Monarchie républicaine: les Français se révoltent
La rage contre les élites atteint un niveau sans précédent. La mèche du populisme est allumée contre une société bloquée de connivences et de statuts.
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La liste est longue des ministres dont la vindicte populaire a successivement demandé la tête (Albanel, Kouchner, Besson, Hortefeux, Mitterrand.....). Deux secrétaires d'Etat, récemment épinglés pour leur utilisation de l'argent public, Alain Joyandet et Christian Blanc, ont démissionné dimanche 4 juillet. Le chef de l'Etat, à peine élu, a fait l'objet d'un foisonnement éditorial sans précédent -près de 70 livres, dont le plus célèbre, «De quoi Sarkozy est-il le nom?» d'Alain Badiou s'est vendu à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires. Ce philosophe n'hésite pas à parler, sans plus de nuances, d'«une barbarie sarkozienne»- et brandit un marxisme dont on imaginait qu'il avait sombré dans les ténèbres de l'histoire.
Nicolas Sarkozy, fort de son succès aux élections présidentielles, a cru pouvoir imposer le spectacle d'un argent décomplexé. Mais il aurait pu aussi saisir en cinq minutes -instruit par la bourrasque qui s'est levée d'une soirée au Fouquet's et d'une croisière de luxe-, que cet étalage était reçu comme une insulte. Le bouclier fiscal à 50% pour les gros contribuables demeurera comme une faute originelle, davantage comme l'emblème d'une orientation politique, «le cadeau fait aux riches», que par le manque à gagner réel pour les finances publiques. Presque depuis son début, l'action de Nicolas Sarkozy a fourni un carburant au sentiment anti élite des Français, et cette rage s'est rehaussée d'un cran avec la crise financière et les révisions qu'elle impose à notre modèle social.
L'affaire Woerth -pour lequel, rappelons-le, aucun délit ne semble vraiment démontré- marque un point d'orgue. Elle porte sous le feu des médias un microcosme de connivences et de «petits arrangements»: un univers qui est loin d'être un mystère puisque les magazines people en font leur miel, et que la culture contemporaine a définitivement balayé la digue qui sépare les «activités publiques» des vies privées. Cette société de cour (Norbert Elias) mêle des héritiers des grandes fortunes, les dirigeants économiques, l'élite politique et le showbiz: un réseau souple de personnes qui se rencontrent fréquemment sous les lambris des palais de la République (et ailleurs), avec les favoris, les habitués, des intermittents, les tenus à distance, des transfuges, les amis indéfectibles, etc... Et cette solidarité de réseaux, à quelques nuances près, saute allègrement les changements de majorité politique (voir mon enquête sur L'élite rose de 1982).
De ce mode de fonctionnement les Français se sont accommodés pendant des décennies, grâce au prozac de la croissance. Quand il faut faire des sacrifices, les électeurs deviennent plus regardants. Néanmoins cette indulgence envers les élites est une marque de fabrique du pays. Quelle nostalgie d'un passé majestueux, quel calcul personnel (chacun peut espérer voir son enfant intégrer un grand corps par la voie hyper étroite de la méritocratie scolaire), ou quelle insolite fascination à l'égard «des puissants» expliquent cette mansuétude? La liste est longue des réformes qu'il eut fallu entreprendre pour briser la consanguinité des cercles du pouvoir: de la réforme scolaire (voir le livre de Baudelot/ Establet sur l'élitisme républicain) aux règles du pantouflage dans la haute fonction publique, du cumul des mandats à une législation rigoureuse sur la notion de conflits d'intérêt. Ces sujets finissent par être des serpents de mer auxquels aucune fraction de l'élite politique ne s'est vraiment attaquée, faute de trouver en son sein une majorité de convaincus ou de déterminés.
Le quatrième pouvoir, celui que prétendent incarner les grands médias, enfin, se caractérise par ses «distanciations imparfaites» avec le microcosme des sommets (Cyril Lemieux, Mauvaise Presse) et n'a jamais mené de combat ciblé sur la monarchie à la française. Il est plus facile de fustiger des logiques financières abstraites que de démonter finement les intrications de personnes morales ou physiques dans les sphères de dirigeants. Quand Le Monde, récemment, a révélé par une enquête la consanguinité des membres des conseils d'administration des entreprises du CAC 40, l'information n'a suscité qu'un émoi passager. Seule nouveauté législative: l'ouverture de ces instances dirigeantes aux femmes. Les heureuses recrues sont pratiquement toutes issues du même milieu et/ou des mêmes écoles, ce qui démontre presque par l'absurde la fermeture des cercles du pouvoir (Florence Woerth est entrée en 2010 au Conseil de surveillance de Hermès).
Une société à statuts
Comment est on alors passé d'une opinion publique qui «ferme les yeux» à une opinion publique en rébellion? D'abord, en France le sentiment anti élite, et notamment anti pouvoir de l'argent, est à fleur de peau et peu ne faut pour le réveiller. Comment le démontre un livre déjà ancien de Pierre Birnbaum, Le peuple et les gros (1979), dans ce pays de tradition catholique, la méfiance vis-à-vis des riches est fortement enracinée. Les 200 familles détentrices de grosses fortunes ont fait l'objet de la haine populaire dans l'avant-guerre, et cette stigmatisation s'est souvent articulée à l'extrême droite, en association avec un antisémitisme latent. Aujourd'hui, c'est moins la richesse installée (les grandes familles industrielles ont conquis une respectabilité) qui révolte que celle, démesurée, fraichement acquise par le levier de la finance et des médias et plus généralement de l'économie mondialisée. Cette nouvelle donne creuse les inégalités aux deux bouts de l'échelle sociale avec les pauvres (13% de la population vit avec un revenu en dessous du seuil de pauvreté) et les super riches (moins de 0,1% de la population aux revenus extravagants). Parallèlement, elle fragilise l'assise des classes moyennes, dont une partie se paupérise. La violence anti élite vise donc ces nouveaux seigneurs du capitalisme, incarnés par la caricature du bling-bling .
Dans leur livre sur La société de défiance (2006), les économistes Yann Algain et Pierre Cahuc dépeignent les traits d'une France peu solidaire, où chacun se méfie de l'autre -cet autre toujours soupçonné de consolider ses droits et avantages en jouant de son statut et des réseaux afférents. Ce modèle d'une société à statuts s'est construit à travers des prébendes étatistes et corporatives. L' esprit de méfiance renforce alors la suspicion à l'égard de la réussite économique: une majorité de français pensent qu'on ne peut arriver au sommet sans être corrompu. Ainsi l'exaspération des petits contre les gros, des défavorisés (exposés aux aléas du marché) contre les privilégiés (à statut), toutes ces humeurs qui travaillent depuis longtemps la société française se voient stimulées, poussées à leur paroxysme dans le contexte de la crise financière et de ses effets sociaux en cascade: d'un côté les gagnants (suspects) du grand casino mondial, de l'autre, les perdants.
Sentant le socle du navire France vaciller sous leurs pieds, les français portent un regard préoccupé sur l'avenir de leur progéniture. Une fraction importante de celle-ci peine à s'intégrer dans une société où plus que jamais diplômes et relations opèrent comme des sésames, rendant particulièrement aride et incertaine l'insertion professionnelle de ceux qui en sont dépourvus. Beaucoup de parents d'adolescents sont ainsi devenus obsédés par les résultats et l'orientation scolaire, alors que simultanément pointent dans les collèges et les lycées des questions socialement explosives: la phobie des études et l'absentéisme. L'angoisse autour des générations montantes recompose alors la thématique des gagnants et des perdants autour du destin des descendants.
Parallèlement, la parole des «gens d'en bas» et plus encore celle des couches moyennes, s'est libérée. Sur ce point, la vertu égalitaire d'Internet est souvent désignée. Le Réseau ouvre des promesses sans limites à la liberté d'expression et, finalement, transforme la tonalité et le contenu de l'espace délibératif. Non seulement il offre une tribune à tout individu qui cherche à faire connaître son point de vue, mais surtout il a permis une floraison de journaux et sites d'informations indépendants qui, en raison des coûts de fabrication et de transmission, n'auraient jamais vu le jour dans les entreprises de l'édition traditionnelle (voir l'article de Jean-Marie Charon dans la revue Réseaux janvier-mars 2010).
Dans le cyberspace, les modes d'expression s'éloignent considérablement de celles en cours dans les instances de la démocratie représentative, fondées sur le raisonnement et le rattachement à la géographie sémantique des partis politiques. Il autorise toutes les passions, et même toutes les pulsions. Ici, l'individu incline à se délester du «surmoi» et des codes en cours dans le monde physique. En particulier dans les blogs et les forums politiques, l'humeur, l'exaltation, l'invective, l'affirmation péremptoire bourgeonnent plus fréquemment que l'opinion balancée: or ces blogs qui reflètent «l'esprit du Net» sont souvent tenus et suivis par des couches intellectualisées, catégories dont l'image et le statut, précisément, sont ébranlés par le tourbillon de la mondialisation. Des rumeurs ainsi que des informations fausses ou approximatives se propagent et enflent sans rencontrer le filtre de l'expertise qui, dans les médias anciens, garantissait une certaine validation. En retour, le Web contribue à rectifier, déminer, moquer ce qui dans les news est répété à vide comme des évidences. La matrice intellectuelle du blogueur, c'est la non crédulité, et sa boussole, sa subjectivité.
Certes, le Web a été un détonateur pour l'expression des individus mais il véhicule, retravaille et amplifie des tendances qui s'enracinent dans l'histoire des médias audiovisuels depuis une vingtaine d'années: le fun et la dérision à l'égard de la scène politique traditionnelle, la confiance accordée à la parole des témoins ordinaires, l'empathie à l'égard des «petits», en particulier s'ils se manifestent en victimes. Ce regard «pas dupe» et «qui ne s'en laisse pas compter« est en congruence depuis longtemps avec la sensibilité des jeunes, qui plus que les autres se sont appropriés les émissions «décalées» sur la politique (les Guignols de l'info, le grand journal de Canal +) et la téléréalité. Ce scepticisme hilare a contaminé l'ensemble de la population, il configure «la culture d'aujourd'hui». Et s'il n'est pas si nouveau, il est décuplé par la puissance du Net.
De fait, la sphère publique remodelée flatte ce puits sans fond de l'anti élitisme, et fait feu de tout bois. Dans ce mouvement complexe, qui charrie autant de scories que de pépites, l'idéal de solidarité et de fraternité -la gratuité dans son sens altruiste est une valeur cardinale du Net- semble prendre le pas sur la vénération monarchique.
Peut-être l'envie de déboulonner la société de cour qui subsiste en France comme une hérésie historique l'emportera-t-elle. Il n'existe aucune fatalité pour que demeurent pour l'éternité une telle fermeture et un tel contentement de l'entre-soi entre bien nés et bien éduqués. Probablement aussi une société bardée de tant de filets sociaux ne bouge que par à-coups maitrisés. Difficile alors de dire où mènera la collusion entre l'anti élitisme enraciné de la société française, la défiance généralisée à l'égard des «nouveaux riches» et le pilonnage basiste d'internet. On le sait, au moment des élections, cette humeur peut s'éparpiller dans plusieurs directions: l'abstention, la gauche ou l'extrême gauche. Ou l'extrême-droite. Le populisme est une mèche enflammée que seuls des artificiers à sang froid peuvent éteindre. L'opposition en a-t-elle conscience?
Monique Dagnaud
LIRE EGALEMENT: Woerth-Bettencourt: au-dessous du volcan, L'affaire Bettencourt pour les nuls et La tragédie des grandes écoles.
Image de Une: Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy Jacky Naegelen / Reuters
Mis à jour le 05/07/2010 à 14h35













































Le français est monarchiste. Comment se révolter sans monarque ? ...et Solferino sera acclamée, hissée sur le bouclier de Brennus !!
"Le français est monarchiste" ? Vous avez vu ça où ? Un peu d'argumentation à cette idée toute faite serait appréciée.
Encore un article qui ressasse les mêmes clichés sans faire avancer d'un pouce la réflexion. Cet article, et c'est le bouquet, se termine par une accusation de l'opposition qui enflammerait la mèche du populisme de façon inconsciente (ou du moins qui l'alimenterait). Ben voyons, allons-y franchement sans pudeur. Les élites se goinfrent sans frein en rigolant devant le "bon peuple" et ce serait l'opposition qui est inconsciente ?
C'est vraiment du GRAND N'IMPORTE QUOI !!!
La société de cour a toujours sévi en France, mais elle a vécu une radicalisation par le décalage ahurissant entre le discours présidentiel et la réalité:
-la moralisation de la vie publique a été dynamitée par le yacht de M.Bolloré, le Fouquet's des "potes" et la Rolex de M.Séguéla!
- la mise en avant de la réussite par le travail et le mérite a été torpillée par l'affaire de l'EPAD!
Et le mélange des genres n'a jamais été aussi flagrant: ministre du budget trésorier de parti, Mme Woerth chez Hermès, Mme Chirac chez LVMH...
L'insolence et l'indécence des "nantis" dans l'étalage de leurs richesses conduisent à une frustration et une révolte qui vont au-delà du populisme, et ce qui peut sortir des urnes est de plus en plus imprévisible!
Et Internet donne une tribune aux contre-pouvoirs dont on mesure difficilement l'impact!
Une chose est certaine: par la loi de l'entropie le nivellement se fait toujours par le bas!
Un grand merci à madame Dagnaud pour cet article qui a dû faire tomber les dernières écailles des yeux, s'il en restait encore à certains, même si chaque argument renforce l'impression que nous vivons le début d'un séisme politique dont on ne voit que trop bien comment il pourrait finir, notre peuple étant ce qu'il est.
Inutile, pour le Parti Socialiste, de jouer les innocents et d'essayer de nous faire croire qu'il suffirait de changer de majorité pour tout arranger. Tout le monde a encore en tête les affaires multiples et variées auxquelles le PS aussi a été confronté en son temps.
Alors que faire ?
Il semble que ce soit madame Aubry qui la première, a entrevu le remède qu'il faudrait appliquer pour essayer de casser, ou en tous les cas de réduire, cette consanguinité du monde des affaires et de la politique.
Elle réclame depuis un certain temps, en ayant bien du mal à se faire entendre dans son propre parti, la fin du cumul des mandats.
Mais il faudrait aller beaucoup plus loin, outre le : un homme, un mandat, il faudrait aussi demander l'interdiction du cumul des mandats dans le temps, et limiter ceux-ci à deux, ainsi que cela a été fait pour celui du président de la République.
Ces mesures ne manqueraient pas de créer un appel d'air dans toute la sphère politique où on verrait se produire un renouvellement salutaire. Cela aurait de plus, le mérite d'obliger la classe politique à faire appel aux femmes et aux "minorités visibles" sans passer par le système des quotas qui pour beaucoup, est sujet à caution, dans une République qui se veut égalitaire.
Voilà une dénonciation en règle du "populisme" ou je ne m'y connais pas. Rien n'y manque, de l'invocation de Baudelot-Establet qui doivent être surpris d'être conviés à pareille fête, jusqu'à la stigmatisation d'Internet qui donnerait la parole à toutes sortes d'irresponsables, pour enfin mettre en garde contre les boute-feux : "l'abstention, la gauche ou l'extrême gauche. Ou l'extrême-droite."
Puis-je vous rappeler que c'est "Le Canard Enchaîné" qui a épinglé JOYANDET et BLANC : le premier pour avoir obtenu par un passe-droit un permis de construire illégal sur la côte d'azur; le second pour être l'objet d'une enquête fiscale à la suite d'une déclaration d'ISF sous-estimée.
En Grande-Bretagne, qui n'est toujours pas républicaine, le ministre du budget, à peine nommé, a démissionné pour moins que ça !
Et curieusement, la presse et la télévision nous amusent avec le voyage en jet privé de JOYANDET aux Antilles, et les coffrets de cigares de BLANC... Silence sur le reste.
Quant à WOERTH, il y a des mois que "l'opposition" dénonce le conflit d'intérêt entre sa fonction de trésorier de l'UMP et celle qu'il exerçait comme ministre du budget. Et il a fallu l'affaire BETTENCOURT pour que la droite, malheureuse victime du populisme incendiaire, s'inquiète du problème (Cf. Juppé et Lagarde) ? Il n'y avait pourtant pas besoin d'être un sans-culotte coupeur de têtes pour s'apercevoir que ça sentait le roussi depuis un certain temps déjà...
On apprend que MM.Blanc et Joyandet, qui ont (été) démissionné(s) aujourd'hui, retrouvent leur siège de député! Etonnant!
Un sous-ministre n'a pas le droit de se faire prendre les doigts dans la confiture ( c'est assez normal!), mais un député peut être une fripouille (ou pour le moins soupçonné de l'être), ce n'est pas grave!
Est-ce qu'on marche sur la tête?
