France

L'épreuve de philo est-elle juste?

Slate.fr, mis à jour le 17.06.2010 à 22 h 17

Alors que tous les élèves de Terminale sont en train de suer devant l'épreuve de philosophie —avec un choix entre «L'art peut-il se passer de règles?» ou «Dépend-il de nous d'être heureux?» pour la série scientifique, «Une vérité scientifique peut-elle être dangereuse?» ou «Le rôle de l'historien est-il de juger?» pour la section ES, et «La recherche de la vérité peut-elle être désintéressée?» ou «Faut-il oublier le passé pour se donner à l'avenir?» pour les classes littéraires—, et que Le Monde.fr a invité le philosophe Ollivier Pourriol à plancher en direct sur le sujet de son choix, L'Etudiant tente de répondre à une autre question: l'épreuve de philo est-elle juste?

Pour savoir si les étudiants déçus pouvaient en toute honnêteté assurer leur parents que «de toute façon, l'épreuve de philo c'est subjectif et ça dépend du correcteur» ou pas, le magazine a demandé à dix enseignants de noter la même copie. Résultat: les notes de Jeanne, élève de terminale L qui avait disserté en 2009 sur «Peut-on penser sans préjugés?», s'étalent de 6/20 à 15/20 (dans la vraie vie, elle a obtenu 14).

Le magazine explique que malgré un important écart entre la plus faible et la plus forte note, la majorité des professeurs ont jugé que la copie de Jeanne valait entre 11 et 13/20. Ils étaient sept à lui donner plus de la moyenne.

Les commentaires étaient tout aussi différents, un professeur jugeant que la copie avait tout du «thèse-antithèse-foutaise» (6/20), un autre «une réelle volonté de penser» mais une problématisation qui «reste maladroite» (11/20), et un troisième une copie «sérieuse» avec de bonnes références et analyses, mais «prétentieuse» et «ampoulée» (13/20).

De nombreux enseignants ont refusé de se prêter au jeu, d'après le magazine parce qu'ils estimaient que les écarts de notes ne sont pas spécifiques à la philo (une étude décrivait le même problème dans les copies de sciences économiques et sociales en 2006-2007) et qu'ils ne représentent pas nécessairement un problème, comme l'explique Laurence Hansen-Love, enseignante de philo:

Nous ne nions pas qu'il puisse y avoir un écart de notation selon les profs, mais pas plus qu'ailleurs. Et les commissions d'harmonisation sont justement là pour régler ce type de problème.

Face au test du magazine et à l'étude réalisée par l'Education nationale en 2001 qui désignait l'épreuve de philo comme la plus mal notée du bac, le président de l'Association des professeurs de philosophie de l'enseignement public (APPEP), Simon Perrier, se veut également rassurant:

Depuis 3-4 ans, la moyenne nationale a augmenté et est passée de 8,7/20 à 9,5/20. Et les correcteurs notent rarement en dessous de 5.

L'Etudiant, conscient des limites de son exercice où les professeurs n'ont pas noté dans les conditions du bac, dévoile en détail les concertations et consultations qui ont lieu entre correcteurs avant l'attribution de la note finale.

[Retrouver le dossier sur le site de L'Etudiant, et suivez un philosophe passant l'épreuve en direct sur Le Monde.fr]

À LIRE ÉGALEMENT: Pourquoi la France philosophe?

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Photo: capture d'écran de la copie corrigée

Mise à jour le 17 juin à 18h: les sujets de la série S avaient été attribués à la série ES et vice-versa, cette erreur a été corrigée.

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte