Plaidoyer pour l'inflation
La dette s'allégerait, les consommateurs seraient poussés à acheter, la machine économique repartirait.
- Etal d'un commerçant de Mumbai Arko Datta / Reuters -
Puisque la crise financière et économique a été causée par l'excès de l'endettement, et puisque, aux dettes privées s'ajoutent de plus en plus des dettes publiques, la crise ne pourra être résolue qu'en permettant aux débiteurs d'étaler leurs dettes, ou même de ne pas les rembourser.
Et, pour cela, beaucoup pensent désormais qu'une augmentation générale des prix et des salaires constituerait la meilleure solution, parce qu'elle réduirait la part à consacrer au service de la dette dans le revenu.
Cette solution peut paraitre impossible : Depuis 30 ans, on a chassé partout l'inflation, parce qu'elle a provoqué la ruine des plus pauvres, et en particulier des retraités et parce qu'elle signifie une rupture de la loyauté entre créanciers et débiteurs. Plus encore, avec la crise, nous sommes même entrés dans une période de déflation, où chacun attend pour acheter que les prix baissent encore, et où la baisse de la demande, le chômage, et la chute des matières premières auto entretiennent une spirale baissière.
Cette solution peut paraitre vraisemblable : le doublement en douze mois de la masse monétaire américaine, l'énormité du «quantitative easing» des Banques centrales ne peuvent pas ne pas avoir comme conséquence une augmentation de la demande, qui sera confrontée à une baisse de l'offre quand les faillites en cours auront fait leur effet.
Cette solution peut paraitre idéale : sans que personne ne le décide, la dette s'allégerait, les consommateurs seraient poussés à acheter plus vite, avant que les prix ne montent d'avantage ; la machine économique repartirait ; seraient vite indexés les salaires, les prix, et les retraites ; les taux d'intérêt monteraient.
Seraient vainqueurs tous ceux qui travaillent, s'endettent et gagnent un revenu : les salariés, les acheteurs d'immobilier, les entreprises s'endettant pour investir; les Etats dont la valeur de la dette serait réduite; les banques elles-mêmes ne souffriraient pas, puisque l'inflation réduirait leurs passifs, (même si elles devront subir quelques pertes liées a leur portefeuille obligataire) et puisqu'elles gagneraient de l'argent en revenant à leur métier d'intermédiaire entre les déposants et les emprunteurs. De même pour les compagnies d'assurance, qui verraient se réduire leurs engagements à l'égard des retraités.
Les victimes seraient aussi nombreuses: les créanciers, les fonds de pensions, les détenteurs d'obligations non indexés, ceux des retraités dont les pensions ne seraient pas indexables, les riches patrimoines, les détenteurs de compte courant, les fonds souverains; les Etats auraient le plus grand mal à se refinancer en obligations.
Les victimes ayant assez de pouvoir politique ( les riches privés et les fonds souverains ) tenteraient de reporter le cout du désendettement sur les plus faibles ( salariés et retraités ), et au moins d'obtenir des compensations ; on peut imaginer par exemple que, refusant de perdre leurs actifs, les fonds souverains exigeraient d'obtenir un rôle politique plus grand et même exigeraient le remplacement du dollar, affaibli, par une monnaie mondiale, comme le DTS, ce que les Chinois viennent d'ailleurs de demander.
Cela peut déraper en hyperinflation, si chacun réussit à se protéger par l'indexation contre l'inflation des revenus et des prix des autres. Là, on le sait, tout le monde sera perdant, les classes moyennes seront ruinées ; la démocratie n'y survivrait pas.
Pour éviter ce désastre, il faudra avoir le courage politique de déclencher l'inflation assez tôt pour qu'elle soit utile, et d'engager, quand l'inflation dépassera les 5% par an, un programme de stabilisation des prix, très rapide et brutal.
Dangereux pari, sans doute inévitable à terme. Il est urgent de l'étudier. Pour ne pas le laisser s'installer sans l'avoir décidé.
Jacques Attali
Mis à jour le 30/03/2009 à 5h50








































Je ne vois pas pourquoi ceux qui n'ont rien paieraient pour ceux qui ont tout.
L'inflation permettrait de "donner" à des irresponsables engagés dans des emprunts (immobiliers ou non) somptuaires, un bien qu'ils ne méritent pas, sur le dos de ceux qui ont jugé plus sage de ne pas s'endetter ou pire, d'économiser pour acheter plus tard.
L'inflation, c'est jouer le jeu des usuriers (donc, des banques) au mépris des moins nantis.
