L'UE, tu l'aimes ou tu la quittes
Si l’adhésion à l’UE coûte autant à la France sans rien lui apporter si ce n'est des problèmes supplémentaires, pourquoi ne pas aller jusqu'au bout de la logique et en partir?
- Van Rompuy, Barroso et Ashton sur les faces d'un Rubick's cube, novembre 2009. REUTERS/Yves Herman -
A écouter certains discours, la France ne serait que la malheureuse victime d'une stigmatisation orchestrée par une Commission européenne en mal de reconnaissance. A cause d’elle, le gouvernement français ne pourrait mener à bien sa politique. Pire encore, la «nation des Droits de l'Homme» recevrait des leçons d’une commissaire issue d’un État à peine visible sur la carte et ne représentant que «350.000» habitants. Un outrage pour la glorieuse Nation.
Face à l'adversité, la France doit se ressaisir, serrer les rangs, passer des mots aux actes. Et quitter l'UE. Car rien ne la force à y rester. Une telle chose est maintenant tout à fait possible depuis l'adoption du Traité de Lisbonne. L'article 50 prévoit en effet que «tout État membre peut décider, (...) de se retirer de l'Union».
Pour cela, rien de plus simple. Toute la procédure est expliquée dans le paragraphe 2 du même article :
«L'État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l'Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union. Cet accord est négocié conformément à l'article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Il est conclu au nom de l'Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen».
En plus clair, cela signifie que le départ se négociera, point par point. Car, comme d'autres États qui ne sont pas membres de l'UE, la France pourra conserver des partenariats avec Bruxelles. Par exemple, la Suisse est associée à l'espace Schengen ; les droits de douanes ont aussi disparu entre les deux entités économiques sans qu'aucun député suisse n'ait encore siégé au Parlement européen.
Contributeur net
Première conséquence visible du retrait français: le commissaire européen français, les eurodéputés et les divers représentants de la France à Bruxelles seront remerciés puisqu'ils seront devenus inutiles et renvoyés dans leur foyer.
Bien évidemment, Paris n'aura plus à payer sa cotisation annuelle, soit environ 20 milliards d'euros. De l'argent qui restera à la France et qui pourra l'utiliser comme bon lui semble. Petit détail: cela signifie en même temps, que les collectivités territoriales, ne seront plus éligibles aux programmes d'aides européens: adieu Fonds de développement régional, adieu Fonds de cohésion et adieu Fonds social européen (une manne d'environ 15 milliards entre 2007 et 2013 pour la France). Toutefois, l'opération serait rentable financièrement, la France faisant en effet partie des contributeurs net de l'UE à hauteur de 1,1 milliard d'euros.
Mais grand avantage pour la nation agricole qu'est l'Hexagone: fini les manifestations intempestives d'agriculteurs protestants contre le diktat des eurocrates. En quittant l'UE, la France quitterait aussi les politiques communes, y compris la plus célèbre de tous: la politique agricole commune. Même chose pour la pêche. Ainsi, le gouvernement français pourra aider autant qu'il le souhaite ses agriculteurs et dire à ses pêcheurs de capturer autant de poissons qu'ils veulent. Du moins, jusqu'à ce que l'Organisation Mondiale du Commerce commence à émettre des remarques ou que les thons ou morues disparaissent totalement.
Le conseil de l'Europe aussi
En s'excluant elle-même des institutions européennes, la France se protégera aussi contre les attaques de Viviane Reding ou tout autre commissaire ainsi que des possibles condamnations de la Cour de Justice de l'Union européenne.
Reste que des condamnations internationales seront toujours possibles. En effet, la France est aussi membre du Conseil de l'Europe, une organisation qui n'a rien à voir avec l'Union européenne et qui a pour but la défense des Droits de l'homme et de la démocratie. Lorsque le citoyen d'un pays estime que ses droits ont été violés, il peut (après une longue procédure) voir son cas jugé par la Cour européenne des Droits de l'Homme et un Etat peut être condamné.
Là-bas aussi, la France est régulièrement condamnée, en particulier à cause de l'état de ses prisons. Dernièrement, certains juristes craignaient une condamnation concernant la procédure de garde à vue, avant qu'elle ne soit suspendue par le Conseil constitutionnel. Motif: tout accusé doit pouvoir être défendu par un avocat, même commis d'office, ce que la procédure française n'autorise que partiellement.
Concernant la monnaie unique, deux scénarios peuvent être envisagés. Le premier consisterait à conserver l'euro, sans être membre de l'UE. C'est aujourd'hui la situation pour le Kosovo et le Monténégro. Dans le cas de la France, cela signifierait aussi, renoncer aux sièges de représentants dont elle dispose au sein de la Banque Centrale Européenne et de l'Eurogroupe.
Bien qu'indépendante des gouvernements, la BCE fut régulièrement mise sous pression par le gouvernement français pour adoucir sa politique stricte de lutte contre l'inflation défendue par l'Allemagne et que Paris jugeait néfaste pour la reprise de la croissance. En étant en dehors de l'Union européenne, plus question d'espérer un jour changer les traités européens sur ce sujet. Les vues de Berlin domineraient alors la zone euro sans aucun concurrent sérieux et la France subirait de l'extérieur les décisions européennes.
La deuxième solution serait de revenir au franc. Rêve de beaucoup de souverainistes, une telle décision ne serait pas sans conséquences pour les finances de la République. En effet, en quittant la zone euro, le risque est de provoquer une méfiance des marchés, ce qui augmenterait aussitôt les taux intérêts des emprunts et fort probablement un abaissement de la notation française. Il serait bien entendu possible de dévaluer le nouveau franc pour relancer les exportations et l'économie comme la France avait tendance à le faire dans le passé. La contrepartie serait une hausse de l'inflation et des importations plus couteuses.
Fax-democracy
Une fois sortie, la France continuera donc à marchander et échanger avec ses voisins... qui eux seront encore tous dans l'UE. Elle pourrait ainsi rejoindre l'Association européenne de libre échange (AELE), une organisation internationale créée à la même époque que la Communauté économique européenne et dont elle était la concurrente. Le succès de la CEE a amené les membres de l'AELE à rejoindre la première. Ne restent actuellement membres de cet ensemble que les pays qui ont toujours refusé d'intégrer l'UE, leur donnant ainsi un cadre pour collaborer avec les 27: Suisse, Norvège, Liechtenstein et Islande.
Mais alors que l'on aurait pu les penser à l'abri du droit européen et de ses directives, il est intéressant de noter que les Suisses ou les Norvégiens sont plus ou moins obligés d'en reprendre une bonne partie, en particulier les réglementations commerciales au motif que l'UE est leur principal partenaire économique. Mais comme ces pays ne font pas parti intégrante des institutions, ils ne peuvent influencer leur élaboration par le vote de députés. Ils sont donc souverains mais assez passifs. Ils attendent que cela se passe avant de recevoir le document législatif venant de Bruxelles et qu'il leur faudra appliquer. Certains appellent ça la «fax democracy».
Et si la France veut revenir ?
Le cas de figure a aussi été pensé et prévu par le paragraphe 5 de l'article:
«Si l'État qui s'est retiré de l'Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l'article 49.»
Toute la procédure sera donc à reprendre depuis le début, comme si la France n'avait jamais fait partie de l'UE, à l'image de la Turquie ou de la Croatie. Toute la législation française sera passée au crible pour savoir si elle est conforme au droit européen. Et en cas de non compatibilité, les lois républicaines devront être modifiées. Même la Constitution si cela est nécessaire.
Dernier point: toute nouvelle adhésion demande un vote unanime au sein du Conseil européen, institution où chaque chef d'État dispose d'un vote (petit ou grand pays). Autrement dit: le Luxembourg, ou la Bulgarie pourraient à eux seuls forcer la France à rester dehors. Cocasse.
Jean-Sébastien Lefebvre
Mis à jour le 22/09/2010 à 15h29













































Cela fait du bien de rire.
N'empêche, parfois, j'en viens à rêver d'un bon coup de pied dans la fourmilière comme celui-là. Rien que pour le plaisir de voir le pays revenir la queue entre les jambes 10 ans plus tard, et subir ce que subit la Turquie depuis 10 ans (dommage pour nous, ils ont enfin compris qu'ils seront plus puissants à dominer le monde musulman qu'à intégrer une Europe raciste...)
C'est la merde, j'vous dit
Un ton ironique et tendancieux. Trop d'approximations et d'appréciations. Il se sert d'un fait d'actualité particulier pour le généraliser, ironiser et diaboliser le tout. Des mensonges et des chiffres non représentatifs.
"Si la France sort de l'EU, alors les pecheurs capturerons tous les poissons sans restriction tandis que les agriculteurs demanderons des aides sans limite au gvt." C'est à mourrir de rire si le sujet n'était pas sérieux. C'est pour ça toute cette construction européenne?Pour éviter que les pecheurs francais ne vident la mer ..!
