Woerth-Bettencourt: au-dessous du volcan
L'affaire est-elle le reflet d'une France malade ou la sanction de moeurs politiques contestables?
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Eric Woerth tiendra-t-il? Pourra-t-il se maintenir? A l'évidence, cela devient de plus en plus difficile. La presse vit au rythme de ces questions, en forme de pressions, auxquelles un pouvoir quelque peu désemparé tente de résister. Exit, en effet, l'affaire Bettencourt, ce vrai roman noir familial, que Balzac n'aurait pas désavoué, et qui est aussi un sujet en or pour les psychanalystes, comme l'a rappelé, sur France Culture, Caroline Eliacheff, spécialiste de la relation mère-fille. Arrive donc l'affaire Woerth, en avant-garde dit-on, d'une affaire d'Etat, le tout fondé sur un soupçon de «conflit d'intérêts». Nous voici plongés dans un climat politique qui, à l'image de la météo, est de plus en plus irrespirable. Est-ce le reflet d'une France malade? Ou la sanction logique de moeurs politiques contestables et de plus en plus violentes? A chacun de juger.
La tentation de l'amalgame
Pour ce qui me concerne, autant le dire tout de suite, par conviction autant que par expérience, je n'aime pas hurler avec les loups. Il me semble toujours important de se dissocier du «banc de poissons» (l'image est de Luc Ferry) lorsque celui-ci se met en mouvement. L'expérience est évidemment celle de la chasse au DSK qui avait été enclenchée, sur la base d'un dossier apparemment bien ficelé, transmis à la presse et qui avait conduit notamment Le Monde à titrer «La faute de DSK» pour s'apercevoir, 6 mois plus tard, que la ficelle était un peu grosse. DSK fut donc blanchi. Mais, entre-temps, sous l'empire de la jurisprudence Balladur-Jospin, il avait quitté le gouvernement. Le plus brillant de nos ministres des Finances fut ainsi sacrifié, première défaite du front socialiste avant la déroute d'avril 2002. En ces matières, où pour être repu, il faut pouvoir brandir une tête au bout d'une pique, je plaiderai donc pour la prudence, simple variante de la présomption d'innocence. Au moins devrait-on attendre les conclusions de l'enquête de l'Inspection des Finances.
Si bien que je me suis senti pour la première fois (!) plus proche de Jean-Pierre Raffarin que de Ségolène Royal. Cette dernière, qui cherche à reprendre pied –elle est durablement distancée par DSK et Martine Aubry dans la course à la candidature– mais dont l'intuition est légendaire (elle capte parfaitement la réaction du plus grand nombre), Ségolène Royal donc a poussé le bouchon trop loin. «Système corrompu», a-t-elle dit. Expression que tout un chacun peut traduire par le célèbre «tous pourris», cœur de doctrine de l'extrême droite, mais en poussant l'amalgame à un niveau que devrait s'interdire celle qui a porté les espoirs de 17 millions d'entre nous. L'amalgame le voici: rendez-vous compte, a-t-elle dit en substance, Mme Bettencourt possède des milliards d'euros et Nicolas Sarkozy ne trouve pas 10 millions d'euros pour Heuliez...
Je préfère donc à ces escalades verbales opposer la sobriété d'un François Hollande, qui pose à Eric Woerth et au gouvernement des questions précises, ou celle de Jean-Pierre Raffarin qui exhorte les politiques à ne pas «ajouter la violence à la violence». Et qui propose de mettre sur pied une commission bipartite qui pourrait être conduite par des anciens premiers ministres, dont Lionel Jospin, a-t-il précisé, et qui serait chargée d'édicter un code des bonnes pratiques pour toute personne entrant au gouvernement.
En attendant, le feuilleton continue et va continuer. Car il y a fort à parier que, dès lors que la pression de la presse paraitra s'essouffler, d'autres citations des enregistrements clandestins de l'ancien maître d'hôtel de Liliane Bettencourt seront distillées. Nous vivons une sorte de remake moderne du fameux roman de René Victor Pilhes, L'imprécateur qui vient d'ailleurs d'être réédité. Dans ce roman, une seule personne, agissant dans les sous-sols, finissait par provoquer l'effondrement de l'entreprise. Elle agissait à coup de lettres anonymes.
La gauche croit pouvoir pousser son avantage. Elle pilonne donc sans égard pour son propre passé et les leçons qu'elle aurait pu en tirer, apportant sa pierre à la prochaine étape du film: celle dans laquelle une majorité de Français sera convaincue qu'elle est la victime d'une oligarchie malfaisante.
