Monde

Le pape, bientôt jugé aux Etats-Unis?

Slate.fr, mis à jour le 29.06.2010 à 19 h 56

La Cour Suprême américaine a refusé, lundi 28 juin, de se prononcer sur l'immunité du Vatican, dans une affaire de pédophilie qui touche l'Église catholique. Ce refus, qui entérine une décision de 2002 d'une cour d'appel, pourrait faire évoluer la législation sur le sujet, comme le rapporte le Christian Science Monitor.

L'affaire en question remonte aux années 1960. Le plaignant, un résident de l'Oregon qui garde l'anonymat, affirme avoir été victime d'attouchements sexuels par un prêtre irlandais. Il accuse le Vatican d'être en partie responsable des abus subis, alors qu'il était adolescent.

Andrew Ronan, le prêtre concerné, est lui décédé en 1992. Avant l'affaire de l'Oregon, il avait été soupçonné de pédophilie en Irlande dans les années 1950, ce qui lui avait valu d'être transféré aux Etats-Unis (à Chicago puis à Portland).

Les avocats du Saint-Siège avaient saisi la Cour Suprême, en lui demandant de casser le jugement de la cour d'appel. Ils arguaient que le Vatican ne pouvait être tenu responsable des actes illégaux commis par un prêtre, si ces actes n'étaient pas liés au travail qu'il était censé effectuer pour l'Église.

Le Saint-Siège estime en effet bénéficier de l'immunité, selon une loi de 1976, qui protège les États étrangers contre d'éventuelles poursuites. Mais des dispositions spéciales ont été édictées par le Congrès américain. Elles précisent qu'un pays étranger peut être poursuivi si des agissements répréhensibles sont perpétrés par un employé du pays en question, dans le cadre de son activité.

Pour les avocats du Vatican, «les abus sexuels ne font clairement pas partie du travail d'un prêtre». Ce à quoi les avocats du plaignant répondent que Ronan s'est servi de sa position de membre influent du clergé pour s'approcher de l'adolescent. Marci Hamilton, une des avocates de la victime présumée, écrit dans une note relative à l'affaire:

La confiance acquise par Ronan grâce à l'exécution des devoirs spirituels, dans son rôle d'agent du Saint-Siège et de l'Eglise catholique romaine, lui a permis d'abuser sexuellement de mon client, bien que son employeur (le Vatican) soit au courant de ses propensions pédophiles.

Les choses ne devraient pas en rester là, les avocats du Vatican ayant d'ores et déjà indiqué qu'ils comptaient retourner devant un tribunal de première instance. Ils ont notamment l'intention de démontrer que le Vatican ne peut être considéré comme employeur dans l'affaire Ronan. Le procès de Benoît XVI aux Etats-Unis n'est donc pas pour demain...

[Lire l'article sur The Christian Science Monitor]

Photo: United States Supreme Court / onecle, via Flickr CC License By

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