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- Par Johan Hufnagel
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Johan Hufnagel
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Le copié-collé fait partie de la Sarkolangue
Les propos du président de la République sont truffés d'étranges «jeux de mots», quand ils ne sont pas recyclés.
Il y avait une double idée dans l'air. Depuis son lancement en février, Slate.fr cherchait à reproduire l'hilarant succès de Jacob Weisberg, le patron de Slate.com, avec ses «Bushismes». Mais quoi? Comment? Qui? N'est pas Bush qui veut («Rarement on se pose la question: est-ce que nos enfants apprend?»). Pourtant, la matière nous tendait la main, là , à portée d'oreilles. Nous avions tous remarqué que, en effet, le chef de l'Etat prenait quelques libertés avec la langue française ou dénichait de bien surprenantes expressions, parfois gommées dans les journaux. Nous avons alors connecté cette idée avec celle des «bushismes». En retrouvant — le web ne perd presque jamais rien — ses dernières sorties à langue fourchue, il y avait bien matière à collecter et un titre — facile — à trouver: la Sarkolangue.
Comment définir la Sarkolangue? «Faut parler simple, mais faut parler juste!», dit Nicolas Sarkozy. Ce qui se traduit par des phrases chocs oubliant articles, phrases construites et même formules de politesse.
Voici une première collection. A vous, et nous, de l'enrichir...
Le Petit Journal de Yann Barthès, sur Canal +, a fait l'événement la semaine dernière en découvrant que le discours prononcé à Poligny par Sarkozy sur l'agriculture était purement et simplement  un copié-collé d'un discours du 19 février 2009, à Daumeray, dans le Maine-et-Loire. En présentant  son plan de soutien «sans précédent» de 650 millions à l'agriculture mardi 27 octobre, Nicolas Sarkozy avait pourtant prévenu: «Je ne suis pas venu vous tenir un discours que vous avez déjà entendu».
BienBienBien s'est demandé «s'il s'agissait d'une simple bourde ou d'un système organisé de pompage de discours.» Après avoir fouillé les archives de l'Elysée, le blog a retrouvé au moins 4 discours qui ont été recopiés de la fois précédente. C'est donc officiel, le copié-collé fait partie des caractéristiques distinctives de la Sarkolangue.
Si Nicolas Sarkozy se répète souvent quand il lit ses discours, il est beaucoup plus inventif quand il s'en éloigne et se lance dans des propos plus spontanés. On se souvient de cette arrivée impromptue de «Chouchou» en pleine «interview» de Carla Bruni par les lectrices de «Femme Actuelle»: «Je sors de ma douche parce que j'étais faire sport», juste avant de rencontrer le Premier ministre d'Irak. Mais c'était dans l'intimité du couple présidentiel, et je pense que cela ne compte pas vraiment.
La venue de Barack Obama (Nicolas dit Barack) pour les commémorations du 6-juin et les conférences de presse qui allaient avec lui ont laissé l'occasion de se renouveler.
Le métier de président de la République, Nicolas Sarkozy nous l'avait déjà expliqué, est un métier exigeant. «Vous croyez qu'on n'a pas autre chose à faire que de faire des belles photos en papier glacé. Qu'avec la crise économique internationale, le chômage aux Etats-Unis, en France, en Europe, le problème de l'Iran, vous croyez qu'on a que ça à faire que d'aller dans un bon restaurant (...) On est là pour travailler, pas pour se prendre la main.» Le 6 juin 2009, à Caen.
Mais, ajoute-t-il, «C'est ça l'amitié, on est là pour travailler». Ce qui venant de la part du président «travailler plus gagner plus» n'est pas véritablement une surprise. Le 6 juin 2009, à Caen.
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«Descends un peu! Si t'as que... Si tu crois que... Si tu crois que... Si tu crois qu'c'est en insultant qu'tu vas régler le problème des pêcheurs, et ben pe-permets moi d'te dire, permets moi... pe-pe-tu-tu-tu-tu-tu... Eh ben viens!» - Le 6 novembre 2007, devant les pêcheurs du Guilvinec.
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«Casse-toi alors, pôv'con» - 23 février 2008, Salon de l'Agriculture.
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«J'écoute, mais j'tiens pas compte!» - 20 janvier 2009 à Provins.
