Santé / Sciences

L'origine des boutons de fièvre serait liée à l'essor du baiser il y a près de 5.000 ans

Temps de lecture : 2 min

Selon une récente étude, cette pratique culturelle a été importée par certaines populations lors de périodes de migration massives.

«Toutes les espèces de primates ont une forme d'herpès», explique Christiana Scheib, co-autrice de cette récente étude. | Emma Fabbri via Unsplash
«Toutes les espèces de primates ont une forme d'herpès», explique Christiana Scheib, co-autrice de cette récente étude. | Emma Fabbri via Unsplash

Le virus herpès de type 1 (HSV-1), responsable de l'herpès labial ou de boutons de fièvre, peut sembler peu ragoutant, parfois même embarrassant. Il est pourtant très commun. L'Organisation mondiale de la santé estime en effet qu'il touche ​​​​«3,7 milliards de personnes de moins de 50 ans», soit «67 % de la population mondiale». Mais jusqu'à aujourd'hui, les dernières données génétiques concernant ce virus remontaient aux années 1920, explique The Independent.

Les récentes découvertes d'une équipe de chercheurs de l'université de Cambridge pourraient toutefois changer la donne, en nous offrant de nouvelles informations quant à l'origine de ce virus. Les scientifiques sont parvenus à «dénicher quatre échantillons de restes humains datant de plus de 1.000 ans» et à en extraire de l'ADN présent dans les racines des dents des quatre individus concernés.

Après une analyse des échantillons d'ADN, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que le virus herpès de type 1 aurait émergé «avec les migrations humaines hors d'Afrique» il y a près de 5.000 ans, «bien qu'une origine encore plus lointaine ait également été proposée», peut-on lire dans leur étude, publiée le 27 juillet dans la revue Science Advances.

Le baiser comme mode
de transmission

L'équipe de chercheurs donne par ailleurs des détails passionnants quant aux modes de transmission supposés du virus herpès de type 1 à cette époque. Selon eux, les vagues de migrations ont conduit à la fois «à une densification des populations, qui a fait augmenter les taux de transmission» ainsi qu'à «l'importation de nouvelles pratiques culturelles de l'Est», parmi lesquelles le baiser.

«Toutes les espèces de primates ont une forme d'herpès, nous supposons donc qu'il est présent chez nous depuis que notre propre espèce a quitté l'Afrique», commente dans les colonnes du journal britannique Christiana Scheib, co-autrice de l'étude et chargée de recherche au St John's College, à Cambridge. «Cependant, il s'est passé quelque chose il y a environ 5.000 ans, qui a permis à une souche d'herpès de prendre le dessus sur toutes les autres. Peut-être une augmentation des transmissions, qui pourrait avoir été liée au baiser.»

«Le monde a vu le Covid-19 muter à un rythme rapide sur des semaines et des mois. Un virus comme l'herpès évolue sur une échelle de temps bien plus importante», ajoute Charlotte Houldcroft, également co-autrice de l'étude. «L'herpès facial se cache dans son hôte toute sa vie et ne se transmet que par contact oral, de sorte que les mutations se produisent lentement sur des siècles et des millénaires. Nous devons faire des recherches approfondies dans le temps pour comprendre comment des virus à ADN comme celui-ci évoluent.»

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