Le LOL, successeur du journalisme citoyen
L'humour sur Internet est devenu un vrai contre-pouvoir.
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En pleine bulle dorée du web 2.0, vers 2005-2006, on pensait que les blogueurs étaient les nouveaux journalistes, les nouvelles vigies démocratiques et le «journalisme citoyen» l'avenir de l'information. Quatre ans plus tard, on est en largement revenu: les blogs ont essentiellement percé dans l'info divertissement et le commentaire (mais peu dans le «hard news»), les commentaires des sites d'infos se sont révélés très décevants et le site de journalisme citoyen Agoravox n'a jamais su gagner en crédibilité.
C'est un fait: la production d'information à valeur ajoutée reste très majoritairement un métier de journalistes. Il suffit pour s'en convaincre de regarder d'où viennent les innombrables scoops sur l'affaire Woerth/Bettencourt: aucun n'est signé d'un média citoyen. En fait, seule la fonction d'alerte sur un gros événement s'est vraiment démocratisée, comme lors du crash de l'Hudson River «tweeté» le premier par un internaute.
L'ironie a remplacé l'utopie
L'utopie du journalisme citoyen n'aura fait que rappeler que l'information est parfois une chose trop sérieuse pour être laissée à des non professionnels. À l'inverse, un mouvement émerge sur Internet pour rappeler aux médias que l'information est une chose trop peu sérieuse pour leur en laisser le monopole. C'est ce qu'il est convenu d'appeler le «LOL», soit l'inépuisable capacité créatrice du web à tout ridiculiser pour replacer les institutions (politiques, stars, médias...) à leur juste place: à l'horizontale sur le plan de l'Internet égalisateur. On n'est pas encore dans le web 3.0, mais dans une version post-2.0, où l'ironie a remplacé l'utopie.
Comment définir ce «LOL»? On pourrait dire que c'est l'ensemble des pratiques des internautes à visée humoristique aboutissant à la création d'une sous-culture. Les formes, diverses et variées, utilisent toutes les ressources du web: groupes Facebook, montages Photoshop, gifs animés, achats de nom de domaine... Le mot vient de la locution «LOL» (laughing out loud: rire aux éclats) utilisée traditionnellement pour marquer le rire dans une discussion sur Internet, et qui, par extension, représente toute forme de rire sur le web.
La Bible en lolcat
Danah Boyd, chercheuse américaine spécialisée dans l'étude des médias sociaux, a écrit un article remarqué sur le sujet début juin. Elle concentre son analyse sur 4chan, le lieu emblématique du LOL, un forum américain incontrôlable, lieu de toutes les déviances et de la plus fructueuse créativité web:
Je dirais que 4chan est le ground zero d’une nouvelle génération de hackers, ceux qui veulent à tout prix hacker l’économie de l’attention. Alors que les hackers traditionnels s’en prenaient à l’économie de la sécurité, c’est-à-dire au centre du pouvoir et de l’autorité avant Internet, ces hackers de l’attention montrent à quel point les flux d’information sont manipulables. [...] Leurs singeries poussent les gens à réfléchir au statut et au pouvoir et ils encouragent les gens à rire de tout ce qui se prend trop au sérieux.
Cette grille d'analyse peut s'élargir à l'ensemble des lieux de pratique du LOL, des forums d'«élite» de l'humour web comme 4chan aux lieux de rassemblement grand public comme Facebook. Le LOL peut être de deux natures: soit formé ex nihilo, soit construit à partir d'éléments d'actualité fournis par les médias.
Le plus bel exemple de LOL ex nihilo est le lolcat, des images de chats légendées avec une blague écrite en jargon web qui ont connu un tel succès qu'une start-up en a fait sa fortune et que la Bible est en cours de traduction en langage lolcat. La force virale du LOL a accouché d'une véritable sous-culture autour du lolcat, dont Google Images est un inépuisable témoignage.
Mais le plus souvent le LOL rebondit sur un élément d'actualité, même mineur. Ainsi les deux plus beaux "mèmes" (c'est le nom d'une création du LOL qui devient un phénomène) du mois de juin ont été la vuvuzela (élément d'actualité mineur au sein d'un élément d'attention majeur, la Coupe du Monde) et Sad Keanu (basé sur une paparazzade de Keanu Reeves: élément d'actualité très mineur). Penchons nous sur ces deux cas.
La vuvuzela pour oublier l'ennui du Mondial
Le succès de la vuvuzela sur Internet est le reflet de la passion soudaine du monde entier pour cet instrument venu couvrir l'ennui assourdissant de la première semaine de la Coupe du Monde. Sans surprise, dès que l'actualité a repris son cours (avec des grands matchs comme Allemagne-Australie et le fiasco de l'équipe de France), la vuvuzela a progressivement disparu des radars.
Le foot est censé rassembler les foules autour de leur télévision. Mais quand le foot n'est pas au rendez-vous, le public crée du lien social sur un autre sujet et sur son propre média, Internet. La vuvuzela a rempli cette fonction, couvrant tout le spectre du web, des groupes Facebook à 4chan. Cette universalité permet de voir la grande diversité des formes de LOL:
- montage Photoshop
- détournement d'une référence culturelle:

- gif animé :
- sites-concept : Vuvuzela your site
- groupes Facebook: Accueillir les Bleus à l'aéroport avec des vuvuzelas, Débarquer au bac avec son vuvuzela!...
TF1 a payé 120 millions d'euros pour pouvoir diffuser la Coupe du Monde en France. Il y a quelque chose de rageant à voir des amateurs désintéressés assurer le spectacle à sa place sur Internet avec les vuvuzelas. Patrick Le Lay l'avait dit en 2004: TF1 vend du «temps de cerveau disponible» à ses annonceurs, autrement dit de l'«attention». Les grands médias feraient donc bien de se méfier des «loleurs», ces «hackers de l'économie de l'attention», comme les appelent Danah Boyd.
Keanu, la Nouvelle Star décrétée par les internautes
Le mème Sad Keanu est lui parti de cette photo, a priori anodine, de l'acteur Keanu Reeves:
Les internautes vont trouver la posture de Keanu Reeves étonnamment humaine, loin de l'image papier glacée des stars hollywoodiennes. L'acteur va donc être détouré sur Photoshop et le travail mis à disposition de tous pour en faire des détournements. C'est un mème reservé à l'«élite» du web puisqu'il faut tout de même savoir manier un minimum Photoshop.
Petit à petit, le LOL fait son travail de sape sur Hollywood en se réappropriant une à une l'iconographie des grandes stars américaines. L'acteur Christian Bale, auteur d'une colère noire sur le plateau de Terminator Salvation, et le rappeur Kanye West, noyé dans le ridicule aux MTV Music Awards, en ont déjà fait les frais. Une grande partie de leurs résultats Google ne leur appartient déjà plus. En un grand éclat de rire, les internautes ont balayé le travail acharné de leurs attachés de presse sur plusieurs années.
Dans ce processus de LOL, la personne est complètement chosifiée, dans un mouvement similaire à la starification, avec la création d'un mythe distinct de la réalité. Sauf que cette fois, la dynamique échappe complètement aux grands médias, habitués à désigner eux-mêmes qui sera la prochaine star. (Sur M6, la Nouvelle Star est soit-disant désignée par les votes des téléspectateurs mais la mise en scène est entièrement écrite par la chaîne qui choisit de mettre en avant tel ou tel candidat. De telle sorte que la promesse démocratique n'est jamais complètement réalisée).
Rick Astley ressorti du formol
Le LOL résulte lui d'un processus démocratique, même s'il est foncièrement anarchique puisqu'il est en général impossible de retrouver le créateur d'un mème. Raffinement suprême, les internautes peuvent eux-même imposer l'agenda médiatique en décidant de ressusciter une star oubliée. Ce fut le cas de Rick Astley, ressorti du formol en 2008 à l'occasion d'une blague baptisée «rickrolling»: un lien caché envoyé à un ami qui renvoie vers l'horrible clip de Never gonna give you up. Moqué par les internautes, Rick Astley regagne néanmoins une extraordinaire visibilité médiatique... et s'apprête à faire son retour avec un nouvel album en 2010. En quelque sorte, le LOL a hacké l'industrie du disque, lui mettant dans les pattes un affreux ringard.
Preuve que le LOL est avant tout un mécanisme de piratage du circuit médiatique, les internautes adorent court-circuiter les processus de choix soit-disant démocratiques proposés par les médias. Les exemples sont très nombreux: piratage du classement de l'homme le plus influent du monde du magazine Time pour placer en tête le patron de 4chan, Christopher Poole; piratage d'un vote pour choisir les dates de la prochaine tournée de Justin Bieber afin de le faire aller en Corée du Nord; piratage de l'édition 2007 de la Nouvelle Star américaine pour tenter de faire gagner Sanjaya Malakar, un candidat loser.
En France, le LOL est surtout politique
Aux Etats-Unis, le LOL démarre dans les bas-fonds de l'Internet où règne l'anonymat (4chan) pour remonter progressivement vers les médias via différents instances de légitimation comme le site Buzzfeed. En France, le schéma est un peu différent puisqu'au-delà des inévitables groupes Facebook, le LOL –encore balbutiant– est principalement situé sur Twitter, un réseau où il y a peu d'anonymat et où dominent plutôt les journalistes. Ce sont donc parfois les journalistes eux-mêmes qui parasitent le processus médiatique, belle métaphore des problèmes d'identité posés aux médias à l'heure d'Internet. (Il existe cependant une autre poche de LOL plus confidentielle sur le forum 15-18 ans de jeuxvideo.com)
Le LOL partant d'un réseau d'information, la tendance en France est plutôt de s'attaquer aux politiques. La focalisation sur la politique s'explique aussi par l'absence de stars françaises sur les réseaux sociaux (les plus «connus» sur Twitter sont Nicola Sirkis et Aure Atika, c'est dire) alors qu'aux Etats-Unis, ce sont Britney Spears, Justin Bieber ou Ashton Kutcher qui dominent Twitter. Sevrés de stars, les internautes français sont à la recherche du moindre «fail» (ratage) des politiques qui découvrent le web. On l'a vu par exemple avec Yves Jégo, candidat UMP aux régionales en Ile-de-France, qui avait eu le malheur de faire, en mars dernier, un sondage sur son blog, demandant si la vie s'était améliorée dans la région pendant les 12 ans de présidence de Jean-Paul Huchon. Il s'attendait évidemment à ce que les internautes répondent non. Mais Twitter s'était donné le mot, et voici le résultat...
Yves Jégo finira par supprimer son sondage et dénoncera une «manipulation informatique». Mais il n'y a pas eu de «manipulation informatique», juste la nouvelle force des masses capable d'anéantir n'importe quelle opération de communication, un hacking soft et populaire dont la motivation est a priori absurde. «I did it for the lulz», disent les Américains. «Je l'ai fait pour le LOL». Mais l'absence de motivation ne signifie pas l'absence d'impact politique, comme le relève Danah Boyd au sujet des hackers: «Pendant que la plupart de ceux qui faisait ça “pour le lulz” n’avait aucune intention politique, leur impact a fini par être profondément politique, façonnant le développement des systèmes technologiques.»
Le LOL peut être un vrai contre-pouvoir. Ségolène Royal en a fait les frais lors de la sortie de la nouvelle version de son site Désirs d'avenir en septembre 2009. Son design a été immédiatement moqué par les internautes sur Twitter, occasionnant par ricochet une série d'articles montrant les parodies des internautes.
