Sports

Tour de France: rouler moins vite, c'est bon signe!

Temps de lecture : 2 min

À l'amorce des Alpes où le Tour de France arrivera dimanche 11 juillet, les spécialistes du dopage scruteront les temps de montée des cols des grands leaders. «Je pense que la manière la plus simple de savoir si le sport est propre est de chronométrer les ascensions», déclare John Vaughters, directeur sportif de l'équipe Garmin-Transitions, connu pour sa lutte contre le dopage. «Ce n'est pas une science exacte mais cela donne une bonne idée de ce qui se passe. Pour moi, c'est très important. J'ai besoin de savoir si je perds mon temps ou pas».

Dans un article passionnant, le New York Times explique le paradoxe du cyclisme moderne. Alors que dans la plupart des sports, on mesure le progrès par l'explosion des chronos, en cyclisme, c'est devenu l'inverse: le cyclisme se porte mieux lorsque les temps de montée des cols du Tour de France sont en baisse. Un signe que peut-être le dopage recule.

La mesure la plus connue pour jauger les performances des cyclistes est la montée de l'Alpe d'Huez, le célèbre col du Tour de France. Le record est détenu par le sulfureux Marco Pantani qui a gravi le col en 37 minutes et 35 secondes en 1997, à l'époque où l'EPO dominait le peloton. Sur les 16 premiers au palmarès de l'Alpe d'Huez, 7 ont été impliqués dans des affaires de dopage: outre Pantani, Floyd Landis, Iban Myao, Bjarne Riis, Richard Virenque, Alex Zülle et Jan Ullrich. Sans compter Lance Armstrong qui détient 2 des 4 meilleures montées de l'histoire, mais dont le dopage n'a jamais été formellement prouvé.

Le Giro 2009 loin des années Pantani

D'après Aldo Sassi, l'entraîneur italien de Cadel Evans et Ivan Basso, cité par le New York Times «les vitesses d'ascension sont plus lentes parce qu'il n'y a plus de dopage, ou moins de dopage. Si vous regardez l'époque Pantani, la puissance qu'il produisait en col était proche de 6,8 watts par kilo et c'est quelque chose qu'on ne peut pas expliquer pour un athlète qui a des paramètres physiologiques normaux»

Aldo Sassi est arrivé à la conclusion qu'un cycliste ne peut pas dépasser 6,0 à 6,2 watts par kilo pendant une ascension de 30 à 40 minutes. Le médecin a étudié en détail le Giro 2009 et il a remarqué qu'un seul coureur a dépassé la barre des 6 watts, Denis Menchov avec 6,1 watts. Plutôt rassurant. Mais à vérifier sur les routes du Tour 2010.

Le New York Times explique que les spécialistes discutent d'éventuels tests anti-dopage basés sur un bilan individuel permettant de déterminer la puissance maximale que peut développer chaque coureur. Ainsi chaque fois que le cycliste dépasserait cette limite théorique, un «drapeau rouge» serait levé.

Mais des spécialistes de la performance estiment que ce n'est pas possible à réaliser. Tout simplement parce que c'est le métier des sportifs de haut niveau de faire parfois des performances exceptionnelles. On ne parle pas de «dépassement de soi» pour rien.

[Lire l'article du New York Times]

Photo de Une: Lance Armstrong et Alberto Contador le 10 juillet 2010 sur le Tour de France, REUTERS/Eric Gaillard

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