Santé / Monde

Un suspect autorisé par la justice espagnole à mettre fin à ses jours pour éviter un procès

Temps de lecture : 2 min

Grièvement blessé par la police lors de son interpellation, il demande le droit à l'euthanasie.

Des manifestants participent à un rassemblement en faveur de la nouvelle loi espagnole sur l'euthanasie, sur la place Puerta del Sol, à Madrid, le 25 juin 2021. | Gabriel Bouys / AFP
Des manifestants participent à un rassemblement en faveur de la nouvelle loi espagnole sur l'euthanasie, sur la place Puerta del Sol, à Madrid, le 25 juin 2021. | Gabriel Bouys / AFP

Accusé d'avoir tiré sur ses anciens collègues avant d'être grièvement blessé par la police espagnole, Marin Eugen Sabau, désormais paraplégique, a reçu l'autorisation de la part du tribunal national de Tarragone de recourir à l'euthanasie afin d'échapper à son procès.

Âgé de 46 ans, cet agent de sécurité s'en était pris en décembre 2021 aux membres de son ancienne boîte, Securitas, après avoir envoyé à ses supérieurs un courrier dans lequel il menaçait: «Je n'ai pas le choix, je vais me faire justice moi-même. Les leçons apprises dans le sang ne s'oublient pas facilement.»

Il a par la suite justifié son acte en déclarant avoir été victime d'exploitation et de racisme de la part de ses employeurs, qui auraient fait de sa vie «un enfer», notamment en raison de sa nationalité roumaine.

Après avoir blessé gravement trois personnes et tiré sur un policier, il a été abattu par des tireurs d'élite de la police, qui l'ont notamment atteint à la colonne vertébrale.

Droit à l'euthanasie

Compte tenu de son état, le tribunal de Tarragone a confirmé une décision de justice antérieure selon laquelle il avait droit à l'euthanasie, en vertu d'une loi adoptée l'année dernière: légalisée en Espagne en mars 2021, l'euthanasie constitue en effet désormais un «droit fondamental», avec lequel le système judiciaire ne saurait interférer.

La loi espagnole permet aux adultes atteints d'affections «graves et incurables» qui provoquent des «souffrances insupportables» de mettre fin à leur vie s'ils le désirent. Elle n'a en revanche pas prévu de disposition particulière concernant les personnes faisant l'objet de poursuites pénales.

«Je suis paraplégique. J'ai 45 points de suture dans une main et je peux à peine bouger mon bras gauche. Je suis plein de vis et je ne sens plus ma poitrine», avait déclaré Sabau en juillet, depuis l'hôpital de la prison où il est soigné.

Le tribunal a quant à lui reconnu qu'il était confronté à «une souffrance physique et psychologique constante sans aucune possibilité de soulagement, et il se retrouve face à la perspective d'une vie très limitée».

Marin Eugen Sabau aurait dû être euthanasié le 28 juillet 2022, mais les avocats représentant le policier blessé ont fait appel devant la Cour constitutionnelle, demandant à ce que la souffrance des victimes et leur dignité soient prises en compte. Si l'appel échoue, Sabau pourra bénéficier d'une assistance à la fin de vie.

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