La CGT vote Sarkozy
La radicalisation du mouvement offre au président le point de retournement dans l’opinion qu’il attendait.
- Dans la manifestation lilloise du 7 septembre 2010. REUTERS/Pascal Rossignol -
La CGT (Cheminots) vote Sarko! Croyant bien faire, c’est-à-dire affaiblir la position, jusqu’alors «responsable», du leader de la CGT, Bernard Thibault –position commune avec celle de la CFDT–, la CGT cheminots, suivie par d’autres syndicats dans les transports, et peut-être ailleurs, a donc choisi l’affrontement politique. Radicaliser le mouvement, notamment à travers des secteurs d’activité qui sont moins concernés par la réforme des retraites, c’est, à coup sûr, offrir à Nicolas Sarkozy le point de retournement dans l’opinion qu’il attendait; celui à partir duquel il peut espérer ressouder autour de lui et retrouver la position dont il s’est lui-même privé en lançant sa triste offensive contre les Roms: celle de fédérateur des droites. Didier Le Reste et les autres lui offrent, avec leur mot d’ordre de grève reconductible, de pouvoir fédérer les droites qu’il venait lui-même de disloquer. Car, même si la réforme des retraites est impopulaire, on imagine mal que le désordre social, s’il s’installait, séduise une majorité de Français.
Symbole contre symbole
Reprenons. Au commencement était donc la réforme des retraites. On devrait dire: «une» réforme et non «la» réforme, car chacun sait que les difficultés du système seront corrigées pour un maximum d’une dizaine d’années. Comme ce fut le cas déjà de la réforme Balladur, complétée par celle de François Fillon. Considérer une réforme plus fondamentale et plus durable, c’eût été accepter la perche tendue par la CFDT: envisager une retraite à points complétée, pour le socle universel, par la garantie de l’impôt. Au contraire, le gouvernement a choisi de colmater le système de répartition auquel le plus grand nombre est attaché et jouer presque exclusivement sur les bornes d’âge (60/62 et 65/67). Le schéma était donc limpide: on allait se battre symbole contre symbole. Moi, Nicolas Sarkozy, je fais tomber l’un des derniers grands symboles de la gauche: la retraite à 60 ans. Qui dit mieux? La gauche, de son côté, ne pouvait éviter le piège en offrant une contre-réforme. Ce que font sans doute les experts. Mais, dans le discours public, on a surtout retenu un seul mot d’ordre: on rétablira la retraite à 60 ans! Au risque d’être aussitôt catalogué parmi ceux qui, contre toute raison, promettent de «raser gratis».
Les syndicats CGT et CFDT avaient, eux, choisi une ligne réformiste: ne pas nier la nécessité de la réforme et se battre pour l’améliorer. En sachant que la retraite à 60 ans est en effet un symbole fort et fédérateur pour les salariés. Ils avaient donc, jusqu’à présent, adopté une tactique élastique évitant d’offrir une résistance frontale et, par une gestion très maîtrisée des manifestations et des journées d’action, réussissant à ancrer dans l’opinion l’idée d’une réforme injuste et d’un gouvernement sourd à l’injustice. A charge, pour tout un chacun, de solder les comptes en mai 2012.
Les annonces de grève reconductible, et donc l’entrée dans une zone nécessairement tumultueuse et très incertaine, revient en fait à offrir au pouvoir l’affrontement bloc contre bloc dont on peut penser qu’il était souhaité. Car Nicolas Sarkozy est tout entier tendu vers la préparation du premier tour de l’élection présidentielle. Il est donc dans une entreprise de ré-identification.
Premier temps: il choisit le thème de la retraite à 60 ans. Il ne s’agissait nullement d’un engagement de campagne: il avait promis exactement le contraire, à savoir de ne pas y toucher. Son choix est donc très politique. Avec l’espoir d’attirer le regard sur l’irréalisme des propositions de la gauche, ou mieux, d’accréditer l’idée qu’elle veut en effet «raser gratis». Objectif: retrouver son identité d’origine, celle de celui qui réforme et qui, au besoin, bouscule les droits acquis au nom de l’urgence de la réforme.