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«On commence par les infirmières parce qu'ils sont les plus nombreux» - Rambouillet le 13 mars, plan de réforme des hôpitaux.
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«Qu'est-ce que j'm'aperçois?» et «Si y en a que ça les démange d'augmenter les impôts...» - Le 17 mars, devant les ouvriers d'Alstom à Ornans.
«Franchement moi chuis profondément européen mais ça me fait quand même bien plaisir que ce soit Alstom qui ramasse des marchés à la pelle plutôt que Mitsubishi ou Siemens».
«J'préfère qu'vous savez qu'vous soyez avec un actionnaire que vous connaissez ici...»
«Comme y'aura l'allongement de la durée de la vie, y'aura de plus en plus de gens qui voudront partir faire des tours en croisière»
«L'écologie c'est pas qu'il y ait que des jardins et plus de boulot pour vos enfants et pour vous»
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«C'est quand même agréable de voir des hauts fonctionnaires à qui vous comprenez quand y parlent» - Provins, 20 janvier.
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A suivre...
Comme on ne peut pas être partout, à la différence de vous, chers lecteurs, vous pouvez nous aider. Dès que le président de la République dérape, alertez-nous par mail à infos @ slate.fr, avec en sujet du mail Sarkolangue. Et dans le corps du message, la phrase et le lien pour le faire partager. Et qui sait, à la fin, comme Jacob Weisberg, peut-être en ferons nous un livre...
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Comments
Novlangue
Dans la foulée - comme dirait Nicolas Sarkozy, adepte du jogging -, il serait temps de réformer notre belle langue ! Réputée difficile, elle pourrait être revue et corrigée, au nom de la solidarité, de l'égalité, de la fraternité ... Un beau projet, qui mobiliserait le pays tout entier !
claudeg
Réformons le français
La simplification du français devient urgente car nos enfants doivent aussi apprendre l'anglais et une troisième langue alors soit on en fait un monument historique pour quelques érudit ou bien on adapte.
Pour parler de moi, anglophone la grammaire francaise fut un calvaire quant à l'ortographe c 'est encore pire. Aprés celà on voudrait que le français deviennent une langue universelle.
Peter jones
Transcriptions orales de Sarkozy : trop faaacile !
Ce que j'attendais de Slate.fr, ce sont des débats de fond (et je ne suis généralement pas déçu). Avec bien sûr quelques chroniques-magazine, pour égailler l'ensemble, mais surtout pas ce genre de "journalisme" (!) facile qui s'adonne au degré zéro de la critique, portant sur l'apparence, la personne, la culture, le phrasé.
D'accord, on a un président qui se retrouve avoir les habits d'un J.R. Ewing, "celui que tout le monde aime détester". Mais est-il nécessaire d'en rajouter une couche ? Et surtout est-il utile d'en appeler à de la délation pour enfoncer encore plus l'ambulance dans la fange ?
Ce président vaut ce qu'il vaut (à vous de le juger sur ses actes), mais accordez-lui (ainsi qu'aux autres hommes publics) le droit de bafouiller, de s'énerver (pas trop souvent, on l'espère), de commencer une phrase d'une certaine façon et de la terminer d'une autre parce que distrait ou inspiré par une idée nouvelle.
Rien de ce que vous citez n'est de l'écrit, tout est de l'oral. Or, le premier acte de toute transcription orale enregistrée, chez tout bon journaliste de la Presse écrite, c'est de corriger les approximations langagières propres à l'exercice (y compris celles du journaliste lui-même). Mais là , non : vous récupérez tous les rushes délaissés, toutes les phrases qui nécessiteraient correction, et vous en faites un article !
Imaginez que vous proposiez la correction de votre article à la personne interviewée dont vous citez les paroles. Pensez-vous qu'il laisserait ces phrases telles quelles ? Croyez-vous vraiment qu'il ne saurait pas corriger ses cafouillages oraux, qu'il les laisseraient en l'état ? C'est pourtant ce que vous faites (au point même d'en rajouter, comme un vulgaire karaoké trafiqué de la Nouvelle Star) !
"Slate.fr ne jettera pas la pierre..." ? Tu parles ! C'est en rafale que vous la lapidez, votre victime ! Si encore il s'agissait d'une rafale d'arguments politiques...
Vous avez raison
Sur le journalisme facile: oui, j'en conviens. Vous avez aussi raison, nous avons un président que «tout le monde aime détester». Vous avez encore raison, ce que nous citons, c'est de l'oral.
En revanche, à notre avis ce n'est pas seulement anecdotique. C'est le reflet d'un système de communication. Le chef de l'Etat utilise un langage différent selon ses interlocuteurs, c'est assez évident dans les exemples que nous donnons. Cela mérite d'être mis en évidence.
Enfin, parler, pour un homme politique, est un acte essentiel. C'est comme cela qu'il existe. Nicolas Sarkozy dispose d'un discours écrit qu'il va lire. Mais quand il s'en détache, nous sommes plus près de sa vérité.
Pour finir, il est légitime de ne pas apprécier ce genre de journalisme. Nous essayons sur Slate.fr d'offrir une grande diversité de thèmes et de modes de traitement de l'information. Nous espérons que d'autres sujets et d'autres articles sauront vous intéresser.
Cordialement
Vous avez tort
Tort d'écrire "nous sommes plus prêt de sa vérité", alors qu'il eût fallu écrire "nous sommes plus près de sa vérité".
Et un pan sur le bec, un !
Marianne Arnaud
vous avez raison
Mais je crois que vous avez mal compris l'article. Nous ne voulons pas relever les fautes d'orthographe des discours du chef de l'Etat ou du site de l'Elysée (même si je pense qu'il y a plus de correcteurs sur elysee.fr que sur slate.fr).
symboles en journalisme = produits toxiques en Bourse
Une fois de plus, vous utilisez un journalisme "de la symbolique", en essayant de voir "la vérité cachée derrière les paroles". Sélectionnez-vous les paroles les plus symboliques du discours ainsi analysé ? Les plus emblématiques du message divulgué ? Non, vous choisissez les "à côtés", tout comme une ménagère ou une adolescente remarquera les chaussettes peu assorties ou la mèche rebelle.
Je suis comme vous, j'adore les débats télévisés car ils nous donnent l'occasion de cerner la personnalité et le charisme de nos hommes politiques. J'aime aussi lorsqu'un homme politique oublie son discours préfabriqué pour s'exprimer plus librement, d'une manière plus humaine et émotionnelle. Mais je me sens parfaitement capable de juger du bien-fondé de certaines répliques. Je n'ai pas besoin qu'une personne m'en fasse un condensé partial et orienté... car c'est justement pour échapper à ces manipulations journalistiques que je recherche la vérité chez celui-là même qui exprime sa pensée !
A trop vouloir analyser la symbolique des actes, des phrases, des gestes, les journalistes en arrivent à pervertir la communication avec nos élites. Faisant cela, ils augmentent leur pouvoir de manipulation et foncent tête baissée dans les pièges qui leurs sont concoctés. Pire, ils créent un écran de fumé qui cache la vérité des actes eux-mêmes, instillant populisme et démocratie altérée.
A force de symbolismes (serre-mains, sourires, fâcheries, petites phrases, protocoles, cancaneries, choix de visites, façon de s'exprimer... et de manière générale "politique politicienne"), les journalistes s'éloignent de la réalité des faits et de la dynamique des actes qui construisent notre monde.
...aussi sûrement que les banquiers ont perverti le système économique et bancaire international avec leurs subprimes et leurs actifs pourris ! Attention, donc, à ce genre d'"articles toxiques" qui emplissent nos journaux et déstabilisent en profondeur le pouvoir de la presse. Un crash de confiance n'est pas à exclure.
Si un président de la
Si un président de la République ne sait pas faire une phrase correcte, ça ne" prose pas un pb de fond ?
Qu'un type relise le même discours 6 mois après l'avoir déjà lu et ne s'en rende pas compte, c'est pas un pb de fond ?
Ce qui ne va pas avec Sarko, et on le voit chaque jour, c'est l'absence de pensée, de vision. Et tout ce qui est exposé dans cet article le démontre. Ceux qui le défendent sont ceux qui bénéficient du système mais Sarko n'a pas le niveau pour diriger un grand pays; au mieux il sait abuser de sa fonction, faire peur, rouler les mécaniques. Pourvu qu'on se débarrasse de lui en 2012 !
Minable
Je trouve cette initiative minable. Que le Canard enchaîné se prête à ce genre d'exercice serait normal, il serait dans son rôle.
