France

Un troisième procès pour Colonna

Slate.fr, mis à jour le 30.06.2010 à 16 h 30

colonna. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

colonna. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

L'histoire ne s'arrête pas là pour Yvan Colonna, l'homme le plus jugé de France pour la même affaire  Selon France Info, la Cour de cassation a cassé mercredi 30 juin l'arrêt de la cour d'assises spéciale de Paris qui confirmait la condamnation à perpétuité du «berger de Cargèse».

Alors qu'aucun fait nouveau n'est venu s'ajouter au dossier, Yvan Colonna sera jugé une troisième fois pour l'assassinat du préfet Erignac devant une cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels.

La Cour de cassation a estimé que la cour d'assises d'appel n'avait pas respecté la procédure, en ne répondant pas à des conclusions déposées par la défense d'Yvan Colonna, après l'audition d'un expert en balistique.

Les avocats du «berger de Cargèse» se félicitent de ce 3e procès. Me Patrice Spinosi, qui le 23 juin avait exhorté la chambre criminelle de la Cour de cassation à annuler la peine prononcée le 27 mars 2009, persiste à dire que son client a été «mal jugé». Pour lui, le procès d'appel «aurait dû être un modèle de rigueur», pour compenser «les lacunes manifestes d'un dossier trop souvent construit à charge», hélas, «tout dans cette affaire démontre la faillite judiciaire».
Les avocats d'Yvan Colonna vont demander la remise en liberté de leur client, en détention provisoire depuis sept ans.

Arguer des insuffisances de la justice n'est pour le parquet pas recevable, puisque l'accusé a «volontairement (...) bloqué le déroulement normal de la justice», en «choisissant sciemment de quitter son procès» et «en assumant, adulte, tout seul, de ne pas être représenté» assure l'avocat général, Christian Raysseguier. Pour l'avocat de la famille Erignac, Me Emmanuel Piwnica, l'accusé «a multiplié les incidents» délibérément.

En effet, le 11 mars Yvan Colonna avait quitté son procès, furieux après le rejet de sa demande de reconstitution de l'assassinat du préfet Erignac. Cette reconstitution devait, d'après les avocats de Colonna, permettre de trancher entre la thèse de l'accusation, qui parle d'un groupe de trois hommes mettant à mort le préfet, et les témoins oculaires, qui pour la plupart n'en ont vus que deux. L'accusation jugeait inutile la demande des avocats de Colonna qui souhaitaient la présence des personnes déjà condamnées –même s'ils refusent de participer– des témoins oculaires, des médecins légistes et des experts en balistique, qui selon eux, pensent que le tueur était plus grand qu'Yvan Colonna.

Des soupçons avaient été émis sur le verdict du 27 mars. Michel Henry et Patricia Tourancheau de Libération jugeaient que les magistrats avaient forgé leur conviction sur des éléments à charge du dossier, en l'absence de preuves tangibles.

[Lire l'article de France Info et du Figaro]

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Photo: une manifestation à Ajaccio en mars 2009. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

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