Le champ des possibles
Deuxième temps: le retour aux fondamentaux. Les discours sécuritaires –cette fois ultra sécuritaires– agrémentés, si l’on ose dire, du sort particulier réservé aux Roms. Objectif: répondre à une demande sociale qui reste celle de «la loi et l’ordre»; récupérer une partie de l’électorat du Front national et surtout créer les conditions d’un bon report de cet électorat au deuxième tour. Cette fois, on était presque dans l’erreur stratégique. La droite s’est divisée, encouragée par les évêques (qu’un voyage au Vatican ne suffira sans doute pas à décourager). Ce qu’il a gagné ici, il était en passe de le perdre là. Bref le mécanisme de la défaite était en vue avec, sans doute, de meilleurs reports de l’électorat d’extrême droite, mais une abstention différentielle alimentée par celles et ceux qui continuent de se reconnaître dans une droite libérale modérée et centriste.
A ce moment-là du scénario, des grèves illimitées dans les transports notamment, secteur exonéré de la réforme et dont le caractère politique ne manquera pas d’être souligné, peut lui permettre de retrouver cet électorat qui était tenté de s’en détacher. Sans doute, certains se laissent-ils enivrer par l’antisarkozysme ambiant; d’autres, à gauche, sont toujours fascinés par le discours révolutionnaire et l’espoir d’un grand soir social. Or, à chaque fois que le PS se retrouve attiré sur les positions de l’extrême gauche, il éloigne de lui la perspective de l’alternance.
Mais lorsque s’installe une situation telle que celle qui se profile à l’horizon de la semaine prochaine, tout devient possible. Soit le scénario d’une aspiration à l’ordre, qui profite au pouvoir en place. Soit celui que décrivait ici même Gilles Bridier, lorsqu’il évoquait la somme des tensions qui peuvent un jour se coaguler et provoquer un véritable tremblement de terre social.
Jean-Marie Colombani
















































"Soit ça explose pour se transformer en révolution", "Soit c'est utilisé par la majorité pour étouffer le mouvement".
Oui, forcément, c'est soit l'un soit l'autre, facile.
Mais il faut tout de même préciser quelques points :
- le plus important dans ces mouvements sera de rappeler que loin d'être exonérés de cette réforme, les régimes dits spéciaux seront bien touchés. Il suffit de lire l'exposé des motifs de la loi pour s'en convaincre. Ils n'apparaissent pas directement dans le texte car ils sont déjà dans le cadre d'une réforme en cours jusque 2017. Ils n'ont donc qu'un délai supplémentaire mais verront comme tout le monde l'âge légal de départ et celui du taux plein reculés de 2 ans. Par ailleurs, s'ils n'étaient pas touchés, ce serait encore plus courageux et honorable de leur part que de perdre des journées de salaire pour défendre les droits des autres !
- Les sondages montrent que les français sont scandalisés par ce gouvernement et totalement opposés à cette réforme. Il semble, et les remontées du terrain vont dans ce sens, que les syndicats n'étaient pas dans une optique d'une radicalisation du mouvement mais qu'ils n'ont pas le choix et que c'est la base qui l'a compris en premier. Loin d'aider Sarkozy, ça pourrait donc conforter l'opposition surtout si ça l'oblige enfin à lâcher (et les parlementaires de droite ne le suivront pas indéfiniment). C'est donc un risque mais un risque presque obligatoire : les syndicats n'ont pas le droit de perdre ce combat, ils jouent aussi leur légitimité.
- au niveau du fond, la retraite par point n'est pas un changement du système par répartition qui n'est qu'un moyen de financement. C'est une erreur fréquente de mélanger le financement (la répartition ou la capitalisation) des droits (système de caisses corporatistes ou systèmes par points ou autre). Ensuite, à l'intérieur de la répartition, il y a plusieurs possibilités comme un financement direct des futurs ayants droits ou un financement plus solidaires. La répartition consiste donc d'abord à financer immédiatement (production de l'année) un coût calculé sur des droits qui ont été acquis dans le passé. La capitalisation consiste en un financement par l'épargne et les produits de cette épargne. Vu que la stabilité de la valeur d'une épargne à long terme est plus incertaine que celle de la progression de l'activité, le système par répartition est plus stable que celui par capitalisation. Seulement, il faut continuer la répartition des richesses correspondante (niveau des cotisations ou de la participation de la collectivité par l'impôt) et c'est ce que refuse le gouvernement. Contrairement à son discours, il ne sauve donc pas le système par répartition avec son projet mais le dénonce et le supprime. Ce n'est pas un point de vue, c'est un fait. Un point de vue c'est de dire qu'il a tort de supprimer le système par répartition.