Mais qu'un média qui a, je suppose, l'ambition de devenir un grand média, se lance là -dedans - alors que lui-même n'est pas blanc-bleu dans le domaine des fautes : j'en relève tous les jours dans les articles de Slate - me déçoit beaucoup !
Quel est l'intérêt de ce dénigrement systématique du Président de la République, au moment même où il se bat à Londres au sommet du G 20 ?
N'y a-t-il pas un danger, en une période aussi troublée, à risquer de rabaisser une fonction primordiale dans notre démocratie ?
Les analystes politiques de Slate devraient répondre à cette question.
Pour ma part, je suis atterrée !
Marianne Arnaud
C'est un choix délibéré de Sarkozy
Quel est l'intérêt de ce dénigrement systématique du Président de la République, au moment même où il se bat à Londres au sommet du G 20 ?
N'y a-t-il pas un danger, en une période aussi troublée, à risquer de rabaisser une fonction primordiale dans notre démocratie ?
Ca s'appelle la démocratie. Et lorsque l'on renonce, de gré ou de force, en période de guerre par exemple, à exercer son droit critique, on suspend la démocratie pour une durée que l'on espère la plus courte possible. C'est toujours contestable, et on en est pas encore là . De toutes les façons avec le G20, on est plus dans la gesticulation et la communication que dans la mise en place d'une politique qui sauverait la planète.
Maintenant sur le fond. La forme et le fond sont indissociables dans la communication de l'homme politique. Lorsque l'on regarde ou que l'on écoute un homme politique, ce qui passe avant tout, c'est la forme. Ce sont les commentaires des journalistes qui vont en extraire le fond. Prétendre que la forme ne compte pas, c'est accepter de se laisser manipuler par les communicants en étant incapable de dissocier ce qui est effectivement énoncé verbalement, de ce qui relève de la gestuelle et de la mise en scène. La forme, c'est aussi et parfois encore plus que le contenu, le discours de l'homme politique.
Les Bushismes ont beaucoup participé de l'élection et de la réélection de G.W. Les américains adoraient l'idée d'avoir pour Président un homme "comme eux". Un gars sympa et marrant, pas très intelligent, que l'on avait envie d'inviter à un barbecue avec des potes. G.W. est issu de l'établishment et ses Bushismes étaient un moyen d'être un personnage, qui n'avait rien à voir avec son réel parcours, mais qui soit susceptible de plaire aux américains. Bon sur la fin, lorsque la politique de son administration a fait exploser la société américaine, ils ont réalisé qu'ils n'avaient pas besoin d'un imbécile à la présidence, mais d'un sauveur, un messie qui aurait une vision à long terme de la société américaine. C'est ce que leur apporte Obama.
Les français sont différents des américains. A priori ils sont plus élitistes. De Gaulle, Mitterand et Giscard, étaient des présidents que l'Histoire, la culture ou l'origine sociale inscrivaient sur une autre planète. La fonction présidentielle est alors encore dans une logique quasiment aristocratique. Pompidou est un cas un peu particulier en raison des circonstances de son élection. Mais la société change. Chirac est sans doute le premier président moderne, en ce sens que ça a été le premier président "sympa". C'est un homme a 2 visages: accessible et sympa au salon de l'agriculture, mais soucieux de laisser toute sa solennité à la fonction présidentielle.
Sarkozy c'est l'homme qui bouge, l'homme qui fait. Celui qui bouscule les anciennes élites condamnées à disparaître dans les poubelles de l'histoire. Face à un pouvoir politique qui avait plusieurs fois admis son impuissance face aux réalités de l'économie, c'est l'homme qui va faire bouger la France, qui va gagner, parce qu'il appartient au clan des vainqueurs. La nouvelle économie semblait la "fin de l'histoire" lors de son élection. Il endosse donc toutes les valeurs de cette nouvelle économie. Il s'habille comme un trader, il porte la montre d'un trader, il épouse un trophé sexuel comme un trader, il passe les vacances d'un trader, et bien sur, il parle comme un trader. Ses fautes de français ou les injures qu'il utilise parfois participent, au même titre que ses critiques contre la Princesse de Clèves, à l'affirmation de sa modernité face à une société française sclérosée, aux valeurs poussiéreuses que seul un électrochoc pourra sauver.
