Santé / Sciences

Alzheimer, dépression, anxiété... La malbouffe est aussi nocive pour la santé mentale

Temps de lecture : 2 min

Une étude menée sur des souris révèle qu'un régime riche en graisses serait lié à un déclin cognitif.

Les scientifiques estiment que leurs résultats «soulignent l'importance de s'attaquer à l'épidémie mondiale d'obésité». | Towfiqu barbhuiya via Unsplash
Les scientifiques estiment que leurs résultats «soulignent l'importance de s'attaquer à l'épidémie mondiale d'obésité». | Towfiqu barbhuiya via Unsplash

On le sait depuis longtemps: la malbouffe, consommée en trop grande quantité, est particulièrement néfaste pour notre santé physique. Mais depuis quelques années, de nombreux chercheurs s'intéressent également aux effets que les aliments ultra-transformés peuvent avoir sur le cerveau.

En 2020, une étude montrait ainsi que manger gras et sucré dégraderait rapidement notre mémoire, suggérant alors «un lien entre une mauvaise alimentation et une altération de l'hippocampe, une région du cerveau impliquée dans le contrôle de la mémoire».

Cette hypothèse de l'impact de la malbouffe sur le cerveau pourrait bien être confirmée par une étude publiée dans la revue Metabolic Brain Disease le 15 juin 2022. Selon l'équipe de recherche qui l'a menée, un régime riche en aliments gras –et les maladies qui en découlent– pourrait être à l'origine de certaines pathologies mentales comme l'anxiété et la dépression, ou encore avoir un lien avec la maladie d'Alzheimer, rapporte ScienceAlert.

«L'obésité et le diabète altèrent le système nerveux central, exacerbant les troubles psychiatriques et le déclin cognitif. Nous l'avons démontré dans notre étude sur des souris», commente Larisa Bobrovskaya, neuroscientifique et biochimiste de l'Université d'Australie-Méridionale. «L'obésité et le diabète de type 2 sont souvent associées à la maladie d'Alzheimer, ainsi qu'à de nombreuses autres comorbidités, notamment les maladies cardiovasculaires et le dysfonctionnement rénal.»

Résultats sans équivoque

Afin d'étudier le lien entre obésité et déclin cognitif en laboratoire, les scientifiques ont eu recours à deux groupes de souris: d'un côté, des individus lambda, de l'autre, des individus présentant une mutation de la protéine tau. Chez les humains, l'accumulation de cette protéine est connue comme étant «impliquée dans les troubles métaboliques liés à la maladie d'Alzheimer», indiquait l'Inserm en 2017. Les deux groupes de souris ont ensuite été soumis pour l'un à un régime normal, pour l'autre à une alimentation riche en graisses, pendant trente semaines.

Comme prévu, les souris lambda nourries avec un régime gras ont pris du poids. Mais elles ont aussi eu «un risque accru de présenter des comportements de type anxieux et ont présenté des niveaux plus élevés de protéine tau dans le cerveau».

Du côté du groupe de souris ayant d'ores et déjà une mutation de la protéine tau, les problèmes de santé étaient d'autant plus graves: «Elles étaient encore plus vulnérables à l'obésité, ont développé une intolérance au glucose et une résistance à l'insuline, souffraient davantage de dépression et de comportements de type anxieux, et leur cerveau présentait davantage de protéine Tau, la forme qui provoque la maladie d'Alzheimer», résume ScienceAlert.

D'après Larisa Bobrovskaya, ces «résultats soulignent l'importance de s'attaquer à l'épidémie mondiale d'obésité. La combinaison de l'obésité, de l'âge et du diabète risque de conduire à un déclin des capacités cognitives, à la maladie d'Alzheimer et à d'autres troubles de la santé mentale.»

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