Le sida «hors de contrôle» chez les homosexuels français
Près d’une nouvelle contamination sur deux concerne désormais «des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes».
- Marche des fiertés LGBT à Marseille en 2010. Jean-Paul Pelissier/REUTERS -
Deux informations en provenance du front –français— de la lutte contre le sida. La première est que le nombre des personnes contaminées chaque année en France par le VIH est en baisse. La seconde est que ces contaminations concernent à nouveau, pour l’essentiel, les membres de la communauté homosexuelle masculine; ou –pour reprendre le jargon épidémiologique officiel— «les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes» (HRSH ; acronyme anglais, MSM). Tel est le bilan d’une publication à paraître dans le numéro daté de novembre de «The Lancet Infectious Diseases» [PDF].
En pratique près de la moitié des 7.000 personnes infectées par le VIH en 2008 en France étaient des «HRSH»; et dans ce groupe, l'incidence de l’infection est désormais environ deux cents fois plus élevée que dans la population française hétérosexuelle; soit «hors de contrôle». Ce résultat est le fruit d'une analyse de modélisation statistique, qui souligne l’urgence qu’il y aurait pour les autorités sanitaires françaises à développer de nouvelles initiatives préventives vis-à-vis du VIH et ciblées sur les groupes dont les membres sont aujourd’hui les plus à risque d’être contaminés; ou de contaminer.
Il faut, pour comprendre, savoir que la surveillance (nationale ou, plus largement, «régionale») de l'épidémie de l’infection par le VIH en Europe est aujourd’hui fondée sur la base de calculs de l’incidence de nouveaux diagnostics d'infection par ce virus; une approche à la fois rigoureuse mais incertaine du fait des délais pouvant exister entre l’infection causale et le diagnostic porté; des incertitudes qui ne permettent pas de refléter au plus près les principales tendances de la contamination virale dans une population donnée. Tel n’est pas tout à fait le cas en France grâce à la mise en œuvre depuis 2003 de tests de dépistage de routine (dosage immuno-enzymatique dit «EIA-RI») qui permet d’identifier le caractère plus ou moins récent des infections par le VIH.
Une équipe de chercheurs français dirigée par Stéphane Le Vu (Inserm, Paris) et Francis Barin (CHU Bretonneau, Tours) a voulu en savoir plus. Sur la base des données biologiques recueillies à l’échelon national entre janvier 2003 et décembre 2008 (et après avoir pris en compte les divers biais statistiques de nature à polluer leurs conclusions), ils estiment pouvoir conclure en ces termes:
«Dans l’ensemble, les infections par le VIH diagnostiquées en France ont diminué de façon significative, passant de 8.930 nouvelles infections annuelles en 2003 à 6.940 en 2008. Toutefois, le nombre de nouvelles infections chez les HSH sont restés stables et ont représenté 48% des nouvelles infections en 2008.»
En d’autres termes, ces contaminations concernent avant tout la communauté homosexuelle masculine comme en témoignent différentes donnés épidémiologiques récentes concernant les infections sexuellement transmissibles.
Et les auteurs ont cette formule: «épidémie hors de contrôle». Le constat est là, un quart de siècle après l’émergence du sida. Reste la seule question qui vaille: que faire?
Jean-Yves Nau
Mis à jour le 09/09/2010 à 8h54










































Est-ce si difficile que cela de reconnaître que la première cause de la propagation du sida et des MST en général, est le vagabondage sexuel, qu'il soit hétérosexuel ou homosexuel ? L'article du Dr. Nau se termine sur une question sans réponse : "que faire ?" D'habitude, à ce stade, les journalistes entonnent l'antienne "des comportements sexuels à risque", traduire : rapports non protégés. Ils expliquent alors, que "l'usage du préservatif est le meilleur moyen d'éviter une contamination..." (cf. l'article du Dr. Nau sur le retour de la chaude-pisse". Apparemment ce n'est plus suffisant. Mais où irions nous si les journalistes se mettaient régulièrement à parler comme le pape ?
Il est nécessaire de relire Aristophane, Rabelais ou Shakespeare pour se souvenir que, malheureusement et quelque soit la période, la "morale" ne suffit pas. Cela ne veut pas dire qu'elle n'est pas utile. Juste qu'elle n'est pas suffisante.
La "promiscuité sexuelle", outre son caractère cyclique, est indissociable de l'Humanité.
La morale est à mettre au même plan que la prévention et le pragmatisme face aux instincts humains : ce n'est pas en favorisant l'un par rapport à l'autre que l'on changera les choses, mais en équilibrant ces notions. Sinon, l'ère "puritaine" victorienne aurait permis l'élimination des MST. Ce qui n'a pas été le cas.
Pas d'absolu dans le domaine de la sexualité, juste un équilibre acceptable à trouver.
En tant que chercheur, aux US, en France ou en Afrique c'est toujours le même problème : personne ne veut admettre sa responsabilité et/ou négligence. C'est pas compliqué de se dire à soi-même, je ne connais pas la personne avec qui je couche alors je mets une capote, et pis c'est tout...
Il y a aussi le refus d'accepter certains facteurs de risque inhérents à l'homosexualité : la sodomie augmente le risque de MST (pas que pour le HIV...) par 100 voire par 1000 dans certains cas. La sodomie étant une pratique très fréquente chez les homosexuels, on comprend mieux pourquoi cette population est plus touchée.
Quant àla question, "que faire", j'ai envie de dire qu'on fait pas mal depuis 20 ans. On est quasiment rendu à un statut de maladie chronique avec des charges virales presque indétectables et des tri/tétra thérapies de plus en plus ciblées et contrôlées. Les avancées sont toujours grandes, les comportements eux restent les mêmes, là est le vrai problème.
Mais c'est toujours plus facile d'accuser la médecine ou la fatalité que d'admettre que chacun est responsable pour lui et pour les autres de la propagation du virus, alors SVP, mettez cette putain de capote !
Dr. G
Alors, il y a une étude hyper vachement calée de derrière les fagots qui vient de sortir et qui fait un mini-buzz : La contamination par le VIH reprend du poil de la bête chez les homos ! Ben mazette, il faut être scientifiques avertis pour faire une telle découverte ! Ils m'auraient posé la question, gratis, je leur aurai fait le même topo. Mais comme il fallait que cela percute fort les médias et les cellules grises qui ont accouché de cette étude dans The Lancet ont titré: Le sida hors de contrôle chez les homosexuels français, La contamination des homosexuels incontrôlée, Le VIH hors de contrôle chez les homosexuels. En gros, et je vous épargnerai ainsi la lecture indigeste de l'étude en question, les pédés, depuis quelque temp se protègent un peu moins, déconnent un peu plus et oublient trop souvent que le virus traîne encore. Voilà, vous savez tout, rompez, circulez et tirez en toutes les conclusions que vous voulez, même les plus débiles ou les plus connes.
Non, ce qui est génant dans tout celà, ce qui m'énerve, c'est la dérive qui s'enclenche à la lecture de tous ces articles de presse: on glisse du titre générique d'une étude scientifique à la qualification d'une population. La contamination par le VIH reprend de la vigueur - c'est donc que le sida est hors contrôle - la contamination est incontrôlée - les pédés sont incontrôlables - les homos ne savent pas se contrôler - les homos sont donc irresponsables… Dérapage sémantique ? Association douteuse de mots, pas si sûr à voir certaines photos accompagnant les articles de presse
Non, amis qui passez par ici, ne vous fiez pas à l'image que l'on veut vous donner de la population homosexuelle, ne généralisez pas, ne faites pas forcément confiance aux images. Les homos ne sont pas tous des folles festives endiablées ou des curiosités colorées sur des chars carnavalesques. Certains gays ”présentent” même très bien, vivent normalement et ce n'est pas si mal de le rappeler de temps en temps…
cordialement
http://corto74.unblog.fr
Il faudrait peut-être préciser que ces statistiques concernent les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (à savoir des homosexuels, des bisexuels, des hommes mariés)
et aussi que The Lancet, souvent à la recherche du spectaculaire, est loin d'être une référence de pointe dans le monde médical (ces chiffres sont connus depuis longtemps).