François Hollande: franchise et vérités
Après le passage de François Fillon sur M6, une tribune du député socialiste.
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Les Premiers ministres en fin de mandat ont au moins un mérite: ils ne sont plus tenus aux prudences de langage qui jusque-là, les entravaient. N’ayant plus rien à perdre, sauf leur réputation, ils s’autorisent à l’exercice délicat de la franchise. Elle ne va pas jusqu’aux aveux complets sur ce qu’a pu être leur gestion ou sur les choix d’avenir. Mais au moins, par bribes, la vérité s’énonce. C’est ainsi qu’il faut comprendre les derniers propos de François Fillon, sur la question des impôts. D’abord, il dit tout haut ce que Christine Lagarde et François Baroin n’osaient même pas penser: le budget 2011 sera un budget d’augmentation d’impôts. Foin de circonvolutions, le Premier ministre met les pieds dans l’assiette fiscale. Il contredit les déclarations du président de la République qui prétend encore, contre toute évidence, qu’il n’y a pas de «rigueur», puisque les prélèvements ne progressent pas.
Or, c’est tout l’inverse: le taux des prélèvements obligatoires va, dans le seul budget 2011, être relevé de près d’un point de PIB.
François Fillon ne s’est pas arrêté en chemin et il est allé jusqu’à contester le principe du bouclier fiscal, évoquant sa suppression et refusant même d’en faire un tabou. Heureuse prise de conscience! Quoique tardive! Mais ce que le futur ex-Premier ministre énonce comme proposition est tout simplement inacceptable. Troquer la fin du bouclier fiscal contre la suppression de l’ISF, c’est faire un mauvais calcul pour les finances publiques. Il en coûterait en effet plus de 3 milliards d’euros. Mais ce serait surtout une nouvelle aggravation des inégalités devant l’impôt, puisque ce serait une hausse de la fiscalité sur les revenus qui viendrait en substitution de la disparition d’un impôt sur le patrimoine. En d’autres termes, les fruits du travail seraient davantage imposés, quand les produits de la rente, de la spéculation ou tout simplement de la valorisation des actifs seraient défiscalisés.
François Fillon, prenant conscience de son audace, renvoie cette éventuelle évolution à une réforme fiscale globale. Curieuse conclusion après plus de 3 ans et demi passés à la tête du gouvernement de la France. Faut-il lui rappeler que le paquet fiscal, qu’il a fait voter au lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy, était considéré comme une véritable révolution fiscale, devant générer une croissance supplémentaire et une stimulation des initiatives et de l’entreprise? Faut-il qu’il ait fait lucidement le bilan de cet échec aussi bien en termes de relance de l’activité que de creusement des inégalités, pour qu’il en arrive à préconiser un nouveau changement de notre système fiscal? Je mets sur le remord la construction de cette proposition.
En fait, comme je l’avais moi-même indiqué il y a déjà plusieurs mois, la question fiscale va s’inviter dans la campagne présidentielle de 2012. Le redressement de nos finances publiques, le constat des manquements à l’équité, constitués par les niches et le bouclier, et enfin la sur-fiscalisation des classes moyennes, quand les plus favorisés échappent à la progressivité de l’impôt, tout justifie une confrontation, au meilleur sens du terme, entre les projets des uns et des autres pour mettre notre système fiscal à la hauteur des déficits qui nous attendent. Nicolas Sarkozy croit que la comparaison avec l’Allemagne et l’harmonisation, par ailleurs souhaitable, entre nos dispositifs fiscaux lui permettra d’en terminer avec ce qu’il a lui-même introduit en 2007, comme mécanismes dérogatoires ou comme incitations inutiles. Ce sera un nouvel artifice, une nouvelle opération de communication.
Pour ma part, je souhaite que les socialistes, plutôt que de dire «impôts! impôts! impôts!» face à tout problème de financement et devant l’ampleur des déficits, disent clairement quelle réforme globale des impôts directs et du prélèvement social ils préconisent aujourd’hui. Le pays a besoin de franchise, de sincérité et de vérité. De ce point de vue, la dernière intervention de François Fillon n’aura pas été inutile.
François Hollande
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"Pour ma part, je souhaite que les socialistes, plutôt que de dire «impôts! impôts! impôts!» face à tout problème de financement et devant l’ampleur des déficits, disent clairement quelle réforme globale des impôts directs et du prélèvement social ils préconisent aujourd’hui"
Ah bin finalement je me pose à l'insu de mon plein gré les mêmes questions que François Hollande, trop fort... Le truc secret qui tue c'est se poser la question de qui paye vraiment les impôts et qui en bénéficie, mais du cou(p)(ût) le PS perdrait 75% de son électorat, les profs... LOL (??) ...
J'imagine bien un moyen de financer les états à long terme, de remettre la main sur la barre économique, et de ramener la justice sociale, mais c'est osé.
1/ Supprimer les impots, tous les impots
2/ Mettre la main publique sur l'ensemble du secteur bancaire du crédit(annulant au passage la dette des états). La dernière crise a montré a quel point le système monétaire était un bien public.
3/ financer les dépenses publiques par les bénéfices sur les intérêts
4/ organiser une gouvernance mondiale/régionale/nationale/locale qui traduise les politiques publiques en taux d'intérêts préférentiels.
L'initiative privée est préservée, Le système est compréhensible par tous. La puissance publique est restaurée face au pouvoir économique. Il impose ses barres de controle dans le réacteur nucléaire de la finance mondiale.
Il ne faut pas désespérér des banquiers, avec une bonne formation, on pourrait même en faire des fonctionnaires.
Ce qui désespère c’est le niveau de l’incrédibilité politique jamais atteint. L’ère sarkosiste en a repoussé les limites jusqu’à l’écoeurement. Aussi je te soumets l’idee d’integrer dans ton programme presidentiel le retour aux valeurs de la politique.Cela passe par un retour au sacré de la parole donnée, par un retour à l’exemplarite dans le comportement à tous les niveaux
amities
Taux progressif lié à la dose de gras, sucre et sel servie. - On décourage des comportements mauvais pour la santé (la Sécu dit merci) - On fait rentrer quelques milliards dans les caisses pour compenser cette absurde baisse de la TVA sur les restos - ... - WIN!!!
J'ai même envie de dire que malgré les côtés compliqués à mettre en place ça finira *forcément* par arriver. On est sur cette pente. Alors pourquoi ne pas commencer à le proposer tout de suite quand les caisses de l'Etat en ont besoin?
Moi qui croyait que l'ISF était un impôt sur la fortune. M. Hollande, pourriez vous clarifier pourquoi la suppression d'un impôt sur le patrimoine est un allégement de la fiscalité sur le produit de ce patrimoine?
Il y a deux sujets a la mode en ce moment, l'ISF et les retraites, 2 sujets qui permettent aux politiques et aux syndicats d'occuper l'espace de l'expression politique de maniere tout a fait sterile.
L'un et l'autre de ces sujets ne sont que des diversions. Le seul vrai probleme de l'economie Francaise et donc de l'Etat est le sous emploi chronique. Ce sous emploi chronique est le resultat direct de l'incompetence des politiques, vous compris, dans les domaines de l'industrie et de l'economie, et de celui des syndicats dans la gestion du rapport entre les salaries et les entreprises.
Par exemple, comme le fait remarquer Monsieur Constructif, on dirait que vous ne savez meme pas faire la difference entre l'impot sur le patrimoine, une taxe sur la propriete donc, et l'impot sur les produits du patrimoine, une taxe sur le revenu donc ... Comment voulez vous etre credible quand vous parlez de taxation et de budget de l'etat ?