La sodomie gagne du terrain
C'est une des grandes tendances révélée par la dernière grande enquête sur la sexualité des Américains.
- Arse, masochismtango via Flickr CC License by -
Une nouvelle enquête sur la sexualité des Américains est sortie. Publiée dans le Journal of Sexual Medicine, elle révèle qui fait quoi, avec qui, et comment. Elle fait plus précisément la lumière sur la prévalence des rapports homosexuels, des relations sexuelles chez les adolescents, et de la gratification orale. Mais le plus intéressant, c'est l'augmentation des rapports de type anal chez les femmes, et son lien possible avec leurs orgasmes.
Commençons par les préliminaires, avec d'autres tendances remarquables.
1. Ce que font les ados.
Entre 14 et 15 ans, 10% des garçons affirment avoir eu des rapports vaginaux. Entre 15 et 16 ans, ils sont 30%. Pour les 18-19 ans, ce chiffre atteint les 60%. Pour les filles, la trajectoire est presque identique. Le sexe oral suit la même tendance: à 14-15 ans, 9% des garçons déclarent avoir déjà pratiqué le cunnilingus. Entre 16 et 17 ans, ils sont 20%, et entre 18 et 19 ans, 61% d'entre eux l'ont déjà fait. Parmi les filles âgées de 14 à 15 ans, 13% ont pratiqué le sexe oral sur un garçon. Entre 16 et 17 ans, elles sont 29%, et entre 18 et 19 ans, 6%. Si à 20 ans vous n'avez jamais fait de gâterie, vous faites partie de la minorité.
2. L'oral, c'est normal.
Il est amusant de constater comme les auteurs de la précédente enquête nationale, publiée en 1992, s'étonnaient de voir le sexe oral devenir chose de plus en plus courante. Aujourd'hui, il paraît idiot de s'interroger sur la normalité de cette pratique. Entre 25 et 29 ans, 8 femmes sur 9 ont déjà fait une fellation, la moitié au cours du mois passé. En ce qui concerne les hommes et le cunnilingus, les chiffres sont légèrement inférieurs. Les gens sont plus nombreux à croire que le président des États-Unis est musulman qu'à la chasteté orale.
3. Réciprocité.
Les femmes reçoivent autant qu'elles donnent. Entre 25 et 29 ans, 88% affirment qu’un homme leur a déjà fait un cunnilingus, et 72% au cours de l'année passée. (Les chiffres des hommes le confirment: 86% affirment l'avoir pratiqué, 74% au cours de l'année passée.) On n'est pas loin des 91% d'hommes âgés de 25 à 29 ans qui déclarent avoir déjà reçu une fellation par une femme, et 77% au cours de l'année passée.
4. Homosexualité.
Apparemment, les gens sont nombreux à tenter des expériences homosexuelles, mais seulement la moitié se rend compte que c'est leur truc. Entre 18 et 19 ans, 10% des hommes déclarent avoir pratiqué la fellation. Un chiffre bien plus faible chez les 20-30 ans ainsi que chez les trentenaires. Mais à la quarantaine et la cinquantaine, 13% des hommes affirment l'avoir fait, et 14 à 15% avoir déjà reçu une fellation par un autre homme. Parallèlement, 11% des hommes âgés de 20 à 24 ans déclarent avoir eu des relations anales. Un nombre qui baisse de façon inexplicable pour la tranche d'âge suivante, mais augmente ensuite de façon constante, pour se stabiliser à 9% chez les quarantenaires et les cinquantenaires.
N'oubliez pas qu'il s'agit de questions type «Avez-vous déjà». Lorsqu'on demande à des hommes âgés de 20 à 59 ans s'ils ont déjà pratiqué la fellation au cours de l'année passée, le chiffre est plus proche de 6%. Et seulement 4% déclarent avoir également eu des relations anales. Mais c'est une énorme progression par rapport à l'enquête de 1992 où seulement 2% des hommes interrogés admettaient avoir eu des relations homosexuelles au cours de l'année passée.
En ce qui concerne les femmes, l'écart entre l'homosexualité «pour essayer» et l'homosexualité «régulière» est encore plus important. Entre 20 et 49 ans, elles sont 10 à 14% à avoir déjà fait un cunnilingus, mais dont seulement un quart au cours de l'année passée.
5. Sexe anal.
C'est là que les choses deviennent intéressantes. En 1992, 16% des femmes âgées de 18 à 24 ans déclaraient avoir essayé la sodomie. Aujourd'hui, 20 % des 18-19 ans affirment l'avoir fait, 40% pour les 20-24 ans. En 1992, toutes tranches d'âge confondues, 33% des femmes avaient déjà pratiqué le sexe anal. En 2002, 35%, et aujourd'hui, elles sont 46%.
La dernière fois que je me suis intéressé aux statistiques de la sodomie, je me suis dit que la plupart des femmes qui déclaraient l'avoir déjà pratiquée sous-entendaient ne l'avoir fait qu'une seule fois. Et j'avais tort. Si on va plus loin que la question «Avez-vous déjà», on se rend compte que les chiffres restent étonnamment élevés, et même qu'ils augmentent. En 1992, 10% des 20-30 ans et des trentenaires affirmaient avoir pratiqué la sodomie au cours de l'année passée. Aujourd'hui elles sont plus de 20%, dont un tiers au cours du mois passé. Parmi toutes les femmes interrogées, 3 à 4% déclarent avoir pratiqué la sodomie lors de leurs derniers rapports sexuels.
Ça fait beaucoup de sexe dans les fesses tout ça. Et n'oubliez pas que ce sont les chiffres donnés par les femmes; on est sûrement même en dessous de la vérité.
Alors pourquoi tant de sodomies? Sont-elles contraintes et forcées? Est-ce un fantasme masculin inspiré des films porno au détriment des femmes?
Il semblerait que non. Regardez plutôt les statistiques sur l'orgasme. Parmi les femmes ayant eu une pénétration vaginale au cours de leur dernier rapport sexuel, elles sont 65% à avoir atteint l'orgasme. 81% pour celles qui ont reçu un cunnilingus, et parmi celles qui ont pratiqué la sodomie, 94%. Le sexe anal bat le sexe oral.
Vous allez me dire que non, c'est impossible.
Et bien si, c'est possible. Voyez plutôt les chiffres, Tableau 5, Pages 357-8.
Comment l'expliquer? Le frisson du tabou? La migration du clitoris? Un nouveau genre d'huile végétale?
Voilà ce que je pense: regardez bien le Tableau 4, Pages 355-6. Seulement 6% des femmes qui ont eu des relations anales au cours de leur dernier rapport sexuel n'ont fait que ça; 86% ont également eu une pénétration vaginale; 72% ont aussi reçu un cunnilingus; et 31% se sont fait masturber par leur partenaire. Plus les pratiques sont nombreuses au cours du même rapport sexuel, plus les femmes ont de chance d'atteindre l'orgasme. Et ce sont toutes ces activités périphériques qui ont permis à ces femmes de jouir; la sodomie c'était juste une pratique parmi d'autres.
Alors pourquoi le sexe anal a-t-il autant fait gonfler les stats? Aucun rapport, en fait. C'est dans l'autre sens qu'il faut chercher l'explication: les femmes qui ont obtenu ce qu'elles voulaient étaient davantage susceptibles de céder aux désirs de leur partenaire. Ce n'est pas la sodomie qui a mené à l'orgasme. C'est l'orgasme qui a mené à la sodomie.
Si le sexe anal est un indicateur de la satisfaction sexuelle des femmes, alors levons nos verres à ces nouvelles révélations. À la vôtre, mesdames. Cul sec.
William Saletan
Traduit par Nora Bouazzouni
Photo: Arse, masochismtango via Flickr CC License by
Mis à jour le 15/10/2010 à 11h01











































Tout bien réfléchis, cela nous mène tranquillement vers d'autres perversions malodorantes comme la coprophagie!
AAAAAAh! Glork ! c'est trop pour moi... qui ai la chance de ne pas avoir besoin de la sodomie.
La fin de l'article semble témoigner d'une énorme réticence, peut-être d'une hostilité, vis à vis du sexe anal. Peut-être est-ce que je me trompe, mais je n'en ai pas l'impression.
Hé, pourquoi donc ? Une relation sexuelle peut très bien être faite de quelques préliminaires suivies directement d'une relation anale, à l'aide de quelque-peu de lubrifiant au besoin.
A titre personnel, dans mon couple (hétéro), l'anal est légèrement plus pratique que le vaginal, et ce à titre exclusif (on pratique rarement l'un puis l'autre, c'est plus souvent l'un OU l'autre)...
Enfin, voilà, relisez-vous, vous risquez de froisser une portion de vos lecteurs qui auront l'impression d'être traités avec condescendance, voire avec une hostilité déguisée en tolérance forcée...
Le vrai tabou, c'est l'étude qui étudiera la corrélation entre ces pratiques sexuelles... la stabilité des couples... et la prise d'anti-dépresseurs par les "partenaires" concernés...
