L'eBook contre le livre papier
Pour Read Write Web, le eBook va perturber violemment l'édition française. Les écrans de ce lecteur électronique de livres sont de plus en plus confortables, et le eBook va rogner sur les textes du domaine public, provoquant une large perte chez les éditeurs classiques. S'y ajouteront celles liées au respect de l'environnement, à l'auto-publication, ou encore à la baisse projetée du coût du lecteur d'eBook.
Ainsi, même si les livres électroniques ne remplaceront pas systématiquement les livres papier, leur présence accrue suffirait à mener le monde de l'édition à sa perte, sauf si les éditeurs parviennent à faire évoluer leur modèle économique.
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Mis à jour le 30/03/2009 à 12h30






















Effectivement si les éditeurs tout court restent aussi immobiles que les éditeurs de musique il y a fort à craindre pour leur avenir. Et malheureusement quand on examine leurs discours ils semblent frappés de la même myopie. Ils vous parlent toujours de l'agrément irremplaçable pour eux du livre papier comme si leur métier était de vendre de la cellulose et non de la littérature ou de l'information.
Pour ma part, assez gros lecteur, le livre papier présente tous les inconvénients. En plus de son coût écologique (bois, encre et transport) il est pénible d'emporter dix volumes dans une valise quand on a peur de manquer, lors d'un séjour à l'étranger ou au fin fond de la campagne, tout aussi pénible de lire un livre de poche qui, mal broché, refuse de rester ouvert ou au contraire voit ses pages partir au vent, pénible encore d'avoir les doigts irrités par les reliures coupées au massicot ou les bras fatigués de tenir à bout de bras un bouquin de deux kilos durant plusieurs heures.
Mais côté E-books de par l'immobilisme des éditeurs la pêche est fort maigre. Pas mal de livres classiques qui, libres de droits, sont proposés à droite ou à gauche mais avec une numérisation sommaire qui, par exemple, vous laisse des traits d'unions de fin de ligne devenus parfaitement inutiles et même gênants en milieu de page, de la sous littérature proposée par des auteurs qui n'ont d'autres moyens d'être publiés et quelques vrais livres distribués (quasi au même prix que les livres papier) par des éditeurs qui doivent passer pour des kamikazes aux yeux de leur confrères.
Mais ces derniers s'étonneront d'ici quelques années de voir leur ventes s'effondrer faute de proposer des produits correspondant aux attentes des clients. Ils se tourneront alors vers le ministère de la culture pour demander une loi de protection façon Hadopi...
Même si aujourd'hui des tentatives existent, elles ne sont pas encore entrées dans les moeurs, demain le livre sera dématérialisé. Par ce simple mécanisme ou changement d'état, le contenu va devenir un bien culturel immatériel. Ce simple changement d'état qui aujourd'hui fait vivre des auteurs et une industrie va introduire une révolution de barrage pour contrer les hordes d'internautes qui, achetant aujourd'hui leurs ouvrages, vont s'indigner demain de leur imprescribtible droit à la gratuité.
Demain, Jacques Attali nous pondras encore un billet pour nous dire que les auteurs doivent faire des lectures publiques et que les "lecteurs" pourront, c'est formidable, charger sur une clef Usb le contenu à la sortie.
J'ai froid dans le dos. Pas que le progrès avance, c'est inéluctable. Qu'au nom du progrès et de la technologie, on balaie d'un revers de main des siècles d'un système qui, même bancal, a eu le mérite de porter la culture sur toute la planète. Qu'on ne me parle du prix du livre, en france une immense majorité de la population a facilement accès aux bibliothèques.
Pourtant, demain, des éditeurs vont tomber. On les taxera d'immobilisme, de passéistes, d'arc boutés à un système forcément à bout de souffle. Des imprimeurs vont tomber eux aussi, on s'en fout, on ne les entend pas mais on se félicitera pour les arbres, les petits oiseaux et le Co2. D'ailleurs, ce sont les papetiers les plus gros planteurs d'arbres en europe mais on s'en fout aussi. Et puis tous les arguments de la terre deviendront essentiels pour expliquer les bienfaits de la dématérialisation.
De tous ces découvreurs de talents, de tous ces lieux où souvent règne un vrai amour du métier, demain combien de départs parce qu'il sera devenu "normal" de télécharger les livres devenus immatériels. Les modèles économiques restent à inventer ? Pourquoi pas !
Quand on pense au tirage extrêmement faible de la plupart des ouvrages, qui ira demain les promouvoirs pour qu'un jour le plus grand nombre s'y intéresse ? les blogs sans doutes, les internautes eux mêmes qui feront le buzz pour pousser tel ou tel auteur.
Une révolution se prépare, comme d'autres, elle va couper des têtes, un nouveau système devra se mettre en place. J'ai une pensée pour les gens du livre, ils doivent mal dormir avec leurs certitudes de bien faire leur travail.