L'imprudence, le cumul et la possible affaire d'Etat
On dira à juste titre: oui, mais, il fallait à ce moment-là ne pas alimenter le soupçon. Dans l'affaire Woerth, on peut donc distinguer trois niveaux: celui de l'imprudence d'abord. Il était en effet imprudent que l'épouse du ministre du Budget travaille chez un gestionnaire de fortunes, qui avait affaire au moins à un des plus gros contribuables français. Le problème vient de ce que celui-ci, en l'occurrence Madame Bettencourt, fraudait le fisc. La limite est ici difficile à définir. On a en effet dit à Eric Woerth: il ne fallait pas qu'elle travaille pour une entité susceptible d'être contrôlée par le fisc. Mais autant alors lui interdire de travailler, car tout le monde est susceptible d'avoir des contrôles fiscaux. Poser ce genre de limites, c'est renvoyer les conjointes de ministres à perpétuer la tradition d'Yvonne de Gaulle qui est, soit de faire du tricot, soit la charité. Mais alors il ne faut plus édicter de loi sur la parité. Et à l'heure où les organisations féministes réclament la fin de la double signature sur les déclarations d'impôt afin que l'homme signe la sienne et la femme la sienne propre, il faudra quand même s'accoutumer à l'idée que cette liberté-là vaut aussi lorsque l'un des deux entre au gouvernement.
Le deuxième niveau est plus préoccupant: il s'agit du cumul de la fonction de ministre du Budget, que fut Eric Woerth, avec celle de trésorier de l'UMP et collecteur de fonds du Cercle des riches donateurs au bénéfice de l'action de Nicolas Sarkozy. C'est Alain Juppé qui avait choisi Eric Woerth comme trésorier de l'UMP. Et c'est le même Alain Juppé qui concède aujourd'hui qu'il devrait y avoir incompatibilité entre l'appartenance au gouvernement et le rôle de trésorier du parti. Surtout lorsque ces mêmes partis politiques tirent le plus gros de leurs revenus du fond public. Cette question, après l'affaire Woerth, ne devrait plus être discutée.
Enfin, troisième niveau, peut-être le plus inquiétant en même temps que le plus dangereux politiquement: à partir des enregistrements de ce fameux maître d'hôtel, il est suggéré que des pressions pouvaient être envisagées, ou plutôt des recommandations, qui, toutes, peuvent laisser penser que le conseiller pour la justice du président de la République –qui ne l'est plus aujourd'hui– Patrice Ouart, pouvait influencer les magistrats. Si les soupçons se confirmaient, ce serait en effet une affaire d'Etat.
On verra d'ailleurs sans doute que ce fil-là sera tiré au maximum, car qui dit conseiller à l'Elysée, dit Elysée; qui dit Elysée, dit Sarkozy. CQFD. Inutile de rappeler que tout ceci se déroule dans un contexte de crise internationale, qui appellera chaque jour davantage des décisions plus difficiles. Contexte anxiogène s'il en est dans une société où la violence affleure à chaque instant. Nos politiques ont donc choisi d'interpréter pour nous Au-dessous du volcan.
Jean-Marie Colombani
À LIRE ÉGALEMENT SUR L'AFFAIRE WOERTH-BETTENCOURT: Affaire Bettencourt: rancoeurs en haute sphère, L'affaire Bettencourt pour les nuls, Qu'est-ce qu'un gestionnaire de fortunes ; La tradition de la collusion et L'affaire Woerth et la déontologie
Photo: Le volcan Tungurahua en éruption. Guillermo Granja / Reuters
Mis à jour le 05/07/2010 à 14h38












































L'appel du parquet de Nanterre contre la décision du tribunal a été interjeté à l'initiative du procureur Courroye, selon toute logique. Or ce même M. Courroye a été cité dans les enregistrements "pirates" sur lesquels Mme la présidente (du tribunal de Nanterre) entend mener son enquête. Il ne me semble pas convenable qu'une république démocratique puisse en arriver à de tels désordres. Si le coeur du procès -le conflit mère/fille- intéresse peu les français, les nombreuses infractions mises au jour à l'écoute des enregistrements (ou à la lecture du verbatim publié par "le point") justifient que des investigations sereines et approfondies soient menées. Est-ce possible sans une délocalisation de l'enquête entre des mains plus neutres?
Voilà un article de monsieur Colombani qui va lui attirer bien des sarcasmes de tous ces "poissons" dont il tente de se tenir éloigné.
Pour ma part, je considère que monsieur Colombani est un de ces journalistes qui font honneur à toute la profession, qui en a bien besoin.
Mais si on essaie de réfléchir, autrement qu'avec le cerveau reptilien d'un poisson, il faudrait regarder de près "à qui profite le crime" ?
Et si tout ce procès Banier (car il s'agit encore du procès Banier et de rien d'autre) n'était que la première étape pour qu'à terme, Nestlé fasse main basse sur le groupe l'Oréal, dont il faut le rappeler ici - puisque la plupart des "poissons" préfèrent le passer sous silence - le mari de madame Bettecourt-Meyers, est un des administrateurs, en même temps qu'il administre le groupe l'Oréal aussi ?
Vos considérations sont dérisoires. Si Nestlé veut se payer l'Oreal il le fait demain: Nestlé vaut en bourse 141 Mds d'€, l'Oréal 46 et Nestlé en possède déjà 30%. Franchement, si j'étais actionnaire de l'Oreal je préfèrerais partager mes sous avec Nestlé qu'avec cette Mme Bettencourt qui passe son temps à se faire compter fleurette par un photographe Has Been. Et ça rapporte quoi à la France que Mme Bettencourt soit domiciliée en France ? En fin de compte, votre argumentation n'est-elle pas simplement là pour faire oublier la soumission de Sarkozy et de l'UMP aux forces de l'argent ?
