Monde

Les pires parcs d'attraction du monde

Foreign Policy, mis à jour le 06.07.2010 à 9 h 30

Les endroits où ne pas emmener vos enfants pendant vos vacances d'été.

Si Disneyland et le Parc Astérix évoquent des images de grands-huit, de files d'attente interminables et de barbes à papa incroyablement chères, les parcs d'attraction ne sont pas toujours des endroits féériques et amusants. Voici six parcs à thèmes où il s'agit davantage de propagande et de géopolitique que de Pinocchio et de Dingo.

Grutas Park à Druskininkai, Lituanie

Red dead redemption. Faites un saut en arrière dans les jours du Stalinisme, vivez les joies du goulag, immergez-vous dans la chaleureuse étreinte du totalitarisme. Et si vous avez un petit creux, savourez un bortsch «Nostalgija», un cocktail «œil de cerf» ou une gelée d'amidon «Réminiscence» au café. Le Grutas Park, invention de l'entrepreneur Viliumas Malinauskas qui a acheté des dizaines de statues abandonnées et vandalisées de grandes figures du communisme après l'indépendance de la Lituanie, est en fait censé être un rappel des sombres jours du totalitarisme. Mais tout n'y est pas noir: il y a un terrain de jeu pour les enfants et un train goulag, qui rend sympathique le fait d'être envoyé en Sibérie dans un wagon à bétail au beau milieu de l'hiver. Assurez-vous qu'ils n'aient pas lu La Ferme des animaux avant de se diriger vers la ferme pédagogique.

Parc d'attraction de Shijingshan, Pékin, Chine

Juste une petite violation des droits d'auteurs. Dans les banlieues ouest de la vaste capitale chinoise se trouve le parc d'attraction de Shijingshan, un exemple flagrant du mépris total de Pékin pour la propriété intellectuelle. Une réplique très ressemblante du château de la Belle au bois dormant de Disney domine le parc, et les visiteurs sont accueillis par des employés déguisés en Donald Duck et Minni Mouse. Les avocats de Walt Disney se sont plaints en 2007, mais ces artistes de la copie varient les plaisirs: on retrouve parmi les attractions une Aventure Jurassique et un grand-huit de Batman.

Love Land, Île de Jeju, Corée du Sud

Let's get it on. La Corée du Sud a un des taux de fécondité les plus bas au monde, avec seulement 1,2 enfant par femme, un niveau bien en dessous du seuil de renouvellement des générations. Et la situation ne s'améliore pas vraiment, avec encore beaucoup de mariages arrangés et une société très pudibonde. La solution pourrait venir de l'île de Jeju, une destination très prisée pour les lunes de miel, où le parc Love Land a ouvert ses portes en 2004. Pour mettre les couples mal à l'aise dans une humeur procréative, le parc invite ses visiteurs à «apprécier la beauté naturelle de l'amour,» avec des attractions telles que les Montagnes aux Seins, le Grand Rocher du Pénis ou encore le vélo à masturbation.

Dickens World, Kent, Angleterre

Les temps sont durs. Alors que le Premier ministre David Cameron a promis d'importantes coupes budgétaires et des «décennies» d'austérité, il pourrait être utile pour les jeunes Britanniques de faire un retour vers le futur à Dickens World, une reconstitution des conditions de vie crasseuses et misérables de l'ère victorienne. Ramenez votre balai de cheminée pré pubère (votre enfant) et montrez-lui ce que des décennies de dépenses sociales et la crise financière ont produit. Arrêtez-vous chez le prêteur sur gage Peerybingles ou visitez la prison Marshalsea pour une charmante après-midi dans la misère, la pauvreté et la maladie du Londres des années 1800.

La Caminata Nocturna, Hidalgo, Mexique

Au sud de la frontière. Venez faire de la randonnée au milieu des magnifiques dunes, des vallées et des rivières de Parque EcoAlberto, à seulement trois heures au nord de Mexico City, le tout de nuit en étant poursuivi. La Caminata Nocturna, ou «ballade de nuit», est censée simuler ce que vivent les milliers de Mexicains qui essaient de traverser illégalement la frontière américaine chaque année. Et les indiens Hñahñu, qui organisent la simulation, savent de quoi ils parlent: des centaines des leurs ont effectué le voyage périlleux. Pour les autochtones aisés de Mexico City et quelques touristes étrangers, c'est un moyen de voir comment vit cette partie de la population. Des gardes-frontières émergent de la pénombre dans des pickups avec les sirènes à fond en tirant à blanc pendant que les visiteurs courent se couvrir derrière des cactus et rampent sous des clôtures.

Dubailand, Dubaï, Emirats Arabes Unis

A mettre sous la pile. Ça devait être le plus grand parc d'attraction du monde, un gigantesque monde merveilleux de presque 300.000 mètres carrés qui a coûté 63 milliards de dollars avec des grands-huit, des installations sportives et des hôtels. Conçu par la compagnie Tatweer, Dubailand se vendait humblement comme «le projet de tourisme, de loisirs et d'amusement le plus ambitieux au monde» et ses 45 «mégaprojets» devaient attirer 2,5 millions de visiteurs (en comptant les acheteurs d'immobilier, les travailleurs et les touristes) dans le pays-désert. Mais aujourd'hui, après l'effondrement de l'économie de Dubaï en 2009, le complexe est une succession de maisons à moitié construites perdues au milieu de piles de matériel de construction. Mais si vous étiez venu jusqu'aux Emirats en espérant trouver le Tiger Woods Dubai ou le Six Flags, pas de problème. Le parc aquatique Wild Wadi et Ski Dubai offrent un répit dans cette chaleur, et pour les cheiks en devenir, il y a le Ferrari World d'Abu Dhabi qui doit ouvrir ses portes en octobre.

Benjamin Pauker

Traduit par Grégoire Fleurot

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Photo: Le parc Astroland à Coney Island, REUTERS/Keith Bedford

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