France

Un troc d'espions digne de la Guerre froide

Temps de lecture : 2 min

On n'avait pas vu ça depuis la Guerre froide. La Russie et les Etats-Unis ont procédé à un important échange d'espions vendredi 9 juillet matin sur l'aéroport de Vienne. Le Boeing américain, qui avait à bord les dix agents russes arrêtés fin juin et expulsés jeudi soir du territoire américain, s'est placé derrière un avion du ministère russe des Situations d'urgence, qui transportait lui-même quatre citoyens russes condamnés pour espionnage au profit de l'Occident –deux colonels des services de renseignements russes, condamnés dans leur pays pour avoir compromis des dizaines d'agents de l'ère soviétique puis russe au profit de l'Ouest. Les deux autres ont également été condamnés pour avoir trahi Moscou. Deux heures plus tard, mission accomplie, les deux avions avaient quitté la piste. L'accord d'échange en jeu est notamment expliqué par le Figaro.

Pourquoi parle-t-on d'un troc «digne de la Guerre froide»? Libération revient sur les méthodes de l'époque, à l'aide des réponses de Patrick Pesnot, producteur de l'émission «Rendez-vous avec X» sur France Inter, qui évoque les affaires d'espionnage.

Ce type d'échanges était très courant à l'époque du rideau de fer, et pas seulement entre l'URSS et les Etats-Unis, aussi en France où de nombreux espions arrêtés ont dû faire l'objet d'échanges. En Allemagne de l'Est, c'était même devenu un business:

On raflait des citoyens dissidents et on les revendait à l'Ouest où les Allemands les rachetaient, dans un souci humanitaire et parce qu'ils les considéraient comme des citoyens de leur patrie. Parfois, on les échangeait aussi contre de véritables espions, mais si on n'en avait pas, on arrêtait quelqu'un d'un peu curieux, qu'on pouvait accuser d'être un agent.

S'il devait retenir un échange d'espions dans l'histoire de la Guerre froide? Celui entre Gary Powers et Rudolph Abel, dans les années 1960. Le premier, un pilote d'avion qui observait le territoire soviétique, avait été fait prisonnier après un problème de pilotage qui l'avait contraint à sauter –en parachute!– de l'avion. Il avait alors été échangé contre Rudolph Abel, un grand chef de l'espionnage soviétique aux Etats-Unis, qui avait dirigé tout le réseau d'espionnage nucléaire, et avait permis à l'URSS d'obtenir la bombe atomique dès 1949.

La découverte, en 2010, des dix espions russes sur territoire américain a beaucoup surpris. Ce qu'il y a de surprenant, corrige Patrick Presnot, c'est qu'ils étaient très jeunes, ce qui signifie bien qu'ils ont été implantés après la fin de la Guerre froide.

[Lire l'article du Figaro et l'article de Libération]

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Photo: Boeing américain Wikimédia Commons

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