Mais regardez bien les condamnations d'élus pour divers délits, très peu perdent leur éligibilité et la plupart reviennent récupérer leur mandat:
MM. Médecin, Mellick, Balkany (prison avec sursis pour détournement d'un million d'euros de fonds publics), Mancel (prison avec sursis)....!
Est-ce vraiment la moralisation de la vie publique ou bien n'avons-nous pas le choix car il y a trop de fripouilles chez les politiques pour choisir des hommes (et femmes ) intègres?
Nous n'avons que la société que nous nous sommes faite ou laisser faire par d'autres.
Croire que la nuit du 4 août 1789 les privilèges furent abolis est d'une grande naïveté (restons polis avec nos …temporains) alors qu'ils ne firent que changer de mains.
S'ériger en réformatrice d'un système alors qu'on a profité du népotisme parce qu'on est bien la fifille à son Papa, rions en avant d'en pleurer. Surtout quand on est l'initiatrice, à fins électoralistes, de loi économiquement néfastes : 35 heures et CMU. Même si les buts en semblent louables, c'est toujours celui qui paie qui trinque.
Bon, on dira que tel ou tel élu à fait ceci ou cela et que ce n'est pas bien. Que voulez-vous ? c'est dans la nature des Français de tricher, de frauder, de s'arranger avec la loi. Gross Filou ! entendait-on à une époque de triste mémoire. Rien a changer, ceux qui se font filouter, s'ils sont différents de leur personne, ne le sont quasiment pas de leur (s) fonction (s). Le Français s'en moque tant qu'on ne touche pas à son tiercé dominicale, ses congés payés et aux prix du beefsteak.
Qu'a-t-on fait de la loi sur les signes extérieurs de richesse ? Rien, parce qu'on voulait qu'elle s'applique aux autres, mais surtout pas à soi.
En conclusion, nous avons les politiques que nous méritons et s'ils furent élus c'est parce qu'ils nous ressemblent, ni pires ni meilleurs.
Ils se plaignent de ne pas pouvoir en faire autant...
Notons au passage que le papa en question a refusé de devenir le président des Français. Il les connaît trop bien ;-)
Commentaire lucide. Merci.
"Le scepticisme hilare"... je me reconnais ;-) Elle parle de moi.
Bravo pour ce papier, vraiment très bien écrit. Il décrit bien la situation et l'état d'esprit.
On étouffe! Pas tellement de la caricature "tous pourris", mais bien de cet enfermement consanguin des élites et de la société. Gauche/droite, les mêmes cercles et écoles, plus une affaire de posture que de fond.
On ne débat pas, on se fige dans des postures, ne met pas à plat les problèmes et solutions, s'enferme dans des slogans -pas de politique de rigueur à droite, pas touche à la retraite à 60 ans à gauche - pour s'écharper sur des affaires glauques: Bettencourt mélangeant soupçons et rumeurs.
On tourne en rond, ne va pas à l'essentiel, ne traite pas les problèmes (ou très partiellement) pour les voir mieux ressurgir cycliquement.
L'article est anxiogène (comme la situation décrite), et n'apport (comment pourrait-il) ni solution ni piste d'issue.
La France il y a tout juste trente petites années, était Leaders mondial dans la haute technologie et l'innovation.
Invention du Minitel, du Concorde, sont des exemples qui vous marquerons je pense le mieux, mais il y en a énormément d'autre.
En 2010, la France a perdu absolument tout son potentiel de développement technologique et d'évolution.
Le pire en vérité est que nous ne représentons absolument plus rien en terme de philosophie, même notre langue tend a disparaitre.
Avoir voulu suivre le modèle Anglo/saxon, nous a finalement condamnée à ce que notre civilisation pourtant millénaire soit tout simplement vaporisé dans les méandres du tartare.
En toute Franchise, j'aurai préféré naitre en Chine, Japon, Corée du Sud, au moins les Élites ne sont pas suicidaires.
Il n'y a que l'Europe et les USA qui subissent la crise économique.
La Turquie, la Chine, ont une croissance d'environs de 10% du PIB, ou est la crise la mondiale ?.
L'union de la BRIC avec en tête la Chine, devenu maitre du monde.
Je comprend que les français soient quelque peut en colère, ça n'est pas tous les jours qu'un peuple ce voit mourir en terme de civilisation.
Le peuple Anglais est dans le même cas que nous, donc au moins, nous ne sommes pas seul.