Bref, merci de cette analyse qui rappelle les risques politiques d'une grève reconductible qui pourrait relancer M. SARKOZY, mais il me paraissait important de donner ces précisions pour éclaircir ce risque et mieux en comprendre les enjeux.
Enfin, sachez tout de même que les secteurs dits privilégiés ne seront visiblement pas tout seuls dans ce mouvement... Le réformisme, ce n'est pas suivre toute proposition mais négocier quand c'est possible, résister quand c'est nécessaire. Aujourd'hui, il apparaît que la négociation n'est pas possible et la résistance nécessaire.
Pour preuve, d'après certain sondages, les thèmes de campagne privilégiés par les Français pour les prochaines élections sont la protection sociale, les retraites, l'éducation, le chômage... au détriment de l'économie. Alors que l'économie est le fondement de la protection sociale. Un toit protège, mais un toit doit reposer sur des murs. Sans de solides fondations, un toit ne sert à rien. Et nous nous sentons plus concernés par notre protection que par les moyens de soutenir cette protection.
Bref, on peut parier que cette réforme ne passera pas, ce qui démontrera à la communauté internationale que nous sommes incapables de nous réformer, incapable de réduire nos déficits. Ce qui entrainera la perte de notre triple A et la dégradation de nos conditions d’emprunt sur les marchés internationaux. Pourquoi continuer à prêter à un état qui a montré depuis 35 ans son incapacité à réduire ses déficits, un état qui en réalité les augmente continuellement? Comment rassurer un épargnant étranger, ou la banque qui le représente, sur la capacité de la France à le rembourser?
On sait maintenant que les tempêtes financières sont violentes et imprévisible. Un jour je continue à emprunter 15 Mds tous le mois, et le jour d’après je ne peux plus.
Donc oui, la CGT vote Sarkozy, car il sera alors facile à Sarkozy de passer ses réformes en urgence, sous peine de ne plus pouvoir payer les factures en fin de mois, à commencer par les payes des ses agents.
Les agents qui feront grève Mardi donnent le dernier coup de scie dans la branche sur laquelle ils sont assis. Après tout, c’est peut-être une bonne chose.
"Beaucoup pensent que cette réforme ne passera pas. La France est un pays trop conservateur et trop utopique pour accepter certaines réalités." C'est quoi ces "réalités". C'était déjà le discours que l'on nous tenait avant la crise, à une époque où "la réalité" c'était que la politique menée par l'Irlande et l'Angleterre était la seule possible. La dialectique qui consiste à faire comme si il n'y avait qu'un constat et qu'une politique économique possible en a quand même pris un sacré coup à cette occasion. "Bref, on peut parier que cette réforme ne passera pas, ce qui démontrera à la communauté internationale que nous sommes incapables de nous réformer, incapable de réduire nos déficits." Toutes les mesures prisent par Sarkozy depuis son arrivée ont eu pour résultat de les faire exploser. Vous vous rappelez comment le paquet fiscal devait relancer la consommation? Et le génial "travailler plus pour gagner plus". On aurait dit Marie Antoinette recommandant aux parisiens de manger de la brioche puisqu'ils n'avaient plus de pain. Bien sur qu'il faut des réformes. Le monde, l'évolution des rapports politiques, économiques, de la situation environnementale obligent tous les pays à évoluer sans cesse. Est-ce à dire que le rejet de réformes mal pensées et mal vendues ferait nécessairement de vous un indécrottable "conservateur"? Vous vous rappelez dans les promesses de Sarkozy cette réforme qu'il n'a pas eu le temps de mettre en place:
"Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages et que l'Étal intervienne pour garantir l'accès au crédit des personnes malades. Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement." Heureusement qu'il n'a pas eu le temps de mettre en place cette réforme avant que "la réalité" de la crise économique américaine ne montre ce qu'il en était. "Pourquoi continuer à prêter à un état qui a montré depuis 35 ans son incapacité à réduire ses déficits, un état qui en réalité les augmente continuellement? " Du point de vue des banques, parce que jusqu'à présent les états ont été des débiteurs bien plus solvables que les banques qu'ils ont du secourir. Du point de vue du contribuable, c'est vrai que l'on peut se demander si c'est intéressant d'enrichir les banques avec nos impôts. Je ne suis pas opposé à une réduction du déficit, mais sans les baisses d'impôts consenties depuis 1999, le déficit public de la France en 2010 serait de 1,8%!
