Un parfum de racisme bien français
Les propos de Jean-Paul Guerlain sur les «nègres», à peine condamnés, rappellent que trop souvent, le racisme est un crime quotidien en France.
- Journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Paris, le 10 mai 2008. REUTERS/Benoit Tessier -
«J’ai travaillé comme un nègre, je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin…» Tels sont les propos qu’a tenus le 15 octobre sur le plateau du 13 heures de France 2, Jean-Paul Guerlain.
Jean-Paul Guerlain : ses propos racistes sur France 2
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Malgré les réactions, notamment sur l’Internet, il s’est trouvé peu de responsables politiques de premier plan pour dénoncer ces propos. Pour que la polémique enfle, il a fallu que s’en empare la journaliste Audrey Pulvar en consacrant à cette «réflexion» une chronique sur France Inter :
«On a bien attendu pendant tout le week-end, dans la bouche de tous les responsables politiques un début de condamnation, d’émoi, d’indignation. Seule Christine Lagarde a réagi. Pour les autres, on attend encore. En France, on peut donc prononcer des paroles racistes à une heure de grande écoute, sur un média national sans qu’aucune grande voix, politique, intellectuelle ou artistique ne s’en émeuve. Oh, les associations font leur job, qui menacent de porter plainte. Mais qui parle de racaille? De scandale? De honte? D’obscénité ? De crachat?»
En effet, il semble bien que dans ce pays, on puisse presque tout dire à propos de ceux que monsieur Guerlain appelle «les nègres». Qu’ils sont trop nombreux en équipe de France de football. Qu’ils organisent des émeutes en banlieue. Qu’ils fomentent des mutineries dans l’équipe de Raymond Domenech. Qu’importe si, par la suite, on découvre que parmi les révoltés, prenaient rang Ribéry et Toulalan, nègres bien pâles.
Qu’importe, un grand nombre de nos compatriotes auront pu se défouler à cette occasion. Trop belle pour casser du sucre sur le dos des «nègres».
La parole raciste libérée
Plus grave, en France, le racisme se banalise. La parole raciste est libérée. J’ai la chance d’habiter Paris, la capitale de la patrie des Droits de l’homme. Combien de fois n’ai-je sursauté en entendant l’un de mes voisins racistes hurlant dès qu’il apercevait un noir dans la rue. Après l’élection de Nicolas Sarkozy, l’un des voisins pensait qu’il était en droit d’ordonner à tous les «nègres de rentrer chez eux». Même les enfants noirs fréquentant ma rue se faisaient traiter de «race maudite» sans que cela ne choque outre mesure.
Combien de fois n’ai-je vu des «noirs» en pleurs parce qu’ils s’étaient vu refuser un appartement ou un emploi du simple fait de leur couleur de peau. Combien d’entre eux osent porter plainte? Pour eux aussi, le racisme est une banalité. Beaucoup en viennent à le considérer comme une fatalité.
Vous allez me dire que j’exagère. Longtemps j’ai pensé qu’il n’existait pas de réel problème de racisme en France. Quand on est blanc, la plupart du temps, on ne se rend compte de rien. Sans aller jusqu’à faire l’expérience de changer de couleur de peau –comme le journaliste américain Griffin, auteur de Dans la peau d’un noir–, nous devrions tous au moins une fois dans notre vie accompagner des noirs dans certains lieux de pouvoir. Nous rendre par exemple dans un consulat ou une préfecture.
Désolé, mais l’accueil n’est pas du tout le même selon votre couleur de peau. La loi «change» selon votre pigmentation. Enfin, elle n’est pas appliquée de la même façon. Bien des hauts fonctionnaires le reconnaissent à mots couverts.
Scènes pénibles de racisme policier
Combien de fois n’ai-je assisté à des scènes extrêmement pénibles? Des policiers qui abreuvaient d’injures racistes des noirs dans le métro. Un blanc qui n’a pas payé son titre de transport sera juste verbalisé. Un noir sera bien souvent invité à «rentrer dans son pays». Même si c’est un Antillais dont la famille possède la nationalité française depuis plusieurs siècles.
Autre scène de la vie ordinaire, deux policiers s’approchent d’un air menaçant d’un père de famille blanc et de sa fille métisse paisiblement assis dans le métro. Après avoir examiné attentivement chacun des «faciès suspects», le policier lâche un hargneux «cherchez l’erreur». Et oui désolé, il arrive qu’un père n’ait pas tout à fait la même couleur de peau que ses enfants. Est-ce un délit? Aux yeux de certains représentants des forces de l’ordre, cela ne fait aucun doute.
Autre moment pénible de la vie dans la ville lumière. Une petite fille métisse de 6 ans fait la queue à l’entrée d’un musée avec ses parents. Une femme la bouscule violemment. Pour expliquer son geste, elle affirme que: «Ces enfants ne savent pas compter, mais qu’ils savent mémoriser les numéros des cartes bleues.» La fillette se trouvant à cinq mètres de la caisse et de la personne qui composait son numéro de carte bleue, on voit mal comment elle pourrait parvenir à accomplir pareil forfait. Mais les «nègres» possèdent sans doute des pouvoirs surnaturels.
Que faut-il faire pour apaiser nos «amis» racistes? Interdire les musées aux enfants noirs? Leur bander les yeux pour éviter qu’ils ne mémorisent les numéros de carte bleue? Le climat qui règne dans notre pays devient délétère. Si les enfants sont considérés comme des criminels accomplis dès le plus jeune âge en raison de leur couleur de peau, notre société est vraiment malade.
Pourquoi parler des enfants? Tout simplement parce qu’ils sont une cible de choix pour les racistes ordinaires. Bien souvent nos «amis» racistes ne sont guère courageux. Ils s’en prennent plus facilement à la progéniture des noirs. Le «nègre» a la réputation de bien se battre, mieux vaut éviter de le provoquer. Selon eux, il serait incroyablement paresseux, sauf sur un ring. Il aurait alors le poing incroyablement leste. Mohamed Ali n’était-il pas l’un des leurs?
Combattre le racisme
Combien de fois n’ai-je entendu ces derniers mois, les mots «nègre» ou «négresse» prononcés avec jubilation, délectation par des gens qui n’étaient pas issus du lumpen-proletariat. Loin s’en faut. Ils étaient «bien-nés». Combien de fois n’ai-je entendu ce vilain mot? Le mot «nègre» prononcé par tous ceux qui se disaient «qu’avant» ce n’était pas permis. Mais que maintenant on peut enfin se lâcher dans le TGV, en première classe. On a payé cher. Alors n’a-t-on pas le droit de tout dire? De dire stop à cet odieux «politiquement correct» qui nous a fait tant de mal?
Ne dites surtout pas aux Français que le racisme gangrène la société, qu’il gagne du terrain. Beaucoup vous diront que c’est bien pire ailleurs. Après tout, nous sommes la patrie des Droits de l’homme. Nous n’avons de leçons à recevoir de personne.
Bien sûr que le racisme existe ailleurs. Mais dans certains pays, il est combattu avec plus de vigueur. Bien des Africains —même des francophones— se sentent désormais plus à l’aise en Angleterre. «En France, un statut social est attaché à votre couleur de peau. Dès que vous êtes noir, on pense que vous être forcément pauvre et illettré. Une source de problème… A l’hôpital, on commence d’abord à vous parler en petit nègre amélioré. Même si vous êtes agrégé de grammaire, cela ne change rien à l’affaire», explique Solange, une universitaire béninoise.
Un ami sud-africain a été estomaqué lors de sa récente visite à Paris. «Quand je vais dans des bureaux, les seuls noirs que je croise sont ceux qui font le ménage et les vigiles. C’est un peu l’apartheid, chez vous», a-t-il déclaré en plaisantant. Mais au-delà de la boutade, il ressentait un vrai malaise.
Une Nigériane venue étudier en France m’a elle aussi fait part de sa déception. Pour elle, la France, c’était avant tout la patrie de Voltaire. Une terre de liberté pour tous. Même pour les «nègres». Mais elle était trop candide. Certes la France est la patrie de Voltaire. Mais au cours de ses études, elle a aussi découvert la part d’ombre du grand penseur. Voltaire était aussi un homme d’affaires «avisé» n’ayant pas hésité à investir dans la traite négrière. Et n’a-t-il pas expliqué que le blanc est aussi sûrement supérieur au nègre que le nègre l’est au singe. Et le singe à l’huître.
On a déjà vu mieux comme marque de progressisme, même s’il reprenait à son compte des préjugés très répandus à l’époque. Mais il est vrai que lorsque l’on s’est enrichi sur le «dos des noirs», on apaise sans doute un peu sa conscience en doutant… En doutant du fait que le «nègre ait une âme» ou une pensée. On dort sans doute mieux la nuit. Une goutte de parfum de marque déposée sur l’oreiller et le sommeil promet d’être profond. Bonne nuit les petits…
Quoi qu’il en soit, patrie des Droits de l’homme ou non, la France a un sacré travail à accomplir pour combattre le racisme. Il va falloir qu’elle travaille dur pour en finir avec le «bruit et l’odeur». Monsieur Guerlain dirait travailler comme un «nègre».
Pierre Malet
Mis à jour le 20/10/2010 à 18h19








































"J’ai la chance d’habiter Paris, la capitale de la patrie des Droits de l’homme. Combien de fois n’ai-je sursauté en entendant l’un de mes voisins racistes hurlant dès qu’il apercevait un noir dans la rue. Après l’élection de Nicolas Sarkozy, l’un des voisins pensait qu’il était en droit d’ordonner à tous les «nègres de rentrer chez eux». Même les enfants noirs fréquentant ma rue se faisaient traiter de «race maudite» sans que cela ne choque outre mesure."
Mr Malet commence fort avec son "J’ai la chance d’habiter Paris, la capitale de la patrie des Droits de l’homme." Jouez trompettes , sonnez clairons , faites donner l'orchestre , Mr Malet est un chanceux et savez-vous pourquoi ? Parce qu'il est dans la capitale des droits de l'homme . Mon Dieu , quel frisson de bonheur doit-il éprouver ce bougre de Mr Malet . Vous vous rendez compte : la patrie des ddlh . Fichtre de fichtre quel honneur . Se monsieur se gargarise vraiment avec des banalités qu'on ressasse sans fin . Vraiment pas original ce Mr Malet là , mais plutôt le genre mouton .
Après ça devient encore plus intéressant : "Combien de fois n’ai-je sursauté en entendant l’un de mes voisins racistes hurlant dès qu’il apercevait un noir dans la rue." car la façon dont cette phrase est tournée sous-entend que ce Mr a , à de multiples reprises , entendu "HURLER" un voisin raciste . Perso je n'ai malheureusement pas l'honneur d'habiter la capitale des ddlh , sniff..., mais je doute très fort qu'à Paris on entende HURLER un nombre non négligeable de malotrus lorsqu'ils voient un noir dans la rue . Vraiment ce Pierre Malet est très convaincant .
Bien loin d'une démonstration cet article est trop unilatéral et (trop) peu pourvu de raisonnement pour être convaincant.
Si il est certain que les propos de Mr Guerlain sont choquants, ils ne sont pas délirants non plus, d' autant plus qu' il s' est excusé après ; faut-il nécessairement que chaque homme politique manifeste publiquement son émoi pour ces propos ? Je ne les approuve pas mais les trouve simplement insignifiants, ils ne méritent pas que l' on s' y attarde selon moi...
Quant à toutes les situations que vous décrivez, pas une seule fois dans ma courte existence je n' ai pu y assister, je ne vis pourtant pas dans une grotte ! En revanche dans les médias il est récurrent que des personnes se plaignent de discrimination, j' ai l' impression que celles-ci trouvent un certain plaisir à se sentir persécutées de toute part ! QUI "hurle" en voyant un noir ?! Qui dit qu' ils forment des mutineries en EDF ?!? Et quand bien même certains le diraient... On pourrait simplement les ignorer ? Leur casser la tête ? C' est aussi ça la liberté d' expression prônée par la DDHC !
Ma réponse peut paraître bas de plafond ( car elle l' est ), mais je trouve que ce genre d' articles l' est tout autant. Disposer d' une tribune comme Slate pour étaler autant de cas isolés est dommage... La seule discrimination qui est avérée selon moi, et qui en l' occurrence mériterait un article poussé, est la discrimination raciale au logement et parfois à l' emploi.
Enfin cessez donc s' il-vous-plaît de croire que l' herbe est plus verte chez le voisin, et notamment chez ces sales rosbeefs.
Et oui, effectivement, ayant étudié et travaillé en Angleterre, je confirme, c'est frappant, les entreprises anglaises sont très multiculturelles, l'impression qui se dégage en France est elle uniformément unicolore ...
L article semble souligner une banalisation du racisme. Faut il rappeler que "negre" a ete un mot courant de la langue francaise du 16eme au milieu du 20eme siecle et que celui-ci n'etait pas considere comme raciste par rapport aux moeurs en vigueurs. La generation de nos grands parents employaient ce mot dans le langage courant au meme titre que "noir". A juste titre, les relents racistes et coloniaux de ce mot l'ont a present banni de la langue francaise en dehors de la "negritude" d'Aime Cesaire et des "ecrivains prive" d Alexnadre Dumas. On est donc loin d'une banalisation du propos raciste: la jeune generation coverge vers le politiquement correct et ne designe plus les "noirs" que comme des "blacks", traduction permettant d'enlever au maximum la connotation raciale. L'instauration du politiquement correct a donc limite de facon tres importantante l'expression du racisme dans l'espace public.
On assiste egalement a une "judiciaridation" du comrtement des associations anti-racistes. Comme pour la politique securitaire du gouvernement, la prevention a laisse place a la repression comme si le seul rempart contre le racisme etait le proces, les insultes (cf Audrey Pulvar) et les destructions de reputation. Il est temps que les associations anti-racistes reviennent plus a leur role premier qui est d'expliquer et de dialoguer.
Monsieur Guerlain est d'une autre generation et utilise un vocabulaire qui ne devait pas etre raciste dans son enfance. Le boycott, l'insulte ou le clouage au pilori ne semblent pas etre des reponses appropries a la senilite.
Le politiquement correct, bien qu'il ai limite l'expression raciste dans la sphere publique, n'a pas permis d'attenuer les tensions sociales et raciales car il mene a une negation de certaines questions qui devraient etre poses. (cf Malika Sorel ou Hugues Lagrange) Cette negation cree une explosion du racisme dans une grande partie des classes populaires. L'article souligne tres bien cette facette du mouvement de banalisation. Le debat sur l'identite nationale a vraiment libere la parole raciste et intolerante bien plus que les propos d'un vieux parfumeur. Brice Hortefeux a lui aussi contribue a ce "climat".
Il faut d'urgence revenir a une prevention active du racisme dans les differents lieux de la societe (ecole, universite, entreprises) et eviter dans les medias la repression anti-raciste qui va a l'encontre de l'objectif d'une societe plus tolerante, capable de debattre sereienement.
Le racisme est ancré dans les gênes de l'homme, et pas seulement dans ceux de l'homme blanc. C'est dommage, mais c'est comme ça, c'est atavique. Il suffit de se balader un peu en Afrique, pour vraiment comprendre le racisme, le vrai, le violent, celui qui défouraille à la mitraillette et découpe à la machette. Racisme tribal, de base. Les peuples africains sont les premiers à faire la différence entre les subtiles teintes de noir. Et certaines tribus étaient bien placées pour vendre leurs propres congénères aux vilains esclavagistes blancs qui jamais à l'époque ne se seraient risqués à l'intérieur du continent. Ou comme les Kikuyus, peuple choisis par les anglais au Kenya pour exploiter les autres tribus à leur place.
La réalité du racisme est bien plus complexe que ce petit texte très politiquement correct.
Je ne valide certainement pas les débordements de ce M. Guerlain, pur exemple de consanguinité, mais de grâce, arrêtez de vous complaire dans un monde de bisounours, dans lequel les blancs sont tous méchants et les noirs tous gentils. Réveillez-vous, regardez le monde, voyagez, pensez avec votre tête et arrêtez d'enfoncer des portes ouvertes.