Ca c'est un peu compliqué depuis son élection, puisque les modèles, américains, anglais, irlandais ont sombré avec cette économie qu'il nous présentait comme la fin de l'histoire. Même si ce n'est qu'à la marge, son discours est bien obligé de changer (les rémunérations des dirigeants par exemple), mais tant que la forme reste la même, il ne semble pas se renier.
C'est aussi pour cela que dans la crise actuelle son principal adversaire ce n'est pas Ségolène (qui a envie d'élire une maîtresse d'école ?) mais Besancenot. Son personnage, c'est l'opposé de Sarkozy. Lui, c'est "le petit postier". Il est sympathique parce qu'il est "humble". Un peu passionné peut-être, mais c'est normal chez un jeune :-)
Et donc que ce soit Sarkozy ou Besancenot, avant de pouvoir analyser leur programme politique, il faut déjà comprendre ce qu'ils nous ont vendu au travers de leur com, sous peine de se laisser influencer par des considérations qui n'ont rien à voir avec leur projet politique.
El Gato
Pas tout à fait d'accord avec vous sur un point.
Bonjour. J'ai bien lu et relu votre mot, pertinent.
Je ne partage pas votre point de vue sur la phrase suivante. Je vous recopie : Ce sont les commentaires des journalistes qui vont en extraire le fond.
Non, justement, il appartient à chacun d'en extraire le fond et non de suivre l'interprétation ni d'un journaliste, ni de quiconque.
Croire tant un politique qu'un journaliste sans esprit critique, n'est-ce pas adhérer à une forme de pensée unique ?
Comme je l'ai écrit précédemment, mes professeurs de français m'ont appris à critiquer, disséquer et analyser ce qui est dit ou écrit afin d'avoir ma propre opinion.
Parce qu'ils m'ont appris – par exemple – à disséquer une publicité, je ne suis pas un consommateur facile. N'en suis-je pas plus libre ?
Dès qu'on laisse à quiconque le soin de penser pour soi, on donne prise à la manipulation.
Il ne faut donc pas s'étonner d'arriver là où on ne voulait pas si on laisse à autrui le soin de choisir la route.
Soliste
Dès qu'on laisse à quiconque
Dès qu'on laisse à quiconque le soin de penser pour soi, on donne prise à la manipulation.
Vous avez raison.
Ma réflexion sur les commentaires des journalistes était un peu courte (mais ma réponse un peu longue...). Je faisais référence à la deuxième mi-temps qui suit la prestation d'un homme politique. Lorsque la presse va commenter la prestation. C'est même un jeu en ce qui me concerne, lorsque je suis l'intervention: qu'est-ce que la presse va en retenir ? Pour les petites phrases préparées par les conseillers en communication, c'est généralement très facile d'identifier ce qui fera les gros titres du lendemain. Pour le fond, c'est parfois plus difficile. Et c'est parfois intéressant, car on découvre un non-dit qui nous avait échappé. Mais vous avez tout à fait raison de nous demander de décrypter les comptes rendus de la presse avec autant, sinon plus d'attention que le discours qui en est à l'origine.
El Gato
ça dérape chez Slate...
Je reprends volontiers ce que dit Jean Girel "rien de ce que vous citez n'est de l'écrit, tout est de l'oral".
À vous lire il suffirait de se référer aux normes du beau langage pour que nul n’ait plus rien à dire ou à redire.
Surtout ceux qu'on veut faire taire bien entendu.
Et bien que tout le monde se taise, il n'y a plus rien à dire, le journaliste veille et contrôle.
C'est consternant. La volonté de nuire n'est pas bonne conseillère.
Slate nous a habitué à beaucoup mieux.
Borth Gérard
Un mode de communication sans précédent !
Cet article peut apparaître léger mais il décrit bien l'un des aspects révélé profond de notre Président de la République. La fonction présidentielle doit être respectée et elle l'est par chacun de nous dés lors où le titulaire de la charge ne la dévalorise pas sur la base d'expressions atypiques et vulgaires.
Les anciens présidents nous avaient accoutumés à une expression mesurée et à de la retenue langagière. Lorsque dérapages il y avait, du genre "chébran" ou bien "abracabrantesque", "ça fait Pchittt !"..., ceux-ci étaient acceptables et n'entachaient pas trop la fonction.