Ségolène Royal sera obligée de reculer, changeant quelques jours plus tard sa maquette. Une campagne de pression politique orchestrée depuis Photoshop, voilà une première en France.
Pour éviter le «fail», les politiques doivent revoir leur manière de communiquer sur le web et apparaître vraiment naturel, débarassés des réflexes traditionnels de la communication. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, n'a jamais eu de problèmes avec les internautes sur Twitter où elle apparaît simple et accessible. En revanche, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, habitué à la communication au marteau-piqueur, s'est fait immédiatement tacler quand il est arrivé sur Twitter, subissant l'humiliation d'une suspension de compte après que de nombreux internautes l'aient dénoncé comme un «spam».
Le web s'enflamme...
Si les politiques doivent songer au LOL, les médias feraient bien de s'y intéresser également. Car si toute une partie de l'économie de l'attention est piratée par les internautes, c'est autant d'audience en moins pour les contenus traditionnels. Sans compter qu'un fossé ironique se creuse doucement entre internautes (pour parler clair, les jeunes) et les grands médias.
Les sites d'info ont souvent tenté de récupérer les écrits des blogueurs en leur proposant de passer leur blog sous leur plateforme maison, manière d'institutionnaliser le «journalisme citoyen». Le temps est peut-être venu d'essayer de faire la même chose avec le LOL pour essayer de faire des sites de médias un terreau de création.
Jusqu'à présent, la seule incursion des mèmes sur les médias sont des revues de blagues d'internautes, nouvelle tarte à la crème de l'info web sempiternellement titrées «Le Web s'enflamme pour...» ou «...affole le Web» (exemples ici, ici, ici ou ici). Mais plutôt que de reprendre passivement les mèmes, les médias devraient plutôt chercher à donner à leurs lecteurs les moyens de s'exprimer et de créer leurs propres objets de LOL comme sur l'excellent site américain I can has cheezburger. Même si un humour apprivoisé n'a jamais tout à fait la même saveur.
Vincent Glad
Photo: Le député Dominique Perben dans un montage Photoshop de woumpah pour le concours de «loltoshop» d'Henry Michel
Mis à jour le 07/07/2010 à 18h53



















































C'est quand on lit de pareils articles qu'on mesure à quel point Roger Nifle et ses analyses avisées nous manquent.
Vous avez sans doute fait des études de journalisme. Peut-être avez-vous brillamment réussi des concours difficiles. Vous avez fréquenté une école où vos professeurs ont eu à coeur de vous enseigner non seulement l'art, mais aussi l'éthique de cette belle profession. Et voilà que vous nous annoncez froidement que votre profession est appelée à se dissoudre dans ce grand n'importe quoi, sans foi ni loi, du Web !
Disons que cet article est fort mal venu juste au moment où des "journalistes" viennent de lancer des accusations sans preuves contre un ministre, sur la foi d'un témoignage non recoupé, ni vérifié. Témoin qui s'est rétracté aussitôt que la justice a mis le nez dans cette vilaine affaire !
Et tout le reste LOL, LOLCAT et j'en passe, n'est que bullshit !
Je suis au regret de vous dire que vous n'avez pas lu mon article, chère Marianne Arnaud, profession: ex commentatrice.
Je ne dis pas qu'il faut que les journalistes fassent du lol, mais que les médias pourraient mettre en place des espaces où les lecteurs peuvent créer du lol. C'est extrêmement différent.
Je vous précise juste qu'une entreprise de presse, ce n'est pas que des journalistes, mais beaucoup d'autres métiers.
Quant à faire le rapprochement avec l'affaire Woerth, je vous laisse mesurer vous-même le ridicule de la comparaison. Tout le reste et j'en passe, n'est que bullshit !
Cher Vincent Glad,
Laissez-moi, tout d'abord vous dire que je suis très flattée qu'un professionnel de la profession de journaliste me paraphrase. J'apprécie !
Contrairement à ce que vous croyez, j'ai lu votre article. Mais il est très confus et je n'y ai pas compris grand chose. C'est d'ailleurs pour cela que j'en appelais aux lumières de Roger Nifle.
Vous remarquerez, qu'à part moi, personne ne s'est encore risqué à commenter cet article.
Je voudrais préciser ici, que j'ignorais qu'il y eût des commentateurs professionnels sur Slate, mais si c'était le cas, je n'en fais pas partie, contrairement à ce que vous avez écrit et qui pourrait le laisser croire.
Très cordialement.
Leurs singeries poussent les gens à réfléchir au statut et au pouvoir et ils encouragent les gens à rire de tout ce qui se prend trop au sérieux.
Toute communication officielle est une manipulation. Je ne cherche pas à dénoncer un complot, mais à enfoncer une porte ouverte. Que ce soit pour nous vendre un produit commercial ou un projet politique, le producteur du message va essayer de nous donner une image de son produit (au sens large) conforme à ses intentions.
Le LOL est une façon ludique de démonter ce discours en mettant en évidence ses ficelles. On évoque régulièrement l'idée qu'un apprentissage au langage des images à l'école devrait faire partie de l'éducation du citoyen. Grace au LOL, ce n'est plus nécessaire.
Alors maintenant il est vrai qu'il existe certains mèmes au sein des LOL qui semblent échapper à toute rationalisation. Mais je ne suis pas désespéré car je suis convaincu qu'un jour un anthropologue, un philosophe ou un spécialiste des religions pourra nous expliquer l'origine et le succès phénoménal du LOLCAT :-)
Merci pour la lecture, un article très intéressant.
Juste pour l'illustration, citons ce qui est certainement l'un des tout premiers mèmes français. En 2005, Nicolas Sarkozy avait lancé une campagne de spamming. La réaction des internautes ne s'était pas faite attendre: suite à un bombardement Google, rechercher "Nicolas Sarkozy" renvoyait vers le site du film Iznogoud qui sortait alors, tandis que la recherche inverse renvoyait sur la biographie du ministre de l'Intérieur. L'UMP a bien retenu la leçon: elle n'a plus effectué d'envois massif de courriels depuis.
Plus récemment, on peut citer le premier mème lancé par une personnalité politique: les "bénis-non-non" de Nathalie Kosciusko-Morizet. La sauce ne semble pas prendre: Google ne place le site dédié qu'en 9ème position; mais peut-être n'est-ce que le premier d'une longue série.
Article interessant duquel je tire une morale (c'est un point de vue personnel) : plus les politiques (ou les artistes, etc.) cherchent a faire de la belle communication en faisant genre "on est des djeuns", et plus ils sont tournes en derision.
Et je trouve ca completement normal, rigolo, et j'approuve completement!
Je n'attends en aucun cas qu'un homme politique me poste sur son twitter le menu de son petit-dejeuner, j'attends de lui qu'il fasse son boulot d'homme politique.
Donc, oui, continuons a ridiculiser leurs mauvaises initiatives de communication, peut-etre un jour ils comprendront que le seul moyen d'etre reconnu en tant qu'homme politque, c'est de faire ses prevues en tant qu'homme politique...et pas poster sa liste de courses sur twitter...
Vu le ton de votre réponse aux critiques de Marianne Arnaud - qui sont justifiées ou non - je vous conseille de ne pas faire partie de ces médias interactifs que vous préconisez. Ceux qui permettent des commentaires des lecteurs - funny or not funny.
Cela ne semble pas vous convenir.
Vous n'avez jamais pensé à une carrière à la RATP ou au Scoutisme? (LOL)
Je vous remercie de vous être "mouillé" pour moi. Cela m'a fait le plus grand plaisir.
