Le piège tendu par Guillon à Val

Comment piéger son patron en direct à la radio? Stéphane Guillon s'est livré dans la matinale de France Inter de lundi 14 juin à un habile exercice de tir à bout portant sur Philippe Val. Cette chronique devrait une nouvelle fois faire polémique, à l'heure où le directeur de France Inter redessine avec difficulté l'antenne pour la rentrée prochaine.
Stéphane Guillon commence sa chronique en expliquant son silence sur l'affaire Didier Porte. Philippe Val n'avait pas du tout apprécié une chronique de l'humoriste Didier Porte dans la matinale de la radio le 20 mai. Porte avait répété à plusieurs reprises à l'antenne «J'encule Nicolas Sarkozy» dans un billet sur Dominique de Villepin. Voilà ce qu'en dit Guillon:
Je boudais. En effet, depuis deux ans et demi, je m'escrime à balancer des horreurs sur cette antenne, à jouer les sales gosses, à titiller les puissants, des choses hyper graves, à chaque fois on a frôlé le scandale d'Etat. Et qui c'est qui est récompensé ? Qui c'est qui reçoit chez lui un avertissement en recommandé de la part de France Inter? Didier Porte.
Guillon poursuit en expliquant que Didier Porte a été «distingué»: «Pour un humoriste engagé, recevoir un avertissement, c'est la consécration». Puis l'humoriste laisse entendre que Philippe Val fait tout pour les virer, lui et Porte. Dans cette chronique, Guillon lance carrément un défi à Val:
Mercredi dernier, je reçois comme tous mes camarades ici un mail de Philippe Val nous avertissant qu'à plusieurs reprises l'antenne de France Inter avait été instrumentalisée à des fins personnelles, patati patata, que ceci était intolérable et que désormais tout contrevenant serait sanctionné comme il se doit. Chouette, me suis-je dit «voici enfin la solution pour être averti: instrumentaliser l'antenne», ce que je fais présentement. C'est curieux ce mail, Philippe Val est un ancien humoriste, il sait qu'il suffit qu'il nous interdise de faire quelque chose pour qu'on le fasse. A moins qu'il cherche à nous provoquer pour nous virer. T'es pas cap?
Après avoir donc assumé l'instrumentalisation de l'antenne, Stéphane Guillon en rajoute dans l'attaque à usage interne contre Philippe Val:
Si on ne peut plus dire «je sodomise le chef de l'Etat», peut-on encore dire «je sodomise le ministre»? En 87, dans tout Paris, on pouvait admirer une affiche de spectacle représentant Philippe Val sodomisant Philippe Léotard, alors ministre de la Culture. Si ça se trouve, Didier Porte a vu cette affiche, il s'est dit «mon patron a pu sodimiser un ministre, je vais lui faire plaisir, lui montrer qu'on peut faire encore mieux, sodomiser le premier personnage de l'Etat.
Puis le propos devient franchement politique, quand Stéphane Guillon s'en prend au nouveau mode de nomination du patron de Radio France:
Comme Nicolas Sarkozy nomme directement le PDG de Radio France, quelque part le véritable patron, c'est lui, donc si je le critique lui ou son gouvernement, j'instrumentalise l'antenne. Ce ne sont peut être pas les humoristes qu'il faut changer mais le mode de nomination de Radio France.
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Mis à jour le 14/06/2010 à 12h06




























Ces chroniques du matin finissent en jus de boudin. Entre celle - pas drôle - de Porte, et celle - pas drôle non plus - de Guillon, l'auditeur a l'étrange sentiment lui aussi d'être instrumentalisé. Comme si tous les deux cherchaient à se faire virer de l'antenne avant le terme, pour se poser en victime dans une optique bassement commerciale : un humoriste censuré rempli les salles (c'est déjà le cas me direz-vous).
Le seul qui fait désormais vraiment rire et finement, c'est Morel le vendredi.
Dommage pour le reste, ce "fou du roi" avant 8 heures c'était bon. Mais là, franchement, on a du mal à les suivre, dans les règlements de compte à Ok Coral... Et une matinale ne peut se réduire à ces 4 minutes de "buzz".
A chacun de reduire la matinale de M.Demorand, a ces 4 minutes de buzz - ce n'est pas mon cas, j'apprecie tout autant le reste des journaux et chroniques.
Concernant Guillon et Porte, la-encore, chacun peut penser que tout ce tintouin est uniquement pour remplir leurs salles, vendre leurs livres,...
En meme temps, leur disparition de l'antenne serait un autre signe de la disparition de la radio libre...
Et je n'ai pas envie de remplacer ces 4 minutes qui soulevent regulierement des vrais sujets et scandales (et a ce titre, peuvent servir de garde-fous face a certains abus de certains politiciens) par un compte-rendu de la soiree entre Sarkosy et Carlita...parce que ca pour le coup, j'en ai absolument rien a faire...
Arnaud
J'écoute France Inter tous les matins. Pour moi c'est la France dans toutes ses contradictions - et ses qualités - comme l'est BBC4 pour le Royaume Uni.
Dernièrement je l'écoute moins et ce matin avec Michèle Alliot-Marie – la femme en bois avec langue assortie – j'ai carrément changé d'antenne.
J'avoue, par ailleurs, que j'ai de plus en plus de mal à comprendre ce journaliste de la rédaction à 8 heures qui lit si vite qu'on imagine qu'il a un taxi en bas qui l'attend, compteur ouvert.
L'annonce du départ de Nicholas Demorand n'arrange rien même si, avec ses absences pour vacances scolaires, pannes d'oreiller et grèves diverses on avait pris l'habitude de s'en passer.
Restent que l'excellent Bernard Guetta et l'apprenti prometteur Thomas Legrand.
Et bien sûr, pour le moment du moins, les clowns de service, Stéphane Guillot en tête, talonné de Didier Porte. Pour la plupart je les trouve bien drôles. Sans des chroniqueurs de leur talent France Inter serait bien morne.
Inévitablement il y a un prix et l'exécrable sortie de Stéphane Guillot lors de l'intervention de DSK en était un. D'ailleurs Stéphane Guillot ne s'est jamais remis de ses excès ce jour-là (DSK si).
Notons en passant que l'idée absurde du PS et al que l'Élysée a la main mise sur les média est contredite tous les jours par un Nicholas Demorand franchement de gauche, Bernard Maris pour chauffer la scène, avec ses idées URSS-esques, et une rédaction qui trie l'actualité pour trouver le tollé du jour.
Mais c'est ça la France. Qu'elle reste ainsi!