Keynes de retour aux oubliettes de l'histoire
Le grand retour de l'Etat que certains avaient cru voir en 2008 appartient déjà au passé.
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Commenter l'actualité économique comporte évidemment des risques: on peut passer à côté d'événements importants sans en prendre toute la mesure ou, au contraire, donner une dimension historique à des faits sans grande signification. C'est la deuxième erreur qui a été le plus souvent commise depuis le début de la crise financière.
Rappelons la tonalité dominante des analyses de la fin 2008 ou du début 2009. Face au chaos qui, parti des marchés financiers, menaçait de gagner l'économie réelle, les Etats intervenaient vigoureusement. Gouvernements, banques centrales, régulateurs, tous étaient à la manœuvre. Et on allait voir ce qu'on allait voir: c'en était fini du capitalisme financier, de l'ultra libéralisme, du laisser-faire. L'Etat était de retour. Non seulement il allait intervenir directement pour soutenir l'activité économique, mais il allait définir de nouvelles règles du jeu: banquiers, gérants de fonds spéculatifs, agences de notation, utilisateurs de paradis fiscaux, tous allaient devoir rentrer dans le rang et se plier aux règles du jeu édictées par des Etats enfin d'accord pour affirmer leur autorité économique sur tous les continents. Le rêve contrarié depuis trente ans de tous les keynésiens se réalisait enfin.
Rien qu'un rêve
Mais, précisément, le problème était là: ce n'était qu'un rêve. Certes, les gouvernements ont fait ce qu'il fallait pour que la crise financière de 2008 n'ait pas les mêmes conséquences que celle de 1929. Il était difficile d'échapper à la récession –la crise était trop violente– mais au moins a-t-on pu en limiter l'ampleur et éviter l'entrée dans une phase de dépression comparable à celle des années 1920. De même, au niveau du G20 comme au niveau européen, avec l'appui d'un Fonds monétaire international revigoré, on a pu se mettre d'accord sur quelques principes de base en matière de régulation des activités financières internationales. Mais est-ce suffisant pour indiquer l'entrée dans une nouvelle ère keynésienne? On est loin du compte.
Les mesures budgétaires engagées sur tous les continents pour soutenir les systèmes bancaires défaillants là où c'était nécessaire et pour stimuler l'activité (BTP, automobile, etc.) ont été considérables. D'ailleurs, à l'époque, les financiers applaudissaient et réservaient leurs critiques aux gouvernements qui se montraient un peu trop timorés. Mais cela n'a duré qu'un temps. Rassurés sur leur propre avenir, les financiers se sont dépêchés de rembourser les aides publiques et de reprendre leur autonomie... et leurs bonnes habitudes, dont, en premier lieu, le tir à vue sur tout ce qui ressemble à une intervention de l'Etat, dans quelque domaine que ce soit. L'Etat, voilà l'ennemi. Partant de ce postulat, ils ne pouvaient que s'insurger contre la montée des déficits publics.
Qu'ont fait alors les Etats? Oubliant tous les discours tenus précédemment contre ces financiers, ils se sont tous inclinés, les uns après les autres. Plus incroyable encore, en allant au-devant des exigences des agences de notation, ils ont installés celles-ci à un niveau de pouvoir qu'elles n'avaient encore jamais atteint.
Prêts à tout pour un AAA
Le plus étonnant est pourtant le renversement des rôles entre l'Europe et les Etats-Unis. C'est le pays qui symbolise le capitalisme et le libéralisme économique qui doit venir rappeler à l'ordre ceux qui étaient censés défendre «l'économie sociale de marché»: ne serrez pas trop la vis des dépenses publiques, clament Barack Obama et son secrétaire au Trésor à leurs partenaires au sein du G20, si vous ne voulez pas tuer la reprise! L'Etat interventionniste, on le trouve maintenant à Washington! Au moins dans les intentions et le discours.
L'appel américain ne sera pas entendu de ce côté-ci de l'Atlantique. Pour se concilier les agences de notation et les prêteurs, les gouvernements européens sont prêts à tout. La seule précaution qu'ils prennent est de ne vraiment commencer à serrer le garrot qu'à partir de 2011, comme si dans six mois leur économie pouvait être considérée comme sauvée. Et pour calmer les revendications populaires, on leur jette en pâture quelques mesures de réduction du train de vie de l'Etat, comme l'annulation de la garden party de l'Elysée du 14 juillet. De la grande politique...
Keynes peut se rendormir. Ceux qui faisaient du tapage autour de sa tombe il y a encore quelques mois (le grand emprunt n'est pas très loin) l'ont déjà oublié. Et le G20 de Toronto n'y changera rien: on y parlera technique... et des moyens que chacun compte employer pour défendre sa propre industrie financière.
Gérard Horny
À LIRE ÉGALEMENT: Laissez tomber Keynes, passez à Schumpeter
Photo: John Maynard Keynes Source Warwick University.