Mais sachez que je ne me plains nullement de la réponse sèche, ainsi qu'il la caractérise lui-même, de monsieur Glad, à mon commentaire.
En revanche je regrette beaucoup qu'il n'ait pas compris que je n'acceptais pas son idée selon laquelle il laissait entendre que l'affaire Bettencourt (devenue l'affaire Woerth-Bettencourt, puis l'affaire Woerth, sous la plume des journalistes) avait été traitée selon les règles du journalisme. Encore plus incompréhensible pour moi : qu'il cite l'affaire mais trouve "ridicule" que je m'en empare moi-même.
Or précisément , ce n'est que sur cette partie de son article que j'ai réagi. Et quant au reste, rien ne justifie, selon moi, que des journalistes professionnels, qui ont signé une charte, partagent leur espace avec des internautes qui ont tout le loisir d'occuper, sur le web, tout l'espace dont ils ont besoin, sans l'aide de personne, et d'ailleurs ne s'en privent pas.
Les journalistes si prompts, à juste titre, à reprocher aux politiques leur mélange des genres, feraient bien de se méfier de ne pas tomber eux-mêmes dans le même travers.
Et quant à la place de l'humour dans les journaux en général et Slate en particulier, il aura celle que les rédactions voudront bien lui donner, ce qui quand même a l'air de leur poser quelques problèmes, sinon pourquoi m'avoir interdit de continuer les "Slateuse heureuse" que tout le monde comprenait sans que j'aie besoin d'écrire LOL à la fin de chaque ligne.
Très cordialement.
On a un trésorier de l'UMP, ministre, qui place sa femme dans une position... délicate, qui (et les témoignages de plusieurs témoins se recoupent) fait passer des demandes de financement à la (très forte) limite de la légalité, et qui nie en bloc.
Ca ne vous choque pas ?? pour vous, seul mediapart est coupable, d'avoir tout inventé (alors que Le Point reprend les mêmes infos, et que les témoignages récoltés par la police confirme 95% du témoignage recueilli à l'origine) ??
Marianne, il faudrait ouvrir les yeux. C'est un exemple excellent des excès du pouvoir et des rapports plus que limites existant entre la présidence actuelle et les milieux d'affaires.
Et je ne dis pas que la gauche est parfaite !! M'est avis qu'ils ont fait aussi grave, et qu'il existe encore pas mal d'abus au PS.
Mais aujourd'hui, on a des recoupement forts d'informations montrant le système établi, et tentant de le dénoncer afin de faire respecter la loi.
Ne voulez vous pas que la loi s'applique ?
Cela m'étonne de vous.
(ah, et j'espère que vous avez apprécié le "j'accuse" de Mr Lefebvre ce matin... un grand moment de "journalisme" !!)
Si vous me parlez de l'anomalie qu'il y a pour un ministre du budget ou autre, à être en même temps trésorier d'un parti politique et de plus voir son épouse casée auprès de la plus grande fortune de France, je suis tout à fait d'accord avec vous : c'est inadmissible!
Mais dans le peuple qui connaissait ces faits avant que le scandale n'éclate ? Cela durait depuis des années et aucun média ne s'en est préoccupé, à ma connaissance, avant que madame Bettencourt -Meyers n'ouvre la boîte de Pandore.
Les demandes de financement dont vous écrivez qu'ils sont "à la limite de la légalité" sont en réalité complètement illégaux s'il s'avérait que ces sommes, on parle de 50 000, 100 000 voire 150 000 euros, étaient vérifiés, puisque selon la loi madame Bettencourt ne pouvait pas verser plus de 7 500 euros par an pour financer un parti politique.
Là où je serai en désaccord avec vous, c'est dans le traitement de ses "informations" par Médiapart car il se trouve que j'ai une très haute idée de rôle du journaliste dans une société démocratique. Il a des règles de déontologie à respecter pour honorer sa carte de presse, et il me semble que l'on ait été bien au-delà de ce cas de figure.
