, au contraire d’ailleurs. Vous avez tendance à prendre vos désirs pour des réalités. Mécanisme,une entreprise décide de modifier sa structure et met en place une holding, ce qui signifie en première phase la filialisation de ses départements qui permettront dans un deuxième temps la vente à la découpe, méthode bien connue dans le logement. Les conséquences : - une autre vision de ses investissements avec la prise en compte de votre niche qui d’ailleurs peut inciter certaines entreprises à choisir le système de la holding, financièrement très alléchant, socialement sans risque au contraire on se débarrase de ce boulet le social. - tout d’abord une perte sur la rémunération globale, pour les femmes et les hommes de l’entreprise (pour paraphraser le Président, ceux qui se lèvent tôt) par la perte de l’intéressement qui ne sera plus lié aux résultats du groupe mais de chaque filiale, voir à ce sujet la réflexion du Sénat et pas de l’Assemblée tient pourquoi ????, mais également d’autres pertes comme la prise en charge à +/- 100% d’une mutuelle par exemple,etc - deuxième conséquence la possibilité d’une vente à la découpe des filiales qui entraînera automatiquement des licenciements par les repreneurs. - troisième point une holding ne crée pas de richesse au sens industriel du terme, la richesse est purement financière, ce qui n’est pas un mal mais la multitude des défiscalisations voir le rapport du Conseil n’est pas favorable au budget de la Nation au contraire, et plus particulièrement depuis 2006, date de votre passage à Bercy plus vos votes sans faille de toutes les niches fiscales depuis cette date. Enfin toutes ses pertes financières et sociales se répercutent sur la consommation. Alors bilan REEL de la niche fiscale tel quel ? celui qui le sait n’est pas de ce monde et donc pas l’initiateur Je ne suis pas de gauche au contraire d’ailleurs pour différentes raisons, dont ce manque de réalisme économique pour la plus part des « ténors » du parti socialiste comme des verts d’ailleurs et autres M. Mélenchon….. Par contre j’ai du respect pour les compétences de certains socialistes dont M. Migaud à qui je reconnais également une certaine retenue de bon ton ce qui ne semble pas être la qualité première de beaucoup de fanfarons de l’UMP.
La majorité actuelle n’a aucune ligne directrice, incapable de dire la vérité aux Français et surtout ne donne aucun espoir que demain sera mieux qu’aujourd’hui. Jamais notre Pays n’a connu autant d’intervention de l’Etat pour des résultats médiocres pour ceux qui se lèvent tôt et oui encore. La classe politique française devrait se poser la question : qu’est que j’apporte de positif à la Nation ?? M. Copé votre ego vous jouera des tours car vos analyses ne sont JAMAIS totales, trop politiques. La majorité des français ne croient plus dans la classe politique ce qui va poser un pb en 2012. N.B: J’ai trouvé la demande de @loicdelyon très intéressante, et vous ????? Bonne soirée.