Mis à jour le 27/06/2010 à 8h26













































Plus vite on oubliera Keynes, plus vite et mieux on se sortira de cette crise. Car n'oublions pas que la crise actuelle est due aux politiques keynésiennes menées depuis de nombreuses années (en Europe comme aux Etats-Unis) et à l'interventionnisme étatique. De quelle nouvelle ére keynésiennes parlez vous ? Nous somme dedans depuis des décennies.
L'Etat américain a artificiellement encouragé les crédit immobilier, il a faussé l'économie et créé une bulle. Et je ne parle pas de la FED et de sa politique monétaire désastreuse...
Autre choses ; je trouve ça vraiment amusant la critique actuelle des marchés financiers, alors que ceux sont eux qui permettent à nos Etats-Providence dispendieux de ne pas faire faillite. On s'étonne qu'ils prennent de plus en plus de pouvoir sur les Etats : logique, plus une emprunteur s'endette auprès de son créditeur, plus ce dernier a de pouvoir sur lui.
vous inversez totalement ce qui s'est passé, ironfist, vous asseyant sur la réalité démontrée de ce qui a provoqué la crise ! Enfin, prétendre que le keynésiennisme est responsable de cette crise alors que TOUT prouve que c'est, justement, un total libéralisme appliqué aux marchés qui ont permis ces actifs toxiques, que c'est justement un non contrôle des marchés et des banques qui a permis à ceux-ci de lancer des crédits envers les plus pauvres, ceux dont on savait qu'il était impossible qu'ils remboursent, et la spéculation débridée permettant à certains d'engrenger des bénéfices hallucinants de mauvaise foi qui sont à l'origine de cette crise !!! C'est justement ce style de spéculation que dénonçait Keynes !!! Et c'est justement une reprise de contrôle étatique tel que celle prévue par Keynes qui a permis aux banques, par les milliards injectés par l'état, de ne pas sombrer... Bref, cette crise est, justement, due au fait que le keynesiennisme a totalement été abandonné et que la spéculation est laissée libre ! L'inverse donc, de ce que vous prétendez !!!
Mais le pire, c'est que, à peine la crise calmée (bien que non encore terminée), tous les politiques et les spéculateurs s'entendent pour repprendre le chemin qui a déjà faillit mettre à bas l'économie occidentale, suivant en ça les preceptes non pas de Keynes, mais de Friedman !!! Seul Obama semble ne pas vouloir prendre ce chemin que, pourtant, ses prédécesseurs ont mis en place (démocrates ou liberaux), et, fait "étrange", le résultat est inverse à celui que vous annoncez puisque seuls les USA semblent sortir actuellement la tête de l'eau, par, justement, une politique bien plus proche de Keynes que celle menée par l'Europe qui stagne...
Nous vivons en accéléré tous les débats des livres d'histoire économique des années 1970: le stop and go, la rigueur ou la croissance. Cette situation a un côté surréaliste. Dès le départ, on savait qu'il n'y aurait pas d'effet de relance. Par le passé, nous n'avions pas pu relancer l'économie de cette manière.
Et, vu le montant des déficits avant la crise, la rigueur était inévitable. Bien sûr, elle risque d'être douloureuse, parce que les gouvernements ont refusé de prendre les mesures de maîtrise des dépenses avant la crise.
Pourquoi a-t-on plongé dans le keynésianisme? Parce que les gouvernement sont adeptes des solutions de facilité: il suffit de relancer par la dépense publique. Et parce que la majorité des économistes est encore keynésienne. C'était une revanche.
L'attitude des USA n'a pas changé non plus. Ce pays a toujours demandé aux autres pays de relancer leur économie. Et la crise actuelle provient de la relance le l'économie américaine par le crédit, menée depuis 2001 (et même avant, puisque c'est Clinton qui a assoupli les règles de rachat de crédits hypothécaires par Fannie Mae et Freddy Mac).
Qui a cru que nous assistions à un retour de l'État ?
Depuis 50 ans les gouvernements des pays occidentaux n'ont eu de cesse de démanteler l'Etat laissant l'initiative toujours plus au privé.
Je ne suis pas partisan de la planification à la sauce URSS mais aujourd'hui l'Etat n'est plus qu'un législateur sans aucune vue sur le long terme, il ne planifie plus rien, l'initiative est au privé l'Etat n'a plus que la réaction.
L'Union Européenne qui devrait justement pouvoir s'affirmer dans de tels moments montre là ses carences, au lieu de proposer, d'avoir des initiatives pour l'économie ou l'industrie, elle se montre incapable de se saisir du problème.
Les relances keynésiennes au début de la crise ne seront finalement qu'une parenthèse dans l'histoire économique contemporaine. Une parenthèse qui ne risque pas de s'ouvrir de si tôt avec les mesures législatives qui devraient interdire toute initiative keynésienne. La relance monétaire nous est déjà interdite par les fondements de la BCE et la relance budgétaire est mise à mal par la volonté d'interdire les déficits dans les Constitutions des différents Etats européens.
Un article détaille ce point de vue :
http://voxthunae.wordpress.com/2010/06/28/keynes-hors-la-loi/