Monde

Loue faux hommes d'affaires blancs pour la Chine

Temps de lecture : 2 min

Etonnante histoire que raconte Mich Moxley dans The Atlantic. Ce journaliste canadien, basé à Pékin, s'est récemment vu proposer un travail d'expert en contrôle qualité pour une entrerpise américaine. Un travail grassement rémunéré (1.000$ pour une semaine, soit plus de 810€) avec logement dans un hôtel de luxe et prise en charge des frais de bouche.

Le hic, c'est que Moxley n'était absolument pas compétent pour un tel emploi. Ce qui ne gênait en aucun cas la société de recrutement, dont les seules conditons d'embauche étaient de savoir porter un costume et d'avoir une couleur de peau claire.

Ce genre de sélection est monnaie courante dans l'empire du Milieu. C'est ce qu'un ami du journaliste appelle des «événements pour homme blanc en cravate». Pour le professeur de chinois de l'auteur de l'article, le fait d'«avoir des étrangers en costume donne une bonne image de la compagnie».

Moxley raconte dans le détail sa semaine dans la peau d'un faux businessman. Semaine oisive durant laquelle il jouait le rôle d'un représentant d'une pseudo société californienne (il apprendra plus tard que celle-ci n'existe même pas!), censée construire des bâtiments dans la ville de Dongying (à l'est de la Chine).

Accompagné de cinq acolytes, sa tâche consistait à effectuer des visites quotidiennes sur les sites de construction, à assister à la cérémonie de coupe du ruban et à socialiser. Un des faux hommes d'affaires (le plus âgé du groupe) avait une responsabilité un peu plus importante puisqu'il était chargé de prononcer un discours, en tant que PDG de l'entreprise de construction.

Mais la majeure partie du temps, la fine équipe se tournait les pouces dans les locaux de la soi-disant entreprise, passant ses journées à chasser les mouches et à feuilleter des magazines...

Une anecdote révélatrice montre le niveau de travestissement de la réalité. Lors de la cérémonie d'ouverture, Moxley remarque un chef d'équipe criant après ses ouvriers. Lorsque le journaliste lui demande s'il est le patron, la réponse fuse:«C'est vous le patron»...

[Lire l'article sur The Atlantic]

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Photo: Yi Tan Beach, Shandong, North China / Ivan Walsh

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