Je vous accorde volontiers que mes considérations sont très loin de valoir les vôtres en tous les cas si on en juge par le ton sur lequel vous les proférez.
Il est vrai que "Le Canard enchaîné" ne fait pas partie de mes lectures régulières et que je ne lui ai jamais accordé valeur d'évangile.
Quant à madame Bettencourt, si on en croit monsieur Boggio, elle paye, bon an, mal an, 40 millions d'euros au fisc français. Une paille, direz-vous sans doute !
Si mon "argumentation est là pour faire oublier la soumission de Sarkozy aux forces de l'argent", la vôtre n'est-elle pas là dans le but unique de nuire à Sarkozy et à cette famille honnie parce que trop riche, quitte à ce que cette entreprise française soit absorbée par Nestlé dont la réputation n'est pas d'être blanc-bleu, non plus, à en croire ce qu'en dit Jean Ziegler.
Cordialement.
P.S. Madame Bettencourt se faisait "compter fleurette" par un photographe has been ?
Le conte ne dit pas si le compte était bon !
(p. p. Le Canard enchaîné)
Mme Bettancourt paierait 40 millions au fisc (cette somme tient-elle d'ailleurs compte des 30 millions que Sarkozy lui rend ?) ? Rapportés aux 270 millions qu'elle touche chaque année de l'Oréal en dividende ça fait bien peu (15%). Comparés aux 10 milliards de sa fortune, ça fait encore moins ( 0,4%). En proportion, elle paie beaucoup moins que moi et elle n'a jamais travaillé. Elle n'a même pas l'idée de ce que c'est que travailler, c'est bien triste. Je sais bien que pour des gens comme vous c'est normal mais nous sommes très très nombreux en France et ailleurs à penser le contraire. Même Bill Gates et Warren Buffet pensent comme nous : "on ne peut servir Dieu et l'argent". Où vous tenez-vous ?
Marianne rappelle très justement que le gendre de la très chère Liliane est à la fois administrateur de Nestlé et de L'Oréal. Ça ne vous interpelle pas ? Mois je trouve ça très intéressant... il en faut beaucoup moins au microcosme pour supputer sur le couple Woerth. Admettons. Moi je crois qu'on nous fait un coup à la Gérard Majax... on nous fait regarder ici, alors que l'action c'est là bas... les trois godets avec la pièce, vous connaissez ? Alors, il est où le milliard ? A droite, à gauche ou au milieu ? Les vacances, et surtout le mois d'août seront décisifs... pour une bonne entourloupe, maîtriser le calendrier c'est important.
D'autre part, vous semblez assez au faits de l'actionnariat de Nestlé dans L'Oréal. Pourriez vous SVP m'expliquer comment Nestlé ferait pour se payer le contrôle de l'Oréal sans acheter la part de la mamie qui, si mes souvenir sont bons, est supérieure à celle de Nestlé. Car la Vielle Dame ( note au lecteur: pour comprendre lire le livre de Frédérique Dard), je la sens disposée à lâcher le magot. Rappelons aussi que racheter sur les marchés institutionnels de vastes quantités d'actions, pose un petit problème: plus vous achetez, plus le prix monte; ce qui coûte 100 aujourd'hui, par le simple fait de l'acheter coûte 120 le lendemain. Un exemple concret fut la tentative de vente à découvert des hedge funds pour se se gaver sur la chute du cours VW m'avait bien fait rigoler: ils avaient misés sur la baisse de l'action VW, mais n'avait pas saisi que Porsche avait patiemment acquis en toute discrétion une part colossale de VW, au lieu de la baisse de l'action, leur achat à kroum des actions VW, s’était soldée par une envolée du titre pas prévue au programme. Suit l'écroulement du cours quand les protagoniste étaient soit KO pour les hedge funds, soit à cours de ressources pour Porsche. Ça s'est soldé par la VW qui à racheté Porsche (le gibier qui se fait le chasseur) et les les hedge funds en faillite.
Faire passer les actions sous le contrôle de Monsieur Meyers par le biais d'un héritage est bien plus malin... et quasiment gratuit. Mais, je me suppute. Ce doit être mon esprit chagrin qui voit le mal partout, peut être me trompe je ;-) Le Monsieur Meyers en question, il a épousé Françoise pour sa frimousse et ses talent littéraires. C'est un altruiste, un bon gars.
Les gens sont mauvaise langue, quand même !
Bravo Monsieur Colombani pour votre article qui n'est pas s'en rappeler le ton de votre regretté prédécesseur Pierre Viansson Ponté et ce n'est pas un mince compliment !
Article très bon. Je me méfie des amalgames aussi depuis qu'en 1977 mon père, maire socialiste, a été battu par un autre candidat ... socialiste ! A l'époque j'étais jeune, mais je me suis toujours plus ou moins méfiée de la politique : les affaires Boulin, Ben Barka, les diamants de Bokassa, etc... et plus récemment, Bérégovoy, de Grossouvre, etc... il ne se passe pas une année sans qu'une affaire soit montée en épingle par les médias, mais là nous atteignons le paroxisme avec pêle-mêle, l'argent, la politique, les intérêts d'une des plus grosses fortunes de France et un ministre qui je pense doit être honnête mais m'a l'air dépassé... oui, je pense sincèrement que M. Woerth n'a pas mesuré les conséquences du pétrain dans lequel il s'est fourré!!!! c'est çà la politique. D'ailleurs, M. JUPPE fait une sacré volte-face et n'a pas l'air de se souvenir qu'en son temps, il avait été lui aussi très attaqué....
C'est souvent lorsque la tempête gronde qu'on compte ses amis doit se dire le ministre du travail.
Quant à ceux qui réclament haut et fort sa démission, il faudrait tout un wagon de ministres qui partent vu ce que toute la presse a dénoncé d'avantages énormes et de passe-droit.
Les vacances vont arriver pour tout le monde, la tempête va retomber et la rentrée amènera son lot de scandales en tous genres.
et comme dit un célèbre chroniqueur : "le problème c'est quand c'est fini, tout recommence"...
jusqu'en 2012.... tout n'est pas fini !
- "je n'aime pas hurler avec les loups" : pour autant ne doit-on rien dénoncer clairement ? On apprend ce matin que la comptable de Mme Bettencourt "distribuait" 50 000 € par semaine mais aussi que l'association de M. Woerth € bien touché 7500 € de Mme Bettencourt en 2010... Dans un merdier pareil, il faut être du côté de la morale non ?
- "autant alors lui interdire de travailler" : on apprend aussi ce jour que Mme Woerth se rendait fréquemment à Genève pour travailler mais pour y faire quoi alors ? On apprend aussi que Mme Bettencourt est la première bénéficiaire en France du bouclier fiscal.
Je vous conseille la lecture du Canard Enchaîné de cette semaine consacré à M. Woerth. Quand on fini la lecture on a compris à qui on a affaire. Après, l'article à écrire est relativement facile à écrire.
Les mauvaises excuses ne sont pas valables pour justifier les agissements de ces types de l'UMP.
Il faut aussi bien reconnaitre que Woerth et le gouvernent n'ont eu de cesse de provoquer leurs contradicteurs (ca semble être leurs méthodes). Je me rappel qu'a la question sur les conflits potentiels que pourraient avoir un homme à la fois ministre du budget et trésorier du parti de la majorité, l'intéressé avait dit : "que me voulez-vous avec cette question stupide".
Il est aujourd'hui prouvé que la question n'avait rien de stupide. Donc, avec un tel dédain affiché il est normal qu'il y ait un retour de bâton.
Et si on reparlait de république irréprochable ?
Circulons, y'a rien à voir !!
C'est normal, puisque les français ont voté en masse pour un avocat d'affaires, ils ont récolté des affaires. Pas de quoi se frapper. C'est les vacances, que diable !
Si vous voulez disculper Woerth, il suffit de repondre a quelques questions simples:
- Mr Woerth, est il vrai que vous etes intervenu afin que Mr de Maistre embauche votre epouse? et ceci juste apres avoir ete nomme Ministre du budget.
- Si c'est le cas, quelles sont les raisons/motivations qui vous ont amenees a intervenir?
- Si c'est le cas, ne voyez vous pas de probleme ethique compte tenu de votre position de ministre du budget?
- Pensez vous que tout ce qui est legal est permis?
- Puisque cette defense a ete invoquee, en quoi devenir intime avec Madame Bettencourt aide a garder L'Oreal comme une societe Francaise alors qu'apparemment, la nu propriete des actions L'Oreal a ete transmise a sa fille qu'une telle intimite ne peut qu'aliener?
...et bien d'autres... (ne voyez vous pas que vous donnez
Ce qui m'etonne, c'est le manque de reponse a ces questions de base. J'aurais souhaite que Mr Colombani dont le souci de ne pas suivre la foule est tout a fait louable, se sente aussi oblige de poser les vrais questions (il y en a bien plus que celle que j'ai imaginees en 2 minutes)
Mr Woerth, est il vrai que vous etes intervenu afin que Mr de Maistre embauche votre epouse? et ceci juste apres avoir ete nomme Ministre du budget.
Si la femme de Mr Woerth a été embauchée dans la foulée de sa nomination au Ministère du budget, le conflit d'intérêt me semble évident même en l'absence d'intervention personnelle de Me Woerth.
Que dirait-on si Mme Obama était engagée par BP pour diriger ses services juridiques?
Alors ma comparaison est sans doute exagérée, mais même s'il est possible qu'il n'y avait pas eu à l'époque de suspicion de fraude fiscale, passé un certain nombre de zéro, l'essentiel de la tache d'un gestionnaire de bien c'est de faire de l'optimisation fiscale. Connaître les orientations fiscales du gouvernement avant qu'elle ne soit rendue publique, suffirait à motiver n'importe quelle embauche.
Alors je ne doute pas qu'une muraille de Chine sépare Mr et Mme Woerth dans le lit conjugal, mais je pense que je me poserais des questions si je recevais une proposition d'embauche tout de suite après la nomination de mon épouse à un poste aussi sensible.
Quel bonheur! Des scandales à gogo en haut lieu.
Des vols en jet privé par ci, des cigares aux frais du contribuables par là, des appartements de fonction pour les tantes et les mamans là-bas et, comme gâteau à la crème, ce ministre si sobre et si sérieux, qui s'annonçait comme le Zoro de la rigueur financière, s'attaquant aux vilains comptes bancaires off shore, qui déjeune avec la femme la plus fortunée de France qui figure parmi les détenteurs de tels comptes et qui est la patronne de sa femme!
Une délice qui fait oublier le catastrophe au Mondial du Foot (c'est dire!). Tout le monde s'amuse!
Mais ce qui est frappant avec cette cacophonie c'est le silence qui régnait avant.
Aucun journaliste n'avait jamais entendu parlé d'élu qui se servait de la caisse publique pour ses petits achats? Personne ne se servait inutilement de jet privé pour sa convenance personnel? Toutes les appartements de fonction étaient habités modestement par leurs ayant droits?
Il est vrai que le bon vieux Canard nous titillait de temps en temps avec quelques abus embarrassants. Mais c'était des cas particuliers. L'État français tenait 'droit dans ses bottes' pour utiliser l'expression d'un des intéressés.
L'opposition était vigilant prêt à dénoncer le moindre abus - sauf accord avec le pouvoir pour ne rien dire si le pouvoir lui faisait pareil concernant telle ou telle casserole de l'opposition! Comme pour l'affaire des pourcentages de 'commissions' sur les constructions d'écoles en île de France...
Qu'est-ce qui a changé? Tout simplement tout! C'est la crise.
On sait qu'il y a toujours eu des chômeurs de trop. On sait qu'à notre demande tous les gouvernements ont dépensé plus qu'il ne recevaient en revenus fiscaux. On sait que les ventes d'armes (oui, mais des armes françaises!) à des pays pourris se faisaient grâce à des retro-commissions.
Mais on nous emmerdait pas trop.
Aujourd'hui c'est fini. On nous demande à NOUS de rembourser NOS dettes! Quand 'Eux' ils vivent comme des princes! Il va avoir de la RIGUEUR (même si ILS ne le disent pas trop fort). Et ça, ce n'est pas drôle.
Donc tout d'un coup l'ensemble du corps médiatique cette fois-ci, flairant la bête aux aboies, dévoile tout. Sarko intervient. Le gouvernement chancelle. Qu'est-ce qu'on rigole - un peu jaune c'est vrai.
Une pensée. Retournons un peu en arrière. Je me souviens d'un certain Bérégovoy qui au parlement même a agité une liste sur laquelle, disait-il, figurait les noms de certains grands fraudeurs qu'il allait dénoncer. Un peu plus tard on le trouve mort.
Notre Zoro à nous a annoncé qu'il avait une liste plein de gens qui avait des comptes secrets en Suisse (une liste où, peut-on supposer, ne figurait pas le nom Bettancourt?) Aujourd'hui il est mort politiquement.
A qui profite le crime?
Je suis incapable de prédire ce qui va arriver au différents protagonistes ( Woerth etc...). Depuis que le majordome a lâchés les bandes, ça devient un chouïa complexe (the butler did it). Faut dire qu'on est en plein roman... Peut on acheter les droits pour le cinéma ?
Par contre je peux prédire que Nestlé est en bonne place pour prendre le contrôle de la totalité de l'actionnariat de L'Oréal. Sans lâcher un sous. Monsieur Meyers, à qui on ne reproche rien, est lui bien positionné, le postérieur confortablement assis sur deux sièges cossus du conseil d’administration ( Nestlé et L'Oréal). On doit lui donné du Monseigneur à l’heure qu'il est au futur régent. Il me semble inévitable, qu'en tant qu'époux de l'assez prochaine héritière d'un beau tiers de l’actionnariat L'Oréal, que ses collègues de chez Nestlé lui signifie une certaine déférence, voire allégeance. Pas besoin d'avoir fait de la voile sur le Lac Léman, connu pour la variabilité de ses vents, pour savoir que ce Monsieur va prendre de l'importance... beaucoup d'importance. Je ne me risquerait pas à prendre un pari contre sa nomination à la tête de L'Oréal le lendemain même des obsèques. Pas que ce soit imminent, mais enfin, c'est envisageable ;-) Une mauvaise canicule, une clim en panne... Oui je sais, vous devez me trouver un tantinet cynique...
Reconnaissons que nos voisins Suisses, qui ne sont pas des tendres, sous leur petits airs de gentils garçons bien helvètes à lunnettes carrées sans monture, ils font ça bien... blanc comme leurs alpages le Monsieur Meyers, rien à lui reprocher. Pendant que sur le ring, c'est le catch à quatre, mord zy l’œil, on nous présente un couple idéal, un chef d’œuvre de discrétion et de probité le couple Meyers Bettancourt, drapé dans une dignité simple et un parfum de culture classique... infiniment moins décadent que Lilianne et son photographe.
Ce ne serait pas la première fois que le crime profite à Nestlé...
C'est en tous les cas ainsi que madame Eliacheff termine son billet sur France Culture concernant l'affaire Bettencourt.
A lire la presse en général et même certains slateurs, on a le même sentiment.
Il est tout de même étonnant, en tous les cas pour quelqu'un qui a toujours pensé que Slate.fr était un lieu de débat, de se trouver interpelé sur un ton digne d'un quelconque Commissaire du Peuple, pour se voir sommé de faire son autocritique sociale.
Petit rappel pour les oublieux béotiens que nous sommes : l’Oréal fut membre de la Cagoule, l’officine d’extrême-droite qui fut créée dans les année 30 pour contrer le communisme. Cette officine nageait dans la mouvance de l’Action française et des Camelots du roi. La Cagoule perpétra plusieurs attentats, plusieurs de ces membres prirent fait et cause pour Hitler et pendant l’Occupation choisirent la Collaboration. Parmi les personnalités, on trouve Claude Roy (écrivain journaliste à « Je suis partout », journal antisémite), Pierre Bénouville (issu d’Action française), les frères maristes de Paris, Pierre Bettencourt (qui dirigea le journal « la terre française ») et … François Mitterrand (qui porta la Francisque). Au fil du temps, ces activistes de droite entrèrent dans la Résistance, soit par nationalisme/antigermanisme, soit par opportunisme. Ni les personnes, ni les entreprises n’eurent à rendre des comptes. Et si on grattait un peu pour voir où s’enracine cette fortune de madame Bettencourt …
Je voulais éviter ce débat sensible, mais, puisque vous en parlez alors, allons jusqu'au bout.. d'abord rajoutons à ce gentil trombinoscope François de Grossouvre, le suicidé de l'Elysée. Faux innocent garde des chasses présidentielles mais vrai barbouze qui a bouffé à tous les râtelier.
Rappelons aussi, que le très probable prochain numéro 1 de L'Oréal, Jean Pierre Meyers, a perdu ses parents et grands parents dans la Shoah. Il est l'époux de Françoise Bettencourt, ils cumule plusieurs postes de directeurs avec celui de vice président du conseil d'administration de L'Oréal, de plus il est président du comité de rémunération du groupe Nestlé et vice président de la fondation Shueller Bettencourt. Il leur fait ça bien, dans les règles de l'art.
Comme disent le Anglais: "don't get mad, get even" qui pourrait se traduire comme ça: ne vous énervez pas, prenez leur tout ce qu'ils ont.
Cher monsieur Colombani, en dépit de l'estime que j'ai pour vous, je dois vous dire que vous passez à coté des sujets.
Le premier est celui de la duplicité du couple W, dont l'époux se déchaine contre la Suisse alors que l'épouse passe son temps à Genève, voir à ce sujet "La Tribune de Genève".
Le second est celui des critères d'attribution de la Légion d'Honneur. Il faut croiser la liste de donateurs privilégiés de l'UMP chouchoutés par monsieur W avec celle des récipiendaires de l'encore prestigieuse distinction.
Le 3 ième est celui de la manipulation des contrôles fiscaux par les autorités politiques.
Le 4 ième est celui des destinataires de 50 000 € hebdomadaires retirés des compte de madame B et remis en liquide à des bénéficiaires inconnus (voir RMC)
Le 5 ième est celui de l'omniprésence du président de la République, qui reçoit personnellement des acteurs de ce dossier. (vous l'avez signalé).
Attendre quelque chose d'un rapport de l'Inspection des Finances est parfaitement risible, eu égard a sa dépendance au Ministre.
Citer DSK est bien fallacieux: il n'a en aucun cas été blanchi, la preuve de sa culpabilité n'a pas été apportée de façon recevable judiciairement, c'est autre chose. Par ailleurs, pour les faits relevant de la Haute Cour, (laxisme au niveau du dossier fiscal de riches amis, ça ne vous rappelle rien), il n'y a pas eu procès, le monde politique s'est auto protégé.
Bel et bien, c'est à la haute Cour qu'il faut penser ici, pas à une commission vouée à enterrer les faits.
Interview sur LCI pour ceux qui comme mois vivent en dehors de l’hexagone: http://videos.tf1.fr/jt-we/liliane-bettencourt-je-n-ai-subi-aucune-pression-5906764.html
Les similarités entre les affaires Bérégovoy et Woerth sont de plus en plus inquiétantes. Espérons une fin moins tragique pour l'affaire Woerth.
Récemment nommé Premier Ministre, Bérégovoy en 1992 annonce au parlement « je veux publiquement apporter mon soutien aux juges qui poursuivent la fraude, sans autre passion que le droit. On soupçonne certains hommes publics de s'être enrichis personnellement de manière illégale.... j'ai ici une liste de personnalités...S'il existe encore des élus qui, à quelque niveau que ce soit et à quelque parti qu'ils appartiennent, ne respectent pas les nouvelles règles de financement de l'activité politique, qu'ils le sachent : le gouvernement sera impitoyable. »
Peu après sa déclaration on commence à entendre parler de scandale autour du Premier Ministre. Il aurait bénéficié des largesses d'un riche industriel lui-même impliqué dans une affaire de 'insider trading' – l'affaire Péchiney.
(je cite Wikipedia), « le juge Thierry Jean-Pierre, découvre non seulement le prêt Pelat, mais aussi les nombreuses libéralités accordées à la famille Bérégovoy : ainsi la prise en charge financière par Roger-Patrice Pelat de vacances du couple Bérégovoy, entre 1982 et 1989 ; les versements d’argent effectués à Lise Bérégovoy, l’une des filles du Premier ministre, pour qui Pelat se portait également caution auprès des banques pour des emprunts répétés ou encore des billets d’avion gracieusement offerts à la jeune femme.
Aucune action judiciaire n'est engagée contre lui et rien ne dit qu'il y avait matière mais, à la veille d'une défaite électorale annoncée, le Premier ministre, qui se voulait exemplaire au point de prendre la tête d'une croisade contre la corruption, apparaît politiquement miné par ces affaires. »
Personne, semblait-il, ne s'intéressait aux affaires financières de Bérégovoy avant sa déclaration au Parlement. Un an après on le trouve mort. L'enquête de police a conclu à un suicide. Malgré ses deux balles dans la tête.
Woerth aussi a mis ses mains sur une liste. Celle de contribuables français qui auraient des comptes non déclarés en Suisse. Ils allaient voir ce qu'ils allaient voir. Il l'annonce tout haut.
En même temps une très grande entreprise française pourrait changer de main pour aller à l'étranger exactement comme dans le cas de Péchiney à l'époque.
Personne avant cette déclaration de Woerthe avait mis en doute l'intégrité de ce ministre.....Personne ne parlait de Bettencourt, l'Oréal et Nestlé.
Aujourd'hui les chiens sont lâchés comme aurait dit Mitterrand. Espèrons qu'ils n'arrivent pas à attraper leur proie de la même manière.
Je souhaite tout comme vous que Mr Woerth ne prenne pas le chemin de Mr Beregovoy, mais franchement pour l'instant, si similitude il devait y avoir, ce serait plutôt avec la nomination de Jean Sarkozy à l'EPAD. On est dans la farce plus que dans le drame, avec tous ces membres du gouvernement qui nous répètent que Mr Woerth est un honnête homme. Et d'ailleurs pourquoi se suiciderait-il puisque comme on ne cesse de nous le répéter, il n'y a pas de conflit d'intérêt. Avec une mention spéciale pour la dernière déclaration de Claude Guéant Un honnête homme comme Eric Woerth ne songe pas à prendre des précautions parce que la tentation du conflit d'intérêts ne traverse même pas son esprit http://www.slate.fr/story/24115/gueant-sarkozy-soutien-woerth-dans-affaire-bettencourt Et donc si je comprends bien, même s'il pourrait y avoir un conflit d'intérêt, ce ne serait pas le cas avec Mr Woerth parce que Mr Woerth n'y a pas pensé. Le conflit d'intérêt n'est pas le résultat d'une situation objective, mais de la conscience que l'on en a ou pas. A ce compte là, la pseudo élection de jean Sarkozy n'aurait pas été du népotisme, parce que le fils du Président pensait être élu pour ses exceptionnelles qualités personnelles.
Avec la multiplication des rumeurs gênantes sur ce que fût l'activité de Me Woerth, au sein de la société chargée de gérer les actifs de Mme Bettencourt, on commence à voir émerger une théorie sur cette affaire qui voudrait que ce soit la main invisible de la banque suisse qui alimenterait cette affaire pour se venger d'Eric Woerth en raison de sa chasse aux paradis fiscaux en général et aux fraudeurs français en particulier.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/07/02/affaire-bettencourt-les-banques-suisses-chargent-eric-woerth_1381985_3224.html
Je dois dire que j'ai un peu de mal à prendre au sérieux cette vision d'un banquier suisse revanchard et machiavélique, non pas que je doute un seul instant de ce que les banquiers suisses puissent être machiavéliques (revanchards je suis moins convaincu car c'est mauvais pour les affaires), mais parce que, pour reprendre un homme politique français célèbre, la fameuse liste d'Eric Woerth a fait pschitt, et la lutte contre les paradis fiscaux semble bien devoir se terminer par quelques mesures cosmétiques.
P.S. On parlait beaucoup de Bettencourt, François-Marie Banier et l'Oréal avant, mais c'est certain que désormais c'est devenu l'affaire Bettencourt/Woerth.
Sur Rue 89
http://www.rue89.com/entretien/2010/07/04/affaire-woerth-comment-on-se-rend-service-dans-le-gotha-157378
Monique Pinçon-Charlot : Oui, ça a beaucoup changé car le système économique lui-même a changé. On est passé d'un système du libéralisme, dans lequel l'Etat a une relative autonomie par rapport au monde des affaires et de l'économie, au néolibéralisme.
Avec l'arrivée du néolibéralisme, symbolisée par l'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy, l'Etat perd beaucoup de son autonomie au bénéfice des affaires qui rentrent au cœur de l'Etat. Au point qu'on peut dire que Nicolas Sarkozy est véritablement le porte-parole, au sommet de l'Etat, d'une oligarchie financière.
Pour reprendre la déclaration de Claude Guéant, la famille Woerth n'a pas vu de conflit d'intérêts, parce qu'à leurs yeux il n'y avait pas conflit d'intérêts. Il était tout à fait naturel, une fois arrivée au sommet de l'état, de continuer à gérer au mieux leurs intérêts financiers et ceux de leur groupe social, quitte à aller contre l'intérêt général, parce qu'ils sont persuadés que l'intérêt de la France se confond avec leurs propres intérêts.
