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Peut-on vraiment prendre 5 grammes de cocaïne par jour?

Temps de lecture : 3 min

C'est la quantité que l'animateur Jean-Luc Delarue aurait acheté pendant des mois, selon une enquête de la police.

relaxing after work, andronicusmax via Flickr CC License by
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Mardi 14 septembre, RTL révélait que l’animateur Jean-Luc Delarue avait été interpellé tôt dans la matinée et placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants. Selon la radio, les enquêteurs estiment que l’animateur a acheté environ 150 grammes de cocaïne par mois pour 10.000 euros, soit une consommation potentielle de 5 grammes par jour, «le maximum de ce que le corps humain peut supporter», selon le journaliste de RTL. Quelle est vraiment la limite de consommation quotidienne que le corps humain peut supporter?

Il n’y a pas de norme en termes de quantité chez les patients dépendants de la cocaïne, mais une consommation de 5 grammes par jour ne représente ni un cas isolé, ni une limite physique du corps humain. Les patients qui se font soigner pour une addiction peuvent avoir des rythmes de consommation très variés, allant d’un à dix grammes par jour. Les cas qui dépassent les dix grammes quotidiens sont rares, et cette quantité représente déjà une consommation extrême.

Il n’y a pas vraiment de portrait robot du consommateur de cocaïne, mais l’image d’une drogue réservée aux nantis, aux hommes d’affaires et aux médias n’est plus d’actualité. L’usage de cocaïne est par exemple en constante augmentation sur les chantiers du BTP. On trouve désormais des consommateurs dans toutes les catégories socioprofessionnelles.

Est-il possible de mener une vie sociale et professionnelle normale quand on prend cinq grammes de cocaïne par jour?

La dépendance à la cocaïne est une maladie qui s’installe progressivement. Les premières complications sont d’ordre physique. Si la cocaïne est sniffée, des saignements du nez répétés peuvent apparaître, ainsi qu’une perforation progressive de la cloison nasale. Une forte consommation entraîne également des problèmes cardiaques, des «variations rapides des taux d’hormones entraînant chez les femmes des dysfonctionnements hormonaux tels que la disparition des règles ou des règles pénibles et douloureuses», et chez les hommes des troubles de l’érection, malgré une idée répandue selon laquelle cette drogue est un aphrodisiaque à court terme, comme le rappelle le site de Drogues info service.

Les répercussions d’ordre psychologique et psychiatrique chez les gros consommateurs sont également bien connues: troubles du comportement et de l’humeur, mauvaise prise de décision, hallucinations, dépression, tentatives de suicide, effet paranoïaque. Le cerveau peut au début «encaisser» certains effets psychologiques de la cocaïne, mais ceux-ci augmentent en intensité avec le temps et la hausse de la consommation. Les conséquences de toute prise quotidienne, même si elle ne représente «que» un gramme par jour, se traduisent rapidement par des répercussions dans le couple, les relations avec la famille et le travail.

Conséquences professionnelles

Si personne n’est égal devant une drogue, et encore moins la cocaïne, la période entre le début de l’addiction et l’apparition de conséquences sur la vie sociale et professionnelle varie en général de quelques mois à plus d’un an. Absences répétées ou problèmes relationnels avec les collègues, la dépendance s’immisce rapidement dans la vie professionnelle. Un patron peut se mettre à prendre de la cocaïne seul dans son bureau, ne plus pouvoir affronter ses clients, ne plus arriver à gérer ses comptes.

Autre problème, l’addiction à la cocaïne s’accompagne très souvent de la consommation d’autres substances, principalement dans le but de limiter les effets de la «descente», cet état dépressif qui s’empare du consommateur une fois les effets recherchés passés (en moyenne une heure après la prise): seulement 10% des patients ont une dépendance isolée à la cocaïne. Le plus fréquemment, à la prise de cocaïne s’ajoute l’alcool, le cannabis et les tranquillisants. La consommation et la descente s’accompagnent également souvent d’une surconsommation de tabac (75% des cocaïnomanes sont dépendants au tabac).

Grégoire Fleurot

L'explication remercie Laurent Karila, responsable du Centre de référence cocaïne, au Centre d'enseignement, de recherche et de traitement des addictions (Certa) à l'hôpital universitaire Paul-Brousse, et co-auteur de Une histoire de poudre, Flammarion, 2010, 173 pages, 15 euros.

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Grégoire Fleurot Journaliste

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