Life

Steve Jobs contre les Ninjas

Brian Palmer, mis à jour le 23.09.2010 à 9 h 27

En voyage, Steve Jobs se serait fait confisquer ses étoiles de ninja par un aéroport japonais. Les ninjas existent-ils encore? Comment lance-t-on une étoile? Suivez le guide...

Fanboy29 (the ninja) Desktop / Terry Johnston via Flickr CC License By

Fanboy29 (the ninja) Desktop / Terry Johnston via Flickr CC License By

C’est Bloomberg News qui nous l’apprend: en juillet dernier, les agents de sécurité d’un aéroport japonais auraient confisqué plusieurs étoiles de ninja à Steve Jobs, qui s’apprêtait à quitter le pays à bord d’un jet privé. Apple nie en bloc. Et de fait, l’affaire pourrait n’être que pure invention –mais elle soulève toutes sortes de questions:

Les ninjas existent-ils encore?

Oui et non. Les ninjas sont apparus au lendemain d’une guerre civile japonaise du XIIème siècle. S’estimant incapables de triompher de leurs ennemis s’ils continuaient d’observer le code des samouraïs, les guerriers du clan vaincu décidèrent de se retrancher dans la montagne, et d’adopter de nouvelles tactiques: ruse, furtivité, espionnage… Les techniques de combat des ninjas, ou «ninjustsu », n’ont pas disparu: elles sont aujourd’hui enseignées dans plusieurs écoles spécialisées (au Japon et ailleurs). Il est donc encore possible d’apprendre à contourner l’adversaire en quelques sauts périlleux pour mieux l’immobiliser – entre autres prouesses. En revanche, le Japon n’a plus à subir les assauts furtifs d’insurgés tapis dans la montagne.

Les ninjas lançaient-ils vraiment des étoiles?

Tout à fait. Les étoiles de lancer, ou «shurikens», comptaient parmi les principales armes défensives des ninjas. Elles avaient pour but premier de ralentir l’adversaire, non de le tuer – contrairement à ce que l’on peut voir dans les films d’Hollywood. Les ninjas enrayaient l’avance de leurs ennemis en les forçant à esquiver ou à parer leurs projectiles.

Les origines de l’étoile sont vagues. Selon la légende, certains ninjas avaient pour habitude de se joindre aux ouvriers et aux maçons afin d’en savoir plus sur les châteaux de leurs ennemis; les premiers shurikens n’auraient donc été que de simples outils d’artisan – de petites plaques de fer, utilisées pour centrer les clous. Le shuriken fait peut-être également référence à l’iconographie de l’art bouddhique ancien: dans certaines œuvres, les divinités sont représentées sous la forme d’êtres terrifiants, brandissant des étoiles à trois, quatre ou dix branches.

Comment lance-t-on une étoile de ninja?

Tout est dans le poignet. Empilez quelques shuriken sur la paume de votre main (les ninjas en emportaient neuf; un chiffre porte-bonheur). Passez le pouce de l’autre main sur le projectile du haut; placez l’intérieur de l’articulation sur le trou au centre de l’étoile. Vous pouvez maintenant la saisir du pouce et de l’index. Le lancer en lui-même ressemble peu ou prou à celui du frisbee: tendez le bras tout en lançant l’étoile d’un mouvement sec du poignet. Attention: le mouvement du bras ne doit pas être circulaire; cela rendrait la visée impossible.

Steve Jobs est un inconditionnel du t-shirt noir. Est-ce là l’accoutrement d’un vrai ninja?

Non. Lorsqu’ils ne voulaient pas se faire repérer, les vrais ninjas portaient des vêtements marron ou bleu foncé. Au XIIème siècle, il était particulièrement difficile de teindre les textiles en noir; la tenue du ninja n’était donc sans doute pas de cette couleur. Cette idée fausse est peut-être imputable au théâtre kabuki: lorsqu’une pièce était consacrée aux exploits des ninjas, les acteurs étaient vêtus de noir pour mieux se fondre dans le décor.

Brian Palmer

Traduit par Jean-Clément Nau

Photo: Fanboy29 (the ninja) Desktop / Terry Johnston via Flickr CC License By

Brian Palmer
Brian Palmer (157 articles)
Journaliste
Steve JobsninjaarmesApple
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte