Les bonnes affaires d'Israël aux Emirats Arabes Unis

Aux Emirats Arabes Unis, la technologie de sécurité est dernier cri. Elle est surtout fournie par une société israélienne. C'est ce que nous apprend Georges Malbrunot dans un reportage pour Le Figaro titré «Le business secret d'Israël dans le golfe Persique» (article payant). Le journaliste donne l'exemple du mur qui sert de frontière avec Oman. Un mur a priori comme un autre, mais qui recèle des caméras qui peuvent enregistrer les traits de visage de ceux qui touchent le mur. Des données «immédiatement transférées dans les fichiers des services de renseignements et de la police» capables de déclencher «une intervention des forces de sécurité».

L'entreprise qui a réalisé ce mur s'appelle AGT et est dirigée par Mati Kochavi, un Israélien installé aux Etats-Unis. Des Israéliens qui font des affaires avec les pays du Golfe?

Un officiel émirien l'affirme à Georges Malbrunot:

Nous avons une priorité: acquérir le nec plus ultra pour assurer notre sécurité. Nous sommes pragmatiques.

Et ce que craignent les Emirats arabes unis ressemble fort à ce que craint Israël:

C'est la menace commune iranienne qui amène les Emirats à se rapprocher d'Israël.

Un raisonnement identique à celui qui pousserait l'Arabie saoudite à ouvrir son ciel aux avions israéliens, comme le soulignait le Times le 13 juin. Le quotidien britannique expliquait que, malgré la tension entre les deux gouvernements, Arabie Saoudite et Israël partagent une haine mutuelle de Téhéran et une crainte commune des ambitions nucléaires de l'Iran.

La présence d'Israéliens à Abu Dhabi est un secret de polichinelle, raconte Georges Malbrunot. L'affaire de l'assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh en janvier 2010 à Dubaï par le Mossad (Slate avait publié une reconstitution de cet assassinat) a quelque peu refroidi les relations entre Emirats arabes unis et Israël. Mais cela ne devrait pas durer. Un consultant étranger établi à Dubaï explique au Figaro:

Les Emirats compartimentent. La police a médiatisé son affaire pour montrer qu'lle ne pouvait laisser Dubaï se transformer en un lieu ouvert aux marchands d'armes ou aux trafics de valises remplies de cash. Mais au fond, cette affaire ne changera pas leurs liens avec les Israéliens. Ils ont besoin d'eux.

[Lire le début de l'article sur le blog de Georges Malbrunot]

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Photo: Abu Dhabi / Joi via Flickr License CC by

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