Santé

Allons-nous tous stocker notre caca dans des banques?

Temps de lecture : 2 min

C'est en tout cas ce que préconisent nombre de spécialistes.

En 2012, une première banque de ce type a ouvert ses portes dans le Massachusetts. | Sincerely Media via Unsplash
En 2012, une première banque de ce type a ouvert ses portes dans le Massachusetts. | Sincerely Media via Unsplash

Depuis quelques années, le sujet de la transplantation fécale s'est fait une bonne place dans le monde scientifique. Considérée comme un traitement prometteur par de nombreux experts, cette technique qui consiste à transplanter le microbiote d'un individu sain à un autre, malade, a par exemple fait ses preuves dans des cas de Covid-19 ou comme remède anti-âge –pour le moment seulement chez les souris.

Et si, comme le rappelle ScienceAlert, des recherches sont toujours en cours quant aux vertus de cette méthode, elle est d'ores et déjà utilisée dans le traitement de maladies inflammatoires de l'intestin. Mais certains scientifiques voient encore plus loin.

En mettant au point un système permettant de réaliser des «transplantations fécales autologues», autrement dit lors desquelles «le donneur et le receveur sont la même personne», il n'y aurait plus à s'inquiéter des problèmes d'incompatibilité entre deux individus.

Mais pour cela, il faudrait collecter des échantillons de selles d'une personne en amont, c'est-à-dire lorsqu'elle est jeune et en bonne santé, puis les stocker grâce à une méthode de cryoconservation afin de pouvoir les utiliser plus tard. C'est là que les «banques de caca» entrent en jeu.

Un avenir prometteur

«Sur le plan conceptuel, l'idée de la mise en banque de selles pour une transplantation fécale autologue est similaire à celle des parents qui mettent en banque le sang du cordon ombilical de leur bébé pour une éventuelle utilisation future, commente Yang-Yu Liu, biologiste à l'Université Harvard. Cependant, le potentiel de la banque de selles est plus important: nous prévoyons que les chances d'utiliser des échantillons de selles à l'avenir soient beaucoup plus élevées que pour le sang du cordon.»

Ce type de banques existent déjà. La première, OpenBiome, a ouvert ses portes en 2012 à Somerville, dans le Massachusetts, rapporte ScienceAlert. Dès lors, ces laboratoires ont fleuri un peu partout à travers le globe, même si elles n'ont pas pour but premier de permettre aux personnes de stocker leurs propres selles.

«Au lieu de partir de zéro, les banques de selles existantes de haut niveau pourraient être réutilisées pour le rajeunissement du microbiome avec une transplantation fécale autologue», suggère Yang-Yu Liu dans une étude publiée le 30 juin 2022 dans la revue Trends in Molecular Medicine.

Pour Scott. T. Weiss, coauteur de l'étude, ces auto-transplantations pourraient même être un jour utilisées «pour traiter les maladies auto-immunes comme l'asthme, la sclérose en plaques, les maladies inflammatoires de l'intestin, le diabète, l'obésité, et même les maladies cardiaques et le vieillissement.»

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