Société

L'été pas du tout imaginaire: le ticket de péage

Temps de lecture : 2 min

Face au péage, une petite envie de créer une quarante-douzième suite à «Fast and furious» va vous caresser l'esprit comme un chat angora.

Pour descendre en vacances, j'ai trois tickets à récupérer. Et autant d'occasions de regretter le temps des diligences tirées par des poneys. | Louison
Pour descendre en vacances, j'ai trois tickets à récupérer. Et autant d'occasions de regretter le temps des diligences tirées par des poneys. | Louison

Oubliez les bonnes intentions, l'enfer est pavé de tickets de péages. Un ticket de péage, c'est environ huit centimètres sur cinq de pure diablerie. Quarante centimètres carrés de malheur divin qui s'abat sur l'humanité. Non, je n'exagère pas. La preuve par trois.

Déjà, il faut l'attraper. On a beau conduire une modeste Twingo, le passage d'un péage donne toujours l'impression de passer le permis Airbus A380. Avec des talons de douze centimètres aux pieds.

Récupérer ce maudit ticket, c'est aussi savoir viser. Ou plutôt, c'est choisir entre une customisation de son aile gauche bien raclée sur un muret si on a viré trop à bâbord, ou une luxation de l'épaule, avec option klaxons intempestifs, si on a visé trop à droite –comme Emmanuel Macron. Pour descendre en vacances, j'ai trois tickets à récupérer. Et autant d'occasions de regretter le temps des diligences tirées par des poneys qui, eux, savaient sûrement viser.

Ensuite, ce fameux ticket, il faut savoir le garder. La précipitation et l'impression d'être sorti indemne d'une expérience de mort imminente au moment de le récupérer vous débranchent le cerveau quelques instants, comme tout traumatisme, ce qui vous fait faire des choix hasardeux dans les minutes qui suivent. Des choix du genre: «Tiens je vais le mettre dans la grille de l'aération de la clim', c'est quand même plus commode que la boîte à gants.»

Spoiler: non.

Non, une grille de ventilation n'est pas un porte-documents, de même qu'un allume-cigare n'est pas un sous-vêtement. Non ça n'a aucun sens ce que je raconte, je vous rappelle que je suis toujours entre deux stress post-traumatiques sponsorisés par Vinci.

De toute façon, quel que soit l'endroit où vous le rangerez ce fameux ticket, sachez que ce ne sera pas le bon et qu'une fois qu'il faudra le retrouver, vous aurez plus vite fait de mettre la main sur les bras de la Vénus de Milo.

Et donc, à un moment ou à un autre, cet envoyé du malin sur terre, il va falloir le retrouver. Et au bon moment. Je vous préviens déjà qu'une petite envie de créer une quarante-douzième suite à Fast and furious va vous caresser l'esprit comme un chat angora. Et vous allez finir par le trouver car, soyons honnêtes, personne n'a jamais fini ses jours déshydraté et coincé derrière une barrière de péage. Mais je peux vous dire que votre vie, vous allez la voir défiler en attendant de retrouver ce maudit bout de papier que la clim' aura fait s'envoler sous votre siège.

Et bien sûr, vous l'introduirez dans le mauvais sens.

Allez, bonnes vacances et à la semaine prochaine.

Newsletters

Retours difficiles

Retours difficiles

Pourquoi tant de vélos finissent-ils au fond de l'eau?

Pourquoi tant de vélos finissent-ils au fond de l'eau?

Accidents ou vandalisme: les fleuves deviennent des cimetières aquatiques pour bicyclettes.

Chaleur et libido, un cocktail trop hot

Chaleur et libido, un cocktail trop hot

Pas toujours évident de s'amuser par plus de 40 degrés... Mais ce serait tout de même dommage de s'en passer. 

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio