Il faut des actionnaires heureux!
Le rebond de la Bourse est une bonne nouvelle. Même s'il est fragile et ne signale aucunement la sortie de la crise.
- Le parquet du New York Stock Exchange Brendan McDermid / Reuters -
Dans une situation de crise, économistes, responsables politiques et journalistes ont une lourde responsabilité. Il leur faut prendre la mesure des événements et ne pas en cacher la gravité, sans pour autant céder au catastrophisme. Il est aussi néfaste de tenir des propos lénifiants immédiatement démentis par la réalité que de se laisser aller à de sombres pronostics dont on sait qu'ils risquent fort d'être auto-réalisateurs. Annoncer la dépression est le plus sûr moyen de la faire arriver.
Les débats du moment en sont la démonstration. Dans le climat de défiance généralisée entourant le monde financier (non sans raison !), évoquer sa préoccupation pour les cours de Bourse peut passer pour une provocation. Que tous ces spéculateurs à l'origine de nos problèmes perdent encore de l'argent, où est le problème ? Et qu'ils en gagnent, alors que des millions de gens basculent dans le chômage, voilà qui serait un sandale de plus. Cela, c'est la position morale, parfaitement respectable, mais économiquement dangereuse.
Les relations entre l'économie réelle et la Bourse sont complexes. Il est vrai que les marchés ne prévoient rien et n'anticipent rien. Le croire serait donner beaucoup de crédit à la pensée magique. La mise en parallèle des évolutions de la Bourse et de l'économie au cours des trente dernières années montre clairement que la première citée a anticipé plus de récessions qu'il n'y en a eu et que ses espoirs déçus de reprise l'ont menée à beaucoup de faux départs. La seule force des marchés financiers réside dans la multiplicité des experts payés à scruter les statistiques et toutes les informations économiques, y compris les plus anodines en apparence. En donnant l'alerte, ces experts déclenchent des mouvements sur les cours qui peuvent se révéler complètement erronés, ou simplement prématurés, mais souvent justifiés.
Et c'est là où les choses deviennent intéressantes. Car les mouvements de la Bourse, provoqués par des informations en provenance de l'économie réelle (ou du monde politique) ont à leur tour un impact sur l'économie. C'est notamment le cas aux Etats-Unis, du fait de la diffusion des actions dans le public par le biais des fonds de pension. Que la Bourse monte et une large partie de la population se sent plus riche, consomme et investit davantage ; qu'elle baisse et l'humeur générale s'en ressent. L'impact sur le comportement des dirigeants d'entreprise est très fort également.
Tandis que les statistiques s'enfoncent résolument dans le rouge et minent le moral de tous les acteurs économiques, faut-il condamner ceux qui achètent des actions, parient sur une reprise et font remonter les cours ? Certainement pas. De plus, malgré les hausses de ces dernières semaines, on reste à des niveaux faibles qui ne laissent place à aucune euphorie trompeuse.
Pourquoi les marchés régissent-ils ainsi ? Parce qu'ils entrevoient l'amorce d'une stabilisation de la situation des banques. On ne peut que se réjouir du fait que les propositions du gouvernement américain en la matière soient enfin jugées crédibles : il n'y aura pas de sortie de crise tant que ce secteur restera en difficulté. Il faudra attendre encore plusieurs mois pour savoir si le processus de stabilisation réussit, mais le timide espoir qui apparaît maintenant méritait d'être salué.
A l'évidence, l'épreuve n'est pas terminée et les marchés, comme l'économie réelle, peuvent connaître d'autres turbulences. Après avoir accueilli avec enthousiasme les dernières mesures mises au point par Tim Geithner, secrétaire au Trésor, pour délivrer les banques de leurs actifs toxiques, la Bourse se montre plus réservée. Les experts n'excluent pas une nouvelle hausse à court terme, mais la majorité d'entre eux s'accordent à penser qu'un repli significatif est possible dans les prochains mois. Tant que l'horizon ne se sera pas durablement éclairci, les indices joueront encore au yo-yo.
