Ras la jupe en commentaires

Slate.fr, mis à jour le 30.03.2009 à 16 h 01

«Visiblement Monsieur n'est pas prof»

L'article «ras la jupe» paru la semaine dernière ne cesse de faire réagir; la parole est aux professeurs, sensiblement majoritaires sur les commentaires, pour un débat enlevé.

Faut-il être professeur pour bien comprendre le film?

«Visiblement Monsieur n'est pas prof», s'indigne Surfnblue en s'adressant à l'auteu de l'article Jonathan Schel, «quand vous irez enseigner monsieur Schel vous nous en reparlerez!». Pour sa défense, Boo Radley nous rappelle que monsieur Schel fait «un vrai travail de critique qui va au-delà (...) du regard superficiel que semble affectionner les spectateurs».

Accord et pas d'accord

«La journée de la jupe», c'est un film «et visiblement on n'a pas vu le même», lance Cinaih à Schel tout en lui conseillant gentiment «d'aller prendre une bonne douche et de retourner voir le film à tête reposée». Il lui suggère aussi de «postuler aux Inrocks ou Télérama, à moins qu'il n'y soit déjà?». Mais Olivier9275 rappelle que «le réalisateur n'a pas choisi de rester dans le strict carcan du politiquement correct en énonçant des vérités bien souvent occultées par les médias ou les membres de la classe politique».

Pour Jean Girel, «la véritable trouvaille du film» est la fameuse scène du revolver (Adjani trouve un revolver dans le sac d'un élève), car l'angoisse de tous les professeurs c'est de «se retrouver dans une situation totalement rocambolesque un jour de fatigue morale et intellectuelle, au point de ne pas savoir comment réagir dans l'instant, de perdre sa dignité». Oui, ce fameux moment écrit Alice, «où dans une classe tout, peut déraper».

D'autres lecteurs soutiennent davantage la critique. Ainsi Somni «ne comprends pas les excès qui entourent ce film. Encore, s'il nous disait quelque chose de nouveau, mais tout cela est d'une telle banalité». Sentiment auquel s'accorde Linius, «Lilienfeld surfe sur la vague, ni plus ni moins. Son film ne changera pas le regard que l'on porte sur ces mal-aimés de la république que sont nos jeunes de banlieue. Or c'est cela qui aurait été vraiment transgressif en France aujourd'hui».

Paroles de profs sur les banlieues

«Lorsque l'interactivité ne marche pas, lorsque l'amusement théâtral ne suffit pas (...) on réduit le champ de ce qui est possible (...) et on vient lire, simplement lire, en espérant que le cerveau de certains captera quelques bribes de ce savoir au passage», décrit Jean Girel. Pour Linius, «les enseignants de ZEP, dont je suis, n'ont pas attendu M. Lilienfeld pour aborder tous ces sujets avec leurs élèves, dans le cadre de leur cours, de manière construite, réfléchie et sans arme. (...)  Les jeunes de banlieue, ça pense aussi, figurez-vous» !

Et à Philosophe d'ajouter; «ce film a autant de rapport avec la réalité de l'école dans le 93 que, disons, une série télévisée policière lambda a de rapport avec la réalité de la police (...) mais la jupe, il y a la jupe, quand même! Adjani en jupe, dans un décor de banlieue 2008, ça vaut le coup d'être vu, non?». Il en a d'ailleurs discuté avec ses jeunes de banlieue et tous s'accordent pour dire; «"Adjani, c'est la classe", non?»!

De la difficulté à enseigner en banlieue...

Plumes, lycéen en banlieue décrit; «Mais leur a-t-on expliqué à ces gosses? Je veux dire, leur a-t-on dit pourquoi l'école était importante (...): la citoyenneté, la compréhension du monde, la force des idées, etc. L'éducation fait tellement plus de choses qu'un "bon métier" ! Pour moi la clé est d'intéresser, d'intégrer les élèves dans le processus d'apprentissage à travers ce qui les touche et ce qu'ils aiment, de leur fait reprendre espoir, c'est tout. Il suffirait de redonner l'espoir aux jeunes, de leur montrer ce qu'il y a eu delà des limites de leur vie: les autres continents, les autres cultures, les autres villes, la capitale, le dynamisme économique, etc.»

Montrer aux jeunes ce qu'il y a au-delà des limites de leur vie, leur donner de l'espoir; une belle pensée pour Philosophe qui lui répond; «Enseignant depuis pas mal d'années dans une banlieue difficile, je viens de relire l'ensemble des commentaires pour voir ce qui se disait non pas du film, mais de l'école en banlieue. Et ça n'a pas raté: celui qui a le discours le plus sensé et le seul vraiment pertinent sur la question, c'est Plumes, le collégien de cité devenu lycéen. Ça confirme que profs et élèves de banlieue sont très souvent d'accord, en fait.»

Le débat existe aussi ailleurs que sur Slate. Ainsi, sur le BondyBlog, «La journée de la jupe», la banlieue n'en veut pas, PointVirgule le blog de Mediapart tire son chapeau à la jupe ce qui soulève des commentaires, enfin le site d'Arte propose aux internautes, profs, élèves et parents d'alimenter le débat.

CD

Crédit photo; site officiel de La journée de la jupe

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