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Une marée noire est-elle toujours nocive pour les animaux?

Slate.com, mis à jour le 20.07.2010 à 15 h 22

Les vers de feus sont les petits fossoyeurs de la catastrophe

scavenger face/ Philippe Guillaume via Flickr CC License by

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La marée noire de BP pourrait coûter cher à la faune des côtes du Golfe du Mexique, selon des scientifiques marins. La mortalité (PDF)  a déjà augmenté du côté des mammifères marins, des oiseaux, et des tortues de mer. Existe-t-il des espèces susceptibles au contraire de bénéficier de ce désastre?

Oui. Les scientifiques ne savent pas encore ce qui le fait autant résister aux effets délétères du pétrole, mais le ver de feu, connu aussi sous le nom de Capitella capitata est visiblement capable de survivre dans un environnement pollué. Et même, il y pullule. Les prédateurs naturels du vers–les crevettes, les poissons et les crabes– commencent à disparaître après une marée noire, et provoquent ce qu'on appelle une succession écologique : la population d'une espèce s'accroit et remplit la place que l'affaiblissement d'une autre a laissée.

Le petit fossoyeur de la marée noire

Pouvant atteindre les 10 centimètres de longueur et la largeur d'un cheveu, le Capitella capitata est en quelque sorte le petit fossoyeur d'une marée noire. En fait, il pourrait même aider au rétablissement de l'écosystème du Golfe. Il s'enfonce dans le sol pour se nourrir des matières organiques qui s'y trouvent. Ce mouvement renouvelle l'eau dans les sédiments et résout l'un des problèmes majeurs d'une marée noire: l'épuisement de l'oxygène marin. Un épuisement dû aux bactéries gourmandes en oxygène qui oeuvrent à la dissolution des polluants. En remuant la vase au fond du Golfe, les vers libèrent et recyclent des poches d'eau anoxique, permettant à leur tour aux bactéries de dégrader plus de pétrole. Ces micro-organismes servent aussi de nourriture aux vers. Cet échange écologique entre vers et bactéries prépare le retour des autres espèces. Aidées par des niveaux d'oxygène plus élevés, les populations de poissons, de crabes et de crevettes commencent à se développer.

Mesurer la dépollution

Le capitella capitata est connue aussi en tant qu'espèce indicatrice. Cela signifie que les biologistes surveillent sa présence afin d'évaluer les conditions d'un environnement. Des vers nombreux indiquent une qualité de l'eau médiocre, mais qui peut s'améliorer. Par exemple, lon étudie la présence de capitella à proximité de stations d'épuration, comme dans certaines zones du port de Boston. Cela permet d'évaluer les opérations de dépollution. On ne sait pas encore pour l'heure si la population de Capitella augmente dans le Golfe. Etant donné l'ampleur du nettoyage (des milliers de barils de bruts se déversent toujours quotidiennement dans l'océan), cela pourrait prendre des mois avant que les scientifiques puissent accéder à la vase pour analyser la présence des vers.

L'Explication remercie Adam G. Marsh de l'Université du Delaware, James Blake du Centre Marine et Côtier ENSR, John Fleeger de l'Université d’État de Louisiane, Judith Grassle de la Rutgers University, Nancy Rabalais du Consortium Marin des Universités de Louisiane, et Mary Wicksten de l'Université Texas A&M

Alan Siegel
Traduit par Peggy Sastre

Photo: scavenger face/ Philippe Guillaume via Flickr CC License by

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