Life

Sommes-nous préparés à une attaque extraterrestre?

Juliet Lapidos, mis à jour le 24.07.2010 à 19 h 24

Il n'y a pas de procédure officielle en cas de contact ou d'invasion.

Image tirée de «Plan 9 from Outer Space» d'Ed Wood (1959).

Image tirée de «Plan 9 from Outer Space» d'Ed Wood (1959).

Un objet volant non identifié a il y a peu contraint les responsables de l’aéroport chinois de Xiaoshan à retarder dix-huit atterrissages et décollages; Pékin a alors promis de mener une enquête. Les tabloïds ont aussitôt couvert l’affaire; le Sun britannique a fait une référence — totalement gratuite — à un «vaisseau spatial extraterrestre»; sur YouTube, une vidéo a suscité de nombreux commentaires relatifs à l’existence d’une vie extraterrestre. Alors, que se passerait-il si les petits hommes verts décidaient de nous rendre visite? Existe-t-il un plan d’urgence anti-extraterrestre?

Si l’on veut. Les extraterrestres n’intéressent pas particulièrement le gouvernement américain. L’US Air Force avait certes lancé un projet d’étude des Ovni en 1947, mais elle a mis fin aux recherches en 1969: elle n’avait pas été en mesure de découvrir des preuves de l’existence de véhicules extraterrestres ou de menaces pour la sécurité nationale. En 1992, le gouvernement a financé un projet Seti – Search for Extraterrestrial Intelligence –  mis en place par la NASA: le Microwave Observing Program avait pour mission d’effectuer des analyses ciblées des étoiles proches du système solaire; l’année suivante, le projet n’a pas été jugé suffisamment intéressant pour être reconduit.

Une liste de recommandations émise par le Seti

Il existe en revanche une ONG (fondée par l’Académie internationale d’astronautique) qui a pour fonction de «préparer, de réfléchir, de gérer, de conseiller et de consulter en vue d’un … éventuel signal permettant de prouver l’existence d’une intelligence extraterrestre.» Cette organisation (le Seti: Post-Detection Taskgroup) dirigée par le physicien théoricien Paul Davies a établi une liste de recommandations. Selon ce protocole (adopté en 1989), toute personne ayant détecté un signal radio suspect doit contacter les chercheurs du Seti; ces derniers l’aideront alors à vérifier la source du signal, et à déterminer si ce dernier prouve que nous ne sommes pas seuls dans notre univers.

Le Seti doit ensuite alerter l’Union astronomique internationale, les Nations unies ainsi que tous les organismes de recherche qui lui semblent appropriés. Et selon le principe de «finders keepers» [«qui trouve, garde»], l’annonce de la découverte revient à la personne l’ayant réalisée, les données devant toutefois être communiquées à la communauté scientifique internationale. En revanche, les coordonnées précises de la source ne doivent pas être révélées; sinon  toute personne munie d’un radiotélescope pourrait alors estimer avoir voix au chapitre.

La prochaine étape serait de déterminer si le signal détecté appelle ou non une réponse, et si oui, de son contenu – un processus qui, outre les scientifiques impliquerait plusieurs experts et hauts fonctionnaires. Il faudrait sans doute alors opter pour un message simple; quelques chiffres en binaire, par exemple. (Paul Davies et Ira Glass en discutent dans un épisode récent de This American Life).

Et si la réalité ressemblait à l’un de ces scénarios hollywoodiens tirés par les cheveux, dans lesquels nous détectons la présence d’un vaisseau extraterrestre; où les petits hommes verts nous envoient un message du type «Salutations, Terriens!»? Alors là, mystère et bouche cousue: en cas de contact direct, si le Pentagone et le reste des spécialistes de la question disposent d’une marche à suivre, cette dernière est tenue secrète. Elle dépendrait certainement de la nature du contact: pacifique ou violent; demande («Donnez-nous vos combustibles fossiles!») ou entraide scientifique (fusion froide…).

Planète colonisée

De nombreux scientifiques, comme Stephen Hawking, estiment  qu’une rencontre de ce type finirait mal pour nous – les humains joueraient alors le rôle des Indiens d’Amérique et les extraterrestres celui des colons européens. Hawking a récemment émis une théorie à ce sujet: «J’imagine qu’ils pourraient être condamnés à vivre dans d’immenses vaisseaux spatiaux, après avoir épuisé toutes les ressources naturelles de leur planète d’origine. Ces extraterrestres à la technologie extrêmement développée pourraient devenir des nomades, parcourant l’espace en quête perpétuelle de planètes à conquérir et à coloniser.»

La perspective du premier contact avec les extraterrestres vous inquiète? Si oui, faute de protocole officiel, vous pouvez vous tourner vers la très officieuse «Introduction to Planetary Defense : A Study of Modern Warfare Applied to Extra-Terrestrial Invasion». Tout comme Hawking, ses auteurs pensent que face aux extraterrestres, les humains ressembleraient fort aux Indiens de l’Amérique de 1492. Ils pensent également qu’étant donné la lenteur de la réaction des pays du monde entier au lendemain des catastrophes naturelles, il y a peu de chance pour que l’humanité puisse s’unir assez rapidement pour repousser une invasion. Selon les auteurs, de telles créatures nous surpasseraient vraisemblablement sur le plan technologique. Notre seul espoir? La guérilla urbaine.

Juliet Lapidos

Traduit par Jean-Clément Nau

Juliet Lapidos
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