On peut avoir eu de la fierté et de l'émotion à écouter des discours historiques puissants de De Gaulle ou Mitterand. Mais on peut aussi vainement rechercher aujourd'hui dans le nouveau cru oratoire présidentiel de semblables exemples qui par la grandeur du style et hors usage de l'anathème, puissent susciter de forts sentiments.
Le mode de communication utilisé qui tend à occuper sans cesse le terrain médiatique et à manipuler les foules, a ainsi son revers avec la publication devenue somme toute logique de cet article qui traduit un "fait de société".
La balle est donc dans le camp de l'élu pour nous surprendre et corriger la trajectoire stylistique empruntée.
Quétinois
Excellente initiative mais allons plus loin, comparons !
Je soutiens l'initiative du site. Je trouve que le langage du Président de la République laisse à désirer. Je n'approuve pas son mode oral. Je trouve que cette façon de parler tire vers le bas. Je pense qu'il porte ombrage à la fonction présidentielle. Je crois qu'il est nécessaire pour chacun d'associer au fond (l'action), la forme (la présentation). S'il faut parler de la sorte pour être compris, je n'adhère pas. Et si c'est du snobisme de ma part, qu'importe, j'assume et je suis en accord avec moi-même.
Cependant, afin de rétablir l'équilibre et de ne pas donner l'impression de tirer sur le Président de la République, je souhaiterai - et je suggère - que sur slate.fr, il y ait un comparatif entre les styles oraux des différents Présidents de la Vème République, tant dans leurs discours préparés et autres interventions prévues que dans leurs réponses aux questions qui leurs étaient posées. Nous aurions ainsi des éléments de comparaison.
Quitte à être taxé d'élitiste, je préfère la difficulté à surmonter après l'effort adéquat et la satisfaction qu'elle entraîne, que le nivellement par le bas en favorisant les simplifications à outrance.
Quand on veut manipuler les masses, on les garde dans l'ignorance.
Permettre à chacun de s'élever tant dans la connaissance et le savoir que dans la prise de recul et la critique pour se forger sa propre opinion et ainsi toucher une certaine forme de liberté – celle de penser par soi-même – est une des tâches de toute démocratie.
Je crois que la langue française est plus facile qu'on ne le pense surtout quand on l'apprécie. Je la sens toute en nuances et subtilités et parfaitement adaptée d'ailleurs à la diplomatie dont elle était la langue officielle fin du XIXème siècle. J'avoue avoir eu la chance d'avoir de remarquables professeurs de français qui ont su faire partager leur passion des textes et des approches critiques à avoir à leur endroit.
Mais si fo kozé en texto, sms et verlan, moua pas sav ! Désolé, je ne suis pas blécâ.
Soliste
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Le débat concernant l'expression de l'actuel président
ne peut tourner qu'au duel de partisans, Ã partir d'un fait
pourtant assez incontestable. De là , comment argumenter
à charge ou à décharge ? En invoquant une primauté
de forme sur le fond ou en accusant la langue elle-même
d'être si complexe ?
Polémikoeur.
Sport de potaches.
Traquer la faute au coin des lèvres
est certes à sa place en cour de récréation
mais les accumuler au bout de sa langue
y invite allègrement, non ?
Bon sang mais c'est bien sûr !
Ce n'était qu'un piège, ô subtil des subtils !
Et tous les maniaques obsessionnels du verbe
y sont tombés. Bien joué, l'artiste !
(Version premier avril !)
Polémikoeur.
ce qui se concçoit bien ...
le plus préjudiciable dans cette attitude, est l'écart entre la crédibilité des discours officiels et les raccourcis populistes auquel ce langage donne cours
pour parler sarkozy, sans prendre trop de pincette, il se devrait d'y avoir une distance qui évite les familiarités et les clins d'oeils et laisse la place à une acceptation par la raison et non l'assentiment ou la sympathie à double tranchant
sarkozy est comme tout politique, à la fois capable de grands discours engagé et ferme dans ses convictions et se laisse glisser dans la facilité et la médiocrité dans l'agitation des débats ou de l'actualité pour donner libre cours à la sensation de puissance que lui permet la fonction présidentielle.
bref, l'attitude est déplorable et presque burlesque au delà de l'entendement quand celui ci parle de respect de ses concitoyens, dénonce la médiocrité des élites, l'égalité de la justice et se présente garant des valeurs de la république.
nous demeurons malheureusement tristement impuissants face à un sytème qui permet ce genre d'écart, parfois intolérables, et parfois tristement burlesques.
indices
Je ne peux pas m'empêcher de faire un rapprochement avec les titres définitifs qui s'affichent dans les kiosques. Pourquoi les français l'ont lâché? ou quelque chose comme ça dans une presse populiste en diable.
Ca ressemble à un coup monté. Pour quelqu'un qui prône la valeur travail je crois que ses amis veulent lui faire sa fête le premier mai. Les préparatifs montent en puissance... La fête du bouc émissaire dirait René Girard. Oui au moment où le monde change et qu'une coalition ne veut pas le savoir, alors notre Président de la République se dévouera-t-il jusque là ? Jean Marie Colombani parlait lui de robespierrisme.
Investigations en tous genres
Drôle de parole(s) ?
Le langage (de l'actuel chef de l'Etat)
est-il si différent selon ses interlocuteurs ?
Et est-ce si évident à travers les exemples
obligeamment collectées ?
Au fait, devrait-il l'être ?
(Différent, peut-être, mais selon les interlocuteurs)
Et est-ce que parler d'un côté bluffeur
(Ã la veille du G20, par exemple)
est politiquement correct ?
Polémikoeur.
Môsieur le Près ziden,
Môsieur le Près ziden,
Sioux plait, arrete de mal traiter la langue de Momo ! Y t'a rien fait.
et pis afforce on fini par crôare que t'est qu'un pauv' tip qu'à qu'dal dans l'ciboulon.
Paske, ce qui se con? Soit. Bien. S'énonce : Claire ment !
Alors moi quand que tu parlotes mal, j'ai cru que ct paske tu piges queue nenni à ce que tu dis !
Zat is Ze question ?
En conclusion : Si Sarkozy pensait clairement, il s'exprimerait mieux ! Donc, oui cela m'inquiète de le voir s'exprimer aussi mal (qu'il le fasse exprès ou non. Et s'il le fait exprès c'est pire, c'est qu'il est pervers !).
Et oui, Slate fait bien de souligner cela!
blan
www.laptiteblan.fr
www.laptiteblan.fr
Divertissement ...
Je considère cet article comme un doux divertissement. Nicolas Sarkozy (ça a été dit plusieurs fois déjà ça) est bon à détester. J'ai souri à la lecture du "petit précis de Sarkolangue".
A mon avis, il n'y a rien de plus à trouver dans cet article qu'un petit peu de satyre certainement un peu sadique. C'est dans l'air du temps. Peut être même aurait-il fallût glisser cet article dans la catégorie "Life" au lieu de "France" !
Enfin, s'il fallait vraiment le prendre au sérieux, je rejoindrais dans ce cas l'idée de La p'tite blan que Camus reprenait déjà à son compte en affirmant que malmener la langue, c'est malmener la pensée, c'est ajouter du malheur au monde.
Et puis il n'est pas le seul : Mme Royal n'avait-elle pas déclarer, triomphante, « Comme le disent les Chinois : qui n’est pas venu sur la Grande muraille n’est pas un brave, et qui vient sur la Grande muraille conquiert la bravitude » ?
tactique
Et si Nicolas Sarkozy savait parler un français impeccable et que ses fautes n'étaient qu'une tactique supplémentaire pour faire croire qu'il est le peuple, dont il supposerait qu'il parle nécessairement mal le français ?
Gi Co
Bonne initiative, mais incomplète.
Je pense que votre initiative est bonne, mais incomplète. Elle est bonne dans la mesure où elle permet de mesurer et de comprendre les « décalages » qu’il peut exister entre la fonction (posture présidentielle) et le discours que l’on peut en attendre. A savoir, une prise de recule par rapport aux événements, à l’actualité, et la mise en cohérence de ses propos par rapport à son action.
Votre initiative est incomplète, car elle ne précise pas la nature du public auquel il s’adresse (partisans, adversaires, manifestants, etc…), ni le lieu ou à eu lieu le discours, et le contexte dans lequel il a eu lieu. Sans ces précisions il est difficile de comparer le décalage qu’il peut exister entre deux phrases parlant du même sujet, mais s’adressant à des publics différents. Sans cette rigueur, sans ces précisions, toutes ces phrases, ne peuvent que rester dans le cadre du caractère anecdotique d’une expression que l’on reprend pour imprimer sur un tee-shirt.
