Orelsan, France 3... que dit le droit

Giuseppe de Martino, mis à jour le 29.03.2009 à 10 h 12

Dimanche 22 :  Rage against condom
En ce jour de repos du Seigneur, on cherche désespérément, comme le dit l'auteur de cette vidéo, où est le message d'amour du Christ. Ça fait peur (ils font tous assez peur, non?), ça fait mal et ce n'est pas fini.

Lundi 23:  Fafez fe fein
Ah, que de cruels dilemmes quand il s'agit de choisir les contenus d'une page d'accueil d'un site Internet. Revenons au b.a-ba sur la question: l'éditeur du site (celui qui gère le site) n'est pas forcément l'éditeur du contenu du site, l'éditeur du contenu étant celui qui est intervenu dans la création de ce contenu.  Ça, juste pour rappeler la différence avec un hébergeur qui reçoit et met à disposition le contenu de ses partenaires qu'ils soient simples internautes ou professionnels.

Toutefois, en choisissant le contenu de la page d'accueil de son site, en décidant de mettre en avant tel ou tel contenu, l'éditeur du site fait des choix artistiques qu'on appelle aussi «éditoriaux». Prenons l'exemple de ce clip musical qu'on souhaite de ressortir de l'oubli où il avait — nous le pensions — sombré pour de bon:

 




On y voit, et c'est certes assez hilarant, l'inénarrable Sophie Favier chanter (?) dans une mise en scène plus année 80 tu meurs. Donc il semblait amusant de dépoussiérer ce clip en rappelant à quel point ces années brushing sont désespérément kitsch et de mauvais goût. Un problème : ce qui se passe à la minute 2'24 '' de la vidéo. On y découvre en effet une Fofie Favier démontrant assez facilement qu'elle est une blonde à forte poitrine. Zut, comment alors mettre cette vidéo en page d'accueil qui se veut dédiée à tous les publics à qui on ne veut imposer aucun corps dénudé et a fortiori aucune hypertrophie mammaire? Et bien l'éditeur ne l'a pas fait...

Mardi 24 : le sale vice de Strasbourg

Parce qu'il faut le voir et l'entendre pour y croire. Parce qu'on aurait pu penser que à l'ère de la vidéo sur Internet, ces propos auraient été tirés d'archives et non de l'actualité.

Mercredi 25 : C'est en disant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui
Rémi Gaillard qui fait du Lafesse en mieux taille en direct le site qui l'a fait connaître mais reconnaît ensuite dans les commentaires sous la vidéo hébergée sur ce même site qu'il a quand même touché de l'argent grâce au dit site. Technique donc assez nouvelle: on se fait filmer en disant n'importe quoi et puis après en catimini on s'auto-dément (et non le mec n'est même pas fou). Mouais.

Jeudi 26 : comme sur des roulettes
Le skate vu comme un art, comme une performance artistique. Si vous n'êtes pas fan, tenez jusqu'à la 3ème minute et le concept de déstructuration par le mouvement vous séduira, à coup sûr.


Vendredi  27 :  Aefpéisation du droit
En quelques semaines, après Morano (et NKM?), c'est au tour de la Secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie Letard de s'intéresser aux videos sur Internet. Le problème cette fois, c'est le clip du rappeur normand (ça sent l'oxymore) Orelson qui bien que vieux de plusieurs mois a soudainement suscité l'ire de certaines blogueuses du fait de la violence de ses propos contre les femmes.

Notre Ministre s'empare alors du sujet et déclare à l'AFP qu'elle en appelle aux sites de partages de vidéos pour retirer cette vidéo. Toutefois, ces hébergeurs, à qui on reproche tout et son contraire, sont tatillons : dans un Etat de droit, des lois existent et il faut les respecter. En l'espèce, si un ministre veut le retrait d'une vidéo, il faut qu'il demande ce retrait à l'hébergeur de la vidéo en donnant son url (l'adresse où on peut la trouver) et les raisons qui justifient le retrait. L'hébergeur sera tenu alors de procéder au retrait que si le contenu de la vidéo est manifestement illicite. Ce qui est le cas en l'espèce? Joker. En tous cas la notification via l'AFP fait bizarre et ce n'est pas dans la loi.

Tout cela nous ramène à une autre vidéo dont on a aussi parlé cette semaine du fait de la convocation par la police des journalistes qui l'avaient mise en ligne. Vous vous souvenez des propos du président de la République sur le plateau de France 3 avant la prise d'antenne. Ces propos en off qui franchement n'étaient pas révolutionnaires avaient valu une demande de retrait par France 3 à son hébergeur. Or l'hébergeur avait considéré que cette vidéo n'était pas manifestement illicite et elle est donc toujours visible (elle a été vue 2.300.000 fois d'ailleurs...). Toutefois France 3 souhaite savoir comment les journalistes de Rue 89 se la sont procurés d'où la convocation de ces journalistes par la police. Etat de droit, vous disiez ?

Samedi 28 : SNCF c'est possible
Semaine pas très drôle donc concluons avec une petite découverte: nos cheminots ont du talent.

Giuseppe de Martino
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