C'est la version française de la célèbre déclaration de Charles Wilson, alors PDG du groupe en 1953, "Ce qui est bon pour General Motors est bon pour l'Amérique".
Merci M. Colombani pour cet article, il est dommage de l'avoir écrit avant l'annonce de la "petite comptable" et des 50000€ de liquidité versés à ???? toute les semaines.
Si notre pays était une DEMOCRATIE (tout simplement) le ministre de la justice demanderait que la "petite comptable" soit entendue avec bénéfice de toute impunité contre fourniture des noms arrosés.
Pratique juridique bien connu pour la maffia, la politique c'est quoi???????
M. Woerth me semblait être un des rares ministres à la hauteur du poste mais après sa médiocre tirade sur le salaire des ministres:
"baisser le salaire des ministres impliquerait la baisse des salaires de la fonction publique" voilà la petitesse d'un ministre qui a acepté l'augmenation d'environ 12% des ministres en 2007 sans aucune répercution pour les autres fonctionnaires d'état.
Je pense que M. Woerth est dans la droite ligne de toute cette classe politique tellement médiocre qu'elle devrait d'un seul bloc démisionner et laisser l'Etat aux mains d'une institution type C.des Comptes.
M. Sarokozy qui en 2007 a su capter mon bulletin me semble aujourd'hui tellement hors sujet sur toutes les lignes qu'il devrait par respect de La France et les citoyens et donc quitter ce pouvoir qu'il gère en people et non en responsabilité d'homme d'Etat.
Il en est de même de Mme Aubry dont la tricherie pour être élue est indigne d'une personne qui "vise" la Présidenvce de notre pays pas plus d'ailleurs que la Madone Mme Royale qui a également menti aux français les plus démunis, en dehors de ses discours poujadistes n'a rien à proposer.
Allons nous vers une année 2011 dont le Citoyen comme en 1789 reprendra pour un temps au moins le contrôle de notre pays?????
Dans ce qu'on peut considérer comme le seul point négatif qu'il inflige à Woerth et consort, JM Colombani, pour justifier de l'indéfendable position de double trésorier d'Eric Woerth, note qu'Alain Juppé, quand il l'avait nommé trésorier de l'UMP, n'avait alors pas tiqué un instant... et il lui reprocherait presque d'être démagogue en le faisant maintenant! Or, après une brève recherche sur Wikipédia, il s'avère qu'Eric Woerth a conservé ce poste de trésorier de l'UMP en 2004 (lors de l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP), qu'il n'est devenu ministre du Budget qu'après l'élection de Nicolas Sakozy à la présidence de la République, en 2007, faut-il donc le rappeler, ce qui implique donc que Juppé n'avait pu adouber la situation porteuse d'un possible conflit d'intérêts (si ce n'est par des qualités de visionnaire qu'on ne lui prête plus guère depuis sa tentative de réforme des retraites de 95) : Juppé ne pouvait rien savoir de cette double casquette qu'Eric Woreth devait porter des années plus tard, c'est-à-dire aujourd'hui, et peut donc à bon droit s'en dire choqué, sans que ses actes ne soient en contradiction avec son sentiment, excusez-nous Monsieur l'ex Monde, qu'il soit très nationalement partagé.
http://www.tdg.ch/actu/economie/genevagate-menace-bettencourt-woerth-2010-07-01
Il va de soi que je partage votre opinion. Mais en partie seulement. On assiste à une série de farces tellement grosses que le monde se roule par terre. Voire mon commentaire antérieure « Tout le monde s'amuse.... ».
L'empire Sarkoziste est en train de s'écrouler (et c'est un déçu de Sarkozy qui parle) suite à un ensemble de bêtises digne d'un roman
Mais il y a quand même certains aspects inquiétants dans cette histoire et j'espère, comme cela arrive souvent en Shakespeare, que la farce ne côtoie pas la tragédie.
Ce matin Michel Rocard et Simone Veil font part de leurs inquiétudes.
Je sais bien qu'on parlait de Bettencourt & co avant cette affaire. Mais personne ne mettait en cause l'intégrité de Woerthe avant. Avant qu'il parle de sa liste de comptes secrets en Suisse. Bien au contraire c'était le bon soldat Woerthe comme ironisait dernièrement Spiroute.
Et c'est là où les ressemblances avec l'affaire Bérégovoy commencent.
Il est vrai que les Suisses s'esclaffent et pour cause. C'est l'arroseur arrosé comme on a dit dans ces colonnes. Mais ce n'est pas spécialement les Suisses que je trouve inquiétants. Ce sont ceux dont les noms figuraient sur sa liste – des contribuables français.
Il est incontestable, il me semble, qu'à un moment donné le signale de lâcher les chiens a été donné. Par qui je ne sais pas.
Pourquoi je pense savoir – une concordance d'intérêt entre une gauche qui cherche à défendre une position vis à vis les retraites (et à défendre leur propre position qui reste, le moins qu'on puisse dire, extrêmement ambiguë) et un certain droite friquée qui tout d'un coup se sent menacé.
Espérons que « All's well that ends well »!