http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2010/10/05/retraites-un-probleme-d%E2%80%99arithmetique-divise-les-francais-par-andre-martin/
http://www.dailymotion.com/video/xeefhg_incultures-5-travailler-moins-pour_news#from=embed
Cette fois est differente de d'habitude car, au lieu de repartir l'effort sur tous, on a fait une etude electoraliste et le poids des reformes repose sur un nombre restreint: - Les retraites sont epargnes (base electoraliste) - Ceux qui atteignent leurs 41 ans de cotisation entre 62 et 67 ans sont epargnes puisque'ils toucheront la meme chose avant et apres - Ceux qui ont commence a travailler tres jeune et atteignent leurs annees avant 62 ans sont penalises - Ceux qui ont eu des carrieres incompletes sont penaalises - Ceux qui sont sans travail entre 55 et 67 ans trinquent un maximum!
Un exemple simple: si vous etes en fin de droits, que votre retraite aurait ete de 1500€/mois et que vous etes recule de 2 ans, vous perdez 36000 € (par example en 2015-2016) avant de trinquer a nouveau en 2018. (si tout le monde perdait 36000 €, il est clair que le systeme serait aisement equilibre pour les 1000 ans qui viennent)
L'inegalite de traitement n'est pas un slogan de communication, c'est BEAUCOUP D'ARGENT pour ceux qui sont touches a plein...et tout ca car la reforme est definie par l'electoralisme et non par l'interet des regimes de retraite et des Francais.
INJUSTE et CYNIQUE, cette reforme!
Mais ma déception ne vient pas de sa politique économique même si, comme tout le monde, il aurait pu faire plus.
Elle vient surtout de sa politique sécuritaire qui, aux mains de Besson et Hortefeux vire dangereusement vers le pré-fascisme connu déjà en Autriche, en Hongrie, en Hollande, en Italie et dernièrement même en Suède.
Ce choix politique avait démarré avec un but sensiblement louable – ramener dans un cadre parlementaire démocratique le votants du Front National que le système de représentation actuelle (trop favorable à cet autre mouvement essentiellement anti-démocratique les communistes) excluait du système.
C’était jouer avec le feu et le feu a pris le dessus – avec l’approbation de la majorité des Français en ce qui concerne les Roms.
La visite à Rome (jeu de mots non intentionnel) ne suffirait pas à corriger cette dérive, le Vatican ayant prouvé dans son histoire son peu de soucis pour le racisme.
Non la politique économique et de là sociale de ce gouvernement ne pêche que par sa timidité. Maintes propositions de la commission d’Attali n’ont pas été suivies d’effet. Un exemple flagrant (mineure soit mais indicative d’une grande timidité devant un lobby) est la proposition de libérer le marché des taxis –rejetée.
Plus important c’est l’abandon apparent du redécoupage du pays pour éliminer les départements – relique d’une ère où il fallait trois jours pour joindre Orléans de Paris. Trop de plus d’élus en jeu !
Un autre c’est la Grenelle de l’environnement, sacrifiée sur l’autel de « l’efficacité économique » à la chinoise ou américaine. Dernièrement il y aurait trop de panneaux solaires en France !
Sur le plan purement économique et fiscal encore de la timidité. Devant l’opposition hystérique de la gauche, on est très tenté de mettre en cause le ‘bouclier fiscal’ qui assure à tout le monde (mais oui, même les très riches ont des droits !) qu’il ne paiera pas plus de 1€ sur 2€ de ses revenus (tout en payant beaucoup quand même). Quant à l’ISF, l’impôt sur ce qui vous reste après avoir payé vos impôts, même les plus droitistes des droitistes n’osent pas en parler.
