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«La petite fille brûlée au napalm» a reçu son dernier soin, cinquante ans après la célèbre photographie

Temps de lecture : 2 min

Symbole de la guerre du Vietnam, Kim Phuc se définit aujourd'hui comme «une survivante qui appelle à la paix».

Phan Thị Kim Phúc devant la photographie de Nick Ut en 2018 à Amsterdam. | Robin van Lonkhuijsen / ANP / AFP
Phan Thị Kim Phúc devant la photographie de Nick Ut en 2018 à Amsterdam. | Robin van Lonkhuijsen / ANP / AFP

Il y a de ces photographies légendaires qui restent à tout jamais gravées dans la mémoire de celui qui la regarde. Celle prise le 8 juin 1972 par Nick Ut, alors que les bombes au napalm pleuvaient sur le village de Trảng Bàng, au sud du Vietman, en fait partie.

Alors âgée de 9 ans, une petite fille nue apparaît au centre de l'image en noir et blanc, le visage déformé par un cri de douleur à cause des brûlures que l'essence gélifiée lui a infligées. Cette petite fille, c'est Phan Thị Kim Phúc, plus connue sous le nom de Kim Phuc.

Cinquante ans après les atrocités de la guerre du Vietnam, à l'âge de 59 ans, elle vient tout juste de recevoir son dernier traitement de la peau, rapporte ITV.

Tout au long de sa vie, la douleur physique ne l'a jamais quittée, l'obligeant parfois à limiter ses mouvements. C'est donc avec joie que Kim Phuc termine aujourd'hui ses séances au laser, débutées il y a maintenant plusieurs années.

«Cinquante ans plus tard, je ne suis plus une victime de la guerre, je ne suis plus la fille brûlée au Napalm, confie-t-elle au micro de CBS. Je suis maintenant une amie, une aide, une grand-mère et une survivante qui appelle à la paix.»

Un traitement efficace

Installée au Canada depuis les années 1990, Kim Phuc se souvient clairement de cette journée du 8 juin 1972. «En tant qu'enfants, nous étions autorisés à jouer seulement près de l'abri anti-bombes. Je me souviens qu'après le déjeuner, les soldats sud-vietnamiens ont crié aux enfants de courir. Je me souviens encore de ce que j'ai pensé à ce moment-là: “Oh mon Dieu, j'ai été brûlée, je vais être laide, les gens vont me voir différemment”.»

C'était sans compter sur Nick Ut qui, après avoir pris le cliché devenu tristement célèbre, décide d'aider la jeune fille en l'amenant à l'hôpital. Présent lors de sa dernière séance de traitement au laser, le photographe, dont l'image lui a valu le prix Pulitzer, se rappelle de cette journée.

«Même le médecin a dit qu'elle allait mourir, qu'il était impossible qu'elle soit encore en vie. Je leur ai demandé trois fois [de la soigner] et ils ont dit non, alors j'ai montré ma carte de presse et j'ai dit que si elle mourait, ma photo serait à la une de tous les journaux. Ils se sont inquiétés et l'ont emmenée tout de suite à l'intérieur.»

Grâce au traitement qu'elle reçoit gratuitement au Miami Dermatology and Laser Institute, Kim Phuc se porte mieux. Le photographe, qui compte rester en contact avec elle, confirme l'amélioration de son état: «Elle a l'air mieux, elle est si heureuse, elle sourit toujours.»

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