Vous dites que l'inflation permettrait aux pays du G8 de se sortir de la spirale de l'endettement? De quel endettement parlez-vous? De l'endettement public ou de celui des banques? Parce que si vous nous parlez de celui des ménages (américains?) je ne vous crois pas. Les ménages se retrouvent endettés au moment du chômage. Jusqu'à la faillite des banques, tout allait bien. Chacun était capable de payer son hypothèque. Je ne vois donc pas en quoi l'inflation fera diminuer le chômage (d'autant qu'elle accélèrera la délocalisation pour augmenter les marges).
En fait, l'inflation permettrait aux gouvernements des pays sur-endettés par les récents plans de relance, aussi inutiles que dangereux, d'éviter de sombrer. Mais c'est oublier un élément important qui ajoutera à la crise sa brèche impossible à colmater: la génération des baby-boomers!
Monsieur Attali, vous en faites partie (moi, je suis de la X, la pire, celle après vous, celle des cendres). Vous formez à vous tout seul, dans tous les pays du G8, une vague aussi grosse, en incidence, que celle des subprimes.
Cete vague va arriver sur l'économie sous forme d'un appel d'air, d'un appel de liquidité et d'une chute drastique des dépenses de consommation. Ce n'est pas vrai que les retraités voyagent et dépensent. Ils se posent. Ils se reposent. Ils se limitent.
L'inflation va ruiner des millions de futurs ou récents retraités. La vague va frapper le mur de l'inflation avec une violence inouïe, dans tous les pays du G8.
La paupérisation qu'elle entrainera aura un effet boule de neige qui fera fuir la richesse vers des pays plus jeunes.
Les pays du G8 sombreront dans l'hyper-inflation, l'hyper-pauvreté et l'hyper-vieillesse.
Merci les plans de relance!
J'approuve totalement Monsieur Jacques ATTALI (sauf peut être quand il se fâche dans l'émission de RUQUIER : quand on va dans une telle émission, on doit s'attendre à tout ou presque). Sur le fond, une inflation contrôlée, comme celle que nous avons connue en France dans les années 70 ferait diminuer le chômage ; dans une telle situation l'argent brûle les doigts et la seule façon de ne pas voir fondre son capital est de l'investir dans l'immobilier ou dans une entreprise. Naturellement ceci n'est vrai qu'à la condition que cette inflation soit mondiale sinon il serait toujours possible de faire de l'argent avec de l'argent ce qui nous a menés là où nous sommes. Le salarié n' a rien à perdre s'il est assez combattif pour garder une indexation des salaires sur les prix; le rentier, en revanche, peut se faire du souci : exactement la situation inverse de la situation actuelle.
Pour moi, il y a corrélation entre le plein emploi des années 70 et l'inflation d'alors; j'en veux pour preuve que dès qu'il fut décidé entre autres, par le G5 de Tokyo, de tordre le cou à l'inflation, ce fut la fin du plein emploi et aussi la fin des 30 glorieuses ! D'ailleurs, je pense que la cause est entendue: il n'y aura pas moyen de faire autrement pour résorber l' Himalaya de dettes que nous sommes en train de fabriquer: rentiers et assurances-vie-istes de tout poil vous aurez des soucis; à votre place, j'achèterais de l'or.
Voilà un bon sujet, et une excellente question, à la City tous les traders n'attendent que ça. Le mot est déjà sur toutes les bouches et les blogs des cambistes surveillent le moindre signe de reprise d'inflation. Elle est déjà pour certain la seule issue gérable de sortie de crise, je partage aussi ce point de vue en sachant que plus les banques centrales s'en défendront et plus la pression montera du marché, le marché qui les y poussera. Aux USA les taux d'inflation attendus seront probablement à 2 chiffres, et l'Europe suivra. D'ou la recommandation gratuite du jour, conserver un peu d'or dans les portefeuilles. Et pour les plus courageux endettez vous à taux fixe dés maintenant....Je pense que la décision est déjà prise mais que nous ne le savons pas car les dérapages budgétaires sont inténables et ce pourrait bien être le sujet non dit et discuté du G20. A suivre
il ne reste plus à convaincre que la BCE et tous ceux qui ont à y perdre, les retraités par exemple ,dont le poids électoral est d'autant plus faible qu'ils seront tous morts dans vingt cinq ans, ce qui ne doit pas les empecher d'être prêts à sacrifier leur confort relatif au profit de leurs petits enfants, ce qu'ils font avec constance depuis vingt cinq ans , oui c'est de l'ironie ....
en tous cas , apres M.Delors , voila le second avis d'un des responsables de la situation actuelle, un de ceux qui en est resté à l'idée simple que dette, déficit et inflation vont nous tirer d'affaire .
L'inflation va venir éponger la dette collossale des états, il n'y a pas d'alternative. Sinon, le remboursement de la dette plombera l'économie mondiale pour des décennies, et les génération futures seront lourdement handicapées par les emprunts contractés actuellement.
Mais l'inflation ne se décrète pas, et l'inflation modérée, on ne sait pas bien faire.
Le risque est que, dans un mouvement amplifié par le panurgisme généralisé des acteurs économiques, l'objectif ne soit largement dépassé et que le remède ne devienne pire que le mal. Mais je suis d'accord avec la prévision, l'inflation future est certaine, il ne reste qu'à savoir quand, et espérer que cela se passe bien.
Selon Philippe Riès, dans Médiapart "la planche à billet passe en surrégime" aux Etats-Unis
http://www.mediapart.fr/journal/economie/economico/190309/etats-unis-la-planche-a-billets-passe-en-surregime
"c'est la Réserve fédérale des Etats-Unis qui a annoncé mercredi 18 mars qu'elle allait acheter jusqu'à 300 milliards de dollars en bons du Trésor américain. Objectif : provoquer une baisse des taux d'intérêt à long terme, ceux qui conditionnent le coût de l'argent pour les ménages et également pour une partie du financement des entreprises."
Plus qu'un plaidoyer pour l'inflation, Jacques Attali anticipe peut être des évolutions à venir. Pour l'instant, c'est le non dit, l'omerta économique qui domine en la matière...
Combattre le mal par le mal? L'inflation est déjà là! depuis longtemps: l'inflation des actifs...rendue possible par le gonflement, l'inflation de la masse monétaire: ce n'est pas plus de liquidités qu'il faut mais une croissance quasi-nulle de la masse monétaire mondiale: elle est déjà énorme et sans contrôle... Ce qui est indispensable et urgent c'est la stabilité et non faire revenir le balancier de l'hyperinflation des actifs (immobilisations...) à l'hyperinflation des prix à la consommation qui réduirait les populations à une misère généralisée... seule une annulation de l'hyper-dette ayant rendue possible l'hyperinflation des actifs de manière absolument artificielle, car sans valeur économique réelle, peut stopper la course folle du monde vers le chaos: l'inflation proposée apparemment sagement par J. Attali est trés dangereuse, voire plus dangereuse que l'inflation actuelle des actifs qui se dégonfle depuis six mois, n'étant gagée que sur de la création monétaire artificielle: plus de création monétaire (contrôle strict de M3 mondiale par la BRI), des taux de base très bas et un minimum d'endettement d'urgence, voilà qui peut avec le temps (3-5 ans?) restaurer les équlibres économiques au moindre coût économique et humain.
Quitter la zone Euro, revenir au Franc, dévaluer et fabriquer de la monnaie de singe ?
Au Zimbabwe, ils connaissent l'hyper inflation, et ils sont heureux, n'est ce pas M Attali ?
Et si la France réduisait ses dépenses de fonctionnement pour mieux investir ?
Et si on coupait les branches pourries de la Finance ?
Trop simple.
Le lobby financiaro-bancaire est en route.
Plus de monnaie en circulation = plus de frais financiers = plus de marges pour réduire les errements, les effets de la spéculation et des montages abracadabrantesques des petits génies qui ont permis super bonus et autres stock-options sur le dos du client et au final sur celui du citoyen corvéable à merci.
M Attali a oublié de dire aussi que l'inflation permettrait la réduction de CO2 puisqu'en important du pétrole plus cher, on réduirait notre consommation d'énergie. Les palais des Princes de la République, resteraient à la même température.
"Puisque la crise financière et économique a été causée par l'excès de l'endettement, et puisque, aux dettes privées s'ajoutent de plus en plus des dettes publiques, la crise ne pourra être résolue qu'en permettant aux débiteurs d'étaler leurs dettes, ou même de ne pas les rembourser."
Dès le premier paragraphe, on comprend que vous êtes totalement à l'ouest.
La crise économique n'a pas du tout été causée par l'excès d'endettement, mais par le volume extrême de la bulle immobilière, qui a certes forcé les ménages à emprunter plus que leur capacité de remboursement et réduit leur pouvoir d'achat, et à son éclatement. L'excès d'endettement n'est que le symptôme de la raison réelle de la crise : la désindustrialisation.
On ne peut pas s'enrichir sans produire, sans vendre, en important massivement, et en pariant sur la hausse continue de la pierre, c'est aussi simple que cela.
Quant à la politique d'état voyou de laisser filer l'inflation pour ne rembourser qu'une partie de ses dettes par un jeu de forte dévaluation déguisée n'aura pour seule conséquence que de limiter les capacités d'emprunt des états une fois la crise résorbée, car le capitalisme, aujourd'hui comme demain, se base sur la confiance.
Vous ne proposez rien d'autres que des entourloupes madoffiennes. Alors qu'il faut au contraire inciter l'investissement et le crédit, réindustrialiser l'Europe, innover, et enfin retrouver un relatif patriotisme économique, vous préconisez tout simplement le pillage des institutions de crédit et des monnaies.
Que les responsables paient : financiers verreux, politiques incompétents, états gaspilleurs, oui, mais que les citoyens déjà victimes de l'ultra libéralisme le soient encore plus avec l'inflation, non.
Finalement, l'indépendance de la BCE est une très bonne chose devant de telles inepties.
Bien évidemment que Mr Attali teste le mot inflation qui est sur toutes les bouches. Les Etats gaspilleurs (dont Mr Attali est un sous produit) par leur pratiques organisent un colonialisme économique.
Comment assurer les besoins gigantesques de nos populations qui ne veulent plus travailler si ce n'est qu'en pillant maintenant les réserves des fonds souverains et celle des retraités? Il n'y a que l'inflation. Biensur que c'est une entourloupe. Réindustrialiser l'Europe peut-être mais la France n'y pensez même pas. Tout industriel qui se respecte ne veut plus entendre parler d'usine en France, pourquoi à votre avis? Si vous répondez à cette question vous aurez une bonne partie de la réponse en tout cas pour la France.
Mais ne désespérer pas l'avidité de l'homme est remplie de ressources inédites, la confiance est un concept assez vague qui tient de l'autoréalisation. On espérerait un peu plus d'altruisme mais je crains que ce ne soit une valeur plus individuelle que collective.
L'inflation :
- est mauvaise pour l'économie (on n'a jamais vu une forte croissance en période de forte inflation)
- touche d'abord les catégories modestes
- est extrêmement difficile à contrôler quand elle est là
- peut devenir un terrible fléau quand elle n'est plus sous contrôle (hyper inflation)
Tous les gouvernements responsables la combattent. Elle n'est jamais une solution.
Mieux vaut 10 ans de stagnation à la japonaise pour purger des dettes et des bulles que commencer à jouer avec le feu (je veux dire avec l'inflation).
10 ans de stagnation sont soutenables si l'effort est partagée et qu'on soutient les catégories faibles (en ré-augmentant l'impôt des riches par exemple à leur niveau élevé des 30 glorieuses).
Heureusement que notre adhésion à l'euro et à la BCE nous fait bénéficier de la doctrine allemande de lutte absolue contre l'inflation (ils connaissent mieux que quiconque les ravages qu'elle peut provoquer) et qui nous protège des preneurs de risque. Cela nous a déjà un peu protégé de l'excès d'endettement privé anglo-saxon.
Merci de rappeler ce qu'est vraiment l'inflation ainsi que les dangers qu'elle comporte.
Quand je lis des articles comme ce "Plaidoyer pour l'inflation" de Jacques Attali, j'ai envie de hurler tellement ces propos sont stupides et dangereux.
Non monsieur Attali, l'inflation n'a jamais été bonne pour l'économie d'un pays.
Si les médias comparent sans arrêt la crise actuelle à la crise de 1929, ils ne devraient pas non plus oublier de rappeler ce que l'inflation allemande a déclenché entre les deux guerres.
Comment peut-on sérieusement promouvoir l'idée que l'inflation pourrait nous permettre de sortir de la crise actuelle ?
Les risques d'une mutation en hyper-inflation seraient très grands si l'inflation prônée par monsieur Attali n'était pas contrôlée par les états qui choisiraient de la déclencher.
Or comment peut-on croire que les gouvernements seraient en mesure d’accomplir une telle chose ?
Ces mêmes gouvernements n'ont pas été capables de maîtriser la dérive des marchés financiers qui a conduit à la crise actuelle…
Selon moi, de tels propos sont pathétiques et criminels. Je ne vois qu’une chose capable d’expliquer ce genre de comportement : le narcissisme de monsieur Attali qui le pousse à prendre des positions originales afin d’exister dans un monde médiatique saturé de conseillers économiques en tout genre.
Une façon d’exister en méprisant l’intérêt général au profit d’un intérêt purement personnel.
Ce qui est effrayant, c’est que de tels propos prolifèrent actuellement dans de nombreux pays et que ceci n’augure rien de bon avant la tenue du G20…
Il ne reste plus à espérer que les gouvernements ne cèderont pas aux sirènes des cassandres !