L’excellente initiative de défiscalisation des heures supplémentaires et leur exonération des charges sociales patronales passeraient également à la trappe. ‘Travailler plus pour gagner plus’ redevient ‘travailler moins pour gagner moins’ si cher aux socialistes, votre gouvernement prochain.
Seule la réforme de la retraite sortirait plus au moins indemne. Mal présentée, mal conçue (volontairement pour exciter la gauche qui tombe dans le piège et de là épeurer les bourgeois ?), cette réforme a le mérite de reconnaître que le monde change et change favorablement – même en France ! On vit plus longtemps, hourrah !
Mais quelle erreur de fixer sur l’emblématique 60 – 65 ans, totem de la gauche des années 80. Pourquoi un ‘âge de la retraite’ ? Pourquoi pas tout simplement une ‘caisse de retraite’ individuelle à laquelle on cotise obligatoirement en partie jusqu’à ce qu’on a assez pour quitter le travail ?
Ceux qui aurait commencé très tôt y arriveraient plus vite que ceux qui auraient commencé plus tard. C’est normal. Et ceux qui, comme aux USA et ailleurs qui veulent travailler plus (pour gagner plus) pourront exercer ce choix.
C’est l’absence de ce choix démocratique qui est injuste – et timide - dans la loi votée cette semaine. Il resterait bien sûr, avec ma proposition, un très grand débat sur le montant des retraites.
Dans ces colonnes quelqu’un a proposé une retraite pour tout le monde égale au SMIC, après X cotisations d’un montant à décider en fonction de l’état de l’économie et de la caisse (une seule !) de la retraite, le reste au choix de l’individu en fonction de ces moyens et de ses objectifs personnels.
Voilà une idée qui mérite le débat à la place des hurlements bêtes de ces derniers jours. Mais que de lobbys à gauche et de droite à combattre !
Maintenant il se peut que vous ayez raison et que la CGT soit tombé dans le piège de N.Sarkozy. On a un peu le sentiment que cela vous réjouit et c'est tout à fait votre droit.
Mais vous finirez par avoir tort et vous le savez puisque vous terminez votre billet en écrivant quasiment le contraire de ce que vous écrivez au début.
Finalement c'est peut être bien que oui ou peut être bien que non. Un peu léger non?
Dans 3 mois nous saurons quelle vision était la bonne.
Je ne sais pas si Contructif s'adressait à moi quand je prédis que Sarkozy va perdre en 2012. Peu importe. On n'a pas besoin d'avoir fait Science Po pour arriver à une telle prédiction.
Mais en ce qui concerne les signes d'un fascisme naissant comme il en existe en France et en Europe aujourd'hui, on peut légitimement prétendre qu'un peu de prédiction, prétentieux ou non, dans les années 33-39 aurait peut-être évité le catastrophe de 39-45.
Et pour moi, et je pense pour d'autres qui se placent à droite, cet abandon par Sarkozy en faveur des idéologues Bresson et Hortefeux, le condamne.
Dommage. Il a commencé brillamment mais comme la plupart des Présidents français il s'est fatigué après 2-3 ans (Mitterrand, Chirac qui, lui, c'était après 2-3 mois!)
Sauf si la France a le bon sens d'élire DSK, vous voilà condamnés à 5 ans d'inconséquence socialiste.
En tout cas le début du désordre social est bien soutenu par les français.
Qui paiera la facture d'un soulévement du peuple français? Je ne suis pas sur que les allemands ou le reste de l'Union Européene accepteraient de payer.
Enfin, n'oubliez pas que le salaire brut (coût total du salarié) a beaucoup augmenté ces dernières années. Ce sont les augmentations de charges sur ce salaire brut qui ont bloqués les salaires net.
Et l'on voit aucune contradiction entre le fait que 1-3 millions de personnes peuvent descendre dans la rue pour protester mais quasiment personne adhérent aux syndicats dont le rôle légitime est de négocier des accords sociaux.
C'est tellement plus marrant de défiler! On salive!
Pendant ce temps là on voit le voisin allemand rafler des marchés une fois confiés à des entreprises françaises (Siemens à la place d'Alstom par exemple) et régler le même problème des retraites intelligemment et sans désordre.