La notion de tribu, de clan, de club, de peuple, de race, de famille est la pire qui soit. Elle est basé sur l'exclusion. Elle au coeur même de biens des sentiments humains, pas les plus purs. Lutter contre le racisme est illusoire, tout au plus peut-on l'encadrer. Et de ce point de vue, la France est loin d'être le pire pays de la terre comme vous semblez naïvement le penser.
Cette précision faite, j'aimerais réponde à M. Malet.
Ce charmant bellâtre utilise le mot 'nègre' relatant son passé, dans un sens on peut moins péjoratif et se permet une remarque sur une expression de la langue française. C'est grave, je dirais même plus c'est la catastrophe, la nuit des longs couteaux, des hordes de vieillards fielleux et sanguinaires...
Vous est il venu, un instant, à l'esprit que cette phrase n'avez rien de raciste ? Quand bien même on abandonnerait toute tentative d'analyse, il semble que cet épisode vous choque personnellement. soit, on va tenter de vous aider.
Vous jouez insidieusement sur le lieu commun " la France pays des Droits de l'homme' pour tantôt vous moquer, tantôt lui reprocher amèrement d'avoir trahi son identité fantasmé. Il n'est écrit nulle part dans la DDHC, la constitution ou le code pénal qu'il est prohibé d'appeler les choses, les genres ou les gens par leurs noms . L'emploi du mot 'nègre' en tant que tel, n'incite pas à la haine, si ce n'est indirectement la vôtre. Le nom nègre ne vous convient apparemment pas, resoit.
Comme tous vos camarades de lutte antiraciste, vous prenez la France pour un supermarché Carrefour - qui s'exporte fort bien cela dit, je comprends naturellement que ce soit le seul repère culturel accessible à vous, journaliste voyageant de ci delà.- La France est donc un supermarché, on y pioche ce qu'on aime, ce qu'on kiffe, selon la tendance : allez je prendrais bien un peu de droits de l'homme la Terreur? jamais! , la merveilleuse troisième République oui son empire colonial non, etc etc De lieu commun en lieu commun, vous arrivez alors au nec plus ultra des clichés : VOLTAIRE. Vous tentez de vous en sortir par une dénonciation un peu tardive de la statue du commandeur, salaud de négrier; il n'empêche que le mal est fait, votre édifice tombe à terre faute de fondations idéologique, même le meilleur des hommes, le plus juste est faillible, peut verser dans l'odieux racisme.
Il est bien facile après de rabrouer votre voisin ou 'le pauvre français accablé par le bruit et l'odeur", ils n'ont jamais voulu partager la France avec des personnes se revendiquant en premier lieu de leur couleur de peau , dont vous semblez porter ici le drapeau, ils se sont tenus à accepter les étrangers se dépouillant de toutes les scories du passé. Tandis que vous venez avec vos gros sabots et votre culture américaine de série télé combinant paranoïa victimaire et obsession de la positive action, vous arrivez donc en France ( il y un an, un siècle ou mille ans, peu me chaut) pur nous expliquer que toutes nos actions amoureuses, professionnelles et commerciales sont guidées par le racisme. si si . Il faut purger.
Figurez cous qu'à l'heure où des bandes de banlieusards brulent et cassent, vous n'êtes pas le seul à le penser, il va falloir purger votre mythologie victimaire et l'éternelle excuse du racisme subi.
Bien à vous
Prétendez vous qu´il s´agit d´une marque de respect envers les "nègres" qui seraient de grands travailleurs? Ou bien plutôt une référence à l'esclavage et à la colonisation? (Epoque ou effectivement les "nègres" travaillaient comme des bêtes, littéralement)
L'excuse typique du raciste, "ils l'ont bien cherché".
Cependant, il y a encore quelque chose qui manque dans votre article. Comme tous ceux que j'ai pu lire sur le racisme, et qui sont soit tout noirs soit tout blancs, celui-ci est tout blanc, partiel, quelque part inachevé. Vous pouvez être sur - et je pense d'ailleurs que vous le savez vous même - que si un "raciste" passe par ici, il se braquera en citant pour sa défense ce qui n'a pas été dit, et personne ne pourrait le lui reprocher.
Il suffit par exemple de considérer ce que vous savez, a savoir qu'il ne fait pas spécialement bon non plus d’être Français en Afrique. Face a ce constat, l'indignation est normale, l’appréciation de l'autre qui en naît est regrettable (mais toujours compréhensible), et la dégénérescence en haine (illustrée par les exemples concernant les enfants)en est le terrible produit final. Et ainsi, l'injustice s'alimente elle-même et incompréhension croit...
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Le racisme est le problème de tous, blancs et noirs, la lèpre dont l’humanité n'arrive pas a se défaire. Et cette maladie est d'autant plus sournoise que ses racines sont profondes et complexes. C'est ce qui m'a toujours désolé dans le message de Sarkozy: combattre la racaille sans jamais chercher a comprendre les origines de leur maladie - car la "racaille" n'est qu'une jeunesse malade. Tolérance Zéro, une expression bien plus dramatique qu'on ne le pense.
Mais que dire sinon que lire des personnes aussi volontaires et engagées que vous me donne encore et encore du courage, a moi qui, étant noir, n'ai jamais pu ne pas me sentir concerne par ce fléau qu'est le racisme? La France n'est pas morte, merci pour ce message.
Pour mobiliser et faire réagir sur de tels sujets, il serait bon, ma foi, d'essayer d'arreter le pathos et les temoignages insignifiants pour se concentrer sur de la vraie infiormation, sur des chiffres, sur des choses que nous, quidam n'avons que peu accés, n'avons guére le recul ou les connaissances pour analyser. Pour lire des témoignages de victimes du racisme, je suis désolé mais j'ai juste a ramasser les tracts des syndicats étudiants qui jonchent le sol de ma fac, je m'attend à autre chose d'un publication d'envergure.
Il y aura toujours des gens pour ne se scandaliser de rien. Ce n'est pas aux noirs de protester devant des propos aussi naturellement stupides, mais aux blancs, et voici ce que je viens de faire sur le site Guerlain:
"Je suis un vieux consommateur de produits Guerlain, et je tiens à vous dire que les propos de M. Guerlain sur les "nègres" sont lamentables, et vont me conduire à passer à la concurrence s'ils ne donnent pas lieu à réaction claire et ferme de votre société. Cordialement"
http://www.guerlain.com/int/fr/base.html#/fr/contacter-guerlain/
Si Guerlain avait dit, "j'ai dépensé comme un Juif, même si chacun sait que les Juifs sont pingres", il se serait pris une volée de bois vert bien méritée. Alors pourquoi aujourd'hui en France, les attaques envers les Noirs et les Arabes ne subissent pas le même traitement? Pourquoi est-ce toléré de les humilier publiquement? Pourquoi trouve-t-on toujours des gens "bien pensants" (je pense a Delanoe ou Lang dans l'affaire Sevran) pour défendre les fautifs?
J'en vois beaucoup qui minimisent la portée des propos de Guerlain. Ce n'est pas le fait qu'il ait utilisé le mot nègre qui choque, mais qu'il affirme qu'il n'aient jamais travaillé. Entre l'esclavage et l'indigénat, sans parler de la françafrique, je pense que la force de travail du Noir, même exploité jusqu'à la moelle, n'est pas à démontrer. Mais les clichés racistes perdurent, et sont finalement, pour beaucoup, que des mots... Pour d'autres, ce sont des poignards.
Mais, à défaut d'être racistes, de nombreux français et occidentaux continuent, même sans s'en rendre compte, de véhiculer des clichés complètement grossiers sur les Africains et l'Afrique en général. De nombreux français continuent ainsi de supposer qu'avant la colonisation, l'Afrique n'avait pas de "civilisation" à proprement parlé, et que ce n'était que de petites tribus isolées dépourvue de pouvoir. L'idée de grands empires africains et de cultures flamboyantes échappe encore à de nombreux Français. De même, notre cher président lui-même n'a pas hésité, lors de son discours à Dakar, à véhiculer le cliché de la paresse des africains et de leur manque d'ambition, et ce au mépris total de leurs traditions et de modes de vie si différents des notres.
