Jeremy Rifkin: La troisième révolution industrielle
- La Terre «la nuit». NASA -
«Policy Network» est un «think tank» international dont l'ambition de promouvoir les idées progressistes et le renouveau de la social-démocratie en organisant l'échange de points de vues et d'expériences entre hommes politiques, décideurs et experts de centre gauche.
Quelques jours avant le sommet du G20, «Policy Network» tient une importante réunion au Chili: l'occasion pour les principaux leaders internationaux de centre gauche de faire entendre leur vision de l'avenir, au moment où la période de croyance néo-libérale dans le laissez-faire est bel et bien terminée.
Slate.fr publie une série de tribunes (que l'on peut télécharger ici, en anglais et espagnol) rédigées par les participants à ce sommet.
Aujourd'hui vendredi, Jeremy Rifkin.
«LA CRISE FINANCIERE MONDIALE a ébranlé jusqu'aux fondations de nos systèmes économiques. Elle a démontré que nos modèles de croissance économique, basés sur une consommation de grande ampleur et l'utilisation excessive de ressources limitées, ne sont plus viables. Il est temps aujourd'hui de nous orienter vers de nouveaux modes de production. Pour sortir de la crise, il faut lancer la troisième révolution industrielle, qui nous conduira aussi vers une économie plus durable pour l'avenir.
Cette révolution se fera en créant des systèmes décentralisés d'utilisation d'énergies renouvelables. Les mêmes principes de conception et de technologies intelligentes qui ont rendu Internet possible commencent à être utilisés pour reconfigurer les grilles énergétiques mondiales, afin que les gens puissent produire et partager l'énergie renouvelable, tout comme ils produisent et partagent déjà les informations. Les quatre piliers de la troisième révolution industrielle sont les suivants :
Premier pilier: l'énergie renouvelable
Les formes renouvelables d'énergie - solaire, éolienne, hydroélectrique, géothermique, des vagues et biomasse - joueront un rôle clé dans la nouvelle économie. Les dirigeants progressistes doivent fixer des objectifs dans le domaine de l'énergie renouvelable et mettre en route le processus d'élargissement à grande échelle de la proportion d'énergie renouvelable dans le total énergétique de leurs économies.
Deuxième pilier : des bâtiments jouant le rôle de centrales énergétiques positives
Nous disposons d'énergie renouvelable et de nouvelles technologies pour l'exploiter à moindre coût et plus efficacement, mais il nous manque les infrastructures pour la charger.
Les dirigeants progressistes doivent s'assurer que des millions de bâtiments - foyers, bureaux et autres édifices - sont rénovés ou construits pour servir à la fois de centrales électriques et d'habitats. Ces bâtiments collecteront et généreront de l'énergie localement grâce au soleil, au vent, aux détritus, aux déchets agricoles et forestiers, aux vagues de l'océan et aux marées, à l'eau et à la géothermie - suffisamment pour satisfaire à leurs propres besoins, et dont le surplus pourra être partagé.
Troisième pilier : le stockage de l'hydrogène
Afin de maximiser l'utilisation et de minimiser les coûts, il sera nécessaire de mettre au point des méthodes de stockage qui facilitent la conversion des réserves intermittentes de ces sources d'énergie en provisions fiables. Si les batteries, les mécanismes différentiés de pompage de l'eau et d'autres moyens fournissent des capacités limitées de stockage, l'hydrogène est le moyen universel capable de "stocker" toutes les formes d'énergie renouvelable pour assurer un approvisionnement stable. Les dirigeants doivent œuvrer à la mise en place d'initiatives de recherche et de technologie pour accélérer le processus d'introduction commerciale des technologies de l'hydrogène.
Quatrième pilier : les «smart grids» et les véhicules électriques
Il faut reconfigurer les réseaux en suivant le modèle d'Internet, pour permettre aux entreprises et aux propriétaires de logements de produire leur propre énergie et de la partager. Les nouveaux réseaux intelligents, ou «intergrids», vont révolutionner la manière de produire et de fournir l'électricité. L'électricité produite pourrait aussi être utilisée pour alimenter des voitures électriques ou des véhicules électriques à pile à combustible. Les véhicules électriques, à leur tour, serviront aussi de centrales électriques portables capables de revendre de l'électricité au réseau principal. Tout comme les technologies des réseaux informatiques de deuxième génération permettent aux entreprises de connecter des milliers d'ordinateurs entre eux, créant une puissance informatique décentralisée bien supérieure à celle des ordinateurs centralisés les plus puissants existants, des millions de producteurs locaux d'énergie renouvelable, dotés d'un accès à des réseaux utilitaires intelligents, peuvent potentiellement produire et partager bien plus d'énergie décentralisée.
La mutation vers l'infrastructure de la troisième révolution industrielle nécessitera des engagements financiers massifs publics et privés. La conception de cette nouvelle infrastructure coûtera des centaines de milliards de dollars. Cela peut paraître difficile en temps de crise, mais il est encore plus essentiel de remettre nos économies sur les rails. Ceux qui soutiennent que nous n'en avons pas les moyens vont devoir expliquer comment ils pensent faire repartir une économie mondiale criblée de dettes dépendant d'un régime énergétique défaillant.
La troisième révolution industrielle apportera avec elle une nouvelle ère de «capitalisme décentralisé» dans laquelle des millions d'entreprises, existantes et à venir, et de propriétaires deviendront des acteurs énergétiques. Ce faisant, nous créerons des millions d'emplois verts et augmenterons la productivité de façon spectaculaire, tout en atténuant le réchauffement climatique.
Jeremy Rifkin
Traduit de l'anglais par Bérengère Viennot
Image de une: La Terre «la nuit». NASA
Mis à jour le 28/03/2009 à 14h24












![G20, Otan, Europe, Syrie, Iran, ce qui attend François Hollande [Les dossiers du quinquennat] G20, Otan, Europe, Syrie, Iran, ce qui attend François Hollande [Les dossiers du quinquennat]](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/afghanistan_4.jpg)
































Voilà le discours dont nous avons besoin : il nous projette vers l'avenir !
Que les nouveaux pionniers se lèvent et nous entraînent vers ce nouveau progrès !
Que le siècle du renouveau qui s'avance déjà, signe la fin du sous-développement de l'Afrique, qui a été si maltraîtée par "L'empire de la honte".
L'avenir est là, cet article le décrit parfaitement et pour aller plus loin les industriels ont déjà commencer à repenser dans ce sens, mais ce n'est pas un projet que l'on peut étiquetter de social démocrate, c'est aussi le projet des libéraux car il répond aux nouvelles conditions du marché.
Car aussi altruiste se présente ce projet dans cet article autant il doit correspondre à une demande du marché soutenu par les Etats qui sont ici les incitateurs: internet n'à pas été une révolution social democrate mais libéral. Ne l'oublions pas le minitel projet francais n'a jamais dépassé les frontières.
Ce think tank se projette dans une récupération intellectuelle de stratégies que seul le marché validera et qui sont déjà dans le pipeline de certains industriels pour d'autres raisons comme par exemple comme la dépendance aux taux de change oul aux couts de transport et logistique devenu débiles (envirion 18% du coût d'une voiture), ce n'est pas trés méchants.
Comment un esprit aussi brillant, puisqu'il "conseille" les grands de ce monde, peut-il oublier un aspect déterminant concernant l'avenir de la planète, à savoir la lutte contre le consumérisme stupide des pays riches ?
Ces sociétés de nantis qui puisent impunément dans les ressources non renouvelables de la planète pour se gaver d'objets inutiles, superflus, très "tendance", ces objets qui ne vivent que l'espace d'une mode, mais qui auront provoquer le temps de leur production, de leur commercialisation, de leur destruction, d'énormes dégâts écologiques. Il serait intéressant par exemple d'estimer le coût environnemental d'une simple clef de portière de voiture versus une télécommande avec tout son système électronique !
Autre exemple: l'extraction, puis la transformation des métaux rares qui entrent dans la composition d'un vulgaire mobile, nécessite de remuer 1 million de m3 de terre pour récupérer quelques grammes à sa composition. Et tout ceci pour satisfaire les "fashion victims" qui se précipitent sur le dernier modèle très "tendance" et qui n'ont toujours pas compris qu'un mobile servait avant tout à communiquer.
M.Rifkin fait malheureusement partie de ces "écologistes" heureux qui sont fiers d'avoir inventé les baskets en fibre de bambou, persuadés de protèger la planète, alors que ce nouveau gagdet labellisé "écolo", fait plus de mal à notre environnement, puisqu'il incite à la consommation, en l'occurence au consumérisme, sous des aspects angéliques !
A ma connaissance, aucun écologiste sérieux n'aborde LE vrai sujet, à savoir le " coût environnemental" d'un produit, et aussi longtemps que cet aspect de l'écologie ne sera pas abordé, on restera dans des concepts dépassés, de "croissance raisonnable".
Nous en sommes plus là, il faut revoir l'écologie, non plus en terme de science réformiste qui se focalise uniquement sur la réduction de la pollution et la sauvegarde des ressources naturelles en vue de garantir le niveau de vie des pays riches.
Il faut sortir de cette perception erronée du monde dans laquelle l'homme serait " indépendant " et maître de la nature.
Et surtout, il faut définitivement éliminer de notre vocabulaire tout ce lexique dévastateur, trompeur et sournois qu'on appelle "modes et tendances".
Cette troisième révolution industrielle, si toutefois elle émerge à l'avenir, n'est pas tant initiée par une prise de conscience de la nécessité de changer nos comportements pour faire face aux crises économique et écologique, mais davantage par la rareté relative des énergies fossiles et des ressources naturelles en général, sur lesquelles nos sociétés capitalistes se sont reposées depuis des décennies.
Par ailleurs, à l'inverse des précédentes révolutions industrielles alimentées par des besoins réels et accompagnées de progrès palpables, cette prochaine révolution industrielle, atypique, s'appuie sur la nécessité de changer nos modes de production en vue de maintenir le système, voire simplement à sauver les meubles.
En d'autres termes, encore une fois, ce n'est pas l'homme qui change le capitalisme, mais le capitalisme qui s'adapte pour survivre.