A qui la faute? On a le gouvernement qu'on mérite et les syndicats qu'on mérite. Ce qui est triste c'est qu'on n'a pas le débat sociale qu'on mérite.
Pour votre autre réflexion profonde sur le peu de syndiqués en France, avez vous regardé comment sont considérés les syndiqués dans une entreprise ? Non pas comme des partenaires de discussion, ou d'échange, représentant les salariés au sein d'un navire qui avance avec tout le monde à bord, mais comme des ennemis qu'il faut jeter par dessus bord. Proposez donc de changer les mentalités du patronat déjà, et ensuite sûrement le nombre de syndiqués augmentera proportionnellement. Donc oui cela mérite aussi un débat social.
Quant au voisin allemand, son système de retraite ne semble pas plus dur qu'en France au contraire : - 65 ans comme age pour un taux plein (67 ans en 2029 uniquement) certes, mais 35 ans de cotisation suffisent et on peut partir à 63 ans (age légal donc) avec une décoté de 7.2% max (0.3% par mois entre l'age de départ post 63 ans, et 65 ans), - contre 65 ans en France pour la retraite à taux plein, avec 41,5 ans de cotisation et une décote de 25% max (5% par trimestre manquant avec un max de 25%) pour ceux partant à l'age légal de 60 ans (ou 62 ans après la réforme) Et ils ont peut-être discuté un peu plus longtemps (on parle même de 10 ans en Suède) Donc là aussi un vrai débat social aurait mérité un peu plus de temps.
Je suis donc d'accord avec vous sur le manque de débat social en France, je voulais juste faire remarquer à Mr Colombani qui disait "Car, même si la réforme des retraites est impopulaire, on imagine mal que le désordre social, s’il s’installait, séduise une majorité de Français" que pour le début ce désordre social a une majorité de français derrière lui.
Je n'ai jamais eu l'impression que l'on traite les syndicats "comme des ennemis qu'il faut jeter par dessus bord" Je n'ai même pas eu l'impression que les représentants des salariés eux mêmes, syndiqués ou non, se sentent menacés ainsi.
Dans tous les cas, les lois qui protègent les syndicats et leurs représentants sont très puissantes et sont d'ailleurs globalement respectées.
Par contre j'ai très souvent observé la frustration des représentants syndicaux face à la grande indifférence de leurs charges dans la vie quotidienne de l'entreprise. On ne s'excite, semble-t-il pour faire grève. Curieux.
En lisant la presse, comme vous, j'ai pu par ailleurs observer qu'il est inexacte de prétendre comme vous faites que le gouvernement n'a consulté "aucunement" les syndicats. J'ai vu des reportages montrant des consultations autour de cette proposition en février dernier déjà. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord qu'il n'y a pas eu de consultation...
D'ailleurs, quand on est représentant syndicale, les pourparlers concernant un sujet aussi important que le retraite ne devront-ils figurer de façon permanentes sur son agenda? Cela fait 20 ans qu'on en parle après tout. En France comme dans les pays du nord où vous convenez que les discussions - fructueuses - ont eu lieu pendant des décennies.
Je suis petit fils d'un syndicaliste anglais et je ne minimise nullement le rôle légitime des syndicats. Je sais aussi qu'il y a des patrons 'voyous'. Je ne suis pas naïf.
Mais il me semble qu'il est bien temps dans ce beau pays pour que les gens manifestent non pas pour ou contre un projet quelconque mais plutôt contre cette éternelle confrontation dans la rue au lieu d'autour d'une table.
Vu de l'extérieure ça tourne au ridicule.
Un acquis social est par définition un contre-sens, car un acquis donne l’idée de permanence. Or le caractère impermanent de tous les acquis sociaux actuels nous prouve que l’on nous a abusés. Ils sont en contradiction avec notre économie décroissante, économie en perpétuelle mutation, d’ailleurs on les perd un à un.
