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CO², un mythe planétaire

Jean de Kervasdoué, mis à jour le 30.03.2009 à 15 h 07

Commentaire du livre de Christian Gerondeau : «CO²: Un Mythe planétaire» Editions du Toucan - Paris 2009.

Usine chimique à Xiangfan (Chine)   Reuters

Usine chimique à Xiangfan (Chine) Reuters

A l'heure où domine la bien-pensante ignorance et où les débats scientifiques sont pris pour du révisionnisme, il est vraisemblable que ce livre de Christian Gerondeau («CO2: Un mythe planétaire») sera d'abord ignoré, puis caricaturé s'il traverse un instant la croûte médiatique. En effet, il remet en cause la vulgate écologiste, le monopole des marchands de peur et les intérêts des investisseurs fortement subventionnés pour permettre de réaliser des « économies » ... fictives, sauf pour eux. Cela fait beaucoup d'ennemis en une seule fois. Quant à la prestigieuse et intéressante préface du Président Giscard d'Estaing, elle sera prise pour une fantaisie d'un homme, certes remarquable, mais - dira-t-on avec condescendance - qui n'est plus à sa première jeunesse. Le mythe continuera donc à fonder politiques, discours et fiscalités.

L'idée centrale du livre est d'une simplicité telle que l'on regrette de ne pas y avoir pensé tout seul. En effet, Christian Gerondeau remarque - lapalissade - que le seul véritable moyen d'arrêter le rejet de gaz carbonique dans l'atmosphère en brûlant de l'énergie fossile (pétrole, gaz, charbon) est de ... cesser de la brûler. Or, cela ne se produit pas. La consommation mondiale ne diminue pas mais augmente. Si l'on en croit, non pas les discours mais les chiffres des dernières années, il n'y a aucune raison que cette tendance s'inverse demain avec ou sans protocole de Kyoto ou d'ailleurs.

Les hommes pour mieux vivre, et certains en ont grand besoin, utilisent et utiliseront cette énergie. Bien entendu, cette richesse éphémère doit être au mieux utilisée, notamment pour les plus pauvres, mais il n'y a aucun doute qu'elle le sera, ici ou là, demain ou après-demain. Au mieux, on retarde le rejet dans l'atmosphère, on ne l'élimine pas et si pétrole, gaz ou charbon ne sont pas brûlés en France, ils le seront en Chine, en Inde, en Afrique ou en Amérique latine. Ce qui, quand on regarde de Sirius, ne change pas grand chose. Il montre par ailleurs que l'enfouissement de gaz carbonique ne sera jamais qu'une solution marginale et coûteuse.

Il n'y a, en effet, à court terme aucune source d'énergie qui puisse se substituer à ces énergies fossiles. Les éoliennes ne s'installent que parce qu'elle sont subventionnées. Onéreuses, défigurant le paysage, elles sont aussi, dans un pays comme la France, productrice de gaz à effet de serre. Elles ne marchent que 25% du temps et le relais, faute de barrage hydraulique en nombre suffisant, ne peut être qu'une centrale thermique. Cette situation est donc d'autant plus absurde dans notre pays que l'on substitue de l'énergie ainsi produite à celle des centrales nucléaires, elle sans effet de serre ! Christian Gerondeau reprend là les résultats de tous les rapports publiés dans ce domaine, y compris le rapport récent de l'académie des technologies.

A la fin du vingt-et-unième siècle donc, il n'y aura plus d'énergie fossile, le gaz carbonique aura doublé dans l'atmosphère et l'effet de serre aura en outre été aggravé par la consommation de viande bovine, à moins que les hommes ne soient, entre temps, devenus végétariens, ce dont on peut douter. Le vaches continueront alors à roter du méthane or, selon la FAO, l'élevage produit plus de gaz à effet de serre que l'ensemble des transports mondiaux.

Est-ce inquiétant ? Christian Gerondeau répond que non et, avec Claude Allègre, fait entendre l'autre modèle, celui défendu par des chercheurs nombreux et qualifiés qui, dans leurs disciplines ont droit au chapitre sans toutefois avoir, en France et en Allemagne, accès aux médias. Ils pensent que l'activité humaine contribue peu au variation du climat, même si celui-ci, à l'évidence varie (un peu) et a (beaucoup) varié au cours des derniers millénaires, bien avant l'exploitation de ces sources fossiles.

Courbes et chiffres à l'appui, il paraît clair que si l'augmentation des gaz à effet de serre est régulière, ce n'est pas le cas de l'augmentation de la température terrestre. Elle n'a augmenté «que» de 0,7°C en un siècle et ses variations sont chaotiques. Si les membres du GIEC avait choisi de prendre pour base de leurs comparaisons 1940 plutôt que 1950, ils auraient atteints des conclusions différentes. Il y a eu une période de refroidissement du globe entre 1945 et 1978, elle est sans explication. Certes la NASA fait remarquer que la calotte glaciaire du Pôle Sud baisse entre 2007 et 2008, mais ... c'est sur la planète Mars. Est-ce le soleil dans les deux cas ?

Quant à la Terre, le nombre des tempêtes tropicales de 2008 est le même que celui de 1981 et si les modèles pessimistes du GIEC prévoient en un demi-siècle l'augmentation du niveau de la mer, il n'est que de 30 centimètres. Bien entendu, le climat peut varier, les glaces fondre, le niveau de la mer remonter de plusieurs mètres. Il arrivera ce qui arrivera.

La question n'est pas de jouer les oracles, mais de savoir si les mesures prises aujourd'hui sont bénéfiques pour les hommes. La Planète se moque d'être sauvée, elle continuera sa trajectoire, les hommes, et eux seuls, comptent. Doivent-ils perdre espoir ? Pour Christian Gerondeau la réponse est négative il pense, notamment, que l'amélioration de l'industrie nucléaire, que les gains de productivité des moteurs (un litre au cent kilomètres) et l'accroissement de la production des biocarburants permettront, entre autres, de résoudre les problèmes de l'époque.

Enfin l'auteur analyse, et c'est une partie intéressante du livre, comment se forme l'opinion internationale, comment se votent les modèles et se construisent les élément du consensus planétaire. Et, comme il le fait remarquer, souligne que du temps de Galilée, le consensus aurait sans aucun doute affirmé que ... la Terre était plate.   

Il n'est pas dans mes intentions ici de reprendre à mon compte toutes les conclusions de Christian Gerondeau ou de trancher dans un débat qui ne pourra jamais l'être. En revanche qu'il est bon, avec lui, de se plonger dans les chiffres, d'examiner les ordres de grandeur et de regretter, une fois encore que la France investisse l'argent des contribuables dans des voies que l'on sait être sans issue. Nous nous pensons modernes, mais sacrifions toujours aux augures. Cela reste inefficace, mais c'est plus cher. Un bœuf vigoureux de la Rome Antique n'a jamais valu l'équivalent de 60 milliards d'Euro (coût estimé, par le Pr. Prud'homme, pour l'année 2020, du Grenelle de l'environnement) !
A lire sans modération.

Jean de Kervasdoué

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