France

Une loi pour faire payer les otages

Slate.fr, mis à jour le 05.07.2010 à 18 h 30

Les otages vont peut-être devoir mettre la main au portefeuille. C'est en tout cas ce qui pourrait se passer si le projet de loi relatif à l'action extérieure de l'Etat était adopté par l'Assemblée nationale.  L'Etat cherche en effet à réduire la facture de ses opérations extérieures qui s'élèverait à 870 millions d'euros par an. 20minutes.fr rappelle que le projet de loi a été adopté par le Sénat en mai dernier. C'était alors passé plutôt inaperçu mais ce lundi 5 juillet, c'est au tour des députés d'examiner de texte de loi.

Si la loi passe, l'Etat pourrait alors «demander (aux otages) le remboursement de tout ou partie des frais induits par les opérations de secours».

Le Parisien précise qu'il ne s'agit pas de frais de rançon, mais de frais logistiques. Une volonté qui s'inscrit dans une tendance générale. Depuis plusieurs mois, l'Etat avait appelé de ses voeux plus de transparence. La polémique a enflé avec l'enlèvement des deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, en décembre dernier. En février, le chef d'Etat major des armées, Jean-Louis Georgelin, avait présenté le coût des opérations en vue de libérer les deux hommes. Il avait alors évoqué la somme de 10 millions d'euros. Depuis, les deux journalistes sont toujours retenus Afghanistan.

L'idée derrière cette loi est de:

Responsabiliser les ressortissants français qui se rendent sans motif légitime dans des zones dangereuses alors qu'ils ont reçu des mises en garde sur les risques encourus.

Mais qu'en est-il des professions confrontées au risque de prise d'otages? La loi ne devrait pas s'appliquer à elles d'après l'article 13:

[cela] ne concerne pas les motifs légitimes tirés notamment de l'activité professionnelle ou d'une situation d'urgence.

Pourtant le flou demeure. 20minutes précise que le député socialiste Hervé Féron avait déposé un amendement visant à préciser que ces mesures ne concernaient pas les journalistes, les intervenants humanitaites, les chercheurs et les universitaires. Un amendement rejeté par la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale que le député s'apprête toutefois à proposer à nouveau en séance publique.

[Lire l'article sur 20minutes.fr et sur le Parisien]

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Photo: Unité de réaction aux prises d'otages, Reuters

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