Ces acquis sociaux qui, pense-t-on a contrario, ont été négociés par les syndicats, n’ont rien de permanents. L'approche des syndicats est rationnelle; ils cherchent à obtenir le plus possible pour leurs membres, ils ont des buts radicalement opposés à ceux des chômeurs. Les syndicats sont en quelques sortes un autre parti politique, un sous-parti ou une sous-politique. (Sont-ce les chômeurs de longues durées qui vont pouvoir prendre leur retraite à 67 ans (encore un non- sens car ils ne bossent pas) ? NON bien sûr mais seuls les travailleurs. Ceux qui la paient.)
Qu’est ce qu’un acquis social ? En France, les acquis sociaux tels qu'on les entend généralement, concernent avant tout les salariés du secteur public. Le statut de fonctionnaire est généralement considéré comme plus avantageux que le statut de salarié de droit privé, par exemple concernant l'emploi à vie, souvent conservé même en cas de faute. C’est peut être une des incitations les plus fragrantes à la non productivité.
Dans le secteur privé, ils sont négociés par branche, par métier, et sont dépendants du contrat. Tous ces acquis sociaux qui nous donnent l’impression d’avoir droit à quelque chose …. Comme à la retraite, à la sécu etc. … tous ces « droits à » sont des faux droits qui nous abusent.
En effet, tous ces droits impliquent une économie « florissante ». Ce qui n’est plus le cas en France. Pourquoi ? Car pour payer ces droits, il faut pouvoir aire des prélèvements sur les salaires afin de les redistribuer. Moins de travailleurs impliquent moins de prélèvements. Le droit au travail par exemple est le type-même de faux droit : car la finalité de toute entreprise est de répondre aux besoins des clients , de faire du profit , et non de procurer du travail à ceux qui n'en ont pas. Concrètement, le « droit » au travail (« droit » mentionné dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, et repris en France dans le préambule de la Constitution de 1946), a fait l'objet d'une interprétation collectiviste par les gouvernements qui se sont succédés et qui aboutit :
1. A des règlementations liberticides (mesures malthusiennes- mesures qui pronent le conservatisme d’où la restriction de la production, et celles des naissances- ou la mesure de la limitation du temps de travail : les 35 H) 2. A l'augmentation du chômage ce qui est l'inverse du but recherché.
N’avez jamais entendu des parents dire à leurs enfants : « ne fais pas trop d’enfants de nos jours cela revient cher et tu ne pourras leur payer des d’études ». Pire aujourd’hui, les mêmes parents voient leurs petits enfants de 30 ans encore à la charge de leurs parents.
N’est ce pas le reflet de ces mesures, de ces règles qui figent notre société ?
La politique du gouvernement actuel nous oblige à nous poser Des questions : 1. Aurai-je ma retraite à 65 ou 67 ans ? OU plutôt vais-je avoir du travail jusqu’à là ? Ou pire : serai-je encore vivant pour la toucher ? 2. Moi qui suis au chômage depuis 10 mois, vais-je trouver un emploi ou bien dois je m’habituer à faire partie des assistés de ce pays ? dois-je m’habituer à avoir honte de couter ? dois-je rester chez moi car je ne fais plus partie de la société ? 3. A nos enfants, que doit-on leur promettre ? une société à deux visages, ceux qui ont du fric et ceux qui rêvent d’en avoir ?
Je pense que tout ce que le gouvernement et les syndicats peuvent dire ne changera rien à la décision que nous devons prendre. Tôt ou tard il faudra affronter les conséquences de ces 40 années de république faussement démocratique. Jeter bas ces fameux acquis sociaux et recréer notre économie.
Je suis totalement contre la politique de M Sarkozy. Et je souhaite qu’il ne soit pas réélu. Il a fait l’erreur de nous abuser encore plus hypocritement que les autres.
Devons nous faire la grève, cette grève reconductible…. Dans quel but ? Afin de favoriser la politique du gouvernement actuelle ? ou bien afin de finalement profiter nous aussi de cette opportunité de révolutionner notre société
Ne laissons pas les fauteurs de troubles nous susurrer de renoncer sous de faux prétextes. Ceux-ci gagnent au moins trois ou quatre fois plus que nous et l’avenir ne les inquiètent pas plus que ça.
Il y a toujours une clé de voute à toute structure, on peut gagner, et on a que ces acquis sociaux obsolètes à perdre AVANT qu'on nous les vole
http://www.wikiberal.org/wiki/Faux_droits