A l'avenir j'aimerais qu'une loi interdise tout cumul quel qu'il soit entre la fonction de ministre, maire d'une grande ville, député, sénateur etc.
Et puisque la justice est maintenant saisie de cette affaire lamentable, je souhaite que force soit donnée à la loi.
Vous voyez que j'ai les yeux bien ouverts, sauf en ce qui concerne monsieur Lefebvre que je n'ai pas entendu, mais je ne m'en plains pas car je mentirais si je disais que j'apprécie ses interventions.
Très cordialement.
Mon cher Peter,
Sachez que c'est précisément l'interactivité que de répondre —même séchement— aux internautes qui font des remarques.
Lisez donc cela:
http://www.slate.fr/story/19375/jean-marc-le-grand-frere-des-internautes-de-tf1
Le concept est moderne et intéressant. D'ailleurs j'en profite pleinement sur Slate.fr quitte à me faire rentrer dedans fréquemment. Cela me gêne pas.
Mais la joute n'est pas à armes égales quand il s'agit d'un chroniqueur et un commentateur même sur Slate.fr.
Le chronique est quelque part homologué par le journal (sinon cela se saurait). Quant au chroniqueur lui-même, il est professionnelle, son profile est affiché et si c'est un chroniqueur fréquent, un Attali, un Benillouche ou un Thomas le Grand, (vous-même pourquoi pas?) on connait leurs dadas.
A part quelques stars comme Marianne, El Gato etc. le commentateur n'est pas connu de vous ni de personne. Il doit crier plus fort pour se faire entendre. Parfois il est excessif. Et s'il va trop loin sur certains sujets délicats il se fait censuré.
C'était le cas sur Slate.fr avant concernant Israël mais depuis le fracas sur Slate.fr autour de la Flottille de la Paix provoqué par un article de Benillouche particulièrement clément à l'égard de son pays, les choses y sont plus équilibrées.
Le chroniqueur doit tenir compte de ce déséquilibre dans ses répliques.
Je ne lis pas ces sites où paraît-il les commentaires seraient "débiles" mais je ne doute pas pour un instant que cela pourrait être le cas.
Mais le monde est ainsi fait. Nous ne sommes pas tous des érudits même si (pauvre démocratie que nous sommes) nous avons tous le droit de voter!
Et puisque vous semblez aimer ce type d'échange permettez-moi d'ajouter que souvent ceux qui aiment ironiser au sujet des autres, n'aiment pas du tout qu'on se moque d'eux en retour.
Je vous prenais un moment pour un de ceux-là. Drôle non?
Messire Journaliste !
Tant qu'à "investiguer", je vous invite à abandonner au plus vite les facilités du franglais pour notre si belle langue.
Mes mômes me bassinaient de "lol" à toutes les sauces, qui au début m'était totalement étranger, tel le "chant des oiseaux"...
Après qu'ils m'en eurent expliquer la signification je leur offraient d'utiliser en lieu et place un acronyme français =
RAGD = rire à gorge déployée
il a pris le pouvoir ici et nous ne désespérons pas de le voir conquérir toute la francophonie voire plus, conquête pour laquelle votre aide sera plus qu'appréciée.
AU même titre que le "c'est frais" qui sévit aujourd'hui dans les cours de récré et ailleurs...
JOIES de la sublime langue de Molière, Queneau, Perec et tant d'autres!
;)
tm
A titre plus général j'en est marre des gens qui voudraient vivre au 18ème ou au 19ème siècle, l'évolution est ce qu'il y a de plus important, allons de l'avant, le monde est bien meilleur aujourd'hui qu'il ne l'était avant! Et il sera encore bien meilleur demain (si on privilégie le progrès évidemment).
La langue de molière appartient au passé, elle a bien changé depuis, intéressons nous au Lolcat, au faceplant, au faceroll et à toutes ces loleries.