Mais, dans la période noire que nous traversons, ces sursauts des marchés méritent mieux que des sarcasmes. La façon dont les indices de confiance des ménages et des entreprises ont réagi en quinze jours aux Etats-Unis à la remontée de l'indice S&P 500 est encourageante : tout au bout du tunnel, il y a un peu de lumière.
Au cours des dernières semaines, des entreprises, dont certaines étaient bénéficiaires, ont annoncé des licenciements et des fermetures de sites. Ces décisions abruptes ont soulevé une vague d'indignation tout à fait justifiée. Mais, confrontés à une plongée de l'activité et des cours aussi brutale que celle qui a eu lieu depuis le quatrième trimestre 2008, surtout dans les secteurs proches de l'automobile, les dirigeants de ces entreprises et leurs actionnaires ont eu quelques raisons de penser que leurs bénéfices ne résisteraient pas longtemps et que des décisions rapides s'imposaient. Pouvaient-ils faire autrement ? On aimerait pouvoir démontrer avec certitude que d'autres solutions étaient envisageables. Si un rebond de la Bourse et l'apparition de quelques signes enfin positifs pouvaient permettre d'éviter d'autres drames, qui s'en plaindra ?
Gérard Horny
Mis à jour le 26/03/2009 à 9h22








































Je suis globalement d'accord avec l'auteur néanmoins, il reste 2 problèmes dont on parle peu et qui arrivent à grandes enjambées:
Les niveaux des défauts de paiements sur les cartes de crédit aux US, les fameux Cdo's qui risquent fort de produire une réplique des subprimes. Et un peu plus tard les charges des financements des banques qu'on fait les banques pour financer les LBO qui ne seront jamais remboursés et qu'elles vont devoir provisionner, pour BNP on parle de 17 millards (un bruit de couloir). Qu'en aux autres genre Citigroup et consoeurs ils ont aussi chargés trés fort la mule dans ces produits pendant des années et l'ardoise va être trés lourde, on aimerait que les banques nous disent à quelle hauteur chacune d'entre elle est exposée, et en particulier celle ou l'Etat à mis de l'argent (notre argent). Svp messieurs les banquiers encore encore un petit effort dites nous tout, absolument tout.
La socialisation des pertes gigantesques des banques amènera une dette publique à la solde des contribuables, des entreprises et des prochaines générations. Les banques auront de l'argent mais personne ne viendra emprunter, personne n'achètera, personne ne consommera.
Wall-Street n'a pas compris que le modèle du crédit a basculé. C'est comme le conducteur de voiture qui se prend un plaque de verglas à 100km/h et manque de se tuer. Brusque prise de conscience. Il ne quittera pas sa voiture, mais roulera à 50km/h après cela.
L'Amérique et l'Europe feront pareil. Seule l'Asie (Chine) recommencera. Elle subit la crise à cause de sa trop forte dépendance au dollar et au marché américain. Elle veut et va s'en sortir.
Pour moi, la partie est finie pour nous. L'Amérique du Nord et l'Europe de l'Ouest vont devoir vivre avec leurs moyens et cesser d'exploiter le reste du monde, de leur arrogance comme de leur monnaie.
La partie n'est pas finie...Elle vient juste d'être relancer, comme disait il n'y pas encore si longtemps l'ancien patron de Citigroup quand on lui posait la question en 2008 "....jusqu'à cela va aller...", répondait "je ne sais pas mais tant qu'il y a de la musique je danse". Et voilà le secret demain l'inflation viendra ruiner les porteurs d'actifs US et les chinois vont le payer trés cher, Ils vont payer les factures en clair. Peuvent-ils faire autrement? Probablement pas. Alors peut-être dans que dans 50 ans les choses évolueront mais il peut encore se passer beaucoup de chose d'ici là, et la Chine est un pays trés fragile. Quand à l'Europe elle continue de marcher dans l'ombre du grand frère et ça l'arrange et profite des miettes.