Bravo Messieurs et Mesdames les élites, en 30 années, vous avez réussi à détruire une civilisation millénaire.
Il n'y a pas de mondialisation, ça n'existe pas, il faudrait regarder au delà de nos frontieres.
L'Algérie, travail avec la Chine et la Russie, le Maroc cherche à faire un partenariat avec l'Algérie.
Les pays du Maghreb, veulent un rapprochement économique et monétaire, donc qu'ils deviennent indépendant de l'Europe.
La Turquie, l'Irlande, viennent de tourner le dos a l'Europe définitivement.
Du pur suicide, alors que la France avait un modèle planétaire acceptable dans le monde entier.
Pour preuve, ils veulent l'égalité, mais que leur corporation ait des avantages par rapport aux autres. En gros, ils cherchent à être privilégiés, comme la noblesse en son temps.
Le jour où les Français accepteront d'être égaux aux autres, alors, effectivement, les français seront en démocratie. Pour le moment, c'est naïf de le croire !
*** La vérité est un mille-feuille, et rares sont ceux qui demandent du rab, car, avec elle, on est très vite rassasiés !
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Si le citoyen français est très attaché à l’égalité, ne cherchez pas ! C’est dans l’espoir que cette égalité lui ouvrira des portes qu’il s'empressera de refermer derrière lui, avant de les verrouiller toutes, à double tour.
Car, pour ce citoyen aux origines souvent modestes (mais pas toujours), l’égalité est le seul moyen d’accéder à un statut privilégié dans le secteur privé comme dans le secteur public, et ce faisant, son seul espoir d'intégrer une classe du même nom, à savoir : la classe des privilégiés.
Deux siècles de ce régime d'exceptions et d'immunités pour les plus privilégiés parmi les privilégiés, ont fait qu’aujourd’hui, on peut affirmer sans se tromper : il ne reste plus une seule porte ouverte pour quiconque, toutes origines sociales, culturelles et ethniques confondues.
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Sans vouloir être désobligeant à son égard, et au risque de paraître franchement grossier, toutes choses étant égales par ailleurs - même si on sera bien en peine de savoir quoi et où -,
Dernièrement j'ai pensé à une chose : et si ce citoyen épris d'égalité était un petit Tartuffe (1) ? Un Tartuffe souvent sympathique, certes ! Mais... un tartuffe quand même ; et qui plus est, un Tartuffe de la pire espèce : de l'espèce qui niera tout en bloc, même sous la torture.
Dur à cuir et pervers, ce "rebelle" d'une mauvaise foi à fleur de peau, n'a qu'une seule et unique cause : une place au soleil pour lui seul.
Alors... diable ! Comment ne pas arriver à la conclusion suivante : et s’il y avait bien, ne serait-ce qu’une once de légitimité dans ce sentiment plutôt répandu dans certaines de nos contrées, et majoritaire dans d'autres, et qui force une conclusion sans appel : il y a bien quelque chose de profondément... pervers, au royaume de France.
Ce qui expliquerait en grande partie l’absence de solutions à la fois collectives et individuelles ; car, franchement, aujourd'hui, dans ce pays, on aide qui, à mettre (ou à remettre) un pied à l’étrier ?
Vous en doutez encore ?
Ecoutez un chômeur vous parler de son dernier entretien avec un conseiller de l’ANPE ; voyez cet employé face à un employeur dont le seul mérite est de créer des emplois de 25H par semaine, payés au minimum horaire ; testez la qualité de l'accueil d'un Rmiste, d'une fille-mère face à une assistante sociale ou bien, d'un titulaire d'une carte CMU dans un centre médical ; voyez ces milliers d'ados et de pré-adultes qui quittent tous les ans (280 000 chaque année), une institution qui, en 10 ans et plus, leur aura tout juste permis de maîtriser l'écrit et la lecture...
Et puis, rajoutez-y une couleur de peau et un nom venus d'ailleurs !
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1 - Tartuffe (dans le contexte de ce commentaire) : individu pas foncièrement méchant ni mauvais mais... faut pas lui tourner le dos ; et mieux vaut ne jamais avoir besoin de compter sur lui ; même si l'on ne doit pas oublier la profonde solitude et la fragilité de l'homme moderne, à la fois individualiste forcené (satisfaction de ses besoins) et grégaire (recherche de sécurité dans un groupe) au sein d'une réalité qui a pour fond social : la peur, la précarité et l'instabilité.