France

Woerth: pourquoi le rapport de l'IGF est suspect

Slate.fr, mis à jour le 11.07.2010 à 22 h 34

C'est lundi que Jean Bassères, le chef de l'Inspection générale des finances (IGF), doit rendre son très attendu rapport sur le rôle joué par Eric Woerth dans le volet fiscal de l'affaire Bettencourt. Nicolas Sarkozy compte beaucoup sur ce rapport pour lever les soupçons pesant sur son ministre du Travail. D'autant qu'il sera publié le jour même où le Président sera interrogé par David Pujadas sur France 2.

Thomad Bronnec, journaliste à lexpress.fr explique sur son blog pourquoi selon lui cette enquête n'aurait pas dû être confiée à l'IGF:

L'Inspection générale des finances est certes un corps indépendant, mais elle a vocation à contrôler les services administratifs, pas les politiques. Je rappelle quand même que le chef de l'Inspection des finances est nommé par le président de la République, sur proposition du ministre des Finances. L'IGF n'est pas un contre-pouvoir institutionnel. Une enquête sur les éventuelles interventions d'Eric Woerth dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt aurait dû être confiée soit au pouvoir législatif, c'est à dire au Parlement, soit au pouvoir judiciaire, c'est à dire à un juge d'instruction indépendant

L'UMP répond à cet argument en expliquant que Jean Bassères est classé à gauche et qu'il était iun collbaorateur des ministres socialistes Michel Sapin et Laurent Fabius. Selon Thomas Bronnec, cela n'est pas une garantie d'indépendance, les haut fonctionnaires étant avant tout loyaux: «Il n'y a pas une manière de gauche et une manière de droite d'occuper ses fonctions», lui expliquait un inspecteur des finances.

Jean Bassères est en tout cas soumis à une pression considérable. Plusieurs dirigeants de la majorité ont clairement laissé entendre qu'ils s'attendaient à l'avance à un résultat favorable à Eric Woerth. Pour Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, après la publication du rapport, «tout le monde devra se taire et certains devront s'excuser publiquement auprès de M. Woerth». Il faudra que «ceux qui insultent matin, midi ou soir M. Woerth, colportent des allégations, se taisent», avait-il insisté.

Devant les députés Nouveau Centre reçus à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait confié qu'il était «assez confiant sur le fait que (l'IGF) ne trouvera pas de faute». Le chef de l'Etat avait tout de même précisé qu'il ne savait «pas du tout ce que le rapport va dire. S'il y a faute, je sanctionnerai (Eric Woerth) et s'il n'y a pas faute, je ne vois pas pourquoi je le sanctionnerais.»

[Lire l'article de Thomas Bronnec sur lexpress.fr]

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Photo de Une: Eric Woerth au Raincy le 7 juillet 2010, REUTERS/ Gonzalo Fuentes

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