Culture

Les jeux vidéo peuvent-ils être de l'art?

Temps de lecture : 2 min

Photo: Présentation du jeu Final Fantasy XIII   Reuters
Photo: Présentation du jeu Final Fantasy XIII Reuters

Le célèbre critique de cinéma américain Roger Ebert avait écrit en avril dernier un article intitulé «Les jeux vidéo ne pouront jamais être de l'art». Trois mois et 1.480 commentaires plus tard, Ebert en a écrit un autre, où il synthétise et discute ces réactions.

Il y estime qu'il n'aurait pas dû afficher son opinion publiquement puisqu'il ne connaît rien aux jeux vidéo:

J'ai été un idiot de mentionner les jeux vidéo. Je ne donnerais jamais mon opinion sur un film que je n'ai pas vu. Et pourtant j'ai déclaré comme une vérité l'idée que les jeux vidéo ne pourraient jamais être de l'Art. Je le pense toujours, mais je n'aurais jamais dû le dire. Il vaut mieux garder certaines opinions pour soi.

Il cherche ensuite à définir le mot «Art» pour savoir si les jeux vidéo pourraient en faire partie, sans parvenir à une définition satisfaisante, et donc sans parvenir à répondre à sa question. Le dernier des blogs estime en fait qu'Ebert et ses contradicteurs sont passés à côté du sujet.

Pour lui, ces derniers ont évalué le jeu vidéo comme potentielle oeuvre d'art en prenant comme référence le cinéma et son esthétique, alors que «si le jeu est intéressant en tant que création artistique, ce n'est pas en tant que piètre imitation de formes connues de l'art, c'est dans sa spécificité propre, c'est à dire dans le rapport qui s'établit entre le joueur et le jeu, un rapport d'implication».

Certes les jeux vidéo ont développé leur propre culture visuelle et musicale (depuis le pixel jusqu'aux efforts d'hyper-réalisme actuels). «Mais l'essence du jeu vidéo en tant que création capable de provoquer des sensations ou des sentiments chez le joueur, son matériau principal, c'est bien l'action de jouer», estime le blogueur.

Le problème est que parler de jeu suppose un but à atteindre, explique-t-il, célébrant du coup Sim City comme «le premier chef d'œuvre du jeu vidéo, puisqu'il échappe à ce but sportif [...] un jeu sans perdant, sans gagnant et presque sans fin». Mais pour lui, l'intérêt des jeux vidéo est «dans ce qui précède l'accomplissement de ce but, c'est à dire dans le fait de jouer».

[Lire les deux billets de Roger Ebert, et celui du Dernier des blogs]

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Photo de une: Photo: Présentation du jeu Final Fantasy XIII / Reuters

A LIRE EGALEMENT SUR SLATE: Les jeux vidéo sont-ils une perte de temps? et Le jeu vidéo est l'avenir du cinéma, par Jacques Attali.

Mise à jour: Comme le signale Mactipiak, «jeux vidéo» ne prend pas de «s» à vidéo. Toutes nos excuses pour la faute...

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