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Wimbledon: faut-il bannir le code vestimentaire blanc pour les joueuses de tennis?

Temps de lecture : 3 min

Tradition emblématique, les tenues blanches peuvent être aussi une source d'angoisse pour les sportives quand elles jouent en période de règles.

La joueuse de tennis colombienne Camila Osorio lors du tournoi de Wimbledon, le 27 juin 2022. | Sebastien Bozon / AFP

 
La joueuse de tennis colombienne Camila Osorio lors du tournoi de Wimbledon, le 27 juin 2022. | Sebastien Bozon / AFP  

«Je pense que certaines traditions pourraient être modifiées.» La joueuse de tennis britannique Alicia Barnett, qui participe au tournoi de Wimbledon jusqu'au 11 juillet, s'est exprimée auprès de l'agence de presse PA sur le stress occasionné par les règles en compétition sportive, et plus particulièrement sur le port des traditionnelles tenues blanches, comme le relate The Independent.

«Pendant les pré-qualifications, j'avais mes règles et les premiers jours ont été très lourds, j'étais un peu stressée à ce sujet. Je pense qu'avoir ses règles sur le circuit est déjà assez difficile, mais porter du blanc n'aide pas.» Néanmoins, la sportive a rappelé le devoir de tradition à porter du blanc à Wimbledon et a assuré que c'est quelque chose auquel elle s'est habituée, même si «ça reste difficile pour certaines joueuses».

Interrogée sur les conséquences que les règles pouvaient avoir sur son jeu, la sportive britannique a développé: «Votre corps se sent plus lâche, vos tendons se relâchent, parfois vous vous sentez beaucoup plus fatiguée et votre coordination est plus difficile. Moi, je me sens vraiment déprimée et il est difficile de trouver la motivation nécessaire pour jouer.»

Alicia Barnett n'est pas la seule joueuse de tennis à s'être exprimée sur le sujet. En réponse à un tweet qui parlait des menstruations et comment celles-ci peuvent entraver les résultats de certaines joueuses lors des compétitions sportives, la médaillée d'or olympique Mónica Puig a évoqué «le stress mental d'être habillée tout en blanc à Wimbledon et celui de devoir prier de ne pas avoir ses règles pendant ces deux semaines».

Le dress code des joueuses de tennis, rarement approprié en période de règles, «est quelque chose dont les joueuses parlent beaucoup entre elles», surtout lorsqu'il s'agit des uniformes blancs de Wimbledon, a également confirmé la Britannique Heather Watson à BBC Sport. Cette joueuse est l'une des premières à avoir parlé de l'impact des règles sur les performances sportives.

«J'aime vraiment la tradition de jouer en blanc et je ne voudrais pas la changer. Mon seul stress est d'avoir mes règles. Du coup j'essaye de planifier mes règles en fonction», a-t-elle expliqué. La prise de la pilule contraceptive ne peut cependant annuler certains de ses symptômes liés aux règles et qui peuvent affecter son jeu, tels que les crampes et la fatigue.

Les joueuses de cricket ne sont pas mieux loties

La tradition de porter du blanc à Wimbledon, le plus ancien tournoi au monde, remonte à sa création en 1877. La tenue blanche devait notamment permettre de mettre tous les compétiteurs sur un même pied d'égalité, en ne donnant aucun indice sur leur origine sociale. Ce qui n'était qu'une règle de bienséance est devenue une obligation en 1963, quand les organisateurs du tournoi ont décrété que les joueurs seront tenus de porter du blanc de la tête aux pieds s'ils souhaitent participer. Et pas n'importe quel blanc: «Les joueurs doivent faire attention à la nuance des blancs spécifiques qu’ils portent, car les vêtements blanc cassé ou de couleur crème ne sont pas autorisés», rappelle The Independent.

Le tennis n'est pas le seul sport où les femmes sont dans l'obligation de porter du blanc, même en période de règles. Les joueuses de cricket ont déjà fait part de leur anxiété de perdre du sang en jouant et de tâcher leur uniforme.

Parler du facteur des règles lors des compétitions sportives et du dress code parfois inapproprié pour les femmes est un enjeu auquel de plus en plus de sportives tentent de sensibiliser l'opinion publique et les organisations. En espérant que cela ait aussi un impact positif sur les générations futures: selon une enquête Adidas, une fille sur quatre aurait abandonné le sport à l'adolescence, principalement à cause de la peur de perdre du sang et de tâcher ses vêtements.

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