Vous allez découvrir que toutes ces femmes qui aiment tant la s... et la f... (et les hommes encore plus d'ailleurs) ont comme par hasard changé trente fois de partenaire dans les 3 derniers mois, qu'elles se bourrent de Prozac, qu'elles sont à la recherche désespérée (comme tout le monde) de quelqu'un qui les aime... et que, ne sachant pas trop comment s'y prendre et craignant terriblement la solitude (normal quand on est un être humain !) se disent que les hommes feront plus attention à elles si elles se livrent à tout ça... Ou pire encore, recherchent simplement l'oubli...
Il suffit de regarder les visages dans les voitures, dans les supermarchés, et dans les transports en commun... Il n'y a pas aucun mystère la-dessous, sauf LE mystère qui poursuit l'espèce humaine de toute éternité : qu'est-ce que je fais ici, où trouver un âme qui m'aime et que j'aime, et qui m'apporte le bonheur sur cette terre...
Eh bien je tenais à dire à pascal que je suis une femme qui pratique à l'occasion la sodomie et fréquemment la fellation, et je vous assure que j'ai un partenaire qui n'a pas changé depuis bien plus de trois mois, que je n'ai jamais pris d'antidépresseur de quelque sorte ni aucun neurotrope de ma vie... On peut être épanouie dans sa sexualité en pratiquant des actes qui apparemment ne vous plaisent pas. Je connais aussi beaucoup de femmes dans mon entourage qui sont tout aussi épanouies sexuellement et qui ont aussi ce type de pratique... Sans doute que nous recherchons tous quelqu'un qui nous aime, mais nous ne sentons pas tous obligés de faire quelque chose qui nous déplairait pour rester avec quelqu'un. Ce serait d'ailleurs une grosse erreur. Mieux vaut être seul que mal accompagné. Pourquoi ne pas envisager une solution simple : les personnes qui pratiquent ces actes le font peut être parce que ça leur plaît, tout simplement. Bien sûr il y aura toujours des gens contraints, mais pour ça comme pour beaucoup de choses. Quand à rechercher l'oubli dans la sodomie ou la fellation, pardonnez moi mais j'ai éclaté de rire en lisant cette phrase. pauvres femmes dont c'est le cas, je ne crois pas une seule seconde qu'elles y trouvent l'oubli. Quand c'est forcé ça doit être totalement horrible.
Cordialement,
myogene.
Certes la zone annale est extrêmement sensible, et les caresses ou titillements de cette zone sont généralement très agréables, mais :
1) Les rares fois ou je l'ai pratiquée, la sodomie ne m'avait pas apportée plus de plaisir que la pénétration vaginale. L'argument "c'est plus serré" me semble fallacieux ; car a) plus serré ne veut pas forcément dire que c'est mieux ; b) si une nana contracte son vagin, ce sera beaucoup plus serré que le colon.
2)D'accord donc pour dire que la zone est érogène, mais en même temps on s'éloigne du clitoris...
3) Je n'aime pas vraiment mettre ma verge dans le caca, pour parler vulgairement. Se retrouver avec "La bitte en esquimau" n'est pas mon truc.
4) Je ne suis pas fan non plus du petit jeu de rôle qui va souvent de pair avec la pratique de la sodomie ; i.e. la soumission, voire l'humiliation de la femme.
5)De même, j'aimerai comprendre comment pour Hentairules, la sodomie peut-être plus pratique.... Même sur ce plan, je n'y voit que des inconvénients (besoin de bien se nettoyer avant, après, obligation de lubrifiant, risque de matière fécale sur les draps...)
Mais alors quoi donc d'incroyable derrière le sphincter?
Ceux, qui comme moi ont eut la chance d'avoir vingt ans avant le SIDA, se rappelleront comment les mœurs de cette société étaient relâchés, débridées. Je me rappelle comment le film "Je t'aime, moi non plus" de Gaisnbourg, avec Jane et le beau Jo Dalessandro, avait mis la sodomie à la mode chez les hétérosexuels. Je crois donc que le contexte culturel est un composant clef dans le choix des pratiques sexuelles.
J'en vois qui rigolent au fond !
Tout simplement parce que la paroi rectale est plus riche en terminaisons nerveuses que la paroi vaginale!! ce qui procure bien plus de plaisir!! (foi de ptiteflo!) Du côté masculin... c'est l'évidence même le chemin rectal étant bien plus "serré" le plaisir est là aussi plus intense!
De toute les façons, comme il a déjà été dit, le sexe et la façon dont on le conjugue reste et doit rester personnelle, aimer ou ne pas aimer telle ou telle pratique peu importe du moment ou l'on écoute ses envies et celles de son ou sa partenaire. Le sexe est tellement riche en émotions et en expériences...et heureusement pour nous il évolue tout le long de notre vie.(enfin je le souhaite à tout le monde..) Alors libérez vous des mauvaises langues ;) et profitez^^