Orelsan, France 3... que dit le droit
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Dimanche 22 : Rage against condom
En ce jour de repos du Seigneur, on cherche désespérément, comme le dit l'auteur de cette vidéo, où est le message d'amour du Christ. Ça fait peur (ils font tous assez peur, non?), ça fait mal et ce n'est pas fini.
Lundi 23: Fafez fe fein
Ah, que de cruels dilemmes quand il s'agit de choisir les contenus d'une page d'accueil d'un site Internet. Revenons au b.a-ba sur la question: l'éditeur du site (celui qui gère le site) n'est pas forcément l'éditeur du contenu du site, l'éditeur du contenu étant celui qui est intervenu dans la création de ce contenu. Ça, juste pour rappeler la différence avec un hébergeur qui reçoit et met à disposition le contenu de ses partenaires qu'ils soient simples internautes ou professionnels.
Toutefois, en choisissant le contenu de la page d'accueil de son site, en décidant de mettre en avant tel ou tel contenu, l'éditeur du site fait des choix artistiques qu'on appelle aussi «éditoriaux». Prenons l'exemple de ce clip musical qu'on souhaite de ressortir de l'oubli où il avait — nous le pensions — sombré pour de bon:
On y voit, et c'est certes assez hilarant, l'inénarrable Sophie Favier chanter (?) dans une mise en scène plus année 80 tu meurs. Donc il semblait amusant de dépoussiérer ce clip en rappelant à quel point ces années brushing sont désespérément kitsch et de mauvais goût. Un problème : ce qui se passe à la minute 2'24 '' de la vidéo. On y découvre en effet une Fofie Favier démontrant assez facilement qu'elle est une blonde à forte poitrine. Zut, comment alors mettre cette vidéo en page d'accueil qui se veut dédiée à tous les publics à qui on ne veut imposer aucun corps dénudé et a fortiori aucune hypertrophie mammaire? Et bien l'éditeur ne l'a pas fait...
Mardi 24 : le sale vice de Strasbourg
Parce qu'il faut le voir et l'entendre pour y croire. Parce qu'on aurait pu penser que à l'ère de la vidéo sur Internet, ces propos auraient été tirés d'archives et non de l'actualité.
Mercredi 25 : C'est en disant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui
Rémi Gaillard qui fait du Lafesse en mieux taille en direct le site qui l'a fait connaître mais reconnaît ensuite dans les commentaires sous la vidéo hébergée sur ce même site qu'il a quand même touché de l'argent grâce au dit site. Technique donc assez nouvelle: on se fait filmer en disant n'importe quoi et puis après en catimini on s'auto-dément (et non le mec n'est même pas fou). Mouais.
Le skate vu comme un art, comme une performance artistique. Si vous n'êtes pas fan, tenez jusqu'à la 3ème minute et le concept de déstructuration par le mouvement vous séduira, à coup sûr.
Vendredi 27 : Aefpéisation du droit
En quelques semaines, après Morano (et NKM?), c'est au tour de la Secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie Letard de s'intéresser aux videos sur Internet. Le problème cette fois, c'est le clip du rappeur normand (ça sent l'oxymore) Orelson qui bien que vieux de plusieurs mois a soudainement suscité l'ire de certaines blogueuses du fait de la violence de ses propos contre les femmes.
Notre Ministre s'empare alors du sujet et déclare à l'AFP qu'elle en appelle aux sites de partages de vidéos pour retirer cette vidéo. Toutefois, ces hébergeurs, à qui on reproche tout et son contraire, sont tatillons : dans un Etat de droit, des lois existent et il faut les respecter. En l'espèce, si un ministre veut le retrait d'une vidéo, il faut qu'il demande ce retrait à l'hébergeur de la vidéo en donnant son url (l'adresse où on peut la trouver) et les raisons qui justifient le retrait. L'hébergeur sera tenu alors de procéder au retrait que si le contenu de la vidéo est manifestement illicite. Ce qui est le cas en l'espèce? Joker. En tous cas la notification via l'AFP fait bizarre et ce n'est pas dans la loi.
Tout cela nous ramène à une autre vidéo dont on a aussi parlé cette semaine du fait de la convocation par la police des journalistes qui l'avaient mise en ligne. Vous vous souvenez des propos du président de la République sur le plateau de France 3 avant la prise d'antenne. Ces propos en off qui franchement n'étaient pas révolutionnaires avaient valu une demande de retrait par France 3 à son hébergeur. Or l'hébergeur avait considéré que cette vidéo n'était pas manifestement illicite et elle est donc toujours visible (elle a été vue 2.300.000 fois d'ailleurs...). Toutefois France 3 souhaite savoir comment les journalistes de Rue 89 se la sont procurés d'où la convocation de ces journalistes par la police. Etat de droit, vous disiez ?
Samedi 28 : SNCF c'est possible
Semaine pas très drôle donc concluons avec une petite découverte: nos cheminots ont du talent.