Au delà du système de communication qui n’a rien d’anecdotique pour un homme politique, et plus encore pour un président. Votre intention, si elle s’avère plus rigoureuse, permettra sans nul doute une meilleure compréhension de « l’homme », et de ce qu’il est (sa véritable nature).
Jen
Initiative presque complète
Merci pour votre appréciation de l'article. Néanmoins, vous jugez l'initiative incomplète sans les circonstances. Or, pour chaque phrase, lieu et date sont précisées, avec un lien vers les vidéos correspondantes, pour que vous puissiez juger par vous-même de la rigueur de la citation.
Quant à spécifier les différences de langage sur un même thème, vous avez raison, ce serait plus rigoureux. Nous allons essayer, mais les déclarations hors meeting ne sont pas toujours publiques et enregistrées. Et les thèmes pas toujours abordés ailleurs. Ce qui nous met face à une autre difficulté.
la langue fourchue
La langue fourchue est la langue du diable ou la langue de vipère n'est ce pas?
Lorsque Bush parle de l'axe du mal nous sommes bien dans une démonologie. Quand vous parlez de chouchou ou des dérapages d'une langue parlée bien mal policée quel intérêt s'il n'y a pas quelque démon agissant?
Les enfants aiment se moquer des monstres qui les font frissonner de peur et de plaisir. Pourquoi? Parce que ça leur parle d'eux et de leurs ambiguïtés profondes et qu'ils les exorcisent comme cela. L'enfance est encore là à tous âges lorsque les pulsions archaïques nous titillent. N'est-ce pas?
Pourquoi relancer en date du 8 juin un article qui n'avait pas eu un franc succès et sur des questions aussi dérisoires. Quel monstre "chouchou" incarne-t-il pour vous, dans l'actualité du 8 juin 2009?
Investigations en tous genres
@Hercule
Hercule, je ne dirais qu'un mot: Bravo !
Nous sommes en phase.
Cordialement,
http://corto74.unblog.fr
Dérisoire?
J'aime beaucoup quand les lecteurs projettent leurs fantasmes sur certains billets de Slate. J'aurai donc transformé le chef de l'Etat en diable... Celui-ci, comme je l'ai déjà écrit, n'a pas vocation à être une analyse définitive sur Nicolas Sarkozy, comment il transforme son langage en fonction de son auditoire. Je ne vais pas revenir sur ce qui a déjà été expliqué. Mais il suscite déjà le débat sur les mots du Président, la preuve dans le fil des commentaires.
Et j'aime aussi beaucoup ces articles jugés dérisoires que les internautes prennent le temps de commenter... Vous-même deux fois déjà .
Cordialement
Comme quoi
Je peux détester la pensée de Corto74 et être d'accord (occasionnellement) avec lui... Même si c'est à Hercule Poirot que l'on doit l'idée originale :)
Maintenant, je suis "ravi" d'avoir vu cet article, qui montre bien que les sujets légers (cf la digression Rabelaisienne sur les MILF) sont ceux que les lecteurs (moi le premier...) se plaisent le plus à commenter.
Mais j'aimerai tout de même une réponse à la question d'Hercule : Pourquoi relancer en date du 8 juin un article qui n'avait pas eu un franc succès et sur des questions aussi dérisoires. Quel monstre "chouchou" incarne-t-il pour vous, dans l'actualité du 8 juin 2009?
Bah, je retourne lire Mr Le Boucher, généralement je dois plus me creuser la tête pour commenter ses articles :)
@julien_g
Détester la pensée de quelqu'un, c'est présupposer que cette personne est détestable. Serais-je détestable ?
Si tel était le cas, cela sous-entendrait, par cheminement wikipedesque, que vous éprouvez à mon égard une violente antipathie, voire de la répugnance. Pour quelqu'un qui ne me connait pas, c'est tout de même curieux.
Non, cher Julien-G, je pense juste que vous êtes mépris, peut-être vouliez vous écrire:
Meme si je n'approuve pas la façon de penser de corto74, pour une fois je suis d'accord avec lui.
Cela aurait été nettement plus sympa ou nettement moins discourtois, au choix, n'est-il pas?
Cordialement,
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