Monde

BP voit la marée noire en rose

Slate.fr, mis à jour le 23.06.2010 à 10 h 30

On pourrait penser que le moral de la compagnie BP et de ses dirigeants n'est pas au beau fixe. L'action de la compagnie est au plus bas. Elle va devoir créer un fonds de 20 milliards de dollars pour couvrir les coûts de la marée noire. Et pour couronner le tout, la marée noire nuit sérieusement à la réputation de l'entreprise. Mais le Wall Street Journal nous apprend que chez BP, on positive.

Selon le quotidien, Tony Hayward, le patron de BP, a tout d'un éternel optimiste. D'ailleurs, aussitôt après son audition devant le Congrès américain, il s'est offert une petite escapade en yacht. Adepte de l'adage «ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort», Tony Hayward a même laissé entendre que la marée noire pourrait renforcer et rendre plus sûre la compagnie.

Et le syndrome de la vie en rose semble avoir gagné également d'autres employés de BP. Le magazine interne de l'entreprise s'emploie à voir la catastrophe avec des lunettes roses. Un des envoyés spéciaux de la compagnie en Louisiane est même parvenu à recueillir un témoignage positif d'un entrepreneur spécialisé dans les fruits de mer:

Il n'y a pas de raison de détester BP.

Non, aucune raison. Sauf peut-être que la Lousiane est dépendante de l'industrie pétrolière pour travailler. En fait selon le Wall Street Journal, la communication interne de BP vise à «réinterpréter» la catastrophe. Un autre journaliste cite les bienfaits économiques de la catastrophe sur le région:

Une partie des entreprises de la région, en particulier les hôtels, ont prospéré grâce à la venue de nombreuses équipes de BP et d'autres équipes d'urgence.

Et un responsable responsable touristique de réhabiliter l'entreprise:

BP a toujours été un de nos bons partenaires.

Avec ironie, le Wall Street Journal précise que les journalistes ne vont pas jusqu'à faire l'apologie des crevettes crues au pétrole. Ils reconnaissent l'angoisse des consommateurs de poissons et crustacés d'être contaminés. Et expliquent que l'avenir de la région reste incertain.

La compagnie a refusé de faire tout commentaire à ce sujet.

[Lire l'article du Wall Street Journal]

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Photo: C. BARRIA / REUTERS

 

 

 

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