Monde

A quoi s'entraîne-t-on lors des exercices militaires?

Joshua Keating, mis à jour le 05.08.2010 à 17 h 08

Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont participé à des simulations militaires pour envoyer un message à la Corée du Nord.

Un entraînement militaire à Séoul le 19 juillet 2010

Un entraînement militaire à Séoul le 19 juillet 2010, REUTERS/Lee Jae Won

Quelques jours à peine après les exercices conjoints avec les Américains, l'armée sud-coréenne a lancé le plus grand exercice anti-sous-marin de son histoire. La simulaiton va durer cinq jours et utiliser 29 navires de guerre et 50 avions.

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Après une rencontre à Séoul mardi 27 juillet, le secrétaire à la Défense américain Robert Gates et le ministre de la Défense sud-coréen Kim Tae-Young ont annoncé que les Etats-Unis et la Corée du Sud allaient mener des exercices navals communs de grande échelle au cours du weekend. Les exercices devaient concerner le porte-avion américain George Washington ainsi que 20 autres navires et sous-marins et 100 avions. Selon le communiqué commun, les exercices étaient «conçus pour envoyer un message clair à la Corée du Nord que son attitude agressive doit cesser, et que nous sommes engagés ensemble pour améliorer nos capacités de défense». Le message politique envoyé avec de tels exercices est on ne peut plus clair, mais s’entraînent-ils vraiment à quoi que ce soit?

Oui. Les exercices de préparation sont une composante constante des opérations navales modernes. Une simulation de combat est organisée quasiment à chaque fois que deux navires de guerre américains se trouvent dans la même zone. Sur le plan international, des exercices communs on peut-être pour but d’envoyer un message politique à des ennemis ou d’améliorer les relations avec un allié, mais ils sont aussi une bonne opportunité de se préparer à de potentielles actions militaires et de détecter des faiblesses.

Améliorer la communication

La plus grande de ces faiblesses est généralement l’«interopérabilité.» Des différences de matériel peuvent rendre difficile la communication entre deux alliés militaires dans le feu de l’action, un problème qui existe également entre l’armée de terre et la marine américaines, et les différentes structures de commandement peuvent rendre les lignes de communication peu claires. Les simulations militaires permettent de mettre en place des procédures sur la façon de partager l’information et d'exécuter les ordres.

Un autre but important des simulations militaires est de distribuer les rôles pour un scenario de combat potentiel. La plupart des alliés potentiels des Etats-Unis n’ont pas la même capacité à déployer leurs forces militaires que l’armée américaine, et prennent donc le rôle de défendre des territoires pendant que la machine de guerre américaine contre-attaque. Dans les derniers jours de la Guerre froide par exemple, les troupes allemandes s’entraînaient à contenir une invasion soviétique de l’Europe centrale en attendant les renforts de l’Otan.

De la même manière, les scénarios de combat sud-coréens se concentrent sur la «bataille de la préparation»: Les troupes sud-coréennes dépassées et les quelques forces de combat américaines basées dans le pays doivent contenir les force nord-coréennes jusqu’à ce que les renforts américains débarquent pour leur sauver la mise. Un des exercices récemment pratiqués concernait les procédures pour amener de nouvelles troupes et du matériel en cas d’évènement imprévu.

Exercices anti-sous-marins

Les détails de l’exercice du weekend dernier sont classés, mais l’accent a sans doute été mis sur la guerre sous-marine. L’attaque qui a fait couler un navire de guerre sud-coréen, le plus probablement lancée d’un sous-marin nord-coréen, a exposé une faiblesse dans le dispositif anti-sous-marin sud-coréen, et le besoin d’entraînement est clair. Les sous-marins nord-coréens sont difficiles à détecter sur des radars à cause de leur petite taille et de leur conception relativement simple.

Dans un exercice anti-sous-marin classique, un sous-marin ami jouant le rôle d’un ennemi s’échappe du groupe et essaie de s’approcher sans se faire détecter. D’autres scénarios comprennent le combat entre navires de surface ou les débarquements amphibiens.

Avec environ 10 exercices similaires prévus par les Etats-Unis et la Corée du sud pour les prochains moins, ils devraient avoir pas mal d’opportunités de s’entraîner.

Joshua E. Keating

Traduit par Grégoire Fleurot

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Merci à John Arquilla, professeur d’analyse militaire à la US Naval Postgraduate School, et à Bryan McGrath, commandant de la US Navy à la retraite.

Joshua Keating
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Journaliste
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