Mis à jour le 29/03/2009 à 10h12








































M le dirigeant de Dailymotion qui diffuse la video incriminé d'orelsAn (il y a une coquille dans votre texte vous écrivez orelsOn ... ). Avez vous les statistiques d'audience de la vidéo et de ses autres clips ...que l'on puisse regarder l'audience qu'il avait avant le début de la polémique.... et les chiffres après afin de savoir si cette polémique n'a juste été qu'un gros coup de pub pour lui ... le contraire de celle qu'elle veule en censurant une vulgaire (très vulgaire) chanson !!!!
car je pense qu'au départ son audience devait être assez limitée non??? la chanson n'étant pas sur son album et qu'il ne la chante pas ...pour la connaitre il a fallu la chercher !!!!
en tapant dans le moteur de recherche "sale p**e" et pas ('le monde enchanté des Bisounours" ??? ) ou en y accédant par des liens dit "similaires" (donc un lien vers ses autres chanson non provocante et dans ce cas la les gens connaissent d'autres chanson de lui ... )
Bonjour,
Vous trouverez ci-dessous la réaction de la chanteuse Anais, ainsi que la chronique d’Europe 1 de Claude Askolovitch ce matin à 7h40. Merci
Je suis très attristée de ce qui se passe autour d'Orelsan en ce moment, j'ai l'impression que le talent et la plume de cet artiste sont éclipsés au profit du "sensationnel". J'ai vu Orelsan en concert, entendu le morceau "sale pute", et la seule chose que je me suis dit en entendant ce morceau, c'était qu'il me touchait profondément dans la détresse du personnage, j'avais les larmes aux yeux, tout en souriant de son culot. J'ai l'impression qu'on a tendance à oublier qu'Orelsan raconte des histoires, avec une réalité crue, mais beaucoup d'humour, et de recul et surtout d'humanité. Personne ne m'a jamais reproché tout ce que l'on reproche à Orelsan lorsque j'ai fait ma chanson "Christina"...
Si Orelsan déclenche autant de polémique, je pense que c'est parce que justement, ça a l'air trop vrai. Et si son talent était là?
Anaïs
www.anaisinyourface.com
Chronique Europe 1
http://www.pqliv3.plusquelinfo.com/MoreThanNews3/Products/WebUI/BroadCastStreaming.aspx?vdmcrypt=MmItqVUJtFAzP8X5Wq3txw%3d%3d
Patrick Cohen : C’est l’édito politique d’Europe 1. Bonjour Claude Askolovitch.
C.A : Bonjour.
P.C : Est-ce qu’on peut chanter la haine ? Un jeune rappeur Orelsan a provoqué un scandale ces derniers jours avec une chanson « Sale Pute » diffusée sur Internet, il montre un jeune homme trompé par son amie qui la menace violemment.
C.A : Et tout le monde veut punir ce rappeur voire l’empêcher de chanter : la ministre de la culture, Christine Albanel, la secrétaire d’état, Valérie Létard, les socialistes, la communiste Marie-Georges Buffet mais cette indignation unanime a un petit quelque chose de gênant.
Les paroles de la chanson sont effectivement terrifiantes, c’est une haine à l’état brute contre une femme adultère menacée des pires tortures et ça reflète une réalité que subissent trop de femmes mais Orelsan le rappeur explique justement que sa chanson n’est pas un message, que ce n’est pas son opinion, c’est une fiction pour montrer la réalité, il joue un homme trompé qui se saoule et qui bascule de l’amour à la haine, c’est une illustration de la décadence, pas une incitation au crime.
Orelsan n’a pas inclut sa chanson dans son album, il ne l’interprète pas sur scène pour ne pas la montrer à des adolescents, un clip trainait sur Internet depuis des années, il est remonté à la surface parce qu’internet c’est un monde qui interdit l’oubli mais maintenant tout le monde est en train de condamner une chanson qui n’est pas chantée.
P.C : Donc on a tort de s’indigner ?
C.A : Non on doit s’indigner mais l’indignation c’est banal, on doit agir contre la réalité des violences faites aux femmes, on peut aussi si l’on veut s’interroger sur le danger des mots et sur l’idée même d’une censure contre le machisme pourquoi pas ?
Mais ce qui se passe autour d’Orelsan, c’est du lynchage bien pensant: ni Putes ni Soumises menace de boycotter le Printemps de Bourges si Orelsan n’est pas déprogrammé, les Francofolies de La Rochelle se demande s’il ne faut pas l’exclure, des journalistes vertueux s’indignent que d’autres journalistes mélomanes ont pu défendre ce chanteur que eux manifestement n’ont jamais écouté.
Orelsan c’est un rappeur ironique de 25 ans, pas un tueur, il brosse le portrait des perdants de sa génération, il est triste et drôle avec les mots durs de son époque.
On est en train d’en faire à tort le symbole même de la brutalité masculine, on a inventé un diable à abattre.
P.C : Et comment vous expliquez cet enchainement ?
C.A : C’est un processus d’indignation classique et consensuel, la surenchère automatique, il faut protester plus fort que le voisin sinon on est suspect.
Condamner un rappeur ça devient une manière commode de défendre les femmes, il y a des sujets comme ça qui donnent le sentiment d’être du bon coté de la fracture morale
Prenez ces députés européens qui viennent de découvrir la vraie nature de Jean Marie Le Pen, ça fait simplement 25 ans qu’il siège à Strasbourg ou Xavier Darcos qui ce week-end à son tour a condamné les propos du Pape sur les préservatifs comme si on avait besoin d’une nouvelle condamnation avec une semaine de retard.
Ça ne veut pas dire que Le Pen serait défendable, ça ne veut pas dire que le Pape a raison, mais il y a beaucoup de facilités là dedans quand des politiques se contemplent dans le miroir de l’indignation vertueuse, ça relève plus de la complaisance que du courage de l’action.
Claude Askolovitch chaque matin sur Europe 1.