La Banque Postale ne connaît pas la crise
L'établissement a la chance, du fait de sa jeunesse et de son modèle, ne pas avoir d'actifs toxiques dans son bilan.
- Un client à un distributeur de la banque postale Benoit Tessier / Reuters -
Elle est jeune et bien portante. Dans le paysage bancaire français, elle détonne. La Banque Postale qui fête ses trois ans, tient la rampe. Elle pourrait même, si elle le voulait, créer un club très fermé, celui des S.A.T (Sans actifs toxiques). En 2005, fous de rage, à l'annonce d'une prochaine transformation des services financiers de La Poste en véritable établissement financier, les banquiers français se sont battus pour faire capoter le projet. Ils se sont lancé dans un intense lobbying après des pouvoirs publics, des parlementaires et saisi la Commission de Bruxelles pour concurrence déloyale.
Pensez donc, la future banque pourrait disposer des 15.000 guichets de La Poste répartis sur tout le territoire avec un produit d'appel sans équivalent, le Livret A ! Pour les banques françaises, la création d'une banque postale émanant de l'Etat, car filiale de La Poste, était un véritable coup de couteau dans le dos, elle allait mettre à mal un marché parvenu à maturité et presque à saturation. Les six grands réseaux qui régnaient sur la clientèle des particuliers, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Banques Populaires, Caisses d'épargne et Crédit Mutuel CIC, seraient contraints de rogner sur leurs marges pour rester compétitifs et s'affaibliraient. Les banquiers décrivaient un véritable scénario catastrophe. En vain.
A l'issue de leur croisade, ils ont perdu la bataille mais pas la guerre. La Banque Postale a bien vu le jour avec l'assentiment de Bruxelles mais la distribution du Livret A est ouverte à toutes les banques depuis le 1er janvier 2009, alors qu'elle était réservée auparavant à La Poste, aux Caisses d'épargne et au Crédit Mutuel.
Sans fanfaronner la Banque Postale déploie depuis trois ans ses forces commerciales pour prendre sa part du gâteau. Dès sa création en 2006, elle a été autorisée à proposer des crédits immobiliers, elle s'est associée à la Société Générale pour distribuer des crédits à la consommation en 2010 et elle vient récemment de conclure un partenariat avec l'assureur Groupama pour vendre dans deux ans à ses clients de l'assurance dommages. La seule restriction qui lui est imposée est de ne pas accorder de prêts aux entreprises.
Pour le reste, la Banque Postale proposera bientôt toute la palette des services destinés aux particuliers et ne désespère pas, un jour, de prêter aux entreprises. Pour la Banque Postale, 2008 n'est pas marqué du sceau de l'annus horribilis. Elle a progressé dans tous ses segments d'activités : ouvertures de comptes à vue, gestion d'actifs, prévoyance, assurance vie, courtage.....Voilà pour les succès. Mais la crise et la dépréciation des actifs sur les marchés financiers, l'ont contrainte à constituer des provisions qui ont altéré son résultat net. Il atteint 302,6 millions d'euros en baisse de près de 44% par rapport à l'année précédente.
«C'est une année paradoxale, la Banque Postale n'a jamais été aussi forte sur le plan commercial, mais elle a subi les conséquences de la baisse généralisée des actifs détenus en portefeuille alors qu'elle n'a investi dans aucun actif toxique» résume son président Patrick Werner. En d'autres termes, la situation de la Banque Postale est saine et elle n'a pas souffert de problème de liquidité qui lui est assurée par son bilan.
Une épée de Damoclès reste néanmoins suspendue au dessus de la banque : la banalisation de la distribution du Livret A qui vit ses premiers mois. Le scénario noir pour la Banque Postale serait que la concurrence parvienne à la délester d'un grand nombre de Livret A. Il n'y a pas encore péril en la demeure, les deux premiers mois de l'année se soldent par un transfert de 50.000 Livrets sur 21 millions. Le danger d'un plus grand siphonage n'est malgré tout pas à écarter.
Pour l'heure les dirigeants de la Banque Postale se réjouissent de leur modèle de développement «entièrement validé par la crise», se plaisent-ils à répéter. En d'autres termes, être absent de la banque de marché et très focalisé sur la banque commerciale classique, devient une vertu première en ces temps troublés et rassure la clientèle. Un capital confiance qui vaut de l'or. Les réseaux mutualistes qui rêvaient d'imiter BNP Paribas et Société Générale dans la banque d'investissement se sont fourvoyés dans des activités de marché qu'ils ne connaissaient pas. Le Crédit Agricole galère depuis le rachat de la banque Indosuez en 1997 rebaptisée Calyon lors du rapprochement avec le Crédit Lyonnais. Le Groupe Banque Populaire et les Caisses d'épargne, ont bu une telle tasse avec leur banque de financement et d'investissement, Natixis, qu'ils se sont vus imposer une fusion et un président François Pérol) par l'Elysée, avec en prime l'Etat comme futur actionnaire.
Le modèle de banque universelle si cher aux banquiers français ne leur a pas forcément réussi. D'autres alternatives moins risquées et moins bling-bling peuvent prendre le relais.
Dominique Mariette
Mis à jour le 27/03/2009 à 13h06








































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Rajoutons que la Banque Postale, comme banque de dépôt, est de très très loin la première pour la modicité de ses tarifs (classement de la revue Mieux Vivre Votre Argent). Rajoutons qu'elle est évidemment aussi la première quant au nombre des agences (toutes les postes!) et à leurs horaires d'ouverture (du lundi au samedi inclus, quelques-unes, comme la Poste du Louvre, étant même ouvertes le dimanche). Rajoutons enfin que votre correspondance avec votre banque est gratuite (on n'est pas "postal" pour rien), et vous aurez compris pourquoi la Banque Postale ne craint pas la concurrence, et pourquoi il faut ouvrir votre CCP, si ce n'est déjà fait.
La Banque Postale a surtout la chance, comme vous l'indiquez, d'être un établissement jeune. Si elle avait été créée 10 ans plus tôt, je crois qu'elle aurait évolué comme l'on fait les autres banques.
Surtout, faire l'éloge de la banque commerciale contre la banque de marché, de la banque des guichets contre la banque des traders, serait une grave erreur. Les deux sont utiles, les deux sont nécessaires même. Des abus ont été commis (et une réglementation doit être mise ne place pour l'avenir), mais cela ne doit pas nous faire perdre de vue que les banques de marché sont utiles à notre économie en ce qu'elle permettent l'accès des entreprises à des sources de financement dont elles ne pourraient disposer sur le seul marché primaire.
La Banque Postale n'est pas la banque idéale. Elle n'est pas très chère, certes, mais ses services ne sont pas nécessairement les meilleurs du marché non plus.
Depuis une quinzaine d'années nos banques françaises se sont converties au Dieu Mannon au lieu de faire leur métier qui est rappelons le de financer les agents économiques dans leur différents projets de création.Malheureusement le Dieu de l'argent réclame des sacrifices comme on l'a vu durant la grande dépression et la guerre qui s'en est suivi.Au lieu d'aider le peuple à développer une vie prospère à leur rythme, les financiers ont fabriqué des nouveaux produits financiers destinés à leur remplir les poches le plus rapidement possible suivant la voie de perdition initiée par Adam Smith : soyons tous des salauds , c'est tellement plus facile !
A suivre
Désolé, Mr Mariette, je tombe par hasard sur votre article, en guise de commentaires, les 2 articles que je commis sur mon blog (blog dont je n'ai pas le droit de donner l'adresse sur Slate) à propos de notre très chère Banque Postale... Le point commun à ces 2 articles: votre argent m'interresse, le reste, on s'en fout!
1) La Banque Postale me fait marrer, comme toutes les autres banques, d'ailleurs. Avec sa nouvelle campagne de com, elle va vous faire croire que, parce que vous êtes unique, chacun sera traité différemment, selon ses envies, sa disponibilité, son mode de vie, son niveau de thûnes. Fadaises, foutaises et fariboles !
D'abord, comme dans toutes les banques, pour chaque prestation, tu as un tarif affiché: le coût d'un virement, d'un chèque en bois, d'un relevé etc… Si tu as un compte copieusement approvisionné, tu peux négocier, si t'es limite, tu fermes ta gueule.
Comme dans toutes les banques, si tu as la Gold, t'es reçu un peu plus vite que si tu as la classique carte de crédit; à la Banque Postale, si tu as la carte Visa Electron, prends ton mal en patience… et ferme ta gueule, elle t'a déjà fait la grâce de t'accepter comme client, faudrait pas pousser…
Comme dans toutes les banques, à La Poste, tu y verses ton salaire. En clair, tu files à ta banque le pognon durement gagné. Là où cela devient comique et scandaleux, c'est que tu dois payer pour utiliser ton propre et bon argent: la CB coûte tant; plus de relevés de compte que prévus, tu payes; faire virer de ton compte un peu de sous sur le compte de ton pote, tu payes… Bref, tu dois payer pour utiliser l'argent que tu as prété à ta banque. Ils sont quand même vachement fûtés ces banquiers, non?
A la Banque Postale, ” Votre conseiller, très présent, ou qui sait se faire oublier?”. Ne vous inquiétez pas, il sera toujours présent pour vous vendre tel ou tel poduit financier, toujours aussi présent si vous avez quelques problèmes passagers; il se fera oublier quand il n'aura provisoirement plus rien à vous vendre.
Cerise sur le gateau, à la Banque Postale, tu peux avoir des alertes SMS, on sait jamais en cas de danger, d'accord, les 3 premiers sont gratuits, après, là aussi tu casques (0,25cts). Tu peux même, parait-il, ouvrir un compte sans rendez-vous; Et mon cul, c'est du poulet …
Non, la Banque Postale n'est pas “bien plus qu'une banque”, elle est comme toutes les banques, seul, ton argent l'interesse, le reste, on s'en fout.
2)Délai d'encaissement d'un chèque 12 jours !
Bénéficiaire: un ami
Débiteur: La Banque Postale
Cette histoire m'a été racontée ce matin. Un ami qui est interdit bancaire suite à diverses difficultés arrive néanmoins à ouvrir un compte (sans chéquier) à la Banque Postale. Il y dépose un chèque de 2 045 euros, somme que lui devait la Banque Postale, suite à une erreur d'imputation. Ne voyant rien créditer sur son compte 5 jours après, il téléphone et là; une charmante incompétente lui annonce que comme il a eu des ennuis avec une autre banque, La Banque Postale a décidé que, par mesure de sécurité (sic), le délai accordée à cet ami pour que des chèques soient crédités à son compte sera de 12 jours ouvrables !
Il a déposé son chèque le 19 décembre, il sera crédité le 9 Janvier et avec le ” Joyeux Noël ” de La Banque Postale.
Du coup, pas de sous pour Noël et encore moins pour Nouvel An !
Mais de qui se moque-t-on ?
Votre argent m'interesse, le reste on s'en fout !
Mr Mariette, Cordialement,