Life

Donner une seconde vie à son vieil ordi

Farhad Manjoo, mis à jour le 03.08.2010 à 18 h 49

Le système d'exploitation libre Ubuntu, s'il n'est pas parfait, permet de redonner un sérieux coup de jeune à un ordinateur presque fini

Photo: asus eee ubuntu netbook remix / osde8info via Flickr CC License by

Photo: asus eee ubuntu netbook remix / osde8info via Flickr CC License by

Il y a presque deux ans, j'écrivais ce que je pensais d'Ubuntu, la version conviviale de Linux, un système d'exploitation gratuit. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne m'a pas particulièrement impressionné. J'avais trouvé le logiciel compliqué à installer et à utiliser, et, il avait beau ne m'avoir rien coûté, je préférais sencore passer du temps sur des OS qui en valaient la peine, eux. «Ubuntu n'as aucun avantage par rapport à Mac ou Windows: il n'est ni plus rapide, ni plus stable, et ne possède pas davantage de fonctionnalités» écrivais-je alors.

Malgré tout, je savais que Mark Shuttleworth, l'entrepreneur à l'origine du projet Ubuntu, était sur la bonne voie. Depuis l'avènement des applis en ligne, les différences entre Windows et Mac OS sont devenues négligeables. Et puisque je peux aujourd'hui naviguer facilement entre mes données et mes programmes d'un ordi à l'autre, il est rare qu'un OS me manque quand je travaille avec son concurrent. Un système libre collerait parfaitement à ce nouvel univers d'agnostiques de l'OS, pensai-je, pourvu que les designers d'Ubuntu réussissent à le simplifier un minimum.

Une simplification salvatrice

Et bien je crois que le pari est gagné. J'ai fait une seconde incursion dans la jungle Ubuntu la semaine dernière, et jusqu'ici, ce que j'en ai vu me plaît beaucoup. L'OS a énormément progressé depuis la dernière fois que je l'ai utilisé (en 2008, j'installai la version 8.04; aujourd'hui, la 10.04), son installation fut rapide, et, fort heureusement, facile à comprendre. Il y a encore des choses à améliorer, notamment les messages d'erreurs, incompréhensibles si on n'y connaît rien en informatique. En installant Skype, Ubuntu m'a informé qu' «une version plus récente est disponible dans un canal logiciel. Nous vous recommandons d'installer la version du canal logiciel, celle-ci étant généralement mieux supportée». Ils auraient quand même pu faire un effort et remplacer ce charabia par «Cliquez sur 'Suivant' pour installer la dernière version de Skype». Mais globalement, le nouvel Ubuntu a délaissé le jargon cryptique des versions précédentes, et avec quelques notions d'informatique, on s'en sort parfaitement.

Donc, Ubuntu, c'est bien. Maintenant il faut que je vous explique pourquoi vous devriez l'adopter. Parce qu'après tout, la quasi totalité des ordinateurs tourne sous Windows ou bien Mac OS, et si les machines vendues avec Ubuntu existent, elles restent difficiles à trouver (et de toute façon, la différence de prix n'est pas flagrante). Alors pourquoi s'embêter à installer un nouvel OS?

Une cure de jouvence idéale et gratuite

Pour moi, Ubuntu c'est le meilleur moyen de donner une seconde vie à un vieux PC Windows. On est nombreux à avoir un vieil ordi qui traîne dans un placard, et qui fonctionne toujours très bien mais qu'on a lâché parce qu'il était devenu trop lent, trop abîmé, incapable de faire tourner des programmes récents, saturés de logiciels qu'on aurait jamais dû installer, ou bien infesté de spywares plus malins que votre antivirus. Peut-être aussi que cet ordinateur est tout simplement vieux, à l'instar des gens qui en vieillissant commencent à adopter des manies insupportables et qui finissent par vous rendre dingue. Mais contrairement aux humains, un ordinateur ça se formate. Il suffit de réinstaller son système d'exploitation, et adieu les tics agaçants. Le plus souvent, grâce à cette manip relativement simple vous aurez une machine comme neuve.

Par contre, si votre ordi est vraiment vieux, réinstaller son OS ne ferait qu'empirer les choses. Prenez ar exemple le laptop que j'ai acheté au printemps 2006, un Dell avec processeur Pentium M et Windows XP. À l'époque c'était une excellente machine, et aujourd'hui, à part une batterie qui a rendu l'âme (elle ne tient plus la charge, donc je suis obligé de le laisser branché), il fonctionne encore très bien. Rien de catastrophique, puisque pendant deux ans, en plus de mes nouveaux laptops plus puissants, j'ai continué à me servir de mon vieux Dell pour consulter des recettes, mes mails, et écouter la radio en cuisinant (je mène une vie trépidante). Et puis j'ai remarqué qu'il avait de plus en plus de mal à accomplir des tâches pourtant simples et peu gourmandes en ressources. Pour des raisons que je n'ai pas pris la peine d'approfondir –peut-être un virus, un spyware, un problème matériel ou de pilotes, qui sait?– mon laptop mettait des plombes à charger une page Web et ramait complètement quand j'ouvrais plus de deux onglets. Il était grand temps de lui offrir une seconde jeunesse.

Bien sûr, j'aurais pu chercher les disques d'installation d'XP pour lui refaire une beauté, mais nous sommes en 2010, alors pourquoi utiliser un OS qui date de 2001? C'est là que je me suis décidé pour Ubuntu. Ça m'a pris 10 minutes à télécharger, 5 pour graver un CD (ça marche aussi avec une clé USB), et 15 pour l'installer –tout ça sans le moindre problème. Ubuntu a détecté la carte son, la carte Wi-Fi, même le trackpad qui fonctionne nickel pour scroller avec un seul doigt, et a démarré avec plusieurs applis essentielles pré-installées.

Il y a deux ans, le gros problème que j'ai eu avec Ubuntu c'était son processus d'installation, un vrai mystère pour moi. À la différence de Windows et Mac, quand je téléchargeais un logiciel sur le net et que je lançais l'installation, ça ne lui plaisait pas; soit il n'arrivait pas à installer le programme, soit il le mettait dans un répertoire introuvable. Ubuntu préférait que j'installe un logiciel à l'aide de son «gestionnaire de paquets», un référentiel local où sont stockées les applis compatibles avec l'OS. Deux ans plus tard, si ce système reste privilégié pour installer de nouveaux logiciels, je n'ai eu aucun mal à le faire avec des programmes téléchargés sur Internet. Mon seul regret cependant, c'est qu'il n'y a pas de visite guidée d'Ubuntu au démarrage, et vous n'avez pas d'autre choix que d'aller sur Internet pour consulter la documentation élaborée par la dévouée communauté Ubuntu.

Une fois qu'on s'est familiarisé avec ce nouvel environnement, rien de particulièrement choquant, Ubuntu ressemble assez à Windows et Mac OS en fait, tant par son look que par son fonctionnement. Et grâce à lui, un ordi vieux de quatre ans que j'étais prêt à mettre à la poubelle fonctionne désormais comme au premier jour. Je peux ouvrir plusieurs onglets, lire des vidéos YouTube, et surtout écouter la radio. Peut-être que j'aurais obtenu le même résultat en réinstallant Windows, mais Windows n'est pas gratuit. Ubuntu, si, et pour ça, c'est le meilleur moyen de refaire une santé à votre ordinateur.

Farhad Manjoo – Traduit par Nora Bouazzouni

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