C'est là un problème qui date de l'époque colonisatrice (où l'on voulait "civiliser ces animaux"), et qui me semble aussi grave que le raciste exprimé, et bien plus insidieux.Il empêche la communication entre les deux continents, et le deuil de la colonisation, qui serait si bénéfique à la construction de l'Afrique.
Mes respects.
Alors donc, sortons de nos écrans. Oui, vous avez raison.
C'est justement parce que l'auteur est sorti de l'écran qu'il se rend compte qu'en France, il y a un déni de racisme, exactement comme vous nous le montrez avec votre «commentaire».
Combien de Français d'origine étrangère, ou d'Antillais se voient refuser des locations d'appartement, de boulots? des augmentations? D'arrestations dans le métro parce que black beur = délinquants. C'est ça la vie en France; à Paris aussi. Bien sûr, ce n'est pas que ça. La France n'est pas qu'un pays raciste. Mais c'est un pays où quand un vieux schnock sénile nous balance sa petite musique bien raciste, personne parmi les dirigeants de l'entreprise qu'il emploie ne réagit. C'est ça aussi que Pierre Malet dénonce.
On peut se poser la question, en effet, de réagir ou pas, de faire tourner ce propos qui ne mérite pas une ligne pour ne pas amplifier. Ou alors choisir de répondre parce que cela symbolise cette France qui ne voit plus le problème de ce petit racisme quotidien, oui qui refuse de le voir, parce que nous préférons donner des leçons, ou trouver des excuses à des ministres pas racistes, évidemment, mais qui relaient des bonnes blagues bien crétines, bien comprises par tous, avec un bon clin d'oeil façon, on est pas raciste, mais bon quand même, c'est rigolo de se moquer d'«eux».
Enfin, le bon argument bien minable, de comparer la France avec les autres pays. C'est coup de pied de l'âne. On arrêtera d'être raciste quand les autres pays feront pareil? On sera pour la liberté religieuse quand l'Arabie Saoudite permettra de construire des églises, c'est ça? Belle façon d'envisager ce que doit être votre pays... En route vers le moins disant permanent, c'est ça? Pour finir, ce qui «m'interpelle» le plus dans votre écrit c'est le tutoiement, plus que l'injure mi-nable, et le ton de votre contribution (le guano), la fausse intelligence. On reconnaît bien le vocabulaire, ne nous inquiétez pas. On saisit bien. Si c'est cette France que vous voulez, elle est bien plus moche que celle que je veux.
Très cordialement
" J'ai bien reçu votre mail du 21/10/2010. Vous êtes nombreux à avoir été choqués par les propos tenus par Jean-Paul Guerlain sur le plateau du Journal Télévisé de France 2, le 15 octobre dernier. Nous le comprenons parfaitement : c’est l’absence de réaction qui aurait été choquante.
Jean-Paul Guerlain n’est plus salarié ni actionnaire de la société. Il n’en reste pas moins qu’il continue d’en porter le nom.
Nous avons communiqué notre position sur notre site internet, dans les médias et sur notre page Facebook : la consternation est le sentiment qui nous habite. Que Jean-Paul Guerlain se laisse aller à des propos racistes nous a profondément attristé. Si nous reconnaissons sa contribution historique en tant que créateur, en revanche nous condamnons ses propos avec la plus grande vigueur. Ils ne correspondent en rien aux valeurs de l’entreprise.
Ceux d’entre vous qui connaissent la société de l’intérieur savent à quel point ces pro pos sont aux antipodes de la réalité de l’entreprise, faite de diversité, de tolérance et d’enrichissement mutuel.
Nous voulons simplement que l’on retienne ceci : la société Guerlain ne ressemble en rien aux propos tenus par Jean-Paul Guerlain.
Nous restons à l’écoute de vos remarques et vous prions de croire, en l’expression sincère de nos salutations distinguées."
DONT ACTE
Selon l'expression anglaise "we've made our point". Il n'y a pas de raisons de laisser le forum aux seuls racistes.