"La fin de la PAC" Pour rappel, la PAC aura 50 ans l'an prochain. Elle a été mise en place pour : - accroitre la productivité de l agriculture - Assurer un niveau de vie équitable à la population agricole - stabiliser les marches - garantir la securite des aprovisionnements - assurer des prix raisonnables aux consommateurs Aucun de ces objectifs n'a été tenu. En 50 ans... On a jamais réussi à trouver un truc qui fonctionne à 6, alors à 27...On se (re)donne combien de temps pour que ça marche? Encore 50 ans et les 3 pecheurs restants de chaque pays se mettrons d'accord directement entre eux ;-) Ca fera encore 81 personnes à départager.Facile!
La peur : autre grande technique journalistique
Je cite :
"si la France sort de l'Europe, elle devra discuter des modalités de sortie" "ensuite ce ne sera plus comment avant" "si la France décide après coup 'y revenir cela ne sera peut-être pas possible" => Il est évident que si la France sortait de l'Europe – en utilisant l'article spécifique du traité de Lisbon décrivant les modalités de sortie d'un pays - il y aura des discutions et des changements ; c'est bien là l'objectif d'un tel choix
"Et même une fois sorti de l'EU, nous serons à la merci de l'Europe car celle-ci contraint en ce moment même d'autres pays - tels que la Suisse ou la Norvege – à s'adapter quand même à ses directives." => Restonc donc en Europe, et profitons du son joli système démocratique qui contraindrait les pays voisins à subir ces directives.
Concernant les chiffres :
"la sortie de l'europe nous fait gagner 1,1 milliard. (différence entre notre cotisation et ce qui nous revient en aides diverses)." => 1,1... Très précis ce messieur. Sans rire, il se trompe d'unité là ;)? (En même temps il travaille à Bruxelles, il doit être au courant que le cout de l'europe ne se limite pas à la différence entre ce qu'on donne et ce qu'on reçoit). Non, flute alors.. pas de chance quand même.
"adieu Fonds de développement régional, adieu Fonds de cohésion et adieu Fonds social européen ..." =>Attention plus d'aides.... Les mêmes fonds seront possible sans passer par l'europe.
"Une manne" : =>Je te donne 100, tu me prends 25 et me redonne 75. J'ai : - "une manne" de 75 euros - ou un prélèvement de 25% ?
Je m'arrete mais il en resterait.
Je suis d'accord avec lui sur sa fin, l'ironie en moins : cocasse
Un ton ironique et tendancieux. Trop d'approximations et d'appréciations. Il se sert... d'un fait d'actualité particulier pour le généraliser, ironiser et diaboliser le tout. Des mensonges et des chiffres non représentatifs.
"Si la France sort de l'EU, alors les pecheurs capturerons tous les poissons sans restriction tandis que les agriculteurs demanderons des aides sans limite au gvt." C'est à mourrir de rire si le sujet n'était pas sérieux. C'est pour ça toute cette construction européenne?Pour éviter que les pecheurs francais ne vident la mer ..!
"La fin de la PAC" Pour rappel, la PAC aura 50 ans l'an prochain. Elle a été mise en place pour : - accroitre la productivité de l agriculture - Assurer un niveau de vie équitable à la population agricole - stabiliser les marches - garantir la securite des aprovisionnements - assurer des prix raisonnables aux consommateurs Aucun de ces objectifs n'a été tenu. En 50 ans... On a jamais réussi à trouver un truc qui fonctionne à 6, alors à 27...On se (re)donne combien de temps pour que ça marche? Encore 50 ans et les 3 pecheurs restants de chaque pays se mettrons d'accord directement entre eux ;-) Ca fera encore 81 personnes à départager.Facile!
La peur : autre grande technique journalistique
Je cite :
"si la France sort de l'Europe, elle devra discuter des modalités de sortie" "ensuite ce ne sera plus comment avant" "si la France décide après coup 'y revenir cela ne sera peut-être pas possible" => Il est évident que si la France sortait de l'Europe – en utilisant l'article spécifique du traité de Lisbon décrivant les modalités de sortie d'un pays - il y aura des discutions et des changements ; c'est bien là l'objectif d'un tel choix
"Et même une fois sorti de l'EU, nous serons à la merci de l'Europe car celle-ci contraint en ce moment même d'autres pays - tels que la Suisse ou la Norvege – à s'adapter quand même à ses directives." => Restonc donc en Europe, et profitons du son joli système démocratique qui contraindrait les pays voisins à subir ces directives.
Concernant les chiffres :
"la sortie de l'europe nous fait gagner 1,1 milliard. (différence entre notre cotisation et ce qui nous revient en aides diverses)." => 1,1... Très précis ce messieur. Sans rire, il se trompe d'unité là ;)? (En même temps il travaille à Bruxelles, il doit être au courant que le cout de l'europe ne se limite pas à la différence entre ce qu'on donne et ce qu'on reçoit). Non, flute alors.. pas de chance quand même.
"adieu Fonds de développement régional, adieu Fonds de cohésion et adieu Fonds social européen ..." =>Attention plus d'aides.... Les mêmes fonds seront possible sans passer par l'europe.
"Une manne" : =>Je te donne 100, tu me prends 25 et me redonne 75. J'ai : - "une manne" de 75 euros - ou un prélèvement de 25% ?
Je m'arrete mais il en resterait.
Je suis d'accord avec lui sur sa fin, l'ironie en moins : cocasse
Tout d'abord – dans l'UE ou ailleurs – ce n'est pas parce qu'on trouve tel ou tel inconvénient dans un pays ou groupe de pays qu'on doit forcément le quitter. Pour aller où?
Puis toute adhésion à un club quelconque apporte des inconvénients comme des avantages.
L'article fournit d'excellents arguments court terme pour quitter l'UE – économies, souplesses etc. Mais l'indépendance? Non.
Aucun pays de l'Union n'a été indépendant des autres depuis Napoléon (qui a perdu dans ses aventures). Il suffit de voir 1939-45. Même l'Allemagne a eu ses alliées (et elle a perdu quand même!).
Aujourd'hui les challenges sur le plan mondial sont encore plus insurmontables seul qu'avant. La France – ou le Royaume Uni – seul contre la Chine, l'Inde, le Brésil, les USA? Un rêve futile!
Ne jouons pas donc – même pour le 'fun' – avec ces idées-là. L'enjeu est trop important pour l'avenir de nous tous et il y a trop de gens (surtout dans mon pays où l'esprit « Spitfire » règne encore!) qui les prennent au sérieux.
On amene à penser le lecteur que si les personnes n'aiment pas l'europe ou la critiquent, elles devraient la quitter.
Or le fait de quitter ou non l'Union Européenne relève d'un choix bien plus complexe que de simples critiques sur des faits d'actualités du moment ou des sentiments passagers.
Cet article mélange tout et reste bien trop vague. Qui critique l'europe, qui veux la quitter?
Ce ne sont certainement pas les mêmes personnes, et pour des choses raisons diférentes. Soyons précis tant qu'à faire : - Sarko se fait tapper dessus par l'Europe pour "l'affaire des Roms" et critique donc l'Europe en se moment. - Je ne connais pas 36 mouvements politiques qui proposent de sortir de l'Union Européenne (L'Union Populaire Républicaine)
Et pour avoir vues ces analyses, cela n'est pas basé sur un sentiment passager...Voir par exemple leur vidéo sur les 12 impasses de l'Union Européenne (http://www.youtube.com/view_play_list?p=51D69D21464C3BF1) Il est dommage de voir qu'un journaliste - basé à Bruxelles de surcoit - puisse faire une erreur aussi grossière, même pour le fun.
Il est des sujets à traiter sérieusement. L'Europe forte contre les USA? Bah, pourquoi ils insistent tant pour qu'on grandissent encore avec l'entrée Turquie par exemple? A moins qu'à passer notre temps à se battre entre nous on oublie le reste...
Pendant se temps là, les chinois s'installent tranquillement en Afrique et les USA font des lois protectionnistes.
Le coût net de la France est plutôt proche de 7 milliards d'euros (cf. http://www.lalettrevolee.net/article-16288661.html)
Mais si on compte sur Toute l'Europe pour faire apparaître ce point clairement...
Doit on comprendre de votre commentaire que vous trouvez cher le coût net pour la France pour être membre (fondateur) de l'EU?
Pour être vraiment 'clair' ne faudrait-il pas inclure dans votre calcul les avantages tirés par la France (surtout dans les années passées)de sa présence parmi nous? Notamment au niveau du PAC?
En dehors des avantages évidents en termes d'accès au plus grand marché au monde il reste un autre élément qui a prédominé depuis la création de l'EU.
Je parle de la paix.
Vous la chiffrez à combien?
A propos de la Garde à vue, ce n'est pas "le Conseil d'Etat qui a suspendu cette procédure" mais le Conseil constitutionnel qui dans le cadre d'une question prioritaire de constitutionnalité a estimé les dispositions du Code de procédure pénale contraire aux droits et libertés garantis par la Constitution.
Cela ne met cependant pas la France à l'abri d'une éventuelle condamnation par la Cour européenne des droits de l'homme notamment en raison du fait que le Conseil constitutionnel ne se soit pas prononcé sur la GAV pour terrorisme ou criminalité organisée.
http://combatsdroitshomme.blog.lemonde.fr/2010/08/14/garde-a-vue-une-decision-exposant-la-france-a-une-condamnation-par-la-cour-de-strasbourg-cc-n%C2%B0-2010-1422-qpc-